Oval, Nogent, Belle Ile, septembre 2018

PAGNOL
L’enquête mystérieuse

Chapitre un
Mystère à marée basse

La classe répète la nouvelle : la prof de français a disparu.
Léo et Micheline, deux de ses élèves de 6è, sont dans la cour quand un collégien arrive d’un pas décidé sur eux et désigne la jeune fille :
- C’est toi qui l’a fait disparaître, sorcière !
Léo intervient :
- Au moins comme ça, on n’a pas cours ! dit il avec un grand sourire.
Pourtant on sait bien que le français est sa matière préférée.
- Merci, lui dit Micheline, mais je peux me défendre toute seule ! Vraiment ce que tu peux être bête parfois !
Léo en est tout triste, Micheline le rassure :
- C’était pour rigoler, je suis désolée.

Léo et Micheline sont les délégués de classe. Et la classe leur fait confiance. Où est la prof ? Ils décident de prendre la direction des opérations.
C’est vrai que Mme Lupo, la maîtresse donc, se comportait bizarrement ces derniers temps, pensent les enfants. Eux trouvaient louche certaines choses. Par exemple la prof portait sous son gilet une drôle de cape, avec un œil dessiné au beau milieu… Une fois, pendant une pause déjeuner, ils l’avaient même suivi, en se cachant derrière des buissons. La prof avait traversé un parc et s’était rendu à la bibliothèque. C’était tout.

Les deux enfants vont donc mener l’enquête et ils en sont tout excités.
Mais comment planifier les recherches ? Qu’est ce qu’il faut pour une enquête, une loupe ? une gourde ?
- Déjà il faudrait savoir où ça s’est passé, dit Léo. Puis il faudrait savoir aussi comment procéder.
- Bon, on commence, s’impatiente Micheline.
- Alors essayons de rassembler le plus d’indices possible.

Un moment ils trouvent par terre le téléphone de la maîtresse.
- Regarde, crie Léo.
- Quoi ? répond Micheline en criant aussi.
- Le portable de la prof !
Micheline le prend d’un geste brusque.
- Faut l’ouvrir.

Ils y cherchent des informations. Ils apprennent qu’elle a dîné, la veille, au restaurant de 20h à 21h45. Avec un mystérieux inconnu.
- Faut le rencontrer, l’interroger, le mettre au supplice pour qu’il parle, propose Micheline.
Oui mais ils ne connaissent ni son nom, ni son adresse.
Puis ils ont juste le temps d’entendre un message vocal qui annonce, d’une voix grave : « Rejoignez moi à minuit sinon votre prof… »

Illustration un
Portraits de Micheline et Léo

Le message s’arrête, Micheline s’énerve :
- Y a plus de batterie !

Ils poursuivent leur recherche, passent par la forêt de Belle-Ile ( on dit qu’elle serait maudite !), puis par le camping Le Dauphin (là, on parle de traces de sang), enfin ils se retrouvent sur la plage. A marée basse, ils voient une sandale qui ressemble beaucoup à celles que portait la prof. Hélas la marée l’emporte. Léo crie, Micheline court, elle se prend le pied dans un rocher, tombe la tête la première. Et découvre alors des traces de pas. Ils les suivent, jusqu’à une grotte.

Chapitre deux
S.O.S. maîtresse en détresse

Une surprise les attend dans la grotte. Les deux enfants ont peur mais ils entrent quand même dans la caverne humide, ténébreuse. Micheline allume sa lampe torche car il fait très sombre. Ils s’avancent dans l’obscurité. Tout de suite ils trouvent la deuxième sandale de la prof, ils sont sur la bonne piste.
Léo crie :
- Micheline, Micheline !
- Quoi encore ? répond la fille.
- Regarde là.

Ils voient la cape de la maîtresse à moitié déchirée et portant cinq traces de griffes.
- Griffes de chien, dit Léo.
- Non de chat, réplique la fille.
A peine ont-ils touché la cape qu’elle tombe en poussière.

Un peu plus loin, ils découvrent l’œil de la cape de la maîtresse gravé dans la pierre !
Sous le dessin, il y a une inscription en latin.
- Du latin ! dit le garçon. Tu peux le traduire avec ton téléphone ?
- OK, OK mais attends… y a pas de WIFI !
- Ho la la, cherche un endroit où on capte la wifi..

