Abbaye, mars 2019

PREFACE

Les deux classes de cinquième du collège Jules Vallès ont eu, en cette mi mars, à l’abbaye de St Maur, une sacrée chance. Chaque fois qu’ils étaient en classe pour l’atelier d’écriture, il pleuvait sur la Loire. Et chaque fois qu’arrivait le temps de la récréation, il faisait un beau soleil. J’exagère à peine. Ceci pour dire que ce séjour, à mon goût, s’est parfaitement passé. Les élèves ont participé avec plaisir, c’était palpable, à l’écriture des deux nouvelles que vous allez lire plus loin. Ils ont laissé galoper leur imagination, ils ont creusé des trous, ils sont descendus dans les caves, ils ont grimpé au grenier, ils ont résolu comme des professionnels les énigmes qui leur étaient posées. Ils ont été des participants ardents aux divers jeux littéraires proposés. Et leurs professeures ont été présentes et complices, attentives et respectueuses.
Merci à toutes et tous. Aux élèves pour leur entrain. Aux professeures pour leur cordialité. Et à OVAL pour son traditionnel savoir-faire.

Gérard Streiff

CINQUIEME C

UN VOL A ST MAUR

Chapitre un
Au cœur de l’abbaye

« Incroyable ! Le cœur de St Maur a disparu ! » dit Marc, tout essoufflé.
Comment tu le sais ? demande Lucie.
- Attends, je t’explique. Tu te souviens de la chapelle ?
- Ah oui, là où il y a la chambre de St Maur !
- Oui c’est ça.
- Hé bien tout à l’heure, j’ai entendu un bruit suspect qui a attiré mon attention. Sur le moment j’ai pensé que c’était des claquements de portes et que ça venait du couloir. Mais le bruit provenait de la chapelle. Quand j’y suis arrivé, j’ai vu quelqu’un, une ombre, partir en courant. Et au sol, un trou ! Et plus de cœur de St Maur !
- Non ! c’est vrai ou tu me fais une blague ?
- C’est vrai, je te jure, s’énerve le garçon.
- Bon, je te crois.

Lucie et Marc ont douze ans et demi, ils sont en 5ème. Ces deux jeunes gens viennent du sud de la France. On dit qu’ils sont amoureux et qu’ils habitent Monaco mais ça, ce n’est pas sûr.
Avec leur classe du collège Jules Vallès, ils sont hébergés dans l’abbaye de St Maur, près d’Angers, pour un séjour d’écriture de deux semaines.

A présent, ils discutent, assis sur un siège à côté du cloître.
Le cœur de St Maur ! Volé ! Les enfants ont entendu raconter son histoire par un moine très âgé.
« Auparavant, disait ce dernier, il y a bien longtemps, c’est l’abbé Maur qui construisit cette abbaye. Quand la bâtisse fut terminée, et que l’abbé se sentit mourir, il demanda que son corps soit conservé dans un cercueil de pierre afin d’y demeurer pour toujours. Malheureusement le lieu fut attaqué par des vikings qui le pillèrent, emportant notamment la cloche de l’église. Heureusement, avant l’attaque, le cœur de St Maur fut séparé du corps, il est resté ici. »

Il existe aussi une légende disant que chaque nuit, à trois heures du matin, le cœur de St Maur se remet à battre. Son fantôme est alors libéré quelques minutes.

DESSIN N°UN
Pelle, pioche, trou

Les jeunes gens retournent à la chapelle. Il y a en effet un trou à la place du tombeau où reposait le cœur de St Maur. Des traces de boue aussi. Et puis d’autres indices encore comme une pioche, une pelle et puis un petit objet qui brille au sol. Un pin’s !
Ils découvrent aussi la statue d’un chien à trois têtes. Elle ressemble étrangement à un cerbère. La tête du milieu tient un message dans sa gueule. On y lit
l’inscription suivante : « REVENIAM ». C’est du latin. Heureusement Marc réussit à le déchiffrer et le traduire. Cela veut dire : « Je reviendrai ! »
Mais qui dit cela ? Le voleur ? Le fantôme ?

A cet instant, il y a une panne de courant. Noir total. Ils doivent quitter la chapelle.

