Pomme d’amour (doublon)

La pomme d’amour

(version non définitive)

Le soleil venait de disparaître à l’horizon, de gros nuages noirs était apparus dans le ciel. On entendait au loin le tonnerre qui grondait. Des éclairs illuminaient la foule agitée. L’air était étouffant, très étouffant. La nuit tombait sur la fête du 14 juillet au val de Souchez.
Les lumières clignotaient sur les stands, on pouvait sentir les odeurs de barbe à papa, de caramel fondant sur les pop-corn, les relents des merguez venaient se mélanger aux effluves des pommes d’amour.
Beaucoup de gens étaient là, devant la scène, éblouis par les projecteurs, les jeux de lumière qui donnaient des effets spectaculaires. Les emplis tremblaient, les chanteurs faisaient leur entrée sur le plateau. Des cris hystériques de filles, devant la scène, perçaient la mélodie qui venait de débuter. L’une d’entre elles était prête à se jetter sur la scène quand son idole apparut. Ces deux autres copines le bombardaient de flash en gloussant son nom.
Un danseur chercha à faire monter sur l’estrade une fille mais cette dernière, trop timide, refusa. La foule reprit en chœur la chanson, même les vigiles dansaient et ne faisaient plus trop attention aux gens qui se rendaient dans les loges.
Les habituels alcooliques étaient toujours au rendez-vous, près de la friterie. Ils avaient l’air heureux, ils braillaient les paroles mais avec un train de retard.
De nombreux fans essayaient de franchir les barrières VIP mais en vain.

« Il y a beaucoup de monde, beaucoup trop de monde, trop de bruit. Il fait sombre mais j’aime le noir. Il y a une musique qui vient d’un chapiteau, une musique joyeuse comme je l’aimais dans le temps. Je suis seule, assise à l’écart de la fête, je regarde l’agitation. Je déteste le 14 juillet ! Trop de souvenirs me viennent en tête quand je pense à cette date. De mauvais souvenirs. Ça s’était passé voilà sept ans, ici même, en cet endroit. Trop de larmes ont coulé depuis, trop de secrets, trop de tout, trop de rien. Je me force à rester, je me dois de rester, c’est important. Je dois faire une croix sur mon passé, retrouver ma gaîté »

Près du stand de bonbons se tenait Steeve, un jeune homme imposant ; derrière son costard taché de vin et qui n’avait pas du être souvent lavé, se cachait une masse musculaire très importante, à croire qu’il pourrait déchirer sa veste rien qu’en inspirant un grand coup. Malgré cette énorme masse, sa tête était petite, barbue et légèrement ridée. Il avait un fort accent Ch’ti et gardait dans son vocabulaire plusieurs vulgarités comme « baterd » ou « brinleur » . Soudain arriva Kim, une mignonne jeune demoiselle qui, avec ses cheveux blonds, faisait tourner toutes les têtes. Elle était dans une somptueuse robe de soie rouge avec une belle rose blanche. Elle s’écria :
« - Hey Steeve ! Chui là !
-  Ah ba enfin ! Ca fait un quart d’heure que chui là !
-  Normal que t’es à l’heure, toi, tu fous rien de tes journées à part bouffer et dormir !
-  C’est sûr que tout le monde ne peut pas faire médecine comme madame, chère Kim ! »
Ils furent interrompus par l’arrivée de trois autres jeunes dont Guillaume, un étudiant en kiné, assez grand et maigre, qui tapa sur l’épaule de Steeve :
« - Mais qu’est ce que vous avez à encore à vous disputer, vous deux ?
-  C’est elle qui me cherche !
-  Calme toi… On est venu pour s’amuser, pas pour s’engueuler…
-  Ok, ok Guillaume… S’cuse moi, Kim. »
Les deux autres se prénommaient Marion et Claire.