Illustration deux
La grotte

La fille gigote dans tous les sens et finalement soupire :
- C’est bon, j’ai la 3G.
- Youpi ! Bon, tu fais quoi, tu mets Google translate ?
- Ecoute, je vais mettre le latin dans mon clavier et je télécharge l’appli de traduction.

Pendant que Micheline cherche, Léo se souvient qu’on raconte des choses sur cette grotte, elle serait gardée par une coquille Saint-Jacques de trois mètres de long, personne ne serait de taille à affronter ce monstre, il fallait l’approcher avec des ventouses, trouver la pierre actionnant l’ouverture d’une trappe où cette coquille géante tomberait. Le garçon imagine des aventures genre : et s’ils étaient dans un temple souterrain où des gens se prosterneraient autour de la prof, prisonnière, assise sur une chaise et destinée au sacrifice ? et s’ils allaient croiser des extraterrestres ? Il croit aussi entendre des bruits de pas, des musiques terrifiantes.

C’est Micheline qui le sort de sa rêverie.
- L’inscription en latin, ça veut dire : Lâchez l’enquête sinon c’est votre vie qui sera en danger !

Les deux enfants ne lâchent pas leur recherche et ils aboutissent à un passage, au fond de la grotte, qui débouche dans les sous-sols d’une maison. Tout y semble normal. Quand soudain ils entendent un cri : « A l’aide ! »

Chapitre trois
Le secret de Mme Lupo

Voici comment ils retrouvent Mme Lupo.
Léo hurle :
- T’as entendu ?
- Oui j’ai entendu.
Le cri se répète plusieurs fois. Finalement ils repèrent la porte d’où vient le bruit.
Deux chiens à l’allure féroce gardent la porte. ; c’est sans doute ceux qui ont déchiré la cape de la prof. Les chiens aboient.
Les enfants réfléchissent à un plan pour entrer. Et se demande ce qui se passe là. On dit que Mme Lupo serait non seulement une prof de français mais une espionne ; on l’aurait vu il y a peu à la bibliothèque utiliser un passage secret en s’appuyant sur une brique verte ; elle y laisserait des messages dans un livre de la rangée 6, étagère 6, p 17.
Léo qui a de l’imagination se demande également si, de l’autre côté de la porte, il n’y aurait pas un personnage à l’œil jaune avec un trait noir, une créature mi humaine mi reptile, un reptilien.

ILLUSTRATION 3
Cape

Finalement ils jettent des pierres dans une pièce voisine, les chiens vont vers le bruit, la voie est libre.

- Ouvre, vite, demande la fille ;
- OK, OK…
Le garçon pousse la porte et découvre…le père de Micheline attaché sur une chaise ! Il est ligoté de la tête aux pieds.
- Papa, toi ici ? déclare la fille.
- Et où est Mme Lupo ? s’étonne le garçon.
La prof est dans un coin de la pièce, agressive.
- Oh non, pas eux, dit-elle ; vous me cherchez, vous êtes trop mignon.
- Ecoutez, dit Léo, on ne vous dénonce pas à la police si vous nous rendez le père de Micheline.

Mme Lupo hésite, s’effondre et s’explique. Le père de Micheline est (aussi) prof de français. Il est, paraît-il, adoré de ses élèves et doit remplacer bientôt Mme Lupo. Elle ne le supporte pas. Rongée de colère, elle l’a donc invité à un pique-nique près de la grotte et lui a tendu un piège. Lui ne se doutait de rien.

Les enfants le libèrent. Ils décident de laisser la maîtresse reprendre ses fonctions.
- Papa, lui dit la fille, juste une question : pourquoi tu m’as donné un tel prénom
- C’était le prénom de ma mère, répond il.

FIN

PREVERT

UNE ENQUÊTE EPICEE

Chapitre un
S.O.S. Stéphane

Tim demande à Louise :
- Où est passé Stéphane ?
- Je ne sais pas, il n’était pas avec toi ?
- Non.
- Alors, jouons au détective !
- Oui ça peut être drôle !

Louise et Tim sont des enfants de onze ans ; ils sont en sixième et ils viennent d’arriver à Belle-Ile-en-mer en classe découverte. Stéphane est dans leur classe.