Le jour même, ils apprennent qu’une de leurs amis, prénommée Marie, manque à l’appel. Dans sa chambre, quelqu’un a écrit au mur : « Rendez-moi mon cœur, je vous rendrai Marie ! »

DESSIN N°deux
L’abbaye

C’est la panique. Marc et Lucie se posent des questions. Pourquoi ? Comment ? Quand ? Qui est le voleur ? qui a enlevé Marie ? Serait-ce un fantôme ?

- Marc, dit Lucie, tu n’as prévenu aucun adulte ?
- Non.
- Alors nous devons mener notre enquête.
- Tu as raison, répond le garçon, rendez-vous à 22h30 sur le lieu du crime.
- Non, pas à 22h30 ; tout de suite.

Ils commencent par se rendre à la bibliothèque pour se renseigner encore sur cette histoire de St Maur et effectivement ils trouvent un ouvrage qui en parle. Mais lorsqu’ils retirent le livre de l’étagère, un passage secret s’ouvre.

Chapitre deux
A la recherche d’indices

Les enfants se regardent. Que faire ?
Marc, curieux, est tenté. Lucie se montre plus prudente.
- Bon, alors, on y va ? lance le garçon.
- Franchement, je ne sais pas quoi faire, réagit la fille.
- Bon, on arrête de se poser des questions et on y va. Ne t’en fais pas, je suis avec toi.
- D’accord, mais tu restes près de moi, ok ?
- OK.

Ils s’engagent tous les deux dans le passage où il fait noir. Heureusement, Marc a pris une lampe torche. Ils descendent des escaliers couverts de mousse, arrivent dans un couloir étroit. Il fait froid, humide, une odeur vieillotte se dégage de l’endroit.
Il y a là toute une faune d’insectes, des fourmis, des punaises, des araignées. Quelques chauves-souris aussi.
On entend très bien le bruit de l’eau qui dégouline du plafond, des murs.

Le couloir donne sur trois chemins différents mais les jeunes gens ne se séparent pas, ils restent ensemble.

Marc est anxieux, il s’imagine les pires pièges, comme de lourdes haches qui s’abattraient soudain sur eux mais tout va bien.

En chemin, ils discutent.
- D’après toi, qui a enlevé Marie ?
- Le fantôme de St Maur ?
- Tu y crois toi ?

DESSIN N°3
Le pin’s

Ils tombent bientôt sur une vaste pièce, une sorte de laboratoire, avec une grande table, couverte de
dossiers, de vieux journaux qui parlent de l’histoire mouvementée de l’abbaye, et puis une étagère avec des livres. Au milieu de tous ces papiers se trouve un chouchou. Et si c’était le chouchou de Marie ?
- Tu sais quoi ? dit le garçon. On prend le chouchou et on le montre à notre ami Mattéo, le surdoué. S’il trouve des cheveux, il pourra vérifier leur ADN…Pour lui, c’est un jeu d’enfants.
- Surdoué, Mattéo ? s’étonne la fille. En fait il n’y connaît rien.

Sur la table, il y a aussi le même pin’s que l’objet découvert plus tôt près du trou. C’est un simple petit badge avec les initiales A.C.
Le garçon pense avoir vu le même pin’s accroché à la veste de la bibliothécaire, au pull aussi d’un animateur.

Au mur, un message en latin : « Hic qui eum prodet, castigabitur ». Ce qui veut dire : « Celui qui le trahit aura un châtiment ». Comprenne qui pourra.

Ils inspectent l’endroit, regardent les titres des livres, « Comment creuser des trous », « Comment faire de la bonne cuisine ». Ils discutent, ils se chamaillent. Ils tombent sur un téléphone portable.
- Un Nokia 33.10
- C’est à qui ?
- On l’allume, on verra bien.

Le garçon y passe une bonne vingtaine de minutes, en vain. Il ne peut en tirer aucune information. A nouveau les deux jeunes gens se disputent.
- Mais c’est toi qui m’as dit de l’ouvrir, se plaint le garçon.
- Si c’est comme ça, je vais mener l’enquête seule, réagit la jeune fille.

