2003 (4e trimestre)

Mouvement des idées
Note n°48 (3/10/03)

1.

Radicalisation des idées ? Tout semble indiquer que les choix
idéologiques se radicalisent. De part et d’autre. Les signes de
resistance antilibérale sont nombreux. Dans le même temps les
signes que l’idéologie libérale marque des points sont également
avérés. Le libéralisme se décomplexe : longtemps le drapeau
libéral n’a été porté que par quelques avocats tel Madelin et les
siens ; on faisait du libéralisme sans le dire. Auourd’hui tout se
passe comme si la droite affichait de plus en plus ouvertement son
propos libéral. Affichage plus libéral : la manière dont le budget
est vendu, on prend aux pauvres, on donne aux riches,
ostensiblement. A l’UMP, on se revendique plus franchement
libéral. La marque libérale est partout : concentrations et
concurrence, attaque ouverte de l’Etat et de ses fonctionnaires (
rétribués « au mérite » à Bercy, à l’Intérieur)…Des sondages
d’autre part indiquerait une (légere) progression de cette
idéologie ces temps ci : recul de l’opinion sur la question des 35
heures. Demandes accrues d’entrée à l’école privée…

Radicalisation en partie à l’image du clivage croissant de la société ;
voir par exemple les commentaires, derrière l’affaire Air France, sur un
transport pour les riches et un sous-transport pour les lumpen-voyageurs.
Dans son dernier « bulletin », Ipsos parle d’ailleurs d’une opinion de
plus en plus clivée gauche/droite.

2.

L’exemple par la jeunesse : Cette double radicalisation se
manifeste aussi dans la jeunesse. Il y a la présentation par
exemple au dernier CN des progrès réels d’organisation des JC, et
préparations amples du FSE. Il y a aussi ce sondage CREDOC/La
Croix du 26/9 selon lequel « 75% des jeunes Français ont une image
favorable du « libéralisme » et 66% de la « mondialisation ». 56%
pensent que l’internationalisation des échanges présente plutôt
des « avantages ». Les 18/29 ans seraient « beaucoup plus en phase
avec la société que leurs aînés » ; en fait le commentaire du
journal tord un peu les chiffres. Par exemple 83% des 30 ans et
plus pensent que la société française « a besoin de se transformer
en profondeur », ce qui est le cas de « seulement » 74% des plus
jeunes. Ils seraient moins critiques en vers les institutions
(école, justice) ; réhabiliteraient largement des valeurs comme
l’ordre et l’autorité. Accros de la famille. Toujours plus
individualistes. Plus conformistes.

« Capables de fortes mobilisations ponctuelles pour montrer leur
attachement aux valeurs démocratiques et lutter contre la discrimination
raciale » mais « 73% des 18/29 ans ne s’intéressent pas à la politique ».

3.

Repolitisation : l’envie à droite de « repolitiser » le débat
revient dans de nombreux commentaires ; on dit que Chirac pesterait
contre la manière dont a été « traitée » la crise de la canicule,
en techniciens et non en politiques ; l’Elysée ferait la chasse aux
ministres techniques/technocrates ; on entend « repolitiser » le
budget ( voir à ce propos la chronique de Slama dans Le Figaro du
29/9 significativement intitulée : « Budget : le retour du
politique »).

4.

P.S. : une rentrée ratée ? Aux lendemains de ses journées
parlementaires, une mini-campagne de presse entretenait l’idée
d’un retour du PS. Finie la panne. Papier hyper-élogieux du JDD :
« Cela va mieux pour les socialistes » attaquait ce journal. « 
Eureka » titre Libération. Mise en avant de ses « propositions
nouvelles » en matière économique. Mais tout aussitôt, nombre de
commentaires montraient que cette mise en scène d’une opposition
gauche/droite avait ses limites.La Tribune montrait par exemple
les quasi convergences fiscales PS/UMP (« l’élargissement de l’IR
 », fusion CSG/IR,) ; Le Monde cassait la dynamique du livre de Lang
sur l’école qui ne propose finalement rien de neuf. Et tous
titrent sur la forte division du parti sur l’Europe ( et la
Constitution européenne), sujet traditionnelement consensuel au PS.

5.

Europe
Excellent papier des Echos du 30/9 selon lequel, de l’avis de tous les
sondeurs, l’image de l’Europe serait grandement « brouillée » dans
l’opinion, en fait un immense doute sur l’actuelle efficacité de
l’intégration européenne ; la quasi certitude de ces sondeurs d’un vote
négatif en cas de référendum sur la Constitution. Nombreux papiers aussi
sur la manière dont le pouvoir joue de l’Europe ( et de ses oppositions
mises en scène avec Bruxelles) pour mieux faire passer sa pillule
libérale : « Seule la menace de la concurrence européenne peut nous
permettre de venir à bout des obstacles jusqu’ici insurmontables que la
société française oppose aux réformes » ( dépenses publiques, emplois
publics, etc…) : Le Figaro, 29/9. Ou encore : « Il est bon de pouvoir
accuser Bruxelles quand on prend enfin les mesures difficiles que la
situation économique exige », Alfred Grosser, La Croix, 1/10

6.

Populisme, positivisme, démocratie
Nombreuses réflexions sur le peuple et la démocratie.
Soit sur le thème : la démocratie n’est pas son affaire, c’est celle des
élites : cf le Medef et son « nouveau positivisme ».
Soit sur le thème : le peuple n’y comprend rien : voir les commentaires
autour des « risques » d’un référendum européen. D’emblée on écarte le
peuple du débat sous l’infamante accusation de « populisme ». Dossier du
Fig Mag là dessus.
Au contraire, approche intéressante dans le livre « La politique du
peuple » de Roger Dupuy (Albin Michel) sur le thème : il y a
insuffisance démocratique face aux préoccupations des couches
populaires ; la « politique du peuple » n’est ni forcément réactionnaire
ni nécessairement « basse politique ».

Sur démocratie et espace public voir aussi l’article d’Eric Dacheux dans
la revue « Hermès, septembre 2003 ( in revue de presse)

7.

Observatoire des médias
Un observatoire français des médias a été créé le 24 septembre. « Mener
des actions de tous ordres en vue de promouvoir et garantir le droit à
l’information, la liberté d’expression et le droit à informer des
citoyens » ; « se constituer en contrepoids aux différents pouvoirs en
particulier ceux des grands groupes médiatiques qui favorisent en
matière d’information une logique, celle du marché- et une idéologie,
celle de la pensée néolibérale ». Fondateurs : des pros de
l’information, des universitaires (Mattelart élu président), Bernard
Cassen. Pour ce dernier « faire face aux médias à l’image de ce qu’Attac
a fait contre la mondialisation libérale ».
Une initiative qui intervient aussi au moment où des doutes existent sur
le traitement de certaines affaires ( Baudis-Allègre-Toulouse, par ex).

8) Eglises
Plusieurs dossiers sur le thème de l’absence des Eglises et des
religions, leur silence. Par exemple Une et dossier de « Témoignage
Chretien » sur le silence (avéré) des Eglises pendant la canicule. Rien
à dire ? Ou long article d’Henri Tincq ( Le Monde) « Où sont les nouveaux
prophètes des religions ? » qui reprend une critique de Régis Debray aux
gens d’Eglise : « On a peine à vous entendre. » Les Eglises seraient
désormais plus « gestionnaires » que « prophètes ». On serait « en panne
d’efficacité symbolique » ; « le pessimisme deviendrait une manière de
penser » ; « la marche du monde desespère » ; on serait en manque de « 
subversion spirituelle ».

9) Opinion
Le baromètre Sofres/ Figaro Magazine à paraître ce week end confirme le
pessimisme croissant (78% pensent que les choses empirent, jamais vu !) ;
mettent le chomage-emploi en tête ( contrairement aux enquêtes
CSA/L’Humanité) ; souligne la dégringolade forte de l’executif, Chirac et
Raffarrin ; le discrédit inquiétant de tous les politiques, droite et
gauche confondues.

L’extrême droite sort son épingle du jeu : +2 pour Le Pen, + 3 pour le FN.

Le PC se maintient (à 21) comme en septembre alorss que, hors FN, tous
les partis reculent.

10) Partis

P.S. : Campagne d’affiches ( et de tracts) sur le thème « Avec Raffarin,
l’addition va être salée ! ». Sous forme de tickets de caisse sur le même
modèle : « Emploi : moins d’emplois jeunes, plus 130 000 chômeurs en un
an », ou « Education : moins 20 000 éducateurs, plus d’échecs scolaires ».
Mise en cause (limitée mais répétée) du budget militaire.

UMP : procès Juppé ; la tendance souverainiste de Dupont-Aignan vers
l’autonomisation et la scission ?

UDF : bonne image dans l’opinion (!) ; en joue dans ses négociations avec
l’UMP

Verts : majoritairement vers des listes autonomes aux régionales ? Long
papier du Figaro du 1^er octobre. 7 régions sur 22 ont choisi et toutes
« l’autonomie ». Selon Lemaire, seules 4 ou 5 choisiront l’alliance avec
le PS.
En IdF, sur 1700 adhérents, 500 élus locaux.

FN : long papier de Libé du 29/9 ; thème : « l’air du temps se lepénise
 »…Ce que confirment le sondage Fig’Mag.

CGT : très nombreux commentaires, diversifiés, sur la signature de
l’accord « Formation ».

CFDT : article des Echos sur les départs d’opposants, 29/9.

Mouvement des idées
Note n°49 (10/10/03)

1.
L’offensive libérale : l’exemple des 35 heures

Ce fut une campagne massive montée comme une opération-commando avec un appel plutôt provocateur lancé en milieu de semaine dernière par l’aile la plus libérale de l’UMP, aussitôt fortement relayé par les médias (Le
Figaro a consacré le jour même trois pages au sujet, parfaitement
préparées ; de nombreuses pages depuis, avec, chaque fois, une caution de
gauche : l’économiste Fitoussi ou Rocard par exemple) et par un ministre
( celui du budget, le soir même, à la radio-télé) ; on fait monter la
pression, le pouvoir fait mine de tempérer ( partage des rôles ? réelles
contradictions ? souci d’apaisement revendiqué ?) ; à l’arrivée, c’est
plutôt bon pour la droite qui en fonce le clou ( et pour Aubry).

On retiendra de cette « offensive » deux choses : les réformateurs
ultra-libéraux jouent un rôle croissant au sein de l’UMP. Organisés en
courant sans en demander la permission, ils profitent d’un certain « 
vide » politique de ce drôle de parti qui a intégré (?) les formations
de droite sans ouvertement définir une orientation commune d’idées. Les
libéraux profitent de cette situation, de l’oreille de l’Elysée aussi
depuis cet été.

Deuxièmement, en attaquant sur les 35h, ils enfoncent une porte ouverte ;
les sondages lors des présidentielles montraient que les idées de droite
étaient majoritaires sur certains dossiers : les 35h critiquées par 65% ;
le service minimum dans les services publics (70 ou 80%) ; même la
retraite (51%).

La question du service minimum d’ailleurs ressort.
Ceci pour dire aussi que malgré une apparence de « déferlante »
libérale, il n’est pas sûr que ces idées (pro libérales) aient beaucoup
bougé ces derniers mois. On les sentait même fortement mises en
accusation au premier semestre et cet été encore.

Sur les 35h, retenir ce chiffre de la CGT : 35 000accords sur les 35h,
65% des salariés satisfaits, 10 très mécontents, 25 pour une renégociation.

2.
Le « travail » : sus aux fainéants ?!

On peut penser dans le même temps que la campagne sur le travail entre
dans une nouvelle phase. Après un premier « débat » qui a concerné
surtout les « experts », la campagne pourrait prendre un ton nettement
plus réactionnaire, populiste, visant à culpabiliser les exclus, les
chômeurs, les pauvres.
C’est un des grands classiques de la droite.
Laquelle ne manque pas de culot : dans une longue tribune libre du
Monde, le patron de Paribas Pébereau peut tranquillement écrire par
exemple qu’il serait bien que les Français remplacent une heure de télé
par jour par une heure de travail…

France Soir fait sa « Une » sur des Français à la plage, sous le titre « 
Et voilà le travail ».
Ou les propos de l’économiste Baverez (La France qui tombe) : « pour les
couches modestes, le temps libre c’est l’alcoolisme » !
Voir le dossier « Le Monde » sur la mise hors norme des « pauvres » ; cf
l’entretien avec l’universitaire André Gueslin, auteur de deux livres
sur l’histoire (et l’image) de la pauvreté.
Et le long papier de Jean Viard dans Libération du 7/10 : « Le travail
ne gouverne plus l’ordre social ».

3.
Crise de la politique : toujours plus.

Plusieurs commentaires insistent sur l’aggravation ces dernières
semaines de la crise de la politique. Alors que tous les sondeurs disent
que l’inquiétude des Français est maximale, s’installe dans l’opinion le
sentiment que la politique est bel et bien « larguée ».C’est notamment
le thème de B. Gurrey dans Le Monde des 5-6 octobre. Les gens sont
convaincus que « le politique n’a pas la maîtrise des événements. (…) ».
Ce sentiment, net lors de la présidentielle, « reste très fort. Cette
sensation d’impuissance du politique, déjà ancienne, s’est renforcée
avec la gestion desastreuse de la canicule du mois d’août ».
D’où l’insistance de l’Elysée à vouloir repolitiser les choses ?
Propos de B. Cassen sur la gauche qui a perdu sa force propulsive.
Ou de la nouvelle patronne (ex PS) de Geenpeace pour qui « le monde
politique est désert, stérile ».
Le résultat des élections de Californie ne vont probablement pas
contribuer à redorer le blason de la politique.

4.
UMP/PS : à la recherche d’idées

UMP : dernière mise au point de la Fondation qui devrait s’appeler « 
Fondation pour l’innovation politique » ; précautions prises pour marquer
la distance au parti et la bonne distance au politique. Travailler sur
le long terme surtout. Sous la direction de Jérôme Monod.
Le PS de son côté entame une série de rendez-vous bimensuels avec des
intellos. Début octobre Michel Wieviorka sur « réinventer un modèle
politique, social et culturel ». Sont prévus le philosophe Marcel
Gauchet( dans Libé du 2/10 il dit qu’il va pousser le PS à « rompre avec
son surmoi marxiste ») ; le chercheur Henri Rey (gauche et catégories
populaires), le sociologie Robert Castel (insécurité sociale)…
Du bon usage d’un intellectuel par la droite :Le Figaro Littéraire
consacre un dossier sur Pie 12 accusé d’avoir fait le jeu d’Hitler ; pour
la défense de l’accusé, A. Adler, une pleine page complaisante…

5) Social démocratie : réformes à la hussarde

Discours ambiguë de la presse social démocrate française sur le pouvoir ;
Raffarin serait en panne « et son ardeur réformiste entravée » (Le
Nouvel Obs).
Nombreux papiers qui montrent l’absolue similitude des « feuilles de
route » des gouvernements français et allemand par exemple : réforme de
la santé, réforme des retraites, du marché du travail, de la fiscalité,
redéfinition du rôle de l’Etat, etc…
Les voisins sont souvent cités, à droite, comme de bons exemples : Blair
qui met le congrès travailliste devant le fait accompli et se dit
déterminé à mener coûte que coûte les réformes ; l’Allemand Schröder et
sa « stratégie du bulldozer » : passer en force avec sa ligne néo
libérale malgré le parti ( le Spd a perdu 100 000 de ses 800 000
adhérents) et des experts se demandent si le Spd ne va pas « lâcher » le
chancelier ( Les Echos, 2 octobre).
Analyse du blairisme dans la revue « Politique » (cf revue de presse).
Renforcement de l’arsenal sécuritaire en Grande Bretagne.