- La dernière fois que je l’ai vu, dit Tim, c’était sur le bateau, il était en train de lire.
- Peut-être que c’était un livre ensorcelé ? s’inquiète Louise.
- Mais non, la magie, ça n’existe pas, réagit le garçon.
- Bon, tu as sûrement raison.

En fait, ce jour-là, Stéphane, ils l’ont déjà perdu de vue deux fois, dans le train puis dans le bateau.
N’empêche, toute la classe commence à s’affoler, tout le monde se demande où il est bien passé.

- Tu crois qu’il est resté sur le bateau ? se demande Louise.
- Allons voir ?!
- Non, débouille toi tout seul !
- Oh, je retiens ta méchanceté !

Mais il n’y a personne sur le bateau. Le garçon dit à son amie que Stéphane n’est pas là.
Toutefois ils observent le gardien du navire qui quitte le bateau en portant un gros sac sur le dos.
- Bizarre, le bonhomme, dit Tim. Suivons le.
- Non c’est dangereux !
- Oh la trouillarde ! Sérieusement, t’es une chochotte !

Mais le temps pour Tim de se retourner et il ne voit déjà plus le gardien.

Sur le chemin de la colo, les deux jeunes gens se posent maintenant tout un tas de questions.
- Allons nous arriver à retrouver Stéphane ? se demande Tim.
Louise hésite :
- Peut-être qu’il est allé s’acheter quelque chose à la boulangerie ?
- Bon je vais voir à la boulangerie, tu m’accompagnes ? répond le garçon.
Il interroge la boulangère :
- On cherche un ami, il est brun, avec des lunettes ; il est mince et porte un survêt gris. L’avez vous vu, s’il vous plaît ?
Louise ajoute :
- Désolé madame mais mon ami Tim est un peu perturbé parce que notre copain Stéphane s’est perdu.
La commerçante les rassure :
- Oui en effet je l’ai vu, il est parti avec un grand monsieur.
- Et comment était-il ce monsieur ?
- Il portait un grand manteau noir et une petite barbe.
Les deux jeunes gens se regardent.

ILLUSTRATION UN
Portraits de Tim et Louise

- Peut-être que Stéphane est sur la plage ? Allons voir. En découvrant les grosses vagues, ils pensent que Stéphane a pu se noyer. Un peu plus loin, ils tombent sur des sables mouvants. « Et s’il s’était enfoncé dans ce marais ?
- Arrête de dire des choses comme ça ! crie Louise.

Tim imagine déjà le pire. Trouver par exemple des traces de sang dans leur chambre à la colo, découvrir un corps blessé, croiser un animateur dont les vêtements seraient déchirés, les cheveux ébouriffés, choqué par ce qu’il aurait vu.

Quand ils arrivent dans la cour de leur établissement, ils sont en retard et leur classe est déjà partie pour une activité équestre. Alors ils décident de faire le tour des bâtiments. Lorsqu’ils passent à côté du réfectoire, ils remarquent au sol des traces de chaussures. Celles de Stéphane.
Ils se mettent à suivre ces traces et retrouvent, à côté de tout un stock de tablettes de chocolat… Stéphane.
- Enfin, te voilà, dit Tim.
- On t’a cherché partout, précise la fille.
- Désolé, leur répond Stéphane, d’une drôle de voix. Je me suis perdu. J’ai découvert toutes ces tablettes. Je voulais vous les ramener.
- Pourtant, toi, tu ne manges jamais de chocolat d’habitude, s’étonne Tim, tu détestes même ça.
- Mais oui, c’est vrai, ajoute Louise.

Chapitre deux
OMG Stéphane

Stéphane est vraiment bizarre.
Tim et Louise en discutent à la récré.
- Sa voix, elle est étrange, non, tu trouves pas ? J’ai l’impression qu’elle est plus aigue, chuchote Tim.
- Oui, sa voix a changé. Et puis il se met à manger du chocolat maintenant alors que normalement ça lui donne des boutons ; quand je lui ai posé la question, il a prétendu qu’il avait des médicaments puis il a dit : « Changeons de sujet ».
- Tout son comportement en fait est drôle, répond la fille à voix basse.
- Et ses yeux, t’as vu ses yeux ?
- Alors ?
- Ils sont jaunes.