Au fond du bureau-laboratoire, une porte de sortie. Ils la passent et de l’autre côté, ils se retrouvent nez à nez avec le jardinier.
- Qu’est ce que vous faites là ! grogne le bonhomme.
- Rien…rien, on passait juste, bégayent les jeunes gens.

Un peu plus loin, Lucie confie à Marc :
- Voilà notre premier suspect.
- Pourquoi ? s’étonne le garçon.
- Tu te rappelles du pin’s ? Il y a marqué dessus A.C.
- Et alors ?
- Et alors, tu sais comment il s’appelle, le jardinier ?
- Non.
- Alphonse Croquemort.
- Mais ce sont les initiales A.C….
- Exact.
- Oui, mais j’y pense, ça peut être aussi les initiales de la bibliothécaire, Ariana Carot…
- Juste. Cela nous fait deux suspects.
- Bon, c’est pas tout ça, réplique Marc, quand est-ce qu’on mange… C’est l’heure, non ? On verra la suite plus tard…
- Tu vas arrêter de ne penser qu’à ton estomac, râle Lucie.
- Et toi tu vas arrêter de me donner des ordres !
- Ah, tu me saoules, tais-toi, insiste-t-elle.
- Bon très bien, ne me parle plus.
- Attends, Marc… En fait je t’aime…bien.
- Oui, moi aussi, tu vois, mais je t’aime…comme une amie.
Un silence. Puis le garçon répète :
- Bon, quand est-ce qu’on mange ? Paraît qu’aujourd’hui, il y a du cassoulet.

Chapitre trois
Affaire classée

Après le repas, ils découvrent la « robe » du fantôme. Alors tout s’explique.
- C’est un déguisement, s’écrie Lucie. D’après toi, faut-il garder cette cape ?
En fait, il s’agit d’un drap qu’ils repèrent sous un escalier.
- Garder la robe ? Oui, pourquoi pas. Et puis on pourra toujours l’utiliser pour un prochain halloween, dit le garçon.
- Bon, ce n’est donc pas un fantôme !
- Non, il a été inventé de toute pièce mais par qui ?
- Marc, on a trois suspects : Alphonse Croquemort, le jardinier, Ariana Carot, la bibliothécaire et l’animateur, qui s’appelle Antoine Crisson. Tous avec les mêmes initiales, AC. Serait-ce le gang du pin’s ?

Marc, un moment, avait pensé que ces lettres pouvaient désigner « Anjou Chevalerie » ; c’est ce qu’il avait vu dans un livre. Un club de supporters des chevaliers des environs qui postulent pour le championnat de France, mais c’était donc une fausse piste.

Les deux jeunes se retrouvent dans le cloître pour rassembler toutes les informations dont ils disposent. Mais comment identifier le voleur ?
- Il faudrait déjà retrouver Marie, à mon avis elle sait qui est le voleur, explique Lucie.
- Alors, par où commencer ? Reprenons toute l’histoire ?
- Tu as raison, faisons le point : au début il y a un trou, c’est là où se trouvait le cœur. Puis on a trouvé le pin’s avec les initiales A.C. Ensuite le passage secret qui contient, on l’a vu, énormément de dossiers sur l’abbaye, sur St Maur. Et maintenant on découvre qu’il n’y a pas de fantôme.

Direction la bibliothèque pour poursuivre l’enquête. Ils croisent dans l’entrée leur ami Mamadou puis ils entendent une discussion animée dans la grande salle. Ils se cachent derrière une étagère et observent alors la bibliothécaire et le jardinier qui sont en train de se disputer.
- Alphonse, ça suffit, tu vas trop loin, je sais bien que c’est toi qui a enlevé ma fille, Marie.

Les enfants se regardent, sidérés.

- De quoi tu parles ? ironise Alphonse.
- T’es pathétique, mon pauvre vieux, s’énerve la dame. Tu as compris que j’ai volé le cœur, avec mon compagnon Anthony. Alors tu me fais chanter ou quoi ?
- Bon, bon, j’avoue pour Marie. Mais dis-moi : pourquoi as-tu changé le nom de famille de ta fille ? et puis aussi pourquoi as-tu choisi cet imbécile d’Anthony comme compagnon ?
- Mais ça ne te regarde pas ! Le nom de ma fille, c’est pas tes oignons ! et puis mon choix d’Anthony ? Mais lui, au moins, il a su me conquérir alors que toi…

Elle ne termine pas sa phrase. Le jardinier part.