6.

Malaise dans les médias

Nouveaux remous autour du journal Le Monde et la personnalité de ses
rédacteurs ( Plenel notamment). Sortie du livre de Daniel Schneidermann,
« Le cauchemar médiatique » (Denoël), lequel vient de se faire virer de
la rédaction de ce quotidien.
Commentaires nombreux aussi autour du livre de Bernard Poulet « Le
Monde. Quand un journal veut changer la France ». Après celui de
Péan/Cohen, on peut dire qu’il y a « un problème Le Monde »…
Papier du Monde diplomatique (Ignacio Ramonet) sur le cinquième pouvoir
(octobre).
Dans le secteur mitoyen de la publicité, relance du débat sur la
réglementation ou pas de cette activité. Nouvelles dérives sexistes qui
montrent qu’il n’y a pas « d’autodiscipline » de la profession. Rôle
louvoyant du BVP, bureau de vérification de la publicité.

7.
Jeunesse

Le Medef lance son opération « L’entreprise voit jeunes ». A signé un
contrat avec l’ANPE. Les Medef territoriaux utilise 400 « démarcheurs »
pour cela. Voir Le Figaro/Entreprises du 6 octobre.
Sondage Ipsos sur le thème « L’idéologie n’est pas héréditaire » . Le
propos est de dire que si la génération 68 a vécu au temps de la
croissance, leurs enfants n’ont connu que la crise et ceci expliquerait
leurs valeurs « simples », modestes : famille, individu (petits salaires ?).

8.
L’image américaine

Le Figaro (7/10) tire la leçon de l’élection de Californie : « Il ne
faut pas se moquer d’A.S. Car ce que la Californie invente, l’Amérique
l’adopte et l’Europe finit par l’imiter ».
Ces élections sont surtout l’occasion d’une nouvelle charge contre
l’Etat-providence.
Sortie aux éditions du Cherche Midi du manuel publié en 1944 pour les GI
résidant en France. Morale : « la francophobie américaine est
profondément ancrée ».
Sortie du nouveau livre du prix Nobel J. Stiglitz « Quand le capitalisme
perd la tête » (Fayard) ou « le contre modèle américain ».
Gros dossier dans la revue de la RATP « A nous Paris » sur « France/USA
 : Je t’aime, moi non plus ».
Enfin l’incontournable Kouchner sur les relations franco-américaines : « 
Nous défendons les mêmes valeurs » (4/10).

9) Etat de l’opinion

Plusieurs sondages sur l’enjeu européen. CSA/France Info/France 3 du 5
octobre donne : 54% pour le texte VGE ; 27 contre ; 19 ne se prononcent pas.

BVA/Le Monde du 8/10 dit que 74% veulent un référendum et 72% seraient « pour l’adoption d’une Constitution européenne » contre 21 et 7 sans opinion.
Très fort décalage selon les classes : professions supérieures/libérales
votant exactement à l’inverse des ouvriers, 72% pour et 63% contre.
La CGT fait volontiers référence à un sondage indiquant que 51% des
Français lui font confiance, « notre meilleur score depuis 1993 » (B.
Thibault).
Nouveau baromètre mensuel BNF-AFP ( Les Echos du 8) sur l’état d’esprit
des patrons de PME ( 6 à 200 salariés). Traduit un effondrement du
moral. Au niveau de 1993, le plus bas connu.

10) Partis

UMP :après les retraites, l’UMP lance jusq’en janvier une campagne sur
l’école :une réunion publique-forum par département ; un « audit » envoyé
à 3000 cadres du parti ; un questionnaire distribué à trois millions
d’exemplaires ; campagne présentée comme une entreprise de séduction de
la droite vers le monde enseignant.

Organisation et démonstration force des (ultra)-libéraux.

PS : Participation molle des militants à la désignation des têtes de
liste ( = combat de chefs ?).

Présentation du matériel de sa campagne de rentrée ( 3 affiches, 6
tickets de caisse, 1 tract) dans le numéro 288 de l’Hebdo des
socialistes (p. 12/13).
Au programme du dernier numéro de « La Revue socialiste » (13) : « Partis
et militants dans le nouvel âge de la démocratie ».Sur la crise du
militantisme, l’évolution de la forme parti, les rapports à gauche et
avec les syndicats/mouvement social.

Verts : Colloque sur le réchauffement ( avec N. Hulot). Huit régions sur
dix (7/10) pour l’autonomie régionale ; PACA pour l’union ;

Voynet donne des cours à Sciences Po sur l’environnement…

FN : lancement très médiatisé de la campagne de la fille Le Pen et de
ses slogans (UMPS). Bonne analyse par in Le Monde.Thèmes de la
responsabilité, de la crédibilité.

MEDEF : entend investir le débat sur l’école. Seillères préside en
décembre un colloque-forum sur le sujet avec Ferry !

« Motivés » : analyse du phénomène toulousain dans Le Figaro du 7/10.

ATTAC : « ou bien les partis héritiers du siècle dernier sauront capter
les idées du mouvement altermondialiste, ou bien cette force trouvera
obligatoirement une traduction politique hors d’eux » ( B. Cassen,
Figaro, 8/10)

Mouvement des idées
Note n°50 (16/10/03)

1.
Flou politique ?

Un nombre considérable de commentaires ces jours-ci, le plus souvent
dans la perspectives des élections de mars prochain, sur le flou de la
situation politique. Extrême prudence des « experts » sur l’état de
l’opinion : bipolarité installée ? Diversité et éparpillement ?
Abstention ? Votes d’extrême droite ? Extrême gauche ? Un peu comme si tous
les cas de figure semblaient possibles.
Beaucoup de projections chiffrées et hâtives à partir des résultats de
la présidentielle.
Quelques thèmes dominants cependant : les leçons du 21 avril n’ont pas
été tirées, la crise de la politique s’est installée ; mêmes maux, mêmes
effets ?
Ou encore : après un an de volontarisme raffarinien, la politique
démontre une nouvelle fois (emploi) son inefficacité ; une tendance qui
pousserai au vote non-politique ou non-institutionnel d’extrême droite (
et extrême gauche).

2.
L’échec de la proximité

Thème notamment repris par Favilla dans l’édito des Echos. Raffarin a
axé son discours depuis sa venue à Matignon sur la proximité de son
pouvoir avec les citoyens (simplicité, écoute, vie quotidienne). Mais
cette approche ne l’a pas empêché de sombrer. Raison de fond selon
Favilla : « Simple. Radicale : pour les membres de nos sociétés
modernes, focalisés sur leur réalisation individuelle, le monde
politique tout centré sur les problèmes collectifs est devenu un monde
étranger ».En somme, quoi qu’il fasse, l’homme politique apparaît
lointain, extérieur.
Même discours chez Marcel Gauchet dans son livre « La condition
historique » (Stock)( il est l’invité du PS ces jours ci) : « 
l’étrangeté ne tient pas à l’ignorance des gouvernants mais au fait que
le ressort du pouvoir collectif échappe aux citoyens, se situe à un plan
impensable pour les acteurs sociaux ».
En somme question de contenu de la politique mais aussi de
fonctionnement démocratique ( représentatif ? Participatif ?…)

3.
Les vertus de l’impuissance ?

Dans le même ordre d’idées, renversement du discours, à la fois curieux
et dangereux, du côté du pouvoir sur le thème :on n’y peut rien, donc
épargnez nous.
Ainsi peut-on lire ce commentaire (Libération, 14 octobre) du directeur
des études politiques de Louis Harris : « Le premier ministre ne trouve
d’autre planche de salut que dans la théorisation de son impuissance ».
Ou encore : « C’est désormais à la faveur de sa propre
déresponsabilisation que le gouvernement évite de sombrer dans une trop
forte impopularité » !
Libé d’ailleurs revient longuement sur ce thème le 15 : « Dangereuse
impuissance ».

4) Classes sociales : à lire le dernier ouvrage du (jeune)
sociologie Stéphane Beaud, « Violences urbaines, violence sociale.
Genèse des nouvelles classes dangereuses » (Fayard). Conclusion du livre
in Revue de presse hebdo. Comme le titre l’indique, l’auteur lie
violences urbaines et violence sociale qui pèse sur les jeunes peu
qualifiés ( cités notamment) mais aussi sur l’ensemble des classes
populaires qui dans le privé « ont vu s’affaiblir leurs moyens de
défense ». Il analyse les effets du chômage, de la précarité, de la
rélégation sociale (école, logement) ; la destructuration/décomposition
de la classe ouvrière ; la spirale de la dévalorisation et de
l’autodévalorisation ; l’effondrement des formes politiques de défense
collective ; la sous prolétarisation ; la question de la relève syndicales.

De S. Beaud, on connaît « Retour sur la condition ouvrière » (Fayard,
1999) et « 80% au bac : et après ? Les enfants de la démocratisation
scolaire » (La Découverte, 2002).

5.

Les chrétiens et l’argent  : dans le cadre des « semaines
sociales de France » (Mutualité, 14/16 novembre), à l’initiative
du patronat chretien ( Michel Camdessus président), une trentaine
de débats, des dizaines d’experts sollicités, sur trois jours –
dont « argent et politique » avec D. Strauss-Kahn. Le ton est
donné dans l’intro de la brochure de présentation : il s’agit de
traiter de « cette violence faite aux 60 millions d’exclus en
Europe, aux 80% de l’humanité qui ne se partagent que 20% des
richesses du monde. Au cœur de ces violences il y a l’argent ».

A noter : la dispute d’argent entre l’instituteur et le réalisateur du
film « Etre et avoir », vécu comme une sorte de miracle d’innocence
jusque là, a suscité de très nombreux commentaires et discussions.
Sortie de « Sept défis pour l’Eglise » (Bayard) de Mgr JP Ricard,
président de la Conférence des évêques de France.
Succès de la semaine à Bercy du Dalaï Lama ; commentaires sur une
religion apaisée.

6.
Anticommunisme

Comme un petit regain d’anticommunisme ces jours ci.
On repère ici ou là des saillies anti PCF. Un long article de « France
Soir » sur l’attitude supposée du PCF en 1939/40.
Des commentaires abondants (Le Monde, Le Figaro, Le Parisien) sur la Cgt
énergie, la CCAS et ses liens avec L’Humanité.
Des titres assimilant nazisme/communisme dans des papiers sur les 25 ans
de règne du pape.
A.Duhamel parle de « crise de sénescence » au PC (Libé, 15/10).
Adler ergote sur le « brejnevisme déglingué de l’archeomarxisme français
 » , coupable de complicité avec l’antisémitisme des altermondialistes
version Ramadan (!), et qui rend « les petits-fils de Gabriel Péri et de
Georges Politzer (pardon, je ne voulais pas dire Politzer, disons plutôt
Jacques Decour), desespérément muets comme à Moscou sous Brejnev ».
(Figaro, 16/10).
A noter la sortie d’un volumineux ouvrage de Christophe Bourseiller chez
Denoël, « Histoire générale de l’ultra-gauche ». Selon l’auteur « c’est
l’histoire d’un autre communisme ».

A rapprocher de la formule de Cambadélis au CN du PS : « Le phénomène
communiste est caduc même si le PCF reste vivant ».
( Faut-il mentionner ici la tribune de Jospin qui donne des communistes
une image pour le moins vieillotte de partisans de la dictature du
prolétariat ?).

7) Le programme libéral

Tribune de Balladur intitulée « La bataille des idées n’est pas finie »
(Echos, 14 octobre). Le bonhomme date le tournant positif dans
l’histoire des idées en 1984. Son texte commence ainsi : « Cela fait
vingt ans que la bataille des idées est engagée et sur un certain nombre
de points, gagné. » Exemples : privatisations, liberté des prix, non
contrôle des changes, etc.
Montre ensuite le glissement de la droite sur la ligne Madelin :Il cite
les prochains chantiers : 1) réduction des dépenses publiques ; 2) les
impôts ;3) la sécurité sociale ; 4) le travail. Tout cela au nom de la
liberté et du contrat.

8.
Pour un procès du radicalisme ?

Contre l’idéologie progressiste : c’est ainsi que se présente le futur
ouvrage de deux philosophes, Alain Finkielkraut et Peter Sloterdijk, « 
Les battements du monde » (Pauvert). Les auteurs s’inquiètent « du
regain de faveur dont bénéficie l’idéologie progressiste », se livre à
une « critique de la raison extrémiste », de « l’esprit de radicalité ».
Les auteurs disent rassembler les éléments pour « le grand procès à
venir contre le radicalisme du Xxe siècle ».
Contre le manichéisme de gauche, pour « la complexité du réel ».
Autre bel exemple de la dérive de ces quinquas nouveaux philosophes
venus de l’extrême gauche : Benny Levy, fondateur de la Gauche
prolétarienne, secrétaire de Sartre et devenu talmudiste néo-intégriste
à Jérusalem, décédé cette semaine.

9) Etat de l’opinion

35 heures : plusieurs sondages qui confortent plutôt les chiffres mis en
avant par la CGT. Selon CSA/France Info, 49% des Français veulent le
maintien contre 34%. Selon IFOP/JDD, 66% des Français (qui en
bénéficient) sont satisfaits de la mise en place contre 34% ; car cela
permet de « consacrer plus de temps à la famille » (73%), aux loisirs
(63), au repos (56).

Selon Louis Harris/Libé/AOL, 45% trouve que c’est une bonne loi(dont 68
à gauche) contre 51. La polémique semble avoir ressoudé les pro 35h : en
trois semaine ceux qui souhaitent maintenir la loi telle quelle passe de
42 à 49%.

Toujours Louis Harris : 63% des sondés sont OK avec l’idée de déclin.
Quant au ralentissement de l’économie, il est dû pour 49% à « la
situation internationale », 31% dénoncent « les contraintes de l’Europe
 »- chiffre intéressant ; 31% accusent les 35h.

