Montigny/2014

Préface

Il y a cent façons d’animer un atelier d’écriture. On peut imposer une forme. On peut tenir la plume des apprentis auteurs un peu, beaucoup, passionnément. On peut les cadrer, les encadrer, les corseter. Bref on peut faire le travail à leur place. Ou alors on peut se dire, et leur dire : bon, chers élèves, on se met d’accord sur une idée de départ, sur un thème ( celui de la « disparition », d’un enfant ou d’une directrice d’école, a tout de suite plu) ; puis on improvise à partir d’une première phrase donnée au début de chaque rencontre. Tout le reste, c’est à vous, élèves auteurs, de le faire.
C’est vous les maîtres du jeu, c’est vous qui allez inventer ici et maintenant une histoire et créer ses personnages , les bons comme les méchants, les grands et les petits ; c’est vous qui allez enquêter et trouver les mots pour dire cette recherche, c’est vous qui imaginerez tous les rebondissements ; c’est vous qui, de rencontre en rencontre, fabriquerez une aventure ; c’est vous qui trouverez la solution, à l’arrivée. Bref, c’est vous qui serez les écrivains.
Il y eut donc une écriture, collective et j’ose dire : joyeuse, dont j’ai scrupuleusement respecté les expressions et les formules dans la synthèse que je réalisais de semaine en semaine. Il y eut des séances régulières de lecture de ces textes, un rite qui se passait dans un silence quasi religieux.
C’est toute cette façon de faire qui a donné le « P’tit polar » que vous allez à présent découvrir, superbement illustré par Chantal Montellier.
Merci aux écrivains en herbe, CM2 de Cézanne et de Matisse, pour leur entrain, merci à leurs professeures, Hélène et Christine, pour leur belle complicité ; merci à Emmanuelle et Catherine pour leur soutien constant ; merci au « Salon du polar » de Montigny pour l’initiative.

Gérard Streiff

Ecole Matisse/ Christine
 
LA DISPARITION DU SIECLE
 
Chapitre un
 
A l’école, ça s’est mal passé. Ce matin-là, Léo, comme c’était son anniversaire, était venu avec un gâteau et l’avait mis dans le réfrigérateur. Dans la cour de récréation, des élèves jouaient tranquillement. D’autres revenaient de la piscine et rendaient leur badge. Un groupe de garçons racontait des histoires à se faire peur. Ils parlaient aussi d’escalader les gilles de l’école.
C’est alors qu’on comprit que la directrice avait disparu. Grosse inquiétude. Tout le monde se mit à la chercher. Il fallait prévenir la police. Mais des enfants décidèrent de mener l’enquête.

Chapitre deux
 
« Et si on commençait par l’école ? » dit Lola. Elle était avec Mohamed, un élève de CM2 qui dévorait les romans policiers de la bibliothèque.
 
Lola portait une robe rose et un gilet violet, Mohamed s’était moquée d’elle :
- Toi avec ta robe rose ? et tes ballerines blanches ? mais tu ne connais pas la mode ou quoi ?
- Et toi, tu t’es vu ? tu te crois à la mode avec ton pantalon rouge ?
 qui était blanc, avant ?
- Lola, tu sais que je m’énerve facilement, alors, arrête.
- Moi aussi, je m’énerve, et je suis curieuse !
- Bon, OK, dit-il, on est moche, si tu veux, pas la peine de se disputer pour ça…
 
On dit que Lola est intelligente, c’est la première de la classe ; Mohamed est très généreux avec ses amis, beaucoup plus que Lola.
Lola et Mohamed réfléchirent : où pouvait être la directrice ? Ils traversèrent le préau en courant et firent le tour de l’établissement. La salle des maîtres ? Rien. La classe de CP ? Rien. Dans les toilettes ? Rien. Salle informatique, où était branché le réfrigérateur, ils virent que le gâteau de Léo avait aussi disparu. Avait-il été mangé ?
Mais où était la directrice ?
Ils se dirigèrent vers son bureau pour chercher des indices. La pièce était en désordre. Ils trouvèrent son téléphone portable. Mohamed regarda ses messages et lut à haute voix :
- Si vous ne donnez pas l’argent…
Fin du message, il n’y avait plus de batterie.
Lola dit :
- C’est du chantage !
 
Près du portable, il y avait une barrette, la barrette de Lucie. Lucie était une élève de CM2 très indisciplinée, qui recopiait chaque jour le règlement de l’école ! Pourquoi cette barrette de Lucie ici ?
Dans le bureau, toujours, il y avait un liquide rouge ( du sang ?), un gant. Une fenêtre, celle qui sonnait sur le parking, était cassée. Près de la fenêtre, un gilet oublié, le gilet de la directrice.
 
En s’approchant du bureau, Lola marcha, sans le voir, sur un objet au sol ; tout à coup, dans le mur derrière le bureau, une porte secrète s’ouvrit.
- Mais qu’est-ce que c’est ? dit Mohamed. Une grotte ?
Les deux enfants se regardèrent.

Chapitre trois
 
- Allons-y ! dit Lola.
 
Ils entrent dans la pièce, main dans la main, Lola et Mohamed. On dirait le coffre de Picsou. Il fait noir, il fait froid. Lola, frigorifiée, bredouille  : « Gla, gla, gla… »
Leurs vêtements sont fluos, ils se repèrent facilement l’un l’autre.
Ils entendent un cri :
- C’est le hurlement d’une roussette ! dit Lola.
 
Mohamed a une lampe-torche mais elle ne marche pas. Lola glisse sur de l’eau. Mohamed lui demande :
- ça va ? Tu ne t’es pas fait mal ?
- Oui, ça va.
Ils croient voir des ombres.
 