Illustration deux
Le(s) robot(s)

Dans la journée, toute la classe part à la pêche à pied. Un moment Louise glisse sur une algue. Elle tombe, se retrouve dans l’eau et pleure. Tim vient tout de suite à son aide. Mais Stéphane, lui, continue son chemin. Il marche… comme un robot.
Tim rejoint le garçon. Celui-ci se met à bégayer. Un moment, il ne se rappelle même plus le prénom de son ami. Puis il parle lentement, de manière saccadée.
- Bon-jour-Tim-bon-jour-Tim.

Un peu plus tard, Tim surveille sérieusement Stéphane. Celui-ci part vers les toilettes. Tim s’approche pour voir de plus près. Plus de Stéphane mais il aperçoit, par terre, un bras. Un bras de robot avec plein de fils électriques qui s’en échappent.

Plus de doute : ce Stéphane-là est le portrait craché de Stéphane mais ce n’est pas Stéphane.
- Où est il passé ? demande Louise. Il faut le suivre.
- C’est peut être dangereux, s’angoisse Tim.
- Oh la la, dit la fille, mais c’est toi la chochotte maintenant.

En suivant le robot, les enfants passent un mur et parviennent jusqu’à un stade ; il y a là, alignés, 10 000 Stéphane !
- On est tombé dans une fabrique de clones, panique le garçon.

Chapitre trois
La fin des clones

- Faut arrêter la machine à cloner, déclare Louise.
- Oui, bonne idée, allons y ! dit Tim. Il faut faire vite avant que ça n’empire.

Mais ils commencent à se chamailler.
- Récupérons d’abord Stéphane ! dit Tim.
- Oui mais comment ? réagit la fille.
- Est-ce que je sais moi ? s’agace le garçon.
- Oui c’est ça, fais ton malin !
- Bon ben moi je pars chercher seul ! hurle-t-il.
- Ben moi aussi alors ! hurle Louise encore plus fort.

Finalement ils se séparent. Comme ça, pense-t-il, ils trouveront cette machine plus vite. Et là il suffira de trouver le bouton « off ». Et tout arrêter.

Le garçon s’engage sur le toit au dessus du stade, il ne remarque pas que l’endroit est fissuré et voilà qu’il tombe au milieu des clones de Stéphane. Tous les regards des robots se tournent vers lui, tous crient en même temps : « Intrus ! Intrus ! Intrus ! »

Le garçon s’enfuit en se disant « Mais c’est quoi ce délire ?! ». Il aurait bien voulu que ce soit un rêve dont il pourrait se réveiller mais ce n’est pas le cas.
Il a donné rendez-vous à Louise devant la salle de contrôle ou salle de commandement.
Mais qui peut bien être le responsable de tout ça ? se demande-t-il. Les uns parlent d’un certain James, d’autres d’un Robert Frankestein. Certains pensent que c’est la boulangère qui avait besoin de clones pour faire le travail à sa place.

ILLUSTRATION TROIS
La machine

Louise, elle, est passée par une cave où elle a découvert Stéphane, le vrai, en train de flotter dans un grand incubateur. Heureusement elle trouve la clé de cet appareil, réussit à libérer le garçon, à le réanimer.
- Stéphane, Stéphane, comment tu vas ?
- Oui, oui, ça va, répond-il l’air endormi.

Tous deux sortent de la cave, traversent une bibliothèque qui renferme des centaines de livres. L’un d’eux s’intitule « La machine à cloner » qu’ils lisent, vite, jusqu’à la 999è page.

Louise et Stéphane retrouvent enfin Tim à l’entrée de la salle des machines. Pour entrer, il faut deviner le sens de deux énigmes : « etteliot » et « etite etrop ». Comme ils ont lu le livre, ils comprennent… Et ils peuvent tous trois entrer dans la salle.
C’est là que s’organise toute la production des robots. Au milieu des machines, ils tombent sur un professeur qui n’arrête pas de rire, c’est monsieur Bethlo, leur professeur de technologie ! Il est devant un immense tableau de bord avec une manette qui fonctionne avec un code. Les deux garçons font diversion, immobilisent le prof, récupèrent le code. Louise active la manette : tous les robots (et faux Stéphane) s’effondrent aussitôt. La fabrication cesse.
L’enquête est terminée, les enfants sont fiers et heureux.

FIN



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