Même enquête qui montre que 75% des Français redoute le chomage pour lui ou un proche ; 69 pensent que les choss vont dans le mauvais sens. Une
majorité rejette la suppression de l’ASS mais approuve la hausse des
prix du tabac.
Intéressante enquête de la Sofres pour le ministère de la famille sur
les jeunes (La Croix, 15/10). Confirmerait une précédente étude signalée
ici mais uniformisant trop tous les jeunes genre : ils seraient bien
intégrés ; la famille et les copains d’abors ; apprécie l’école ; ont peur
de la guerre ; les jeunes filles globalement plus inquiètes (ou plus
lucides ?).

Enquête Altavista/Sofrès sur « le plus important pour vous » : la
famille (48%), le parfait amour (7) ; l’amitié (7), une carrière réussie
(5), la célébrité et la fortune (2), un corps parfait (0,5).

10) les partis

PS : position « d’attente » sur l’Europe ; s’est doté d’un programme « 
Santé » ; tribune de L. Jospin in Libération du 13 octobre. Monte (un
peu) au créneau contre les dépenses militaires ( Jospin ; Lang ; Libération…)

Ballon d’essai (?) sur une alliance avec la LCR.

Rencontre Hollande-Lemaire le 22 octobre.

Rocard persiste dans ses sorties droitières.

VERTS : souscription pour leur nouveau local rue du Faubourg Saint
Martin (manquent 170 000 euros sur 300 000).

UDF : fait entendre une petite musique de plus en plus critique. La
presse souligne les convergences de fait avec le PS.

Parti radical : congrès 25/26 octobre. Rossinot président ?

MEDEF : un changement de ton à l’égard du pouvoir ; fait état de sa
déception (35h, négocations…) ; « le gouvernement doit réformer vite,
fort et lourd »

Mouvement des idées
Note n°51 (24/10/03)

1) Divorce base-sommet

Ce thème est volontiers (re) traité dans plusieurs papiers. E.
Roudinesco dans L’Huma parle « d’absence de toute alliance entre les
élites et les masses » (17/10) ; bon papier de « La Tribune » du même
jour sur « le divorce inquiétant entre la base et les confédérations
syndicales », notamment à partir d’un entretien avec C. Larose,
secrétaire de la fédé CGT textile, à propos des restructurations.
Extraits : « les délégués de terrain sont de moins en moins écoutés. La
violence couve et notre marge de manœuvre devient étroite. Si le cadre
juridique ne change pas, les délégués ne reprendront pas le dessus. » ;
ou « les appareils ne mesurent pas la gravité de ce qui se passe à la
base » ; ou « les militants eux parlent de problèmes archi-concrets à un
appareil qui joue une partition politique et finissent par perdre
confiance ».
Voir Hubert Landier et Daniel Labbé, « L’entreprise face au nouveau
radicalisme syndical », Ed Liaisons, 2002
Voir l’ouvrage déjà signalé ici « Violences urbaines, violence sociale »
(S. Beaud).
Voir le tournant pris par le mouvement des intermittents.

2) Les valeurs réacs

Le curé et le flic sont les deux personnages omniprésents de la scène
médiatique, pour parler « nanar ». Laïus sur le pape, le dalaï-lama,
l’islam ; Raffarin et Mme Chirac place St Pierre à Rome… ; sempiternels
discours sécuritaires ; les médias et les JT singulièrement regorgent
d’images moralisatrices, culpabilisatrices.

Hervé Gategno dans Le Monde (22), sous le titre « La République
revisitée de JP Raffarin », décortique ces valeurs de droite
(responsabilité, sécurité, travail, famille, effort) qui remplace la
trilogie liberté-égalité-fraternité.
Plus généralement un doute formidable sur l’idée même de progrès, ici et
dans le monde. Il est significatif que la séance annuelle de l’Institut
( les cinq Académies) mardi 21/10 ait été consacrée à la question du « 
progrès ». Voir la tribune de E.E. Beaulieu dans Le Monde (22/10) et les
pages du Figaro sur le sujet (22).
Omniprésence de Sarkozy (qui bat nettement Chirac à droite dans les
sondages).

3) Lepenisation ?

Une sorte de consensus ( paresseux ?) des médias pour considérer que quoi
qu’il se passe, cela ne peut que profiter au FN. Comme si tous les
motifs de colère poussaient vers le FN plutôt que vers la gauche ? Comme
si toute la démoralisation ambiante, les inégalités ( salaires des
patrons…), l’actualité, le moindre fait divers, le moindre enjeu (
tabac, impôts locaux, voile…), la vie internationale (Suisse) devaient
automatiquement servir…l’extrême droite. Si le sujet du FN est agité
comme un épouvantail par certains, il est indéniable qu’un air du temps
l’avantage ( valeurs poujadistes, crise sociale et économique,
insécurités, discrédit du politique, racisme latent).
On retiendra qu’un des enseignements du scrutin du 21 avril fut le
basculement de la droite dans les campagnes « profondes » vers l’extrême
droite pour protester contre la desertification et l’abandon des
services publics de proximité ; on note que cette casse (Poste, etc…)
continue.

4) Médias : remous

Le Monde est mal. Après la multiplication de livres le mettant en cause,
l’ affaire Schneidermann, son chroniqueur Médias viré comme un malpropre
fait du bruit ; 300 lettres de lecteurs en quelques jours ; ambitions
hégémoniques ( absorption de Télérama, remous) ; une direction
(Colombani, Plenel, Minc) de soixante-huitards cyniques dans le collimateur !
Des critiques ici ou là sur la teneur des JT.
La CFDT critique la reprise en main politique des chaînes.
Des menaces de privatisation de l’audiovisuel public.
Débats autour de la nouvelle chaîne internationale ( quid de TF1 ; quid
du contrôle par le pouvoir).

5) Le nouveau panorama politique, version LCR

Tribune de leur idéologue Philippe Corcuff dans Libération du 16/10 qui
souligne les quatre révolutions culturelles qui auraient chamboulé le
paysage politique : 1) le parti n’est plus le principal dans la
transformation sociale ( c’est le mouvement social) ; 2) la frontière
intangible entre réformistes et révolutionnaires s’effrite (pour un
processus discontinu de réformes) ; 3) la LCR est disposée à participer
ou à soutenir un gouvernement (qui romprait avec le social libéralisme) ;
4) le paysage politique n’est plus partagé gauche/droite mais extrême
droite, social libéralisme (gauche+droite) et extrême gauche radicale…

6) Le Medef et la politique

Deux épisodes cette semaine qui montrent la prétention nouvelle du Medef
sur le terrain des idées : sa participation à un stage de formation des
profs d’économie organisée par le Ministère de l’éducation et dénoncée
par Attac ; sa pression sous le drapeau de « la société du risque » pour
remplacer autant que faire se peut la notion de solidarité par celle de
responsabilité : voir par exemple la tribune de leur intellectuel de
service François Ewald dans Les Echos (21/10) qui interprète une
réorganisation de la Cour de casstion comme une prise en compte des
idées du Medef et une réécriture du droit en ce sens.
Il est significatif que ce personnage appelle dans cet article à
participer à un séminaire fin 2003 à la Cour de Cassation sur « Risque,
assurance, responsabilité ».

7) Image des patrons

Livre blanc publié par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris
(CCIP) dans le cadre d’un colloque « Opinion publique et entreprises ».
Les patrons se plaignent de devenir des « boucs émissaires ». Souligne
la défiance à l’égard du patronat. Conclusion : il faut que « 
l’entreprise communique mieux, qu’elle soit plus présente dans les
manuels scolaires »…
Voir Les Echos du 21 octobre.
Voir « Je hais les patrons » de Gisèle Ginsberg, Seuil : série
d’entretiens réalisés par une syndicaliste.

8) Livres

Robert Castel, « L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ? »,
Seuil : sur la création de nouvelles protections collectives.

Guillaume Duval, « Le libéralisme n’a pas d’avenir », La Découverte. Par
le rédac’chef du mensuel « Alternatives économiques ».

Immanuel Wallerstein, « L’après libéralisme. Essai sur un système monde
à réinventer », L’Aube. Réédition d’un essai de 1990 de celui qu’on
nomma « le premier marxiste post moderne ».

Bernard Cassen, « Tout a commencé à Porto Alegre », Mille et une nuits.

Collectif, « Où va le mouvement altermondialiste ? », La Découverte.

Le Monde du 21/10, supplément économique p.VI, donne une ample liste
d’ouvrages sur l’altermondialisation

9) Etat de l’opinion

La gauche en recul : selon une étude CSA/France Info/La Vie, seulement
29% des Français font confiance à la gauche « pour bien faire son
travail dans l’opposition » (ils étaient 41% le mois dernier). 64% ne
lui font pas confiance.

Sarkozy bat Chirac : Selon Ipsos/Le Point, 75% des sympathisants UMP/UDF
trouvent que Sarkozy serait « un excellent ou un bon candidat » en 2007 ;
contre 56 pour Chirac.

Pour l’ensemble des Français, les chiffres sont respectivement 50 et
40%. Très loin devant Raffarin et Juppé.

Sondage CSA/France3/France Europe Express : 51% des sympathisants de
gauche souhaiteraient l’union au premier tour des régionales. C’est le
cas de 63% des proches du PS, 44 des proches du PC, 37% des Verts.

10) Partis

UDF : son abstention sur le budget est interprétée comme une déclaration
de guerre à l’UMP ; un positionnement qui se profilait depuis des semaines.

UMP : en difficulté persistante ; Juppé avec son procès ; une organisation
interne incertaine qui a permis le « coup » de sa tendance libérale sur
les 35h ; prétention à représenter toute la droite

PS : multiplie les initiatives « programmatiques » ( mondialisation ;
école ; santé) et « militantes » (meetings des régionales…) ; opération
Fabius sur France 2 le 16/10 et sortie de son livre « Cela commence par
une balade… », Plon, le 6 novembre. Hollande et ses déplacements thématiques (environnement, santé, plans
sociaux).
Opinion de Cambadélis sur le débat à gauche : « Il y a encore quelques
amertumes même s’il n’y a pas une contestation globale. L’amertume est
plus sur la défaite que sur le bilan ».(Parisien, 20/10)

FN : a sorti un argumentaire de quatre pages en direction des
buralistes. Ils recoivent chez eux 11 millions de personnes par jour,
souligne le FN.

Fondations : dossier des Echos du 16 octobre ; problème du financement

Mouvement des idées
Note n°52 (30/10/03)

1.

La bourgeoisie serre les rangs...

Bonne analyse – comme d’habitude- des Pinçon-Charlot, couple de
sociologues (CNRS) spécialisés dans l’étude de la haute bourgeoisie.
Dans Le Figaro Economie du 27/10, ils montrent comment le grand patronat
serre les rangs, est attentif à la solidarité du groupe, s’organise
comme classe, veille à la transmission familale, dynastique de son
pouvoir. Ce journal réalise d’ailleurs une série de papiers sur « les
héritiers » car « Le capitalisme familial a fait la preuve de son
efficacité ».
Six des quarante premières grandes entreprises françaises sont dirigées
par des fils de fondateurs.
« L’une des plus grandes richesses des personnes les plus fortunées est
le réseau de relations dont elles disposent » (Michel Pinçon).

Dans le même ordre d’idées, Le Monde du 28/10 montre comment
l’association patronale APM (Progrès du management) par exemple regroupe
3500 patrons dans 185 clubs avec des cycles de débats (sur l’air du
temps), une convention annuelle. Pour réunir et ouvrir l’horizon des
chefs d’entreprise.

… mais encourage la fin du lien social

Monique Pinçon-Charlot (ibidem) : « La grande bourgeoisie est capable de
s’offrir un ultime privilège : elle valorise l’individu pour les autres
tout en continuant d’accorder une importance considérable à la famille
pour elle ».
Propos proche du sociologue Alain Caillé (La Croix, 25/10) : « La montée
du capitalisme spéculatif international va de pair avec tout un discours
de déconstruction des liens sociaux et d’affirmation ostentatoire d’un
sentiment de liberté absolue » ou
« L’idée d’une maîtrise possible d’un destin collectif est devenue
quasiment obscène ».

Sur cet émiettement de l’opinion, l’exemple parfois donné, même s’il est
scabreux, vu le discours politiquement correct sur le tabac : le silence
des fumeurs ( hormis la réaction des buralistes) pourtant super-taxés.
Cette passivité (quid lors des élections ?) aurait quelque chose
d’emblématique d’une opinion complètement culpabilisée.

2.

Mécontentement de droite ?

Le mécontentement à l’égard de la politique du gouvernement
pousserait-il à un vote critique à droite ? C’est en tout cas le message
de JL Parodi dans le JDD, commentant un sondage Ifop sur les régionales
(26/10) dont les réponses sont « nettes » et « complexes » dit-il. 18%
de soutien au gouvernement, 26% d’avertissement, 26% d’opposition, 26%
ne tiendraient pas compte du gouvernement.

L’opinion entendrait adresser un « avertissement » au gouvernement à
l’occasion de ces élections mais 1) elle souhaite aussi majoritairement
des régions à droite (47 contre 43%) ; 2) « près de la moitié des
avertisseurs accompagnent leur mise en garde d’un souhait de droite ».

Les résultats du baromètre Fig Mag à paraître dimanche sont légèrement
différents : effondrement confirmé de Chirac et de Raffarin ;
préoccupation majeure pour l’emploi ; doute sur l’efficacité de la
politique ( indice d’inefficacité en matière d’emploi : 78% !) ;
attente-crainte moindre d’un mouvement social ; dans la cote des
personnalités, les signes d’une très légère repolitisation, des
personnalités plus visibles à droite (Bayrou) et à gauche ; MGB +2 ; côté
partis, progression du PS et des Verts (PC –1).

On remarquera qu’en Europe l’air du temps pousse à droite : victoire
confirmée des gens d’Aznar à Madrid ; CDU donnée gagnate en Allemagne,
Suisse, Autriche…En même temps la perspective d’une défaite de la droite
américaine fin 2004 (en raison de la guerre en Irak) est volontiers
avancée. A. Adler écrit même cette semaine (Le Figaro, 29/10) : « La
donne de la campagne présidentielle américaine vient de changer ».

3.

Portrait social de la France

Publication de la septième édition par l’INSEE de l’enquête annuelle « 
France portrait social ». On retiendra :

- un certain bilan de la gauche au pouvoir avec une phase ascendante,
1997/2000 et positive concernant l’emploi, les salaires ( Le Figaro
parle même « d’euphorie ») puis phase régressive et explosions des
inégalités que l’INSEE attribue en partie …aux 35h.

- l’année 2002 fut une année noire : chomage, stagnation de l’emploi,
baisse de la scolarisation, etc…

- le rôle essentiel de l’Etat aujourd’hui pour maintenir la machinerie
sociale, notamment avec les prestations sociales qui poussent à la
consommation et l’aide à l’emploi (malgré tout).