Mohamed tape sur les murs, cherche l’interrupteur. Il n’est pas bien grand, un mètre vingt-cinq en se mettant sur la pointe des pieds. Tout le monde à l’école se moque de sa petite taille mais il s’en fiche, il s’aime comme il est. Lola n’est pas plus grande que lui.
Finalement, le garçon trouve le bouton de la lumière.
 
La première chose qu’ils voient au sol : du liquide rouge. Mohamed s’inquiète puis dit :
- Mais… mais… c’est le coulis de fraise du gâteau de Léo ?! J’avais cru que c’était du sang.
En effet le gâteau n’était pas loin, à moitié mangé.
 
Puis ils voient partout des livres, beaucoup de livres gros comme des dictionnaires qui racontent la vie des maîtresses et des directrices.
Ils regardent le nom de la directrice, Chantal. En fait elle s’appelait Esmeralda, elle n’était pas directrice, disait le livre, mais agent secret. Elle faisait ce métier car elle voulait retrouver sa sœur qui avait disparu.
 
Enfin ils découvrent que la pièce est aussi un laboratoire. On voit même un panneau qui dit « Laboratoire de Mme Pavosko ». Il y a là des choses étranges, des potions, des liquides inconnus, de couleur vert, des outils qu’ils ne connaissent pas, sans doute pour trouver l’ADN.
 
Mais toujours pas de directrice. C’est alors que Lola remarque une sortie de secours. Ils sortent.
- Où on est ? demande-t-elle.
- J’ai reconnu le coin, dit Mohamed, c’est la forêt du verger.

Chapitre quatre
 
Le bois faisait un peu peur. Mohamed, un peu maladroit, trébucha sur une grosse racine de châtaigner. Ils avançaient dans un brouillard épais. On ne voyait presque plus rien. Lola se blottit dans les bras de Mohamed.
- Allez, Lola, avançons ! Il n’y a pas de quoi avoir peur, dit le garçon. En plus, je suis avec toi.
 
Un moment, ils distinguèrent le foulard de la directrice sur une branche d’arbre.
- Bon, où allons nous maintenant ? demanda Lola.
 
C’est alors qu’au sol ils trouvèrent des miettes du fameux gâteau de Léo. Ils suivirent ces traces. A un moment, plus de miettes !
- Oh mon dieu, dit Mohamed.
- Que se passe-t-il, Mohamed ?
- Je n’en crois pas mes yeux. Un sanglier, rugissant ! Faisant des bruits forts, bizarres. Et ce sanglier a du coulis de fraise autour de la bouche.
 
Un peu plus loin, un mouvement sous des feuilles mortes. Un cri.
- Attention, dit Lola. Une vipère. Une vipère aspic. Elle crache un venin très dangereux.
 
Mohamed prend l’animal, le jette dans un arbre.
La nuit commençait à tomber. Les enfants s’inquiétaient, avec tout ce noir. Ils avaient l’impression de se perdre. Mohamed, alors, grimpa tout en haut d’un grand arbre. Au sommet, il sortit ses jumelles. Il repéra une cabane, une vieille cabane, près de laquelle il y avait des sacs, des bouteilles, toute une collection de bouteilles.
 
Il redescendit grâce à une tyrolienne et, ensemble, ils marchèrent vers la cabane. Leurs pas faisaient du bruit, celui des bouts de ois sec qui se cassaient.
 
- Wouaaa, trop ouf ! dit Lola en voyant la cabane.
- Oui, nous sommes Hansel et Graetel…
- C’est bon, fais pas trop ton intello, réagit-elle.
 
Arrivés à la cabane, la porte était fermée. Par un cadenas. Il fallait trouver le code. Ils cherchèrent la combinaison pendant une heure. Puis ils trouvèrent. C’était le 9942.
 
On ouvre ? A trois ! Un, deux, trois !
Qu’allaient-ils découvrir ? un équipement d’espion ? des squelettes car la directrice était professeure de sciences ? des plans secrets ? une ceinture ? des produits chimiques ?

Chapitre cinq
 
Oui, qu’allaient-ils trouver vraiment ?
En fait Lola et Mohamed restèrent bouche bée. C’était la cabane d’Ali Baba, et les enfants étaient très impressionnés.
Il y avait là tout à la fois des produits chimiques, des blouses blanches tachées de rouge, une sorte de laboratoire, des lunettes ( de la directrice ?), une clé (d’une porte cachée), un ocelot, sorte de chat sauvage, un vrai phénomène (heureusement empaillé), une souris (qui mangeait des croquettes) et des rats qui sortaient de partout, des photos ( de la directrice, de la maîtresse et de son chouchou), une roussette (ailes noires, les yeux perçants), des champignons comestibles, des pleurotes, des giroles, des amanites rougissantes, des lactaires délicieux.
 
- Ah, cria Mohamed, il y a un champignon à tête de nuage.
- Attention, réagit Lola, c’est un gyromitre commun, toxique et mortel !
 
Il y avait des livres, plein d’objets et puis surtout, il y avait un perroquet, un « gris du Gabon », qui répétait :
- La directrice ! Coco sait ! où elle est !
La directrice ! Coco sait ! où elle est ! 
 
Ils voulurent attraper l’animal qui s’envola dans la cabane. Ils trouvèrent un filet pour le capturer. La porte était fermée mais la fenêtre était ouverte. Le perroquet réussit à s’enfuir, les enfants perdirent sa trace.
 
Il était déjà 17h15 :
- Oh la la, comme le temps passe vite, dit Mohamed.
Dehors, le ciel se couvrait. On entendait l’horrible chant des corbeaux. ,Il allait pleuvoir. Heureusement qu’ils étaient à l’abri. Allaient-ils passer la nuit là ? Deux lits apparurent.
- D’où viennent-ils ? demanda Mohamed.
- C’est pas grave, du moment qu’on peut dormir, réagit Lola.
- Oui mais, ajouta Mohamed, c’est que j’ai rendez-vous ce soir Place de la Libération.
 