Les deux jeunes gens ont compris. Ils sortent de leur cachette et interpellent la bibliothécaire.
- C’est incroyable ce qu’on vient d’entendre. Pourquoi vous avez fait ça ? Pourquoi voler le cœur ? C’est vraiment vrai ?
- Oui c’est vrai. Avec Anthony, on a volé le cœur. Mais c’était pour sauver l’abbaye, pour le bien de l’abbaye. L’établissement tombe en ruine. Avec l’argent de cette relique, on espérait aider à rebâtir les lieux.
- Si vous ne remettez pas le cœur à sa place, nous, on vous dénonce ! la menacent les deux jeunes enquêteurs.

Peu après, les choses s’arrangent. Enfin, presque. Les voleurs replacent le cœur de St Maur dans la chapelle. Alphonse libère Marie. Elle était ligotée dans une cabane au fond du verger. La presse n’est pas mise au courant de l’affaire. Mais l’administration licencie discrètement la bibliothécaire, le jardinier et l’animateur.

Quant à Lucie et Marc, on raconte qu’ils sont tout fiers d’avoir ainsi défendu le patrimoine. On raconte aussi, mais est-ce bien vrai, qu’ils seraient à présent très amoureux.

FIN

CINQUIEME E

LE MYSTERE DE L’ABBAYE

Chapitre un
Un réveil surprenant

La nuit à l’abbaye s’est pourtant bien passée mais Eva se réveille en hurlant. Elle a fait un cauchemar sans fin qu’elle raconte plus tard à Adrien.

Ces deux jeunes gens, douze ans, sont à l’abbaye de Saint Maur, avec leur classe de 5ème, pour découvrir la Loire. Ils sont arrivés la veille, ont déposé leur valise, se sont installés confortablement dans les chambres.

Eva et Adrien sont très différents l’un de l’autre. Lui est plutôt petit, il a des cheveux blonds, des yeux verts. Eva est une grande fille métisse aux cheveux bruns et bouclés, des yeux bleus. Il la taquine, dit qu’elle est en surpoids, elle sait bien que non.
Il faut dire que le garçon est assez craintif alors que son amie est plutôt courageuse.
D’ailleurs ce matin, Adrien était terrifié à l’idée de croiser des souris, criant même « Au secours ! » si fort que les pauvres bêtes se sont enfuies pour se cacher dans leur trou.

DESSIN N°1
L’abbaye

« Je sors juste d’un rêve effrayant, répète la fille. En effet, la chambre voisine de la mienne était la chambre n°666. Tu imagines ma frousse ? Dormir à côté du démon car c’est son chiffre, non, 666 ? Et puis tous les adultes que je voyais semblaient possédés. Bon, heureusement, toutes ces histoires ne sont que des balivernes après tout.

- Adrien éclate de rire :
- Ha ha ha ! j’espère que ce n’est pas un rêve prémonitoire…

Il faut dire qu’Adrien est souvent moqueur avec Eva.
- Ferme ton clapet, réplique alors la fille, enragée.

Au petit déjeuner, ils apprennent qu’il manque leur ami Arthur. Ils pensent d’abord que c’est une mauvaise blague, ils vont vérifier dans sa chambre : elle est vide. Adrien panique. Eva l’entraîne dans les escaliers vers les différentes salles de l’établissement. Pas d’Arthur. Adrien se met à trembler, à pleurer. Eva fait les cent pas, se ronge les ongles.

DESSIN N°2
EVA ET ADRIEN

En passant devant les étagères, du côté de la salle de jeux, ils remarquent pourtant que les chaussures de leur camarade sont toujours là.
Ils trouvent que tout cela est décidément très étrange.

C’est vrai que dans cette abbaye, on entend toutes sortes de bruits, des grattements, sur les murs, les fenêtres, le parquet, le plafond. Seraient ce encore des souris ? des serpents ?