« Avant… avant je ne me rendais pas comte que je tenais à mes parents. J’adorais, le soir, me blottir contre ma mère et sentir l’odeur rassurante de son peignoir, vert foncé. La chatte grise, Marie, au pelage si doux, ronronnant, qui gardait jalousement les genoux de ma mère. Elle me manque tellement. A chaque fois que je pense à elle, je verse une larme. Je ne m’en remettrais jamais. Petite, mon père avait quitté la maison. Puis ma mère est morte dans un accident. Depuis je vis chez mon père. Il ne me parle jamais. Il ne s’intéresse pas à moi. Il n’a pas beaucoup d’amis. Il conduit la même voiture que depuis 15 ans. On dirait qu’il l’aime plus que moi.
Il y a du monde, la musique m’envahit les oreilles. Elle me rappelle des souvenirs, cette musique. Je la sens monter en moi. Je revois ma mère il y a de cela de nombreuses années, j’étais assise sur les épaules de mon père. On venait chaque année à cette fête. Comme d’habitude, je regardais ma mère avec le sourire. J’ai l’impression que tous les bruits environnants ont cessé. Il n’y a plus pour moi que cette chanson, ce morceau de Polnareff, qui tourne en boucle dans ma tête :
Depuis que je suis loin de toi
Je suis comme loin de moi
Et je pense à toi là-bas.
Ces paroles raisonnaient,cognaient dans mon crâne. « ça fait mal, ça fait mal ». La musique s’amplifie sans cesse. Arrêtez ça ! Arrêtez ! Je sens les battements de mon cœur frapper sur ma poitrine, j’ai mal, la tête tourne. Mais qu’est ce qui m’arrive…

Le feu d’artifice allait être lancé quand un cri retentit. Tout le monde accourut vers l’endroit d’où il provenait ; une jeune femme paniquée bégaya aux premiers arrivants :
« Il … y ...a… un…. Il y a un.. corps, du sang, partout, c’est horrible ».
C’était une grande fille brune, plutôt mince, les yeux gris bleu souligné d’un trait. Elle avait le teint pâle, portait un long pull trop grand pour elle, et tombant sur un jean. Elle tenait un médaillon dans sa main qu’elle ouvrait et refermait machinalement, ce qui faisait un tic-tac stressant. Elle se trouvait devant le stand de confiserie où l’on vendait entre autres des pommes d’amour, des barbes à papa. La baraque, qui s’appelait « sweet shop », était tenue par une femme brune qui avait la trentaine.
Une famille s’approchait du stand pour acheter un paquet de nougat, espérant calmer la faim du petit. La mère blêmit et tira brusquement son enfant vers elle. Le père découvrit avec dégoût le corps d’une femme, la gorge transperçée par un bâton de pomme d’amour.
Tout le monde regarda par dessus le comptoir, là où tout le stock était renversé. La caisse n’avait pas été touchée. Derrière le comptoir, comble d’horreur, un…

« En 2002 ; à la fête de Souchez, un homme d’une trentaine d’année m’emmena derrière les manèges et essaya d’abuser de moi.
Il tenta de m’embrasser, je l’ai repoussé mais il était plus fort que moi. Alors, j’ai crié, crié ! A m’égosiller ! Mais juste à ce moment, le feu d’artifice commença. J’ai crié mais personne ne m’entendait. On n’entendait que les explosions des fusées. On se serait cru à la guerre. Ça pétaradait. Ça faisait mal aux tympans ! Tout le monde fixait le ciel, applaudissait les bouquets d’étoiles qui apparaissaient soudain puis s’évaporaient. Des bouquets bleus, puis rouges, puis verts, des multicolores. A chaque fois, les gens poussaient des « Hoooo ! », des « Haaaa » d’admiration. Mais moi, toujours aux prises avec le garçon, je me débattais comme une folle ; le garçon est tombé, il s’est heurté la tête contre le manège. Il perdit connaissance mais je continuais à le frapper, comme une furie ; j’avais eu tellement peur ! Le feu d’artifice cessa, la musique de la fête reprit. Je me suis sauvée. Je ne me souviens plus de rien, je me suis retrouvée chez moi, les mains ensanglantés. J’ai peur de deviner ce qui s’est passé. »