A ce moment-là, l’un des deux enfants dut appuyer sur un objet ( une brique ?), et tout à coup Bim, Bam, Boum ! une sonnerie retentit ! Une lumière rouge se mit à clignoter. Ils réalisèrent… qu’ils étaient prisonniers. La cabane était devenue une cage. Leur cage.
La porte ne s’ouvrait plus.
- On…on…on est bloqués ! dit Lola.
Ils avaient les « chocottes » !
Il existait sans doute une porte cachée mais où ? Ils cherchèrent un peu partout, sondèrent les murs pour trouver un endroit qui était « creux ». Rien.
 
C’est alors que Lola réfléchit et eut l’idée du siècle : elle retira sa barrette qui tenait ses cheveux et fouilla dans le cadenas de leur cage.

Chapitre six
 
 
Le cadenas s’ouvrit. Lola l’avait donc débloqué avec sa barrette.
- Ça marche toujours ! avait-elle dit.
- Oui, oui, ça marche dans les films ! se moquait Mohamed.
Et soudain, clac !
- T’as vu ! triompha Lola.
 
Les deux prisonniers prirent leurs jambes à leu cou et réussirent à quitter la cabane maudite. Direction Place de la Libération où Mohamed avait rendez-vous.
Un moment, ils révèrent de s’envoler sur le dos d’une roussette, petite chose volante qui leur viendrait en aide souvent. Trente minutes de vol. Hélas, ce n’était pas possible.
Sur le chemin, ils virent le perroquet qui se moquait d’eux :
- Vous êtes de gros nuls !
- Oh ! s’indigna Lola.
Puis la jeune fille demanda à Mohamed :
- Au fait, qui t’a donné rendez-vous ?
- J’ai reçu un papier ; les initiales de la signature étaient A.S., répondit Mohamed.
- A.S. ? Comme Agent Secret ? réagit la fille.
- Oui, ça doit sûrement être ça ! Voilà un indice de plus.
 
Ils empruntèrent alors la rue Jacques Vergnol et arrivèrent place de la Libération.
- Regarde là-bas ! dit Lola.
Le perroquet était perché tout en haut du monument au mort de la première guerre mondiale de 1914/1918. Il était à côté du coq avec qui il voulait discuter :
- Salut toi !
- …. (silence du coq)
- Pourquoi tu dis rien ?
 
Le perroquet - ce n’était pas un ara mais, on l’a dit, un gris du Gabon – les vit. Tout énervé, il leur dit :
- Ici Coco, ici Coco !moi je sais qui, moi je sais qui ; vous a écrit, vous a écrit ; le rendez-vous, le rendez-vous. Allez à la, allez à la ; bibliothèque, bibliothèque ; et vous trouverez, et vous trouverez…
 
Ils demandèrent donc à un passant où était la bibliothèque la plus proche.
- Oui, vous tournez à droite, répondit-il ; vous allez trouver un feu rouge. Puis vous tournez à gauche et là, vous tomberez sur la bibliothèque.
 
A la bibliothèque, ils saluèrent la dame de l’accueil :
- Bonjour ; on vient de la part de notre directrice. On vient chercher ses livres.
La dame, soudain, se leva, avec un air suspect, et dit :
- Quel est son nom ?
- Madame Bui Thé Chantal.
- L’espi… oups ! réagit-elle. Excusez moi, les enfants, mais je n’ai pas de livre correspondant à votre demande.
 
Etait-ce une fausse piste ? Encore ?
Alors, ils changèrent de sujet.
- On a vu le nom du grand père de la directrice sur le monument aux morts. Est-ce que vous auriez des informations sur sa famille, SVP ?
Non, elle n’avait rien.
- Bon, alors, ajouta Mohamed, est-ce que vous avez au moins les livres que j’ai réservés, de Français, de Maths, de Sciences, etc ?
- Oui mais, je n’en ai reçu que deux !
Ils repartirent avec les ouvrages.
 
Peu après, Mohamed avoua que le message du rendez-vous n’était pas pour lui mais pour… la directrice. Il ne l’avait pas dit au début car il voulait alors mener l’enquête tout seul.
 
Les enfants se dirigèrent vers l’Hôtel de Ville et là, surprise : sur le parking, il y avait une Peugeot 408, la Peugeot de la directrice, avec les portières ouvertes.

Chapitre sept
 
Qu’est-ce que la voiture faisait là ? Cela leur posait des questions. Le véhicule était accidenté. C’est comme si la directrice s’était enfuie, qu’elle était poursuivie.
Les enfants firent le tour de l’engin puis le fouillèrent.
A l’avant, ils trouvèrent les examens de géographie.
- J’ai eu A+ au contrôle, dit Lola, et toi, C+.
- J’ai toujours été nuil en géo, répondit le garçon.
- Bon, on s’en fiche !
 
A l’arrière, il y avait une bougie, des miettes du gâteau de Léo et le liquide rouge du coulis de fraise.
- Waou, quel délice ! réagit la fille.
- Encore ce gâteau ? cela devient énervant, remarqua Mohamed. Et puis, c’est pas l’heure du goûter.
 
Lola ouvrit le coffre et appela son ami :
- Tu peux venir une seconde ?
- Oui, qu’est-ce qu’il y a ?
Mohamed rejoignit Lola. Dans le coffre, il y avait des lunettes à rayons X, un fusil sniper avec un silencieux, mais il était en plastique.
 
A l’horizon du parking, on ne voyait personne. Juste une roussette qui volait en criant « Whaaaa…Whaaa ! »
 
Lola s’étonnait. La directrice habitait à côté du parking. Pourquoi avait-elle laissé sa voiture dans cet état, ouverte ?
- Allons voir dans son immeuble, dit-elle.
Ils finirent par trouver le code d’entrée, regardèrent les boîtes aux lettres, trouvèrent son nom. A cet instant, arriva un voisin, Bertrand Têtedeveau.
- Bonjour, je la connais depuis longtemps, dit-il. Elle est déjà venue chez moi. Venez, je vais vous expliquer.
 