4) Dérapage du discours public ?

Après les propos de Ramadan pointant les intellectuels « juifs » et la
polémique que l’on sait au FSE, voir les propos assumés et ouvertement « 
islamophobes » du patron du POINT, Claude Imbert sur LCI le 24/10 : « 
L’islam, religion débile et archaïque ».

5) L’argent, les inégalités

Toujours beaucoup d’articles sur l’argent, la valeur argent, l’argent
des patrons.
Une certaine gêne à droite avec cette explosion des inégalités.
Rappel fréquent du chiffre sur l’éventail des revenus salairiés/patrons
(aux USA mais l’exemple vient en France) qui passe de 1 à 40 dans les
années soixante-dix à 1 à 1000 aujourd’hui.

6) Le phénomène « bobo »

Plusieurs dossiers consacrés au phénomène « bobo ». Grosse enquête du
Figaro du 29/10. Une certaine difficulté pour la droite (?)
d’appréhender ce phénomène. Comme si elle ne parvenait pas ou mal à « 
récuperer » ces cadres intellectuels à hauts revenus qu’elle critique de
manière populiste, au nom de la « plèbe » et de « la banlieue ».
Voir aussi Technikart.

7) Modèle social démocrate ?

Nombreux commentaires sur le modèle « brésilien » à l’occasion de la
tenue de l’Internationale Socialiste. Très courtisé par le PS français
mais de plus en plus critiqué sur sa gauche.

Une vraie bataille politique dans la presse française sur le modèle
blairiste. Papier hyper laudatif du chroniqueur économique du Monde, E.
Le Boucher (26/10), intitulé « Eloge de Tony Blair », cinq colonnes à
lui tresser une couronne pour sa (seule) politique de l’emploi.

Mais long papier de Libération du 28 (« Vie et mort du blairisme », L.
Zylberberg) sur le double échec anglais : l’effondrement des services
publics, la guerre en Irak.

Plusieurs papiers aussi sur le modèle « allemand ». Schroder a imposé
ses réformes au SPD mais ce parti est électoralement en chute libre.
Echec aux régionales du Brandebourg. Selon les sondages, SPD à 25% (38
aux dernières élections), CDU à 51.

8) L’Etat UMPS ?

Papier du Monde (28/10) montrant comment les « nomenclatura(s) » de
droite et socialiste se partagent des lieux de pouvoir. En l’occurrence
la Caisse des dépôts.

9) Médias

Le statut du service public de l’audiovisuel évoqué ici ou là : place de
la pub, la redevance, l’indépendance des rédactions, la création d’une
chaîne « internationale ». Voir notamment la tribune d’A. Hidalgo
(PS/Paris) et Stéphane Pellet-Gilles Monchy, délégués nationaux à
l’audiovisuel et aux médias du PS) in Le Monde du 29.

10) Partis

PS : XXIIe congrès de l’Internationale Socialiste à Sao PAulo.

Délégation de quinze membres du PS (Hollande, Fabius, Mélenchon, Moscovici).

Le courant DSK s’organise (Figaro 25/10)

Article du Monde du 30/10 sur les projets des présidentiables,
envisageant un retour de Jospin en cas de « scenario catastrophe : un PS
défait aux régionales et aux européennes, une crise de leadership, une
explosion de la gauche et une forte poussée de l’estrême droite »…

LCR : congrès du 30/10 au 2/11 à Saint Denis : 70% des adhérents
seraient pour l’alliance avec LO.

Krivine et la Constitution Giscard, Le Monde, 23/10

Analyse de Marc Lazar sur le vote d’extrême gauche ( Le Figaro, 30/10) :
ce vote n’est pas encore structuré, solidifié à la différence du vote
FN ; cet électorat partagerait surtout deux thèmes du discours trotskiste
 : l’hostilité à l’Europe et le rejet des élites politiques (?).

Copernic : colloque le 25 octobre « Pour une nouvelle sécurité
économique et sociale ». Précédé par la sortie d’un livre collectif, « 
Main basse sur l’assurance maladie », Syllepse. Assez bonne couverture
de presse.

CFDT : la centrale minimise les départs : 7 à 8000 sur 895 000 et 20
syndicats désaffiliés sur 1500 ( La Tribune, 29 octobre).

Régionales : sondage Csa-Marianne : les listes de gauche (ps, pc, verts)
recueilleraient 45% contre 39 pour la droite et 16% pour le fn en cas de
triangulaires de second tour
Au premier tour, ps : 29 ; ump 25 ; fn 16 : udf 11 ; verts 8 ; lcr-lo 6 : pc 5.

Pouvoir : commentaires sur le nouveau directeur de cabinet de Raffarin,
présenté comme un ancien giscardien. Membre de la famille libérale pure
sucre.

Mouvement des idées
Note n°53 (6/11/03)

1)
(Nouvelle) Détérioration du climat social

Floraison d’analyses et d’enquêtes confirmant une aggravation du
desarroi social des Français.
Enquête Insee sur le moral à la baisse des ménages.
Rapport du Secours catholique sur l’élargissement de la pauvreté et
surtout sur l’effondrement de ces « familles monoparentales », terme un
peu pudique pour parler de la mère seule et son (ses) enfant(s).
Très nombreuses études aussi sur la misère sociale qui touche une partie
de la jeunesse ( les chiffres du chômage particulièrement durs pour
cette classe d’âge).
Enquête aussi de L’Huma/Csa du 6/11.
Double page d’enquête du Monde sur « la France précaire » (31/10).

2.
Inégalités

En fait d’une semaine sur l’autre, des thèmes contradictoires à la « Une
 » de la presse : une fois la France décline, une autre fois elle se
redresse (Insee) ; une fois la misère recule, une autre fois le niveau de
vie progresse... Des « campagnes » paradoxales qui masquent en partie
l’aggravation des inégalités dans le pays. Et donc la cohabitation de
réalités radicalement différentes.
Mise en place d’un « Observatoire des inégalités » (_www.inegalites.org
<http://www.inegalites.org/> _) pour lutter contre l’accoutumance aux
inégalités, dresser un état des lieux, susciter un débat public. A
l’initiative d’économistes. Paule Dandoy, Pascale Delhaye, Louis Maurin,
Serge Monnin, Patrick Savidan.
Rapport catastrophique du Conseil d’analyse économique sur l’écart
croissant entre communes aisées et banlieues déshéritées. Parle dans ces
dernières villes de 25 ans de chômage de masse, se véritable système
ségrégatif, de formation de ghettos.

3.
Une droite qui se droitise

Multiples indices d’une droitisation de la droite.
Au plan de la politique économique de plus en plus ouvertement libérale.
Voir l’étude de Laurent Mauduit in Le Monde du 6/11 sur le glissement
libéral de Fillon par exemple.
Au plan des idées : voir les propos racistes de Imbert du Point ; ce
personnage est important à droite ; dans une émission radio il incarne
d’ailleurs cette droite face à Julliard du Nouvel Obs.
Ou encore l’insistance de Raffarin, dans son plan « Vieillesse », à dire
qu’il faut faire plus travailler les Français.
Ou encore l’installation à Matignon de cadres giscardo-libéraux.
Ou encore le faible écho du voyage de Chirac à Valenciennes, pourtant
présenté un temps comme son virage « social ».

4.
De la Haine dans l’air ?

Edito de Fottorino du Monde : « Vous ne trouvez pas que ça sent
la haine ? » sur l’intolérance croissante dans le débat public. Imbert,
Ramadan.
Tendance à droite, sous la concurrence de l’extrême droite, à reprendre,
et donc banaliser (cf. Imbert), les pires fantasmes.
Ce faisant elle sert Le Pen : à noter la cote en progrès d’ailleurs du
FN ; BVA parle même à présent « d’audience substantielle » et de sondés
qui avouent plus franchement leurs penchants.
Dans le même temps l’UMP perdrait sur sa « gauche » avec le « retour »
de Bayrou et de l’UDF.
De toutes façons, l’UMP semblerait en train de rater son pari de réunir
le centre et la droite.

5) Opération extrême gauche

Retenons la couverture médiatique exceptionnelle du congrès LCR : Cinq
colonnes à la Une du Monde de samedi dernier ; Cinq colonnes à la Une du
JDD. Toute la Une de Libé de lundi. Un traitement vraiment de faveur.
Aucun autre parti français n’a (eu) droit récemment à une telle
couverture pour son congrès !
Une certaine démesure par rapport à un enjeu réel mais limité et un
scrutin virtuel ( application et addition mécanique de deux résultats de
présidentielles sur une régionale). Des montages hasardeux (JDD laisse
entendre que LCR-LO pourrait atteindre 22% !) ; des termes complètement
excessifs : « Certes ils ne pourraient pas l’emporter mais… », toujours
le JDD.
On retiendra plutôt les analyses de politologues, Marc Lazar déjà cité
la semaine dernière, Vincent Tiberj dans Libé du 30 octobre ou
Christophe Bourseiller, toujours Libé du 3/11 : tous convergent pour
souligner qu’après le 21 avril, il n’y a pas eu un fort afflux de
nouveaux adhérents chez LCR ( LO ?), que son électorat n’est pas
fidélisé, que les frontières entre électeurs de gauche et d’extrême
gauche sont beaucoup plus poreuses qu’entre une extrême droite
structurée et une droite plus distante face au FN.
Disent aussi que la prétention de fédérer tout le courant « rouge » à
gauche du PS, s’il n’est pas farfelu, se heurte aujourd’hui à des
difficultés sérieuses.

6.
Casser le tiers mondisme ?

La guerre d’Algérie revient régulièrement dans le débat politique.
Dernier exemple en date le débat autour du livre de G.M. Benamou, Un
mensonge français. En l’occurrence la polémique est aussi symptomatique
de l’état de la droite, et du débat politique en général : le livre en
effet rappelle tous les enjeux sombres de cette guerre, comme les liens
VGE/Poniatowski/OAS par exemple mais la presse -de droite- préfère faire
« gros » sur la question de « l’abandon » des harkis et mettre en
accusation de Gaulle…
Comme si on retrouvait à l’œuvre un certain « vychisme » qui ne demande
qu’à s’étaler dès qu’une « ouverture » se fait.
Le livre de Benamou contient en fait un double « message » relevé par B.
Stora dans Le Monde des livres= casser l’image des gaullistes mais aussi
celle de « l’extrême gauche tiers-mondiste », autrement dit communiste.
Ainsi Benamou écrit : « Pourquoi alors que tous les communismes, les
fascismes, les populismes ont été déboulonnés à la fin du siècle
dernier, cette statue là, celle de l’anticolonialiste totalitaire,
peut-elle encore subsister ? ».

7 .
Le lobby chrétien ?

Avec l’absorption des éditions Milana par Bayard naît un géant pour la
presse jeunesse, piloté par des religieux (« assomptionnistes » ?) ; le
deuxième groupe Jeunesse, Fleurus, est aux mains de l’Eglise ; reste
Disney-Hachette…
L’imaginaire Jeunesse aux mains des religieux et de Mickey !
A noter le nombre de papiers sectaires contre « Halloween »(?) la
semaine dernier ; on est allé jusqu’à un édito du Figaro, une manif,
curés en tête, à Versailles, pour fustiger la « citrouille » païenne et
réhabiliter la Fête des morts…(Photos dans la presse).

8.
L’insécurité

La question semble avoir perdu de sa force dans les préoccupations des
sondés, dépassée par le retour de la question sociale. Elle demeure
pourtant très présente.
Sarkozy qui joue sa partition, très flic-répression le matin,
écoute-prévention l’après midi…
Dans ce deuxième ordre d’idées, la nomination d’Alain Bauer, ancien
patron franc mac et socialisant, à la tête d’un observatoire sur les
chiffres de la délinquance…
Voir son analyse, pas ininteressante, sur l’insécurité in Le Figaro du
29/10 : le recul d’une très grande criminalité mais la banalisation
d’une « criminalité molle », quotidienne ; l’installation des gangs même
si on est encore très loin du communautarisme à l’américaine ; une
violence de pauvres qui touchent les pauvres.
Mise en scène persistante du thème de l’insécurité dans les médias.
Exemple : grand article du JDD avec gros titre : « A Angers les juifs
ont peur »…

9) Etat de l’opinion

Sondage BVA/La dépêche du midi selon lequel 57% des sondés seraient
d’accord avec un départ de Raffarin ; la cote des ministres : les autres
départs souhaités : Bachelot (53), Mattei (522), Ferry (49), Fillon
(47), Mer (46). Cote des ministres : en tête de Villepin puis Sarkozy.
Sondage BVA/Paris Match : nouvelle chute de Chirac/Raffarin ; progression
de Bayrou et recul de Sarkozy. Le Pen bénéficie de 16 % ce qui, analyse
BVA, « compte tenu de la difficulté traditionnelleà exprimer un jugement
favorable à son égard dans le cadre d’un sondage indique une audience
substantielle ».
L’opinion des ménages « se dégrade vivement » selon le baromètre INSEE.
On retiendra encore cet étonnant sondage européen ( commandé par la
Commission) sur les Etats qui menaceraient la paix du monde : 1 :Israel
(59%), 2 : USA, 3 : Corée du Nord (53) et 4 :Irak (52).

10) Partis

UMP : Critiques internes des centristes de l’UMP (cf D Maillé, Le Monde,
5/11)

Colloque « Partager les fruits de la mondialisation ».

PS : Division persistante (aggravée ?) sur la question de la Constitution
européenne. Tribune pour le « oui » cosignée par Strauss Khan, Aubry,
Delanoe ( Le Monde, 6/11).

Colloque sur « une autre mondialisation ».

Fabius : l’opération « séduction » continue

Tribune de Bernard Poignant, député européen, qui met le communisme au « 
cimetière de l’histoire »(Figaro, 4/11)

FN : assez bonne analyse dans Le Monde du 31/10 sur les débuts de
campagne ambiguë de Le Pen en Paca : il la joue « gestionnaire
responsable capable de prendre en charge la région demain », un créneau
où il serait fragile et alors même que ce ne serait pas vraiment ce que
lui demanderaient ses électeurs.

Marine Le Pen invitée aux USA par un club de femmes républicaines ;
s’estime « pas très éloignée du Parti Républicain ».
Lettre aux 34 000 buralistes.

CFDT : lire la tribune des deux ex dirigeants de la CFDT-Transport in Le
Monde du 5/11 sur l’ « horreur » de Maire pour le mouvement social.