« Enfin les vacances ! » Brochart avait passé une très dure journée. Hier, le colonel de la gendarmerie de Vimy lui avait fait taper le rapport de l’une des grandes affaires de drogue ; lui n’avait pas travaillé sur l’affaire mais il avait dû la résumer. Il en avait assez, ses débuts dans cette gendarmerie l’exaspéraient. Il devait partir demain en vacances, ses bagages étaient prêts, sa maison rangée. Il avait regardé sur internet. Le temps s’annonçait superbe, ce qui est rare en Bretagne. Il devait partir avec sa femme et sa fille. Et là-bas faire de la planche à voile, du jet-ski, bref toutes les activités lui permettant de se détendre.
Le 14, pour se mettre dans l’ambiance, il partit au val de Souchez, faire la fête.
Dans la soirée, son portable sonna :
« - Adjudant Brochart ?
-  Oui ? C’est qui ?
-  C’est votre colonel !
-  Ah, pardon colonel. Qu’est-ce qui se passe ?
-  Il y a eu une grosse affaire au val de Souchez.
-  Au val de Souchez ? Mais j’y suis .
-  Ah, ça tombe bien. L’affaire est pour vous. Rendez-vous chez Germaine Bonbon.
-  Mais chef, je commençais juste mes vacances.
-  Oui, mais vous avez voulu être gendarme ?
-  Oui.
-  Alors, c’est 24 heures sur 24. Allez, vous y allez, on vous envoie une camionnette ».
Le colonel raccrocha.
« J’aurais dû laisser mon portable éteint », pesta Brochart. Et il se rendit sur les lieux.

J’ai crié. Mais pourquoi déjà ? Ha oui, je me rappelle. Ce corps étendu devant moi ! Qui était-ce ? Et quest-ce que je faisais là ? Je voulais bouger, je n’y arrivais pas. Quelque chose m’en emêchait. Mais je ne savais pas quoi. Et pourquoi suis-je si seule ? Pourquoi personne ne vient ? On ne m’a pas entendu. Mon dieu, ce que j’ai peur.

Brochart décida d’interroger sans attendre tous les témoins. Sans doute se disait-il que plus vite serait terminée son enquête, si possible cette nuit, pourquoi pas, plus vite il pourrait, enfin, partir en vacances comme il l’avait bien mérité, pensait-il. Il fit libérer deux loges d’artiste pour en faire des bureaux. Dans le couloir, des policiers faisaient attendre un petit attroupement de gens. Il y avait là notamment le groupe d’amis qui se trouvaient près du stand de confiserie, Steeve, Marion, Kim, Guillaume et Claire.
Puis on remarquait un homme, une caméra à la main, qui semblait avoir des révélations à faire.
Enfin il y avait la famille qui, la première, découvrit le corps.

Apprenant que le groupe d’amis connaissait la jeune femme qu’on avait trouvé près du corps, celle qui avait alerté par son cri et qui disait s’appeler Olivia, Olivia Mallet, Brochart décida de s’occuper personnellement de l’interrogatoire des jeunes gens. Il demanda à sa collaboratrice, Brigitte Lavenir, de s’occuper du cameraman et de la famille en les recevant dans le bureau d’à côté.