Ils arrivèrent chez le voisin qui ajouta :
- Regardez, elle m’a fait un chèque, de 60 euros, à Mr Bertrand Têtedeveau, pour que je lui achète des cartes géographiques. Des cartes d’Ile de France et d’ailleurs.
- Mais pourquoi des cartes ? demanda Mohamed.
- Des cartes géographiques, c’est pour situer l’endroit où on se trouve ou l’endroit où on veut aller, dit Têtedeveau.
« Oui mais, pensa Lola, si elle a des cartes, c’est parce qu’elle est une espionne ! ».
 
- Et regardez ces cartes, ajouta Têtedeveau, il y a sur certains lieux des points rouges, des dessins en forme d’étoiles, c’est très bizarre.
- Peut-être des lieux pour déposer de l’argent, une rançon ? pour les ravisseurs ? dit Mohamed.
 
Une des cartes géographiques était plus précise. Elle disait : rendez-vous dans la Somme, mardi prochain !
 

Chapitre huit
 
Dans la Somme ? Mais pourquoi ? Mystère et boule de gomme. Ils repartirent avec la carte en remerciant M. Têtedeveau.
A l’école, ils apprirent qu’il y avait, le mardi suivant, une sortie offerte par la mairie, dans la Somme justement.
 
Le mardi en question, Mohamed s’étonna :
- C’est aujourd’hui, la sortie ?
- Bin oui, imbécile, t’as une mémoire de poisson rouge ou quoi ! s’énerva Lola.
- Non, non, Lola, fallait répondre : bien sûr, Mohamed, c’est aujourd’hui.
 
Le rendez-vous était à 8h05. Puis un voyage d’une heure trente en car.
Dans le car, Lola et Mohamed se posaient des questions sur la directrice. Ils avaient plusieurs pistes :
- Ou bien elle s’était faite piquer par un homme cagoulé qui l’avait kidnappé.
- Ou bien son père serait mort à la guerre, dans la Somme, et elle serait partie venger celui qui était mort en protégeant la France…
- Ou bien elle est au Japon…
- Ou bien elle est partie à la recherche de sa sœur disparue et elle doit donner une rançon pour la sauver…
- Ou bien elle est très fatiguée, triste, elle a perdu la voix et tout ce qu’elle veut, c’est rester dans sa famille chérie, pour s’amuser avec eux…
- Ou bien elle est encore en vacances.
- Ou bien tout ça, tout ce qu’on raconte depuis le début, ce n’est qu’une partie de jeu vidéo et bientôt, sur l’écran, on va voir :Partie terminée !
- Ou bien elle participerait à une réunion secrète d’agents secrets.
 
Il y avait trop de pistes. Lola s’énervait.
- Sois patiente, Lola, dit Mohamed, ça ne fait que dix minutes qu’on cherche…
 
Ils arrivèrent enfin à Albert, dans la Somme. Une autre école de Montigny était avec eux. Ils commencèrent par le Musée 1916 où l’on observait des objets de valeur de la première guerre mondiale. On voyait des soldats derrière des vitrines.
- Viens on sort, dit Lola, j’ai très peur, Mohamed.
- Bon, OK, OK ! Dommage. Ce musée était mortel.
Aussitôt dit, aussitôt fait : ils sortirent.
 
Puis ils suivirent le circuit du souvenir. Il y avait une grande croix avec des coquelicots tout autour, près d’un cratère provoqué par une mine. Un trou de 90 mètres de diamètre, sur 30 mètres de profondeur !
Ensuite ils se rendirent au parc de Beaumont-Hamel. Surprise : le chapeau de la directrice coiffait la statue du caribou, au sommet de la butte. Il y avait là des tranchées. Dans cet endroit, on pouvait se prendre pour des poilus. Soudain, au fond d’une tranchée, Mohamed hurla :
- Haaaaa !
Une ombre. La directrice !
- Mais…mais…mais, reprit Lola, ça fait des jours qu’on vous cherche !
- Qu’est-ce que vous faites là, les enfants ? répondit la directrice.
- Ha, c’est plutôt à nous de vous poser la question. Que faisiez-vous pendant tout ce temps ?
- Je vais vous expliquer.
 
Pour rentrer, ils prirent un taxi. Le chauffeur leur demanda :
- Combien allez-vous me payer ?
- Toi, tu cherches l’argent, toi ! lui dit la directrice. On va payer six euros.
- Ça me convient, dit le chauffeur.
La voiture partit, suivie de près par la roussette.
 
- Alors je vais vous expliquer, répéta la directrice. Les enfants, si j’ai disparu, c’est parce que j’ai un deuxième métier. Je suis directrice d’école mais le dois aussi protéger les animaux. C’est pour cela que je suis partie.
- Et les points rouges sur la carte, c’était quoi ? demanda Lola.
- Ce sont des endroits où je vais aider des animaux, justement.
- C’est bien, reprit Lola, au moins, il ne vous est pas arrivé quelque chose de grave. Et nous sommes contents.
Alors, tous les trois, ils se firent un câlin pour ne pas pleurer.
 
FIN
 
 
 

 
 

Ecole Cézanne/Hélène
 
L’ENQUETE DES KIDS
 
Chapitre un
 
C’est à la piscine que tout a commencé. Le professeur avait informé la classe de CM2 que tous les mardi, elle irait à la piscine. Ce mardi-là, les élèves étaient dans les cabines, ils se déshabillaient, passaient leur maillot. Thomas n’arrêtait pas de faire des bêtises et son amie Chloé lui dit :
- Arrête tes bêtises sinon il va t’arriver un malheur !
Mais Thomas n’y croyait pas.
Il y eut le cours de natation. Avec le maître-nageur qui portait des lunettes. Le cours dura une heure. Ensuite tout le monde partit se changer dans les vestiaires. C’est Thomas qui était allé se changer le premier.
On entendit un grand « Bam ». Ça venait d’où ?
Quinze minutes plus tard, tout le monde était de retour à l’école. La maîtresse fit l’appel. Quand elle appela Thomas, personne ne répondit.
- Thomas ?
- …
- Thomas ?
- …
Thomas avait disparu.
 