Un moment, ils vont prendre l’air sur un banc en bois de chêne. De nouveau un bruit se manifeste derrière un buisson touffu. Adrien s’approche. Dans l’ombre, deux yeux sombres et luisants l’observent. Puis la chose sort du buisson. Adrien recule, tombe. La chose est en fait un chat noir, qui grimpe sur l’adolescent à terre et lui lèche la joue.
Eva rit.

Un peu plus tard ils remarquent des tas d’empreintes mystérieuses au sol. Cela ressemble à des petits pieds, des pieds de jeunes enfants. Mais personne n’a de tels pieds en cinquième.

A nouveau une porte grince, une fenêtre claque, les enfants ont presque peur. Une ombre passe, vite, toute petite. Eva et Adrien, cette fois, angoissent pour de bon,
leurs cœurs se mettent à battre de plus en plus vite,
ils en deviennent tout pâles.

Il leur faut comprendre ce qui se passe. Alors ils suivent les traces de pas qui les conduisent à l’intérieur de l’abbaye, puis vers des escaliers qui n’en finissent plus de monter et se terminent sur une trappe, une bien mystérieuse trappe. En unissant leurs forces, ils arrivent à la soulever. Le grenier. On devine un endroit obscur. Eva prend son courage à deux mains, elle s’engage la première dans l’ouverture et invite Adrien à s’y aventurer avec elle.

Chapitre deux
Un grenier pas comme les autres

Au grenier, une surprise les attend. En fait, une série de surprises. La pièce leur apparaît très grande, très sombre. Flotte une odeur de bois rongé depuis des années par des termites. Des araignées pendent des poutres.
Adrien trouve sur son chemin un grand carton poussiéreux qu’il soulève. Celui-ci est très léger mais s’en échappent une trentaine d’araignées noires, poilues aux yeux rouges. Le garçon crie et lance le carton au fond de la pièce.
- Flipette ! se moque la fille.
- Je ne suis pas une flipette, dit le garçon vexé.
- Allez, on n’est pas là pour se disputer mais pour retrouver Arthur, réagit son amie.
- Bon d’accord. Dis, tu sens cette odeur de moisi ?
- Oui mais bon, on est tout de même dans un grenier.

DESSIN N°3
La penderie

Un peu plus loin, ils observent au sol des os et ce qui ressemble à des taches de sang. Le son d’une très vieille musique les fait soudain sursauter.
- C’est quoi cette musique ?
- Je ne sais pas mais je commence à avoir vraiment peur, bégaie Eva. Et puis je viens de mettre la main sur quelque chose de gluant…
Il s’agissait de restes d’un vieux repas.
- Qui est venu manger ici ?

Devant eux se dresse une armoire, une penderie en vérité, remplie de costumes de moines, de chevaliers, etc. Dans le meuble, ça s’agite. C’est un chat qui a l’air de se battre avec une chauve-souris.
Adrien trébuche sur un heaume. Il chute ; le nez au sol, il est un bref instant tout étourdi. Eva l’aide à se relever et remarque une montre sur le plancher. La montre d’Arthur, arrêtée à 7h30. Et juste à côté un vêtement froissé. Le gilet d’Arthur. Et puis, tout autour, toujours ces traces de petits pieds qu’on note dans la poussière.
Un bruit léger se fait entendre. Des pleurs ?
- Faisons demi-tour ! dit Adrien apeuré.
- Mais trouillard, regarde !

Dans un coin de la pièce, on distingue une petite silhouette toute recroquevillée, en boule, crispée. Un petit enfant.
- Mais qu’est ce que tu fais là ? demande Eva.
- Je cherchais le chat quand j’ai vu une grande ombre passer. J’ai eu très peur. Je me suis caché… et cogné la tête. J’ai mal, aïe, aïe, aïe…

Les adolescents prennent le petit bonhomme dans leurs bras. Il s’appelle Marwan. Adrien le ramène aux animateurs. Voilà au moins le mystère des petits pas résolu. Ensuite il remonte au grenier pour poursuivre l’ exploration.
Il découvre Eva figée comme une statue ; elle pointe du doigt quelque chose dans le fond du grenier. Elle croit avoir vu une silhouette. De surprise, Adrien manque de tomber dans les escaliers. C’est à ce moment-là qu’ils découvrent un téléphone qui ressemble étrangement à celui d’Arthur.
- Qu’est ce qu’il fait là ? s’étonne la fille
- Je ne sais pas.
- Regardons toutes les notifications.
- Il a reçu des tonnes de messages.
- Toute la classe, tous les profs lui ont adressé des mails.
- Et il y a aussi des menaces…

Bref, ils ont trouvé le gilet d’Arthur, la montre d’Arthur, le téléphone d’Arthur. Mais toujours pas Arthur.