Il les entrer le groupe d’amis dans sa loge - bureau.
« Nom, prénom, âge ? Demanda l’adjudant.
− Kim Rose, 22 ans
− Vos relations avec Olivia ?
− Nous étions au collège ensemble ; on était de très bonnes amies. Un jour son comportement a changé. Elle me racontait que sa mère l’avait abandonnée à 14 ans, se renfermait sur elle-même, devenait même agressive par moment. Elle finit par se mettre tout le monde à dos. Un jour qu’un garçon de la classe la bousculait, elle se mit à le frapper, l’accusant de l’avoir abandonnée.
Le policier la remercia et s’adressa à son voisin, Steeve, lui posant les mêmes questions mais le garçon n’était pas très clair, sans doute en raison de sa soirée arrosée. Il précisa cependant :
− Alors que tout le monde délaissait Olivia, moi, j’ai toujours été à ses côtés ; Elle était affectée par le départ de sa mère ; c’est à ce moment là qu’on a commencé à bien sympathiser. Elle avait parfois d’étranges attitudes, comme des hallucinations. Difficile à ces moments là de la comprendre.
− C’est tout ?
− Oui.
− Suivant !
− Claire, Deprès, 22 ans. Je suis en fac de droit à Lille.
− Alors, olivia, vous la connaissiez ?
− Je l’ai connu dès l’âge de 12 ans, d’abord au Collège Descartes de Liévin. On s’est tout de suite beaucoup parlé. On était proche l’une de l’autre. Je la considèrais comme ma meilleure amie. Par de simples regards, on se comprenait puis au fil des années elle a changé, c’était plus difficile de la suivre. Je l’ai retrouvé au lycée. Elle ne travaillait plus en cours, elle venait de moins en moins en classe, d’ailleurs ;
− Vous vous voyez toujours ?
− A peine. Avec les études et notre orientation différente, nos chemins se sont séparés. Je la croisais de loin en loin, elle était devenue bizarre, renfermée. Je crois qu’elle avait perdu peu à peu tous ses amis. Mais on prenait toujours un peu de temps pour discuter de tout, de rien, autour d’un soda, même si nos centres d’intérêt à l’une et à l’autre avaient bin changé.
− Vous saviez qu’elle serait à cette fête ?
− Pas du tout.
− C’est tout ?
− C’est tout.
− Merci ; Au suivant.
Ce fut le tour de Marion, une jeune fille plutôt petite, des cheveux blonds avec une mèche de côté qui lui tombait sur l’oeil . Elle avait les yeux verts, limpides, un visage fin. Elle portait un jean et des converses avec un T-shirt rose à rayures. Le rituel reprit :
− Nom, prénom, etc ?
− Rollière Marion, 22 ans.
− Alors, Olivia ?
− C’est Guillaume qui m’a dit qu’Olivia venait d’être trouvée près du corps. Je me suis alors souvenu d’elle, une fille très reservée. Difficile à fréquenter. J’aurais bien aîmé, pourtant ; Mais elle était devenue trop désagréable, carrément méchante. Un jour, un garçon, Max je crois, lui a joué un mauvais tour.
− C’est à dire ?
− A la cantine, il avait renversé des spaghettis, des pates, vous savez..
− Oui, je sais tout de même ce que sont des spaghettis ! A mon âge, il serait temps. Mais continuez je vous prie.
− Bref, ce garçon avait mis les pates sur la chaise où Olivia s’asseyait d’habitude ; résultat : son jean fut tout tâchée de sauce tomate. En plus, Max lui a jeté un verre d’eau.
− En voilà un comportement imbécile ! Olivia était devenue votre souffre-douleur ?
− Un peu, c’est vrai. Mais pas moi, je vous l’assure. A ce moment là, je l’ai même suivi au WC pour la consoler.
− C’est tout ?
− Oui.
− Merci. Suivant ?

Arriva Guillaume ; ce jeune homme habitait Ablain St Nazaire, un charmant village des environs. Ce garçon avait une passion, le football, et un penchant très fort pour l’équipe d’Italie.
− Nom, prénom, etc ?
− Guillaume Kwuzosky, 24 ans.
− Profession ?
− Etudiant en kiné.
− Alors, qu’avez vous vu ?
− Rien.
− Comment rien ?
− Non, j’ai rien vu, c’est tout.
L’adjudant trouva étrange ce comportement du jeune homme, plutôt agressif. Une attitude de suspect ? En tout cas, il avait de drôles de réactions, suant à grosses gouttes, les mains moites qu’il essuyait sans cesse sur son pantalon et surtout, une tache de pomme d’amour sur sa chemise.
− Ecoutez, si vous savez quelque chose, vous avesz plutôt intérêt de me le dire...
− Je comprends mais je vous répète, je sais rien.
− Aucune piste à me donner ?
− Peut-être...
− Peut-être quoi ?
− Non, rien !
− Mais vous m’énervez, jeune homme ! Une dernière fois, si vous savez quelque chose, parlez !
(POURSUIVRE)

Et je n’ai aucun souvenir d’avant ? Que s’est-il passé avant ? Je n’en sais rien. Je vois le girophare d’une camionnette de policiers qui tourne tout près de moi mais je n’entends aucun son. Je regarde une mère consoler son enfant. A-t-il vu le corps, lui aussi ? Je sens des bras me saisir. Pourquoi ? Pour m’aider ? Me contrôler ? Où suis-je ?