La nuit suivante, Chloé fit un cauchemar. Elle était à la piscine, dans son rêve, quand elle sentit une présence derrière elle, elle se retournait, une personne cagoulée la menaçait, lui mettait du sparadrap sur la bouche, la conduisait à une voiture immatriculée HXBX, tout ça pour finir dans la cave d’un immeuble en construction.
 
Le lendemain, Chloé trouva dans son sac un papier qui disait : « Je sais où est Thomas, oui, oui, je le sais ! »

Chapitre deux
 
Qui avait écrit ce billet ?
Un homme inconnu ? Quelqu’un qui venait à la piscine faire des longueurs ? Un camarade ? Le maître-nageur ? La maîtresse ?
Chloé fit le tour de la classe pour savoir à qui appartenait cette écriture. Elle regarda tous les cahiers ; personne n’avait cette écriture.
Elle trouva dans la salle des maîtres, sous un fauteuil, un journal mais cela ne lui apprit rien.
 
Sur le billet, chacun avait son opinion. Sami pensait que c’était l’écriture de la professeure de français mais ce n’était pas ça.
Et chacun disait n’importe quoi. Amadou par exemple prétendait que Thomas se trouvait en fait à l’Aquarium de Paris, près duquel on pouvait d’ailleurs voir son vélo mais cela non plus n’était pas vrai.
D’autres parlèrent d’un ancien élève de l’école qui avait été renvoyé et qui avait la même écriture ; Mélissa aurait vu cet élève mettre une cagoule et Chloé repensa à son rêve.
D’autres encore pensaient qu’il y avait un message caché sur la feuille ; il fallait une loupe, un stylo et un effaceur d’encre et là on pourrait lire ? Rien du tout car cela non plus n’était pas vrai.
 
Chloé téléphona à la police mais, mauvaise nouvelle, la police lui répondit :
« Nous ne pouvons pas venir, nous avons en ce moment dix cambriolages, un meurtre, pas le temps…
- Mais, répondit-elle, vous n’allez pas laisser ce petit garçon dans cette situation ? C’est fou !
- Désolé, c’est pas de notre faute mais on doit raccrocher.
 
Chloé sentait l’inquiétude grandir en elle. Elle se demandait qui était le mystérieux auteur du billet. Elle se demanda si ce n’était pas Vincent, l’ennemi personnel de Thomas. Vincent avait trahi Thomas, les deux garçons faisaient souvent la bagarre. Chloé croisa Vincent dans la rue et elle lui demanda… pourquoi il avait kidnappé Thomas. Le garçon changea tout de suite de conversation, s’énerva, dit « Mais de quoi tu parles, là ? C’est pas moi ! » puis il partit.
 
Quelqu’un avait trouvé à la piscine, près du casier 230, un vêtement déchiré qui pouvait appartenir à Thomas. Chloé se rendit chez les parents de Thomas pour leur montrer le vêtement. C’est le père de Thomas qui ouvrit la porte. Et tout de suite, elle eut un mauvais pressentiment.
 
Chloé demanda à son copain Niko de l’aider à mener une enquête secrète. On allait la mener samedi matin, très tôt. Niko, d’abord, ne fut pas d’accord :
- Mais je vais pas me lever à 5h45 du matin pour ton enquête ?!
Puis il accepta car Chloé et Thomas étaient ses amis.
 
La mère de Chloé, qui était libraire, les conduisit en voiture à travers la ville, pendant une heure. Mais ils ne trouvèrent pas Thomas puis la mère de Chloé dut partir à son travail et les quitta.
 
Plus tard, vers seize heures, ils se rendirent sur les lieux du crime, c’est à dire la piscine ; ils virent au sol des traces de dérapage de voiture ; ces traces conduisaient juste en face de l’entrée du centre Picasso et de la salle de spectacle. C’est là qu’ils allaient trouver les lunettes de plongée de Thomas.

Chapitre 3
 
Pourquoi ces lunettes étaient-elles dans le cinéma ?
 
Pour entrer dans la salle, Chloé et Niko tombèrent sur un gardien qui leur dit :
- Mais vous êtes déjà venus hier ! Retournez chez vous !
Discrètement, Chloé dit alors à Niko :
- Viens on va entrer par la porte de secours
 
Ce jour-là, Chloé, une fille grande et brune, portait un chemisier, une jupe et des ballerines ; Niko lui était en jogging avec des baskets.
 
Ils entrèrent donc dans le cinéma. La porte se ferma en grinçant. Niko dit :
- J’ai les pétoches !
- On dit pas « pétoches », on dit : j’ai peur, le corrigea Cholé.
 
Le cinéma était dans le noir, un film était projeté sur l’écran. On entendait une musique sinistre. Dans la salle, des ombres bougeaient. Ils trouvèrent que l’ambiance était étrange.
 
Donc il y avait là les lunettes.
Chloé se dit qu’elles appartenaient à Thomas, en même temps, elle n’en n’était pas sûre. Est-ce que quelqu’un essayait de proposer une fausse piste ? Elle se demanda aussi si ce n’était pas un coup de Vincent ? ou de Melissa ? ou des deux ensemble ?
 
Elle pensa ensuite qu’il existait une machine spéciale pour découvrir les empreintes, on aurait pu avec voir si c’était bien les empreintes de Thomas ou de quelqu’un d’autre sur ces lunettes ; Niko lui pensait qu’il fallait ramener les lunettes à la maîtresse qui les donnerait aux policiers.
Chloé les mit dans son sac ; il fallait qu’ils retournent à l’école.
 