Mouvement des idées
Note n°54 (14/11/03)

1.
Regain du débat politique

Un des effets immédiats de la tenue du FSE aura été un certain regain du
débat politique dans la presse.
De vrais affrontements sur l’efficacité du marché, du libéralisme, sur
la réalité ou non des inégalités dans le monde, sur les alternatives.
Sur la gestion et l’utopie. Le réalisme et l’audace…
Sur la faillite aussi de la « gouvernance social-démocrate » : voir le
papier de E Le Boucher in Le Monde, 9/11.
L’idée d’une filiation entre le mouvement progressiste (et
antiimpérialiste) et la contestation actuelle inquiète beaucoup les
commentateurs. La droite prend la chose au sérieux, voir Slama dans Le
Figaro de lundi dernier qui s’alarme du statut et de l’autorité des
altermondialistes qui lui rappelle « le statut que les PC ont acquis
quand ils ont cessé d’être craints ». A gauche, volonté nette de couper
les ponts entre ce mouvement et la « famille » communiste : papier
virulent du socialiste M Wieviorka – par ailleurs idéologue de Martine
Aubry- contre ce risque de « reconstitution » d’une opposition
anticapitaliste, renouant avec la tradition disons communiste.

2) Le retour des intellos

Ce thème est lié au précédent. Le débat sur la mondialisation a poussé
entre autres la droite à relancer le débat d’idées. Par exemple le
dossier et la « Une » avec ce titre ( retour des intellos) du dernier
numéro du Figaro Magazine, avec Alain Besançon, Régis Debray, Alain
Finkielkraut, Marcel Gauchet, Michel Houellebecq, Pierre Manent,
Philippe Murray, Philippe Raynaud, Michel Schneider, Paul Thibaud.
En prélude d’un colloque avec les mêmes à Deauville (!) du 14 au 16
novembre. Parmi les critiques ( in Figaro du 14) : l’altermondialisme
participe à l’idéologie du déclin ( ce qui est un comble, ce thème étant
venu de la droite) ; il est incapable d’être constructif ; c’est une
protestation artificielle, gonflée, « sans répondant dans le corps social ».
Relance par ailleurs de la revue de BH Levy, La règle du jeu : « Nouveau
monde. Nouveaux enjeux. Sentiment d’une nouvelle urgence, de nouvelles
tâches pour la pensée. Et nouveau rôle pour la revue ».
Dans un ordre d’idées proche, lancement d’une collection de livres
intitulée Proposer par Martine Aubry, Michel Wieviorka et son courant
Réformer aux éditions de l’Aube. Livres thématiques : sur la santé ; les
35 heures, la culture, la laïcité.

3.
Crise de la politique

Voir l’analyse de Paul Quinio, Libération du 6/11, sur les nouvelles
demandes des électeurs. Prenant à contrepied la démarche de « 
déboutonnage » d’un Fabius qui confondrait « proximité » et copinage,
l’article montre que « les Français attendent des politiques qu’ils
assument leur fonction, incarnent un cap, donnent une direction », selon
Robert Rochefort. « Ils ont besoin qu’on leur donne des repères, qu’on
leur propose des projets » Anne Muxel.
Ne pas sous-estimer les difficultés de la vie quotidienne, « se
réapproprier du pouvoir pour établir des régles, fixer des normes, les
sécuriser », selon S. Rozès.
Même chose pour Mariette Darrigrand : les Français ont « besoin d’être
protégé du monde ».
Voir aussi le politologue Henri Rey dans Hebdo des socialistes (7/11)
sur « la rupture entre la gauche et les catégories populaires »..
Comment le décrochage s’opère, selon lui, dès la fin des années 70 ;
comment cet electorat populaire part plutôt dans l’abstention.
Voir Anne Muxel sur la disponibilité des citoyens ( Le Monde, 9/11).

4.
Le voile

Depuis au moins un an, on sent nettement dans la presse, dans les partis
UMP et PS, une envie d’amener coûte que coûte le débat sur la laïcité –
et le voile- au premier plan de l’actualité et dans une approche
politicienne. Le débat est fortement (re)lancé l’hiver dernier puis la
guerre d’Irak refoule le sujet ; il repart au printemps et est éclipsé
par le mouvement social sur les retraites ; rebelotte à l’automne. Comme
s’il y avait urgence.
Convergence de la droite (UMP, Juppé, Douste, Debré) et du PS, rallié à
l’idée de loi. Rôle militant de J. Lang qui se multiplie en
interventions dans la presse et fait systématiquement de la laïcité le
point premier de ses exigences.
La volonté de ramener le jeu politique sur cet enjeu, vraie question
mais tout de même hors actualité et formulée dans des termes scabreux,
est tenace.
Et risquée : on ne sait pas très bien quelles pourraient être les
répercussions d’une loi sur la question. On focaliserait sans doute
l’opinion sur le sujet au risque de débats confus et n’épargnant
personne (racisme ; guerre des civilisations ? Guerre des religions ?).
Un exemple : une large partie de la droite, d’ores et déjà divisée entre
les calotins et les autres, attend Chirac au tournant ; on lira par
exemple avec intérêt le billet de Rioufol dans le Figaro de vendredi
dernier ; il accroche calmement mais sévèrement Chirac pour « 
islamophilie » supposée et présente Sarkozy comme un recours ( lequel
serait réservé sur une loi, dit-on…).
En même temps volonté de la droite de disposer avant les régionales
d’une petite batterie de mesures sécuritaro-autoritaires : voiles ;
service minimum ( + campagne/casse de la CCAS ?).
55% des Français seraient pour une loi ( 53 à gauche, 62 à droite).

5.
La bande des trois

Une certaine similitude dans le discours de l’extrême droite et de
l’extrême gauche ces jours ci sur la manière de décrire le panorama
politique français.
LO-LCR parle de trois forces, les ultras de droite, un bloc
social-libéral ( à deux têtes PS et UMP) et leur propre mouvance.
Le FN, notamment le discours de Marine Le Pen, formidablement médiatisé
d’ailleurs à l’échelle nationale alors qu’il ne s’agissait que d’une
initiative Ile de France, reprende ce thème : il y a un bloc droite
ultra, puis l’ « UMPS » et la nébuleuse gauchiste. Une bande des trois
en somme.
A noter l’écho donné aux accents « sociaux » de ce discours, la défense
des petits contre la gauche parisienne friquée.

6.
Médias

Cette question de l’information et de la communication ( critique,
proposition) vient fort dans les débats du FSE. Exigence d’informer
autrement.
Débat qui se poursuit sur Le Monde, sa « boboisation », son « gauchisme
libéral ».
La tenue du FSE et la comparaison avec la presse écrite permet une
nouvelle fois de mesurer le niveau assez sidérant des Journaux
télévisés, obnubilés par le sensationalisme, le fait divers decervelant,
la préoccupation « sécuritaire ». Chaînes publiques et privées confondues.
A noter un mouvement assez suivi et spectaculaire de contestation de la
« pub » dans les lieux publics. Campagne de taggage, commandos de jeunes
qui piratent le discours commercial et sexiste ambiant.

7.
Les Français et le travail

Interessant et préoccupant sondage Sofres sur le travail. In Le Monde
Eco du 11/11. 85% des Français estiment que le travail est dévalorisé.
Qu’il est de moins en moins respecté. Pour le sondeur Brice Teinturier
ce score massif s’explique par l’énorme battage de la droite depuis la
rentrée sur ce thème.
Pourtant 80% des gens pensent que c’est un élément essentiel pour
s’intégrer, 70% se disent attachés à leur entreprise.
Mais peur et angoisse sur la place du travail demain, face à la
mondialisation. La majorité des sondés pensent qu’il faudra demain
effectuer plusieurs métiers, que les conditions de travail seront de
plus en plus dures, que le droit au travail sera moins respecté.
L’analyse ajoute qu’au delà des aspects conjoncturels, les Français « 
ont perdu leurs illusions sur le monde du travail depuis la crise de
1991-1993 ». L’idée que personne n’est épargné.
Plus généralement aussi, dans une société du tout-fric, le sentiment que
la société méprise le travail.
Sur les 35h, appréciation ambiguë ou ambivalente de l’opinion qui semble
considérer en même temps que c’est une bonne mesure qui a libéré du
temps et une mauvaise mesure qui a aggravé les conditions de travail…
La Sofres observe que la campagne sur le « déclin » a fait des ravages
dans la démoralisation de l’opinion. A rapprocher d’un papier de Libé
(13/11) montrant que les parlementaires de droite sont alarmés par
l’impact de cette même campagne – de droite pourtant- sur leur électorat.

Ce thème pourrait nourrir demain un (nouveau) glissement d’une partie de
la droite vers l’extrême droite.

8) Paysage syndical

Nombreux commentaires « politiciens » sur le paysage syndical en « 
recomposition ». Il s’écrit des choses telles que : la CFDT ferait le
choix des salariés du centre- centre droit et laisserait « la gauche » à
la CGT ; ou : le pouvoir jouerait la carte de ces deux syndicats
majoritaires et « réformistes », la CFDT et la CGT mais il y aurait le
risque de « libérer un espace électoral pour la mouvance plus radicale,
Sud, le groupe des dix…
Beaucoup d’interrogations sur le choix de la CFDT, sa distance affichée
à l’égard du FSE.
Pour l’éditorialiste du Figaro Economie (10/11) cette « clarification
dans la douleur » est une bonne chose ; il observe que « cela va modifier
la donne de cette « unité syndicale » certainement plus complexe à
réaliser avec une CFDT plus résolument réformiste maintenant que les
oppoosants sont partis. La rupture interne amplifiera le clivage externe ».

Forte campagne anti CGT-CCAS.

9) Etat de l’opinion

Sondage BVA/Le bleu de la profession politique. 60% des Français pensent
que des listes distinctes au premier tour, c’est un plus pour la
démocratie. Sympathisants PS et UMP privilégient les listes d’union,
mais mollement ; 56% des UDF pour l’autonomie, 58% des verts. « Ceux du
PC sont beaucoup plus partagés et l’on peut supposer que cette attitude
tient avant tout à l’appréciation qu’ils portent sur l’état des forces
électorales plutôt que sur un plus grand sentiment de proximité
idéologique avec le PS ».

Sondage CSA/MAAF sur les Français et la perspective de la vieillesse.Les
¾ craignent de perdre leur autonomie ; les 2/3 souhitent rester à
domicile ; 18% seulement optent pour la maison de retraite. Pour assurer
le coût de cette prise en charge, 58% comptent sur l’assurance/mutuelle ;
46 sur leurs proches ; 42 sur l’Etat ou la Sécu.

Sondage Louis Harris/Libération/L’express : pour 86% des sympatisants de
gauche et altermondialistes la mondialisation aggrave les inégalités
sociales en France. 96% estime que l’on vit dans une société vouée au
culte de l’argent et du profit ; pour 94% ce sont les grands groupes
financiers qui dirigent le monde.
Sondage Politis/CSA sur la mondialisation. Trois français sur quatre
désormais inquiets ou hostiles. Des chiffres en hausse d’une année sur
l’autre y compris dans la jeunesse.

10) Partis

PS : modifierait ses statuts pour faciliter l’adhésion ( Le Monde du
9/11) ; l’article confirme que le PS n’a pas su fidéliser les nouveaux
adhérents de 2002.

UMP :un cinquième des partisans de l’UMP se déclare méfiant à l’égard de
Raffarin.

Portrait de Fillon dans Le Monde du 8/11

Verts : Voynet sort chez Stock « Voix off ». Le Monde du 13/11

UDF : « Udf, un discours social, des votes libéraux, bon papier de
Patrick Roger dans Le Monde, 12/11

Mouvement des idées
Note n°55 (21/11/03)

1.
Idées de gauche…

Nombreux commentaires sur le bilan du FSE. Larges convergences pour dire
que le pari est gagné, que les bonnes questions ont été posées.

La force de l’altermondialisme, son aura, reposent d’abord dans
l’affaissement régulier depuis plusieurs années du thème de la
mondialisation, d’une inquiétude croissante, de sondages en sondages, de
l’opinion française.

Idem pour souligner le phénomène jeune ( et jeune intello), l’étroitesse
de la base sociale mais aussi la venue nouvelle de jeunes des banlieues ;
pour souligner la non-jonction (ou faible jonction) avec la sphère
politique mais la quasi unanimité contre la Constitution Giscard et les
reflexions sur un nouveau mode de démocratie ( démocratie participative,
directe, la politique autrement, informer autrement).

Assez bonne visibilité –toutes proportions gardées- de la présence
communiste dans de nombreux articles.
A noter la sortie du numéro 72 de « Manière de voir. Monde diplomatique
 » : le dossier s’intitule « Qui a pensé la société de marché ? », piloté
par Ramonet et Halimi.
Voir aussi « Le nouveau capitalisme » de D. Plihon, La Découverte.
Ainsi que « Metaleurop, paroles ouvrières : témoignages »,aux éditions
Mille et une nuits du romancier Frédéric Fajardie.

2) Idées de droite.

En même temps, la même semaine, on constate que la campagne de droite
sur le travail a décidément fait mal. Le sondage par exemple de France
Europe Expresse/CSA de dimanche dernier indiquerait que 67% des Français
pensent qu’il « faut réduire les indemnisations après une longue période
de chômage pour contraindre les chômeurs à retrouver du travail ».
Certes la formulation est vicieuse mais le Figaro titre : « L’opinion
comprend Fillon ».

De la même manière Seillères peut se féliciter en disant que « le
processus pour détricoter les 35 heures par touches successives » est
bien engagé : « l’opinion française a progressivement déchanté ».

Satisfecit aussi sur la suppression du jour férié sur ce seul motif : « 
Pour la première fois, on va travailler plus ».

Pour avoir une idée de la droitisation du discours de l’intelligentsia
de droite, on lira le compte-rendu de la conférence d’A. Glucksmann
intitulée « Je nuis donc je suis » (Le Figaro, 20/11, p 21) : ou de la
necessité pour l’Occident de se protéger de la barbarie ( et du
nihilisme) du reste du monde. Texto !

3.
La « troisième voie » : modeste ou impuissante

A noter cette phrase clé de la longue tribune libre du ministre
britannique Macshane à la gloire de Blair dans le Monde du 18 : « La
grande idée de la troisième voie est qu’il n’y a pas de grande idée ».
Plaidoyer pour une politique modeste qui est aussi une politique
d’accomodement.
Dans le même journal, une page de présentation de Mme Canto Sperber, « 
philosophe » en vue pour avoir « réconcilié le socialisme avec la
tradition libérale en tentant de réhabiliter des notions aussi
discréditées que celles du marché comme espace d’émancipation » (18/11).
Chantre de l’anti-altermondialisation, proche des cercles socialistes « 
Fondation Jean Jaurès » et « En temps réel ». Proche aussi de Ferry.
On la voit beaucoup : consultante à la télé ; membre de la Commission
Ecole de Ferry/Thélot ; du Comité national d’éthique ; intime de Nadine
Kriegel.

Lire dans Le Figaro du 18 comment Schröder a construit son discours au
congrès SPD pour se faire réélire président. Pathos, rhétorique ( deux
citations de Brecht) et patriotisme de parti ; mais quasi silence sur
cette nouvelle idéologie social démocrate qui démantibule l’Etat providence.