Pendant que Brochart interrogeait le groupe d’amis, dans la loge- bureau d’à côté, sa collaboratrice, Brigitte Lavenir, recevait la famille de Champigny qui avait, la première, découvert le corps. Mme de Champigny était une grande dame, mince, le style parfait de l’aristocrate. Ses cheveux blonds étaient noués en chignon, ses yeux noirs, légèrement bridés. Elle était très maquillée, portait un deux pièces strict, couleur bleu marine, un collier de perles, bref elle était très « bourgeoise » d’allure. Elle était avec son fils Hugo, gros jeune homme aux cheveux en brosse, et son mari, petit homme effacé.
« C’était effroyable, Mme la commissaire, dit Mme de Champigny.
− Je ne suis pas commissaire, Madame, juste l’adjointe de M. Brochart.
− Ha bon, tant pis ! Donc, ma chère, c’était effroyable ! Je n’avais jamais rien vu de tel.
Lavenir voulut questionner Hugo. Mme de Champigny alors fit un scandale :
− Je ne vous permets pas d’importuner mon petit Hugo.
Pendant ce temps là, le père, au fond de la salle se taisait ; il avait l’air très mal à l’aise.
Lavenir se dit qu’il n’y avait rien à tirer de ces gens là. Elle les libéra, leur demandant de rester à la disposition de la police. Puis elle fit entrer le caméraman. Il titubait tellement il était imbibé. L’homme demanda à l’adjointe de Brochart :
− Allez ! Encore un chti ! Ed printemps min gâ !
− Non mais dites donc, protesta Lavenir, pour qui me prenez vous ? Z’êtes pas au bar ici ! C’est un interrogatoire... de police ! Compris.
− Faites excuses, m’dame. Savez, je bois pour oublier !
− Oublier quoi ?
− Que mon meilleur ami a séduit ma femme !
− Vous ête cameraman ?
− Non je suis médecin et j’ausculte avec une caméra, patate !
− Ha ça suffit, maintenant, votre vulgarité. Encore un mot de travers et je vous mets au trou, pour la nuit. Injure à policier dans l’exercice de ses fonctions. Compris ?
− Faites excuses, m’dame, faites excuses ! C’est le malheur, vous comprenez, qui me pousse à dire des bêtises...
− Alors, racontez votre histoire.
− Avec ma femme ?
− Non pas avec votre femme mais avec votre caméra, tout à l’heure, sur la fête.
− Exact, oui, exact. Donc je picolais au bar quand j’ai entendu un cri ; Alors, tel un cormoran prenant son premier envol...
− L’expression est jolie. Elle est de vous ?
− Pour sûr ! Bref, j’arrive sur les lieux, la caméra à l’épaule. Remarquez, elle tournait déjà. Je sais pas depuis quand. Je vais plus avoir de batterie que je me dis.
− Au fait, au fait !
− Comment ?
− Venez en au fait.
− J’arrive au stand de confiserie, le sheet swop..
− Sweet shop, rectifia Lavenir.
− Yes, le tee shirt, enfin bref, je suis sur le stand, je film tout, la victime, la fille par terre, la tribu Champigny. Moi, j’ai rien vu mais ma caméra, elle a tout vu ;
− Très bien, on va donc regarder le film.
− Alors là il y a un problème...
− C’est à dire ?
− Quand j’ai voulu regarder, le film s’est détérioré, on voit que la moitié.
− Ha c’est vraiment regrettable...
(POUSUIVRE)

Conclusion
Rapport de l’adjudant Brochart
Aujourd’hui, 15 juillet, je me suis rendu avec un collaborateur au domicile d’Olivia Mallet. Quand la jeune fille nous a vus, elle a soudainement paniqué. Prise sans doute d’un vertige, elle est tombée à la renverse de sa chaise de bureau, sa nuque a heurté un gros clou et s’est empalée dessus. Pensait-elle qu’on allait l’arrêter ? Se croyait-elle coupable ? Je voulais juste lui conseiller de suivre un traitement médical et lui dire par la même occasion qu’on avait trouvé le VRAI coupable. Il s’agit de...
(POURSUIVRE)



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