C’est alors là qu’ils entendirent dans la salle, près d’eux, deux ombres qui se parlaient. L’une indiquai une adresse, le 8 rue Suzanne Valadon ; l’autre lui donnait un rendez-vous, le lendemain à 8 heures, sur la place du marché.
Les enfants n’avaient pas vu qui parlait mais Chloé crut reconnaître la voix.
 

Chapitre 4
 
 
Le lendemain, place du marché, il était 7h15. Le marché ne faisait pas encore le plein. Les habituels clients étaient là, comme tous les lundi, mercredi et samedi.
 
Le marchant de poisson criait déjà : « Si on regarde, on achète ! »
Il y avait un vendeur de fraises, un marchand de fruits, un stand de bracelets, un marchand de fleurs, un étal de légumes, le laitier. On entendait le marchand de melons, surnommé Tartarin, qui répétait : « Un euro les deux melons ! Un euro les deux melons ! »
 
Les enfants écoutaient toutes ces voix mais ils ne reconnaissaient pas la voix du cinéma. Cela faisait une heure qu’ils faisaient attention aux paroles des marchandes et des marchands mais rien à faire. Cela ne correspondait pas à la voix de l’ombre du cinéma.
 
C’est alors que Niko chuchotta :
- Chloé, Chloé, retourne-toi, doucement.
- Quoi, Niko ?
- Regarde, il y a quelqu’un qui nous espionne.
 
Effectivement, on les suivait.
- Maman, j’ai peur ! dit Niko.
- Non, n’ai pas peur, répondit la fille. Tu n’es pas un trouillard.
 
Niko voulut alors attraper l’espion mais il glissa sur une plaque d’égout et tomba à plat ventre. L’espion, lui, s’enfuit en courant entre les stands. En voiture. Niko repéra sa plaque d’immatriculation, HXBX.
- Le même numéro que dans mon cauchemar, s’étonna la fille. Est-ce que ce cauchemar deviendrait la réalité ?
 
Heureusement la voiture n’alla pas loin. Elle s’arrêta devant une boulangerie, où quelqu’un alla acheter du pain, puis devant un magasin de vêtements.
 
On était au 8 rue Suzanne Valadon. La même adresse dont ils avaient entendu parler au cinéma, la veille. Chloé, alors, s’écria :
- Je sais quelle est cette adresse : c’est l’adresse de Vincent et de Melissa.
Qu’est-ce que cela voulait dire ? Que Melissa était dans le coup ? que Melissa et Vincent étaient dans le coup ?

Chapitre cinq
 
Est-ce que Melissa et Vincent étaient dans le coup ? Chloé et Niko se posèrent plusieurs fois la question. Ils n’arrêtaient pas de se demander : pourquoi Melissa et Vincent auraient kidnappé Thomas ? C’étaient leurs amis, tout de même. Chloé n’était pas sûre qu’ils étaient coupables. Niko, lui, en était persuadé.
 
- Mais enfin regarde, Chloé, ils habitent tous les deux au 8 rue Suzanne Valadon.
- Et alors, qui te dit que c’est eux ? On n’a pas de preuve.
- J’ai une idée ! lança le garçon.
- C’est quoi ?
- Allons les voir ! Et allons demander leur avis !
- Mais, s’ils nous claquent la porte au nez ? S’ils nous disent de dégager ?
- Non, non, allons-y !
- Oui, t’as raison.
 
Ils entrèrent dans le bâtiment. Dans l’escalier, ils croisèrent Melissa et Vincent. Ils étaient en train de manger une tarte au citron. « Délicieuse ! » disait Melissa.
 
Au sol, il y avait deux dessins. Le premier représentait La Joconde et il y était marqué : Chloé. Le second montrait Louis XIV avec cette inscription : Niko.
- On se moque de nous ? demanda Chloé.
- C’est pour rire, répondit Vincent.
 
Chloé interrogea Melissa :
- Ça va ?
- Oui, ça va et toi, ça va ?
- Oui, ça va.
- Dis-moi : tu n’as rien vu quand tu étais à la piscine ? au sujet de Thomas ?
- Non, je n’ai rien vu de bizarre.
- Et quand tu étais au cinéma, tu n’as rien remarqué ?
- Non. Mais comment tu sais que j’étais au cinéma ?
- J’y étais moi aussi, avec Niko.
- Vous nous espionniez ?
- Non, non, pas du tout.
 
Pendant ce temps, Niko discutait avec Vincent.
- T’as un truc à reprocher à Thomas ?
- Moi, euh, non, enfin, je suis jaloux. Thomas était plus populaire, plus beau que moi. Et toutes les filles étaient amoureuses de lui…
- Même Melissa ?
- Oui, Melissa aussi est amoureuse de lui. Mais elle croit que Thomas ne l’aime pas, il aurait dit qu’elle était moche, etc… Mais bon, c’est pas nous qui l’avons kidnappé.
 
Les quatre enfants allèrent ensemble se promener. Sur leur chemin, ils traversèrent le cimetière et ils passèrent devant une tombe sur laquelle il y avait un portefeuille abandonné ! Chloé le ramassa. A l’intérieur elle trouva une carte d’identité au nom d’un certain Thomas Da Silva de Tarascon, une carte bancaire à son nom, un numéro de téléphone, le 0622599923, une lettre où l’on pouvait simplement lire : « Une amie qui te veut du bien… » et…un gros paquet de billets de 100 euros !
 
Niko prit un de ces billets. Sa couleur verte était bizarre. Des billets étaient plus clairs que d’autres. Les enfants se regardèrent : c’étaient des faux billets ?