Voir aussi la privatisation partielle de l’assurance sociale en Suède,
La Tribune, 18 novembre.

4
Télé Peyrefitte

On reparle de la « télé Peyrefitte » (formule du SNJ de France2), celle
du bon vieux temps de l’ORTF où un ministère de l’Information exerçait
la tutelle sur l’Office, suite à la démarche d’Aillagon en direction de
France, accusée de complaisance avec les intermittents.

Il y avait déjà eu les démarches du cabinet de Raffarin vers France 3.

Hollande a rencontré le patron du CSA pour critiquer « un déséquilibre
gauche/droite « dans l’audiovisuel.
Importance du thème de l’Information au FSE.
Mise en place d’un observatoire français des médias d’Attac (
A.Mattelard, prof à Paris VIII) en décembre ; polémique/procès
Attac/Libération.

5.
Américanisation de la vie politique

Interessant papier de JM Bouissou, Libération, 17/11, suite aux
dernières législatives au Japon et à ce que certains appellent la quasi
disparition de la gauche traditionnelle, PS et PC.

Montre comment l’américanisation de la scène politique, l’installation
d’un bipartisme profitant d’une abstention massive, le jeu d’ « images »
enfin ont laminé la culture de gauche et fait sombrer celle du
communisme – alors même que le PC avait connu au milieu des années 90 un
sensible regain.

6.
Décentralisation

Une manière de retournement de l’opinion à l’égard d’un dossier
longtemps regardé par elle avec une bienveillante indifférence.

Sondage Ipsos/Courrier des maires : 32% des Français estiment que la
décentralisation actuelle est suffisante, 25% jugent même qu’elle est
allée trop loin.

Pour 87% des élus locaux, décentralisation= augmentation de la
fiscalité. Si les maires demeurent favorables à l’idée( 60%), ce soutien
est en forte baisse (74% en 2002) ; et surtout un Français sur deux (48%)
pense que la décentralisation va dans le mauvais sens/. /

« Une idée qui ne fait plus consensus » titre Le Monde du 18/11.

7.
Quelle place pour la culture ?

Floraison d’articles sur la place marginale de la culture et de la
création dans le débat français et européen ( la question vaut aussi
sans doute pour le FSE).

« Quelle culture veut-on défendre », chronique de Slama dans Le Figaro
du 17/11 ; « La culture sur un strapontin », tribune du Figaro co signée
par G Fraisse et C Girard, 19/11.

Une session de l’Académie s’est tenue sur cet enjeu ces jours Ci
Livre de Jean Cluzel « Propos impertinents sur le cinéma français », PUF.
Sur un sujet proche, le reportage du JDD, « De la culture à plein rayons
 », sur le rayon culturel devenu le plus important après l’alimentation
dans les hyper-surfaces.
Sur un thème annexe, campagne de presse contre l’école maternelle,
ouverte par le rapport de la « défenseure » des enfants, Claire Brisset.

8) Paysage syndical

Toujours de nombreux articles sur le nouveau paysage syndical, suite aux
départs de la CFDT. Voir le dossier de novembre du « Monde/Initiatives »
n°24 ainsi résumé : « Comment les surenchères du MEDEF, les passages en
force du gouvernement et les précipitations de la CFDT contrarient la
modernisation de la …CGT, point de passage obligé de la rénovation pour
un syndicalisme des droits des individus portés collectivement ».
Articles de La Tribune sur « l’embarras » de la CGT et sur Sud en
embuscade, 17/11.

9) Etat de l’opinion

Le dernier numéro de National Hebdo fait état d’un sondage pour les
régionales en Picardie. Une liste UMP/UDF ferait 37%, FN 20%, PS 18%, PC
8%, LO 8%, Verts 5%.

10) Partis

UMP : premier anniversaire plutôt morose : impopularité du pouvoir,
marasme, division à droite, divisions internes du parti.
Dupont-Aignand critique le manque de démocratie interne.
CN le 28 novembre
Vers un meeting UMP par département d’ici Noël.
L’UMP entend participer aux débats sur l’école.

Madelin : a du mal à trouver sa place dans l’UMP. Organisait un colloque
« pour » la mondialisation à la Défense avec ses « Cercles libéraux ».
Plaide pour « un débat d’idées » à l’UMP.
Tient « les mardis de la réforme » sur des sujets comme
l’assurance-maladie, le droit du travail, la mutation de l’Etat, la
diminution de la dépense publique…

PS : campagne de presse sur le manque de leadership de F Hollande.

Direction partagée sur la participation socialiste au FSE et à la manif.

Nombreux commentaires de presse ironiques sur la nouvelle « 
communication » de Fabius ( la moto, le type cool…).

FN : son organisation de jeunesse participait à une réunion des « 
identitaires » à Versailles le 15/11 : ultras du racisme et de
l’intolérance (Monde du 18, p 11).

Verts : CNIR les 22/23 novembre ; désignation des candidats aux
européennes (alors que ce parti n’a toujours pas fixé de ligne
officielle sur la constitution Giscard).
Voynet fait entendre sa petite musique. Comme une nostalgie de la gauche
plurielle.

Copernic : la Fondation a rendu public un avis (négatif) sur le projet
Fillon de « dialogue social ».

Mouvement des idées
Note n°56 (28/11/03)

1.
Droite : décrochage de l’électorat

7è baromètre « Bleu de la politique »/BVA sur la perception de la
politique économique et sociale du gouvernement. Montre trois choses :
une impopularité record, du jamais vu, tant à l’égard de la ligne
économique que des résultats sociaux ; une chute brutale intervenue
depuis juin, c’est à dire assez récente ( été, automne) ; et surtout
cette chute est spectaculaire à droite.

Plusieurs enquêtes ces derniers temps ( voir l’article de H Gattegno
dans Le Monde, « Une impopularité qui n’a pas de précédents » avec
l’opinion des différents sondeurs) disent la même chose. Et la manif des
buralistes en donne une illustration.

L’étude du « Bleu » montre en effet que si la défiance des gens du
public et des ouvriers était déjà forte en juin, « l’évolution est
brutale » à droite :sympathisants de droite (-22%) ; UMP (-16%) ; plus de
65 ans (-19%).

L’insatisfaction, aurait atteint « un niveau tel qu’une remontée à
l’équilibre dans les prochains mois paraît très improbable ».

A noter encore, sur la Sécurité sociale, une opinion très divisée
gauche/droite (sur des questions il est vrai orientées) : 44% pour une
diminution des remboursements, 41% pour une augmentation de la CSG.

2.
Pégagogie de la réforme

L’Observatoire Sociovision-Cofremca fournit chaque année des données
interessantes sur l’évolution des valeurs des Français.

Dans Le Figaro du 21, Le Bris, ancien patron de l’ENA, donne son
interprétationde la dernière enquête. Les valeurs qui se seraient le
plus renforcées en 2003 seriaent celles d’autonomie, de responsabilité,
de dynamisme, notions « larges » mais volontiers revendiquées à droite.

Exemples d’évolution : en 1996, 38% des Français pensaient que « ceux
qui veulent continuer à travailler après l’âge normal de la retraite
doivent pouvoir le faire » ; ils seraient aujourd’hui 65%.

L’auteur appelle à utiliser cette évolution de l’opinion pour modifier
les relations de travail, le droit du travail : « moins de régulation
par le haut, plus de proximité, organisation des micro libertés ».

Autre application : pour de nouveaux espaces d’autonomie des
universités, pour une augmentation des droits d’entrée.

Propose un retrait du service public dans de nouveaux secteurs : « 
l’entretien des routes, la gestion materielle es équipements publics,
les services d’accueil… ».

Comment réussir une réforme ? « L’expérimentation préalable, la mise en
évidence à travers des comparaisons internationales des solutions qui
ont abouti et celles qui ont échoué, tout cela constitue un préalable
necessaire au succès de la réforme » ;

(NB : c’est d’ailleurs la méthode utilisée par de Robien pour faire
venir sa loi sur le service minimum).

3) Casser l’ idée d’égalité

Depuis plusieurs années, la pensée de droite tente de démanteler le
principe essentiel et redouté d’égalité ( au travail, à l’école, en
politique). Cette « campagne » nourrit un faisceau d’articles ces temps
ci : dossier de l’Express du 14 novembre, « Les avatars de l’égalité ».

Sur le même thème, papier de Libération sur Sciences Po : « L’égalité,
source d’inégalités ».(21/11)
Ou le discours de Jacqueline de Romilly, académicienne, au forum de
l’Unesco sur « le partage ». Voir son texte dans Le Figaro du 26
novembre : « Platon distinguait l’égalité arithmétique de l’égalité
géométrique ».
Dans le même ordre d’idées, nombreux articles, souvent ambigues, sur la
mixité à l’école ; sur la parité homme-femme.

A contrario, on notera cette phrase de Hollande lors du débat avec
Sarkozy : « Ce que la gauche peut proposer, même si elle doit renouveler
ses instruments, c’est l’égalité ».(Le Monde, 27/11)

4.
Capital et morale

Reviennent très fort ces derniers jours les rapports entre l’argent et
la moralité.
Commentaires sur les corrompus de Wall Street. Interminables débats –
notamment à l’Assemblée- sur la question des salaires des patrons.
L’enjeu turlupine la droite. On la sent en difficulté pour justifier que
« le ratio salaire maximal sur salaire moyen a été mutiplié par 30 en 10
ans pour atteindre le chiffre effarant de 200 » (Le Monde, tribune de
Michel Le Net) ; en même temps opposition à toute loi encadrant ces
revenus. Très nombreux papiers/.

5) Le retour des chrétiens sociaux ?

On note, souvent à partir de ces réflexions sur l’argent, plusieurs
commentaires sur une certaine revitalisation de la pensée et de la
militance chrétienne sociale. Un regain qui remonterait à l’année 2000
et la remobilisation de ces forces sur la question de la dette du tiers
monde ; puis leur investissement progressif dans le mouvement
altermondialiste, net cette année (CCFD, évêché local, Justice et paix,
Caritas, Emmaüs, Sant’Egidio, la mission ouvrière, Comités de lutte
contre le chômage, MRJC) ; et aussi le succès croissant des Semaines
sociales (Camdessus), cette année sur le thème de l’argent (qui
pervertit tout, source de tous les trafics…).
Regain des thèmes de solidarité, justice, lutte contre les inégalités,
participation citoyenne, retisser le lien social.

6)…et le retour de Brecht

Retour en force de « L’Opéra de quat’sous » de Brecht (1928). Trois
mises en scène à Villeurbanne, Bobigny, Paris.
Significatif que la rentrée théâtrale se fasse sous le signe d’une piève
virulente contre la société bourgeoise. Où l’on voit comment mafia et
bonne société, brigands et bourgeois fonctionnent selon les mêmes codes,
avec des mêmes solidarités de classe. Etcomment le fin mot de l’Histoire
est : « le biftek passe avant la morale ».

7) Jeunesse

Papier des Echos sur la surinformation concernant les « vieux » et la
quasi-absence dans le débat public de l’enjeu « jeunesse »avec ce titre
provocant « Une journée de solidarité pour les jeunes ! »(17 /11)
Voir le dossier sur l’engagement des jeunes in L’Express du 31 octobre.
Celui sur les jeunes et la lecture des quotidiens (donc leur rapport à
la politique) in Libération du 20 novembre.
A l’approche du Salon de Montreuil, ce week end, nombreux dossiers sur
la littérature jeunesse. Le JDD qui souligne qu’un livre sur cinq en
France est un ouvrage pour la jeunesse.

Le Monde salue la vitalité de ce secteur mais une certaine tendance à la
« hamburgeurisation » (?) à l’américaine.
Un milieu sensible aux questions de la « moralité » du capitalisme, des
salaires des patrons…

8 )Faillites des libéralisations

Quelques papiers sur l’échec de privatisations. Après l’électricité
californienne ou les chemins de fer anglais, article sur la déconfiture
des postes suèdoises, privatisées en 1993 : mauvais services, déficit,
absence de concurrence de fait, dépôt de bilan envisagé.(Le Figaro, 27/11)

9) Etat de l’opinion

Sondage Ifop/JDD sur les hausses du tabac. 44% des sondés pensent que le
gouvernement a raison mais 50% estiment qu’il a tort « car fumer relève
de la liberté de chacun et ne doit pas devenir trop coûteux ». Les
ouvriers, les moins de 35 ans et les écolos sont les plus opposés à ces
hausses.
Elections syndicales dans la police ; virage à droite.

10) Partis

UMP : problème de vie interne ( un article pointait le fort absentéisme
au « bureau politique ») ; plaidoyer pour les fondations politiques de D.
Bussereau, V. Pécresse et H Plagnol in Le Figaro du 26, p 11.

PS : la guéguerre des presidentaibles et des courants bien relancée avec
l’opération « retour de DSK » ( Substantielle couverturedans Le Monde
(une page), le JDD, le Figaro ; un look très américanisé et un
discoursqur le « réformisme radical » très « 
expertise/specialiste/économiste » ) et la relance du courant de Fabius
intitulé « Ensemble ».

Divisions affichées sur l’Europe ( après la Constitution Giscard, ici
l’élargissement), un thème qui était pourtant « identitaire » du parti.

Verts : glisseraient à droite sur l’Europe avec leur considérant sur les
progrès de la Constitution Giscard (dans le même temps où on retire à
Lipietz le titre de porte parole sur ce dossier) ; attendraient la fin
des travaux de la confèrence pour se prononcer.

FN : retour sur les liens entre les jeunes du FN et les secteurs de
l’ultradroite (Le Monde, 20 novembre)

UDF : une ligne difficilement comprise par l’opinion selon le sondage
CSA/France3 : pour 28% l’UDF est dans la majorité, 28% dans
l’opposition, 21% ni l’un ni l’autre, 23% sans opinion…

De Villiers : joue de plus en plus fort sa partition sur l’Europe.

PC : Le Figaro (27/11) annonce la sortie le 15 janvier du livre de P.
Braouzec, « La gauche au pied du mur », aux éditions La Découverte.

Régionales : Pronostics de l’UMP Bédier, présenté comme le spécialiste
électoral de cette formation : la droite perdrait « sûr » la Picardie,
la Bourgogne, la Franche Comté, Rhône Alpes, Poitou Charente et sans
doute la Lorraine et l’Auvergne. Mais gagnerait l’Ile de France et
Nord-Pas de Calais…

Paysage syndical : poursuite des commentaires sur le thème : la venue
des contestataires CFDT à la CGT est un « cadeau empoisonne »…

Mouvement des idées
Note n°57 (4/12/03)

1.
Raffarin : de plus en plus libéral

Mis en difficulté, le pouvoir choisit de s’en sortir par une
surenchère libérale. C’est particulièrement net cette semaine avec
les différentes intitiatives autour de la lancinante question de la
valeur « travail ».