Chapitre trois
L’enquête enfin terminée

Voici comment ils retrouvent leur ami Arthur. A ce moment de l’enquête, les deux amis entendent la cloche du déjeuner. Au réfectoire, le repas ne les satisfait guère : escargots encore vivants, épinards trop cuits, cervelle de lapin, flan gluant.
- Regarde ce qu’on mange ! dit Eva découragée.
- J’avoue, tout cela a l’air horrible.

Alors ils profitent de ce moment pour réfléchir à leur recherche.
- Je sais, je sais, s’exclame Adrien. Il a peut-être été kidnappé.
- Ouais, peut-être, répond la jeune fille sans conviction.

Un silence. Puis :
- Tu penses à quoi ? demande Eva.
- J’imagine Arthur prisonnier de la chapelle ; c’est Marwan qui aurait claqué la porte et Arthur se retrouve prisonnier, il ne peut plus sortir…

Eva n’est pas convaincue. Elle reprend :
- Moi je sais qu’Arthur possédait un gilet de sauvetage, un gilet fluo plié dans la poche de sa veste.
- Et alors ?
- Ça me fait penser à un bateau.

Les voici aussitôt tous les deux au bord de la Loire. Un bateau en particulier attire leur attention. Ils montent sur l’embarcation pour jeter un œil.
- Arthur ? Arthur ? tu es là ?
Sur une banquette, une couette. Ils la soulèvent. Personne en dessous. Fausse piste.

DESSIN N°4
Le moine

Plus tard, Adrien reprend :
- Et si c’était une histoire paranormale ?
- Ha non, moi, le paranormal, merci bien !
- Attends, écoute un peu. S’il y avait ici un esprit démoniaque qui nous voulait du mal ? Le genre ombre, vent frais, pas inquiétants…
- Je te dis que j’y crois pas.
- Ou alors je vois très bien Arthur réapparaître, l’air de rien. Il marche, son téléphone à la main, avec son gilet, sa montre, tout normal. On lui demanderait d’où il viendrait et lui répondrait que tout va bien, tout est normal. Alors on irait voir sa chambre et on verrait qu’il loge dans la 666 !
- Oh tu m’ennuies avec tes histoires de démon.
- Bon, d’accord, je laisse tomber, reconnaît le garçon.

Finalement les deux jeunes gens retournent au grenier. Une dernière visite. Ils s’approchent de la penderie. Au fond du meuble il y a un rideau. Ils l’écartent. Une porte.
- On ouvre ou pas ?
- Oui, il faut impérativement retrouver Arthur, insiste Adrien.
Ils poussent la porte. Et se retrouvent en face d’un moine qui danse !
- Un moine qui danse ! s’exclame Eva sidérée.
- Et alors, vous ne me reconnaissez pas ? dit le moine.

Les deux enquêteurs hésitent.
- Arthur ! c’est moi, Arthur, votre ami ! dit l’autre.
- Mais qu’est-ce que tu fais là ?
- Je voulais découvrir le grenier de l’abbaye et je suis tombé sur de superbes costumes. J’ai voulu me déguiser. En moine.
- Alors, la musique mystérieuse qu’on a entendue tout à l’heure, c’était toi ?
- Oui, j’ai découvert un vieil appareil à musique. J’ai eu envie d’écouter des disques. Cela m’a tellement plu.
- Et c’est pour cela que tu ne répondais pas quand on t’a appelé ?
- Ben, je ne répondais pas car la musique était trop forte…

Les trois amis se mettent à rire, et à danser. Ils rejoignent leur classe qui organise une fête pour les retrouvailles d’Arthur.

FIN



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