Chapitre six
 
 
Mais qui était ce Thomas Da Silva de Tarascon ? Et où était-il ? Les quatre amis se rappelèrent qu’il y avait des Thomas à l’école : Thomas Montigny et Thomas da Silva de Tarascon.
Dans le portefeuilles, ils retrouvèrent une autre photographie, en trois morceaux. Ils reconstituèrent l’image mais il manquait toute la partie avec les yeux.
 
Et puis il y avait ces billets. Il fallait aller chez le fabricant de billets de la ville, les lui montrer. C’étaient des vrais ?
- Non, pas du tout ! répondit-il.
- Je trouve ça louche, dit Niko. Allons chez moi, j’ai un laboratoire.
- Oui, pourquoi pas, répondirent les autres.
Dans son laboratoire, Niko examina un de ces billets ; on voyait bien que les lettres étaient trafiquées. Pas de problème, c’était vraiment des faux billets !
 
Pour réfléchir, les quatre amis allèrent au parc. Mais Chloé n’était pas très concentrée.
- Chloé ?
- Oui, quoi ?
- Tu vas bien, tu es malade ?
- Je pense à cette histoire de da Silva de Tarascon et à ces étranges billets verts ?!
- Oui, bon, mais viens, on va chercher de quoi manger.
- OK.
 
Ils allèrent au restaurant et commandèrent des kebabs. Niko était lui aussi très embêté par cette histoire.
Vincent l’interrogea :
- Alors, tu me crois toujours coupable ?
- C’est à dire que tu n’étais pas à l’école ce jour-là, alors…
 
Vexé, Vincent s’en alla, avec Melissa.
 
Un peu plus tard, Chloé dit :
- Da Silva de Tarascon… Ce nom de famille me dit quelque chose. Je crois l’avoir vu sur le monument au mort ?!
 
Ils se rendirent au monument ; effectivement, le nom y figurait.
- Mais comment on a pu trouver aujourd’hui son portefeuilles s’il était mort depuis longtemps ?
- C’était un ancêtre, sans doute.
 
Toujours dans le portefeuilles, un autre papier. Il disait : « Rendez-vous au Casino d’Enghien ! »
Aussitôt les enfants passèrent à la gare de Cormeilles, prirent des tickets de train pour Enghien-les-Bains. Au casino, sur les tables, il y avait des billets. Les mêmes que dans le portefeuilles. Un nouvel indice.
 
Sur le chemin du retour, ils s’arrêtèrent au musée.
- Super, dit Chloé.
- Génial, ajouta le garçon.
Là, ils virent La Joconde ; des peintures de Lascaux ; la Vénus de Milo ; ils découvrirent aussi la salle dédiée aux dinosaures. Mais pas de da Silva. Retour à la maison.
 
C’est là que Chloé trouva l’adresse de Thomas de Silva de Tarascon : c’était au 26, rue Picasso. Ils approchèrent de chez lui. On entendit un petit bruit venant de sa maison : tchac, tchac, tchac…
Ils entrèrent. Thomas da Silva de Tarascon était en train de tamponner des feuilles de papier. Il les entendit arriver.
- Qui est là ?
Les deux enfants se présentèrent et lui dire :
- Thomas, y a ta mère, dehors, qui veut te voir !
 
Thomas da Silva de Tarascon sortit. Ainsi, ils en profitèrent pour voir ce qu’il faisait avec sa machine.

Chapitre sept
 
Qu’allaient-ils découvrir ? Dans le salon, ils remarquèrent qu’il y avait plein de faux billets, plein de faux chéquiers aussi. Sur la table se trouvait une planche de faux billets que Thomas de Silva de Tarascon était en train d’imprimer.
 
Dans une bibliothèque au mur, il y avait plein de livres pour la jeunesse, genre « La guerre des petits soldats » ou « Mort en coulisses » d’un certain G.S.
 
Chloé chuchota à Niko :
- Ce sont les mêmes billets que ceux qu’on a vus dans le portefeuilles.
- A ton avis, c’est un complot ?
- C’est possible ; mais avec qui ?
- Vincent ?
- Mais qu’est-ce que tu as contre Vincent ?
- Il se bagarre avec Thomas (Montigny) tout le temps. Et il n’était pas là le jour de la piscine.
- Regardons ça de plus près, dit Chloé.
 
C’était des billets du jeu de Monopoly. Au même moment, on entendit un grincement de porte. C’était Thomas da Silva de Tarascon qui revenait.
 
Thomas était furieux :
- Vous m’avez menti, ma mère ne m’a pas appelé. Et puis qu’est-ce que vous faites chez moi ?
- C’est quoi ces faux billets ? demanda Chloé.
- C’est pas votre problème ! Ce que je fais ne vous regarde pas. Sortez !
- Oui, pourquoi tous ces billets ? insista alors Niko. Pour t’acheter des consoles de jeu ?
- C’est pas vos affaires, reprit Thomas. J’ai cette machine parce que j’en ai envie, c’est tout.
- Tu fais quoi de cette fausse monnaie ?
- C’est pour arnaquer les commerçants, mes enfants, se moqua le garçon en ricanant : Ha, ha, ha…
- Qu’est-ce qu’il a mauvais caractère ! réagit Niko.
- C’est bien vrai, confirma Chloé.
 
Thomas protesta :
- Et d’abord, qui vous a laissé entrer ici ?
- C’est ta sœur qui nous a ouvert, mentit Niko.
- Jena ?
- Oui, je lui ai dit qu’on était les meilleurs amis du monde.
- Nous, les meilleurs amis ?! Allez, dégagez !Bande de vauriens.
 
Chloé et Niko sortirent. C’était l’heure de manger. Ils avaient faim. Chloé rêvait d’un vrai repas, carottes râpées en entrée, pâtes à la bolognaise, et du flan en dessert.
Mais ils durent se contenter d’aller à la boulangerie acheter des bonbons et des croissants.
- Regarde, dit Niko, il y a la maîtresse qui vient, elle aussi, acheter du pain.
 