L’UMP a consacré une de ses trois tables rondes de son dernier CN à la « 
valeur travail », thème de prédilection depuis la rentrée ; ce sujet est
aussi le thème principal du second numéro de la revue de ce parti « 
Débats de l’Union » ; enfin c’est l’objet du rapport de G Carrez, député,
rapporteur du budget, pour le club de Raffarin « Dialogue et initiative ».

(C’est le troisième texte du laboratoire raffarinien après celui de F
Baroin sur la laïcité et de S Lepeltier sur la mondialisation.)

Non seulement, sur « le travail », on enfonce le clou, persuadé que « 
l’opinion est en train de changer » sur la question ; on dit s’inspirer
de T. Blair et de son « workfare » ( et non plus « welfare » ou Etat
providence) ; sus à la paresse, à la rente, à l’assistance…

Mais on note un changement de vocabulaire : le rapport Carrez prône
explicitement une politique « authentiquement libérale » alors que ce
concept de « libéral » ne figurait pas jusqu’ici dans la phraséologie
officielle de l’UMP.

Il appelle à un changement de rythme des réformes ; il dit en effet qu’en
matière de réformes « trop de prudence est un luxe ».

Enfin il encourage ouvertement une politique d’amnistie fiscale, une
piste que Le Figaro lui même il y a encore deux semaines trouvait
allèchante mais impossible à faire passer en France !

On notera qu’Alain Madelin a été nommé « secrétaire à l’idéologie » de
l’UMP : il a en effet été « chargé des débats » au sein de ce parti.

A noter la prochaine remise du rapport de Michel de Virville au
gouvernement sur « la simplification du droit du travail ».

2.
Et de plus en plus autoritaire ?

Le pouvoir multiplie les signes en direction de sa droite : IVG, droit
de grève…Au meeting de la Mutu de l’UMP, selon le Figaro, le seul moment
un peu animé de la soirée fut la charge violente de Copé contre les
grèves dans le service public dont il semble vouloir faire le fer de
lance de sa campagne des régionales en IDF.
A noter dans le dernier baromètre Sofres Figaro qu’à droite toutes les
personnalités perdent sauf Sarkozy et Le Pen ( très légère progression, +1)
A noter la campagne de presse sur le thème : si Marseille n’a pas obtenu
l’organisation de l’America Cup (?), c’est de la faute des grèvistes (
et plus particulièrement des éboueurs). Rumeur reprise en boucle.

3) Valeurs communistes, valeurs d’ « extrême gauche ».

Opération promotion de l’ « extrême gauche » dans Le Monde du week end
dernier. Quatre colonnes en « une » et une pleine page. Message : l’ « 
extrême gauche » apporte des idées « neuves », elle est vue du côté de « 
la réforme », elle « attire » le PCF.
Côté « valeurs », ses points forts dans l’opinion seraient : pacifisme,
altermondialisme, solidarité avec les « sans », services publics,
anti-américanisme.
Il y a là comme un tour de passe passe, comme si on testait en vérité
des valeurs communistes, attribués en bloc à « l’extrême gauche » : LO
par exemple ne répond pas vraiment à ces tendances. ( Ou dit autrement :
prises au pied de la lettre, ces caractéristiques d’ « extrême gauche »
collent mieux au PCF qu’à Laguiller). Et on se garde, dans cette
enquête, de poser des questions qui fâchent ( rapport au pouvoir,
rapport à la démocratie).

A noter ce chiffre de 20% de « proximité » de l’opinion avec ces
valeurs ; un chiffre qui avait déjà fait la « Une » du JDD (22%) lors du
congrès de la LCR ; s’il ne s’agit pas d’une cote électorale, on peut
penser qu’il y a là une certaine indication sur l’influence d’un « 
courant » révolutionnaire à la française.

4)Patrons, entreprises, opinion : le divorce ?

La précédente enquête indique que le sentiment « anti patrons » est une
image fortement associée à « l’extrême gauche ». Ce ressentiment
regroupe tout de même 13% des sondés. Chiffre probablement moins fort
que lors de décennies passées mais la contestation est réelle.

Elle justifie d’ailleurs un long papier de Pascal Galinier du Monde
(3/12) : »L’entreprise n’est plus à la mode » ; le journaliste constate
que la notion d’entreprise « ne passe pas » dans le public ; l’échec des
opérations promotion du MEDEF ; le desinvestissement des cadres ; la
radicalisation syndicale ; la perte d’autorité des « marques ».

5.
Parité

Plusieurs articles ou dossiers sur l’égalité homme/femme. Dominique
Reynié dans Libération du 28 /11 sur les inégalités persistantes ; un
dossier à venir (janvier) de la revue « Mouvements » intitulé « Les
hommes en crise ? » et traitant de « la crise de la masculinité ».
Des échos aussi aux propositions de « l’observatoire de la parité » qui
propose notamment « de récompenser les partis respectueux de la parité
en leur accordant un coup de poucefinancier en fonction du nombre d’élues ».

6 ) De l’utilité de la politique et de l’Etat

Difficile d’échapper à un débat sur le rôle de l’Etat et du politique
après les dernières inondations dans le Sud. Ces catastrophes à
répétition ( idem pour les incendies, la canicule, le débordement des
urgences, les naufrages de pétroliers, etc…) nourissent déjà des papiers
plutôt cyniques dans la presse de droite sur le thème : le pouvoir ne
peut faire la pluie et le beau temps ; c’est la faute à la fatalité…

Il n’empêche que ces répétitions à l’identique de drames « naturels »
entretiennent l’idée de l’impuissance politique.

7.
L’individu et le collectif

Des livres, des essais retravaillent en permanence ce thème. A noter la
prochaine sortie de l’ouvrage « Le mythe de l’individu » du philosophe
Miguel Benasayag à La découverte. La présentation dit ceci : » Face à la
crise des valeurs et à la perte des repères, l’individu semble être
devenu le dernier rempart. Création de la modernité, l’autonomie du
sujet social est perçue comme le symbole même de la liberté. C’est ce
mythe inquestionné que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce livre iconoclaste. Pour lui, loin d’être cette instance transhistorique
et transculturelle, l’individu est une forme d’organisation sociale ; il
est le nom d’un projet économique, d’une vision du monde qui n’a rien de
fatale. Et ceux qui avec la meilleure volonté du monde s’efforcent
aujourd’hui de recréer du lien social entre les individus pour
sauvegarder la vie face à la destruction capitaliste, ne font que
renforcer la logique qu’ils pensent combattre : car dans le
néolibéralisme avancé, l’individu est précisément le constituant du lien
social régi par la loi du profit et de l’intérêt, l’atome indivisible de
la massification ».

8) Etat de l’opinion

Si Chirac se maintient (Figaro), Raffarin continue de baisser partout :
- 4 pour Ifop/Paris Match ; se retrouve à 29% de bonnes opinions in Figaro
Sofres.
Ce dernier baromètre de décembre montre une inquiétude croissante pour l’emploi, un pessimisme maximum, une crainte de reprise des conflits qui
reprend (l’indice baissait depuis septembre).
Nouvelle baisse du moral des ménages en novembre selon l’indicateur
mensuel Insee du 2/12.
Les Français et la mondialisation : long papier de Libération du 28/11
d’où il ressort que « parmi les personnes intérrogées appartenant à des
pays industrialisés, ce sont les Français qui expriment les points de
vue négatifs les plus élevés sur la mondialisation ».

9) Publications

Consulter le catalogue des éditions syllepse ( _www.syllepse.net
<http://www.syllepse.net/> _) ; de bonnes choses sur le capitalisme, les
classes, l’altermondialisme ; voir les co-productions avec Espace Marx,
Attac, Copernic…
A noter en passant (la remarque n’atténue pas la bonne opinion du
catalogue) ce titre d’un essai (mexicain) sur l’altermondialisme : « 
Changer le monde sans prendre le pouvoir ».
A noter « Antimanuel d’économie » de Bernard Maris, éditions Bréal ( un
texte anticonformiste par un journaliste de Charlie Hebdo).
Au Salon de Montreuil, un livre remarqué qui a failli être primé : « 
Révolution » de Sara, au Seuil (dès 8 ans) : sur les rebelles, la
guerre, la répression, la révolution…
Aux éditions Michalon, le « Dico rebelle 2004. Acteurs, lieux,
mouvements », sous la direction de Patrick Blaevoet.
A la Découverte, en février 2004 : Henri Rey, La gauche et les classes
populaires : histoire d’un divorce.

10) Partis

UMP : Ordre du jour de son Conseil national du 29 novembre : laïcité,
école, travail/service minimum.
Débats houleux sur la démocratie interne ; vote du (nouveau) report du
congrès statutaire à 58% des voix ; vers la suppression des courants ;
parti très centralisé autour de l’équipe Juppé.

Guéguerre Sarkozy/Juppé. Vrai problème avec une cote de Juppé au plus
bas (18 in Figaro Sofres) et celle de Sarkozy au sommet.

PS : le parti soigne ses relations avec les syndicats ; voir la rencontre
PS/Syndicats le 26 novembre à l’Assemblé nationale et les promesses de
Hollande sur : les élections professionnelles, l’accord majoritaire, le
financement des syndicats, les salariés dans les conseils
d’administration, la tenue d’une conférence sociale ( Le Monde, 28 /11).

Opération promotion DSK poursuivi ( une page du JDD ; participation à
Vivement Dimanche).

Verts : les seuls à progresser un peu au baromètre Sogres/Figaro ( tout
comme Voynet) !

CFDT : nombreux papiers sur les difficultés croissantes de cette
centrale ; après les cheminots, la Banque et l’Hôpital…

Mouvement des idées
Note n°58 (11/12/03)

1) L’électorat communiste

L’Express publie le 11/12 une enquête sur « les Français jugent Raffarin
 ». Ce nouvel indicateur confirme l’effondrement de l’image du pouvoir
(de novembre 2002 à novembre 2003, sa cote passe de 58 à 29%) ; il est
plus assimilé à une politique pour les privilégiés (opinion de 45% en
2002 et 67% en 2003).
Le détail de l’enquête permet de vérifier que ce sont les sondés PCF qui
désapprouvent le plus vivement le gouvernement : 95% contre 86 pour le
PS, 77 pour le FN, 62 pour les Verts, 34 pour l’UDF.
On peut mesurer le taux d’approbation (A) et de désapprobation (D) de
cet électorat pour les domaines suivants :

Sécurité routière : 78A, 19D
Sécurité : 59A, 39D
Politique extérieure : 35 A, 36 D
Justice : 24 A, 68 D
Environnement : 20 A, 76 D
Education : 17 A, 83 D
Santé : 19 A, 78 D
Economie : 7 A, 84 D
Retraites : 11 A, 89 D
Social : 10 A, 90 D
Impôt : 9 A, 88 D
Emploi : 7 A, 88 D

On notera encore que la politique de Sarkozy, une des rares à gagner en
popularité en un an, serait approuvée par 48% des sondés PCF, chiffre
important mais nettement plus faible que le taux d’approbation du
ministre de l’intérieur par les autres électorats de gauche.

Dans l’enquête Le Monde/Sofres sur l’extrême droite, on notera quelques
données concernant aussi l’électorat PCF.
Par exemple il serait sensible à 67% au thème des valeurs
traditionnelles ; 55% penserait qu’il y a trop d’immigrés ; 52 donnerait
plus de pouvoir à la police et 71 pensent qu’on est pas assez sévère
avec les petits délinquants.
Dans le même temps ils ne sont que 31% à trouver que le FN a raison sur
les valeurs traditionnelles, 18 % pensent qu’il a raison sur la sécurité
et 14% seulement sur l’immigration (=86 contre).

Ce qui indique à sa manière – de nombreux politologues partagent ce
sentiment- qu’il n’y a pas eu de passage important de votes PC vers le
FN, les électeurs communistes choisissant le plus souvent l’abstention.
L’idée d’une « préférence nationale » pour l’emploi ou les prestations
sociales est partagée respectivement par 36 et 30 % de cet électorat.

2) Critique de l’information

La question des moyens d’information, de leur indépendance, de leur
qualité revient beaucoup ces jours ci.
Cahier spécial du Monde sur les médias dans le monde (5/12) ; l’actualité
est riche ( Russie, Italie).
Dossier sur l’installation de l’observatoire français des médias (Le
Monde, 9/12), liée à Attac, installation difficile semble-t-il.
Voir aussi D. Wolton in Libération (8/12) sur « la société de
l’information ».
Le mouvement anti-publicité ( et ses dérives sexistes) suscite un réel
mouvement militant ; vraie guéguerre notamment entre Ratp/taggeurs
critiques et flics.

3.
Populisme

Dossier du Monde du 9/12 sur les idées d’extrême droite ; il montre la
banalisation, l’installation de ces idées dans le panorama. Idées un
petit peu en recul (?), semble-t-il, par rapport au printemps 2002, mais
restant aux environs de 22%.

Ses lignes de force évoluent ; le thème de l’immigration régresse,
l’opinion serait moins raciste qu’il y a cinq ou dix ans ; le thème des « 
valeurs traditionnelles » gagnerait du terrain.

D’autre part une légère progression dans la jeunesse.
Sujet fortement nourri par l’actualité internationale : L’Italie de
Berlusconi, cf dossier Le Monde 5/12 ; les élections russes ; l’entrée
d’un populiste au gouvernement suisse : le populisme prospère, avec
quelques points communs : une structure politique toute dévouée au chef
(Berlusconi, Poutine, le milliardaire suisse), un discours
liberalo-national (ou nationaliste), un contrôle fort sur les médias.

Dossier de « Courrier international » sur les populismes en Europe.

4.
Jeunesse, sexisme, machisme

Soirée « féminisme » sur Arte, mardi. Un décalage saisissant (et
confirmé) entre garçons des cités, machistes, suivistes, désemparés par
une exclusion sociale et une image masculine en deshérence, et des
filles inventives, dynamiques mais contraintes en permanence de jouer
avec un rapport de force violent (y compris parfois avec le port du voile).

Autre décalage, de classe, entre ces jeunes (filles) des banlieues et
l’Institution féministe ( Badinter and co), installée, satisfaite, voire
agressive.

Enfin l’émission montra comment la régression machiste dans ces cités
pèse sur l’ensemble de la société, tire vers le bas l’ensemble des
relations hommes/femmes ; comment ce discours outrancier de machos de
banlieues fonctionne parce qu’il s’appuie sur une tolérance générale,
sur un air du temps sexiste et généralisé ailleurs que dans ces
quartiers ( publicité, musique, médias…).

N’empêche : l’émission était interessante MAIS elle participait d’une
vision caricaturale de la représentation sociale aujourd’hui dans les
médias. En somme on ne montre du paysage que ses extrêmes, l’esclave
(rebelle) de la cité, la grande bourgeoise éclairée de l’autre. Entre
elles deux, il n’y aurait plus rien à voir et à dire ?!

5) La disparition de la figure populaire

On est frappé en effet à la lecture de la presse, à l’écoute de
l’audiovisuel, par l’ absence de l’acteur populaire et de ses problèmes.
Les personnages qui font ordinairement la « une », ces semaines ci, sont
soit des milliardaires aigrefins (affaire Pinaut/Credit Lyonnais), soit
des catégories en mouvement ( buralistes, restaurateurs…), soit des
exclus (visités par des commandos du SAMU à l’occasion des grands froids).
Mais la figure populaire ordinaire, le « Français de base », et ses
problèmes sont effacés.
Alors que toutes les enquêtes montrent que l’emploi, le chomage sont la
question numéro un, ce sujet ne donne lieu à quasiment aucune enquête ;
l’ouvrier, le travailleur, le salarié n’apparaît que lorsqu’il disparaît
( fermeture de Metaleurop où soudain on découvre l’existence d’une
réalité salariée puis tout aussitôt l’annonce de la suppression de cette
réalité).

Il y a un desequilibre sérieux de la représentation sociale ; la société
dans les médias n’existe que de manière déformée, caricaturale.

Ce « Français de base » -pour dire vite- n’apparaît que dans des
circonstances exceptionnelles ( inondation, incendies, canicules) : on
découvre qu’il est là mais le contexte est particulier ; ou il est mis en
scène dans des émissions bas de gamme, jeux triviaux et compagnies,
comme si c’était son lot. Il serait interessant de voir aussi comment la
fiction ( telévisée notamment) participe de cette occultation.

Dans un ordre d’idées proche, Baverez , apôtre du « déclin » français,
estime, dans Les Echos du 9/12 ce fait (avéré ?) : « La part de l’emploi
industriel dans la main d’œuvre est de 22% en Allemagne et de 24% en
Italie contre 14% en France. Deux questions : pourquoi cette hémorragie
alors que les entreprises paraissaient s’être modernisées ? Cette
desindustrialisation peut-elle être enrayée ».

6.
La crise à gauche

Nombreux papiers sur l’immobilisme du PS, son déficit de propositions
neuves. C’est désormais un véritable rituel : à chaque enjeu nouveau
(laïcité, service minimum, amnistie fiscale, l’Europe, le pacte, la
Constitution, l’insécurité, etc…), la presse relève 1) que la question « 
embarrasse » le PS, 2) que ce parti est assez systématiquement poussé à
euphémiser le problème, 3) qu’il avance en générale des solutions de
consensus.

Voir le long article de Laurent Mauduis (Le Monde, 8/12) sur « la gauche
en mal d’idées et de projet » sur le thème : « il ne se passe rien » au PS.
Voir le dossier Kouchner/Total.

7.
Décentralisation

L’échec du réferendum aux Antilles, après le cas Corse, permet à de
nombreux commentateurs de souligner la faiblesse de la version
raffarinienne de la décentralisation. Souvent ces scores montrent aussi
le decalage ( et l’éloignement) entre les élus locaux, plutôt
favorables, et les populations.

Sont notés la crainte de l’opinion devant un certain desordre
institutionnel, un risque d’insécurité, un refus du desengagement de l’Etat.

8.
Science : une tendance préoccupante

A noter, avec retard, de récents chiffres officiels qui indiquent une
désaffection profonde des jeunes et des étudiants à l’égard des
disciplines scientifiques : -46% d’inscrits en physique-chimie entre
1995 et 2000 ; -27% en sciences de la vie et de la terre ; chute
spectaculaire du nombre de candidats au Capes en physique, chimie,
mathématiques. Une bombe à retardement, disent les experts.

9.
Plans sociaux : le black out

On en dénombrait 1086 en 2002 ; on devrait en décompter 1400 cette année.
Qui en parle côté médias ? Comme si la consigne Fillon du « pas de vague
 » était srcupuleusement suivie. Voir l’article de La Tribune, 8/12.

10) Partis

UDF : omniprésente ; joue sur tous les tableaux ( ex Blanc et de Robien),
le social et le libéral ; incontestable réussite pour l’heure : bouscule
à droite le projet de bipartisme

Selon Ifop/Valeurs Actuelles, 50% des sympathisants pour des listes
communes avec l’UMP.
Commentaire d’une pleine page du Figaro le 12/12

PS : remous après l’accord avec les verts ; réorientation stratégique en
douce ?
retour de l’affaire Destrade (Emmanuelli) et du financement du parti par
la grande distribution.
Rocard dit son « respect » pour le gouvernement Raffarin (sur la chaîne
Assemblée nationale)
Présence persistante de DSK

LCR : remous après l’accord avec LO ; démissions. Sur l’extrême gauche :
dossier du Monde (6/12).

FN : campagne de Marine Le Pen qui rencontrerait de bons échos dans le
milieu du petit commerce ; on renouerait avec une vieille tradition
poujadiste.
Ce parti axerait sa campagne sur le mot d’ordre d ‘ « insécurité sociale ».

UMP : le courant libéral s’organise, malgré l’interdiction des tendances
 : 70 députés libéraux sesont dotés d’un « comité executif » (Novelli) ;
même tentative du côté des centristes à la Méhaignerie.

PC : une surface médiatique incomparable ces jours ci avec la
préparation des régionales. Probablement plus de papiers et reportages
en une semaine que tout au long du trimestre.

Recomposition syndicale : dossier du Monde du 5/12

Mouvement des idées
Note n°59 (18/12/03)

1.
Air du temps idéologique : un semestre « décalé » et plutôt tiré à
droite

Si l’actualité ne « fait » pas le mouvement d’idées, elle y contribue ;
elle laisse sa marque dans les débats ; on l’a vu au second semeste 2002
où les questions de l’insécurité occupaient une large partie du débat
d’idées ; au premier semestre 2003, le mouvement social a influencé
l’évolution idéologique. Or tout s’est passé comme si, depuis l’été, des
thèmes déconnectés de la réalité avaient dominé le débat d’idées ou,
exagérément « gonflés », ils occupaient un débat un peu artificiel ;
comme si les grandes préoccupations dans l’air ( l’emploi par exemple ou
les inégalités) ne parvenaient pas (ou peu) à s’inviter dans ce même
débat ; comme si un certain marasme politique entretenait une certaine
sinistrose.

Ce sont des thèmes de droite qui ont surtout marqué la période et les
têtes : le déclin français (voir le dernier sondage CSA-HD et les ravages
de cette idée dans toute l’opinion) ; un pessimisme ambiant, une
incroyance dans le progrès : l’idée interiorisée et forte que dans les
années à venir la regression sociale s’imposera ( mondialisation, force
du libéralisme).

Pour autant, on ne peut oublier les débats (alternatifs) autour du
Larzac, de la politique de santé (canicule), de la Fête de l’Huma, de
l’altermondialisme.

A noter encore ce phénomène insolite de « non débat sur l’école » malgré
la machinerie mise en route : résistance passive des interessés ? Fatalisme ?

2.
La question sociale hors jeu ?

On retrouve dans la pensée unique nouvelle manière une volonté de mette
la question sociale hors jeu. Un nouvel exemple avec ce colloque
organisé en jenvier 2004 par L’Express et Les Echos notamment au Théâtre
du Rond Point. Toute la crème UMP et PS est invitée. Le sujet : « Entre
ultralibéralisme et déclinisme, la France a besoin d’un déclic pour
trouver les mots qui sont les siens sur les bouleversements de l’idée
même de modernité ». Thèmes des quatre débats : L’échange et le virtuel
 : l’espace public et le lien social ; l’entreprise, la mondialisation, la
diversité culturelle ; la démocratie, la politique, l’Europe.

3.PS : un jugement sévère de ses sympathisants

Le sondage Louis-Harris-Libération (16/12) confirme la chute de la
droite, l’attente prioritaire – et confirmée au fil des sondages- sur la
question de l’emploi et le regard sévère de l’opinion sur le PS. Trois
Français sur quatre (72%) estiment qu’il n’a pas tiré les leçons de
2002 ; 65% qu’il n’a pas de projet alternatif ; 69% qu’il est sans leader.
Et les sympathisants socialistes sont aussi sinon plus sévères : sur ces
trois questions ils sont respectivement 73%, 61 et 74%.

Un sympathisant socialiste sur deux voit le PS « menacé par la montée de
l’extrême gauche ».

64% de ces derniers pensent qu’il a eu le temps de surmonter ses
difficultés mais ne l’a pas fait ( contre 56% des Français).

Côté leader, les Français préfèrent DSK et les sympathisants Delanoé.

4.
Le programme des Verts

Ce parti devrait se doter d’un nouveau programme.

Question n°1 : ce parti est-il « généraliste » ou une force « thématique
 » ? Texte actuellement en débat ; un document de 150 pages ;coordonateur du
projet : Christophe Porquier ; le texte commence par une reflexion sur « 
les fondements de l’écologie politique », prône « le réformisme radical
 » comme stratégie et « la lutte sur tous les terrains » comme moyen
d’action.

Ce travail montre au passage les forces et faiblesses des Verts. Ce
parti dit posséder 22 commissions thématiques ; si l’une porte sur
l’esperanto, il n’y en a pas sur la politique de la ville, l’urbanisme,
les services publics, la réformes des institutions.

Le texte revient sur les « fondamentaux » (environnement, consommation,
énergie, développement durable) mais veut toucher de « nouveaux »
domaines : fiscalité, services publics, retraites, protection sociale.

Se montrent plus prudents sur la drogue ( plus question d’ouverture de « 
cannabistrots ») ; en matière de santé, demande de suppression de l’ordre
des médecins.

« Faibles sur les services publics pour lesquels ils se contentent de
réclamer une intervention citoyenne dans la gestion »(dixit Le Monde 14/12).

Pour une 6e République ; suppression du domaine réservé ; limiter à deux
mandats.

Au plan international, un rôle accru pour l’ONU, une force
d’interposition au Proche Orient ; pour « l’altermondialisme, contre la
marchandisation du monde » ; pour la taxe Tobin, la réforme de l’OMC, la
suppression de la dette.

5.
PS : « programme » des régionales

Fabius a présenté à la convention du PS à la Défense les huit thèmes de
la campagne du PS, largement repercutés dans la presse ( demi page du
JDD) : EMPLOI (emplois jeunes dans les régions) ; EDUCATION (livres
gratuits et un ordinateur par collégien) ; FORMATION (bilan de compétence
pour tout jeune, chèque culture) ; LOGEMENT (établissements publics
fonciers régionaux) ; TRANSPORT (titre unique par région) ; SERVICE PUBLIC
(empêcher son démantelement…) ; TERRITOIRES : « le PS ne veut plus parler
de décentralisation mais de solidarité des territoires » dixit le JDD ;
METHODE ( charte de gouvernance démocratique).

6.
Les Français et le sport : ambivalences.

Enquête Louis Harris/L’Equipe (16/12) sur les Français et le sport. Une
image forte dans l’opinion : pour 78%, le sport contribue plus à
l’autorité du pays que la langue, la diplomatie ou l’économie.

Le sport est associé à l’individu, aux médias, à l’argent et aux
sponsors et peu-ou moins- au collectif, à la politique, au mouvement
sportif, aux clubs, aux bénévoles.

Bref une imagerie libérale bien dans l’air du temps.

*Dans le même temps* on attend beaucoup de l’Etat, des pouvoirs publics,
du ministère. Et on se méfie de la mondialisation, de la marchandisation.

7) PCF mieux identifié ?

A noter le sondage Le Parisien(17/12) sur le voile. D’un côté, une
mobilisation forte et récente des « anti-voile » ; de l’autre une
identification des adversaires de la loi où l ‘on retrouve les
communistes (44%), les habitants du Nord (42), les musulmans( 39), les
chômeurs (37), les sans diplôme (33) et les 18-24 ans(33). Le journal
parle de « deux camps, deux mondes ; les plus intégrés disent oui, les
exclus sont les premiers à dire non ».

A rapprocher d’un autre sondage sur les Français musulmans : ils sont
plus chiraquiens que l’opinion moyenne (69%) mais plus à gauche (49),
plus anti Raffarin aussi (32). L’enquête Ifop/Figaro (17/12) contredit
l’idée reçue d’une communauté qui aurait basculé à droite. « 
Sociologiquement, elle appartient davantage aux catégories populaires
plus proches de la gauche ».

8.
Le modèle Blair

Nombreux papiers sur la manière dont le blairisme social s’invite dans
le débat européen, inspire les nouvelles mesures de Shröder : chômeurs
obligés d’accepter un emploi ; droit du licenciement assoupli ; réduction
des allocations ; valorisation des petits boulots. In Le Figaro, le
ministre allemand de l’Economie parle du « résultat remarquable » de
Blair/.

9) Etat de l’opinion

Selon l’Eurobaromètre d’octobre 2003 (JDD 14/12), 60% des Français
souhaitent une constitution européenne mais ils sont 32% - soit le plus
fort taux de toute l’UE- à ne pas avoir d’opinion sur la question

Sur les régionales, une enquête interessante ipsos/Le Point/LCI
indiquant un intérêt plus grand (qu’en 1997),notamment dans l’électorat
d’extrême droite, une certaine politisation gauche/droite. Sondage sur
_www.ipsos.fr <http://www.ipsos.fr/> _

Discrimination positive : sondage Ifop/JDD montrant que l’opinion est
plutôt pour (grandes écoles, administration, partis, prefets), surtout à
gauche, chez les jeunes, chez les femmes.

Un sondage de circonstance : un Français sur trois croit aux anges (
Figaro, 18/12).

10) Partis

PCF : article du Monde (17/12) sur les trente élections cantonales
partielles de 2003 : forte abstention, stabilité de l’électorat, absence
de l’extrême gauche, recul FN et résistance communiste : « Les candidats
communistes ont même réussi à élargir l’audience électorale de leur
parti y compris lorsque le PS avait décidé de les concurrencer au
premier tour ».

PS : échos sur les rapprochements possibles entre Emannuelli et
Montebourg contre la dérive « sociale libérale » de la direction.

Verts : adopteraient un nouveau programme (voir plus haut) fin janvier
2004 pour leur vingtième anniversaire, à Clichy ; parti courtisé mais en
petite forme : -12% d’adhèrents en 2003.

FN : le taux d’accord et de rejet (22 et 75%) à peu près inchangé depuis
dix ans ; mais son image « démocratique » s’améliorerait un peu ( de 19 à
26%).
Nombreux articles sur ces efforts de « dédiabolisation », de « 
normalisation », de « modernisation », de « désenclavement ».
Dans son programme, il accepterait la réalité européenne.

Attac : demanderait à ses membres candidats aux élections de 2004 de se
mettre en congé de l’association.



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