La maîtresse était là, en effet, et de son sac tomba à terre un drôle de billet, le même genre de billets que ceux du portefeuilles. Quand elle sortit du magasin, ils décidèrent de la suivre jusque chez elle.
- T’as vu ? Elle habite à côté de chez Thomas Montigny. Et si c’était elle qui avait enlevé Thomas ?
- Peut-être. Elle aurait pu…
Encore une suspecte !
 
En chemin, Niko montra à Chloé une photographie.
- Regarde, j’ai pris cette photo chez Thomas da Silva de Tarascon.
Elle représentait un homme grand, fin, brun, les yeux vert, le visage dans un ton marron. Au dos de la photo, un numéro de téléphone, 0622599923, le même que celui qui était dans le portefeuilles. Et aussi ces mots : « mon tonton, qui habite au numéro zéro de ma rue » ; c’était signé « Thomas da Silva de Tarascon ».
 
Et si c’était lui le kidnappeur ? s’inquiéta Chloé.
 
Ce jour-là, les parents de Niko emmenèrent les deux enfants à Paris pour visiter la Tour Eiffel, la Cité des Sciences, le musée du Louvre.
 
Mais les enfants, eux, se demandaient qui était le kidnappeur : Thomas da Silva de Tarascon ? l’oncle de ce Thomas ? la maîtresse ?

Chapitre huit
 
Finalement, on a retrouvé Thomas. Voici comment.
Chloé cette nuit-là s’était endormie vers minuit et avait fait un rêve. Elle voyait Thomas qui s’enfuyait de la piscine, qui passait au cinéma, à la boulangerie, au centre Picasso, au marché… Elle rêva encore de Thomas de Silva de Tarascon.
Elle garda tout cela au frais pour le lendemain où elle raconta son rêve à Niko.
Lui, Niko, pensait qu’il y avait plusieurs options.
Première option :Thomas da Silva de Tarascon non seulement était le coupable mais il serait aussi le fils la maîtresse !
Deuxième option : Thomas s’est enfuie, il se cache car il a honte, il a peur de l’eau (et donc de la piscine).
Troisième option : c’est la maîtresse qui gardait les billets, même les faux billets, pour acheter le TNI ( tableau numérique interactif) et aussi pour se payer des vacances.
Quatrième option : Thomas serait à l’hôpital. Est-ce qu’il aurait attrapé le virus Ebola ? C’est ce que disent ses parents. A l’hôpital, suite à un examen complet, il aurait été soigné et guéri !
Cinquième option : le coupable serait le professeur de natation ; il était furieux contre Thomas Montigny car celui-ci n’écoutait pas les consignes et surtout Thomas était meilleur en natation que son professeur.
Sixième option : c’était une histoire de karma mais les enfants ne comprenaient pas.
Septième option : il faudrait superposer les lettres reçues et ainsi apparaitrait un autre message, genre « Rendez-vous dans la forêt à 18hOO ».
 
Quand ils allèrent dans la forêt, il faisait presque nuit. Soudain, ils virent une ombre.
- Vous êtes en retard, dit celle-ci d’une voix étrange, il est 18h05.
- Pour moi, il est 18h00, répondit Niko.
- Prenez cette lettre et déguerpissez !
 
En repartant, ils lutent la nouvelle lettre. « Donnez-moi 100 euros ou vous ne reverrez jamais votre ami. Donnez l’argent avant vendredi au square ».
 
- Mais qui est cette personne ? demanda Niko.
- Je ne sais pas.
- On ira au square demain.
- Mais comment trouver l’argent ?
- Avec les faux billets ?
- OK !
 
Mais le jeudi suivant, au square, il n’y avait personne.
Fausse piste ! Alors, où trouver Thomas ? En Espagne ? en Italie ? en Australie ? au Mali ? au Portugal ? en Inde ? en Grèce ? en Russie ? en Suisse ? en Algérie ? au Maroc ? A New York ? A Rio ? En Amérique du Nord ? en Amérique du Sud ?
Non, Thomas devait être dans leur pays, l’Arcadie.
 
Alors ils se promenèrent, ils allèrent à Animalis regarder les animaux. Niko dit :
- J’aimerais tellement être un animal !
- Mais t’es fou ?! répliqua la fille.
Ils se demandaient si Thomas ne s’était pas kidnappé tout seul !
 
En passant devant le magasin « Quai des marques », ils constatèrent qu’il était fermé pour cause de travaux. Alors Niko se souvint. Thomas lui avait dit qu’il irait voir son père après l’école, dans ce magasin où il travaillait.
 
Et si Thomas était-là ? Enfermé ?
- Il y a quelqu’un ? crièrent les enfants.
- Oui, oui, moi, c’est moi, Thomas. Je vais tous vous expliquer. Libérez moi.
 
Il dit qu’il avait en effet voulu aller voir son père. Il était entré dans le centre commercial. Il prit l’ascenseur. Mais à ce moment-là, il y eut une panne d’électricité. Thomas eut beau appuyer sur tous les boutons, plus rien ne marchait. Et tout le monde, tous les travailleurs étaient partis à cause de la panne. Heureusement qu’il avait des gâteaux et des boissons pour tenir.
 
Ils le libérèrent. Puis ils décidèrent de préparer une fête pour son retour et de faire la fête à l’école. Avec la maîtresse et toutes les copines et copains. Pendant la fête, la maîtresse dit : « Oh, là là, on a perdu Madora » et Niko dit « Oh, non, pas encore ! » mais personne n’y fit attention, tout le monde ne pensait qu’à la fête !
 
 
FIN
 

Ateliers d’écriture avec des CM2 des écoles Sézanne et Matisse.
On peut trouver des informations sur le blog :

blog.crdp-versailles.fr/cm2matisse2014 (mot de passe à me demander)



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