Belle-Ile septembre 2019

COLLEGE NOGENT/MARNE 94

PAGNOL

TITRE
Peur à Belle-Ile

Chapitre un
La mauvaise nouvelle

« Une épidémie ? A Belle-Ile ? Quelle catastrophe ! dit Marcel à Capucine.
Les deux enfants sont sur le bateau, le Vindis, qui va de Quiberon à Le Palais, à Belle-Ile.
Ils viennent de voir la mauvaise nouvelle sur le journal grand ouvert que lit un passager.
« Epidémie à Belle-Ile ! ».
Le cœur de Capucine s’emballe. Elle a de la famille sur l’île, sa mère.

Arrivés au port, ils se précipitent sur le quai. A leur grande surprise, il n’y a pas un chat dans les rues. Ils courent jusqu’à la maison de la jeune fille, sonnent, une fois, deux fois, trois fois, toujours rien.

Capucine envisage déjà le pire, elle imagine sa mère prise de convulsions, à terre, dans la cuisine, avec un docteur à côté d’elle qui dirait : « On n’a pas le choix : Hôpital psychiatrique ! »

Heureusement, sa mère est là, calme, allongée sur son lit ; simplement elle ne se sent pas bien. Est-ce l’épidémie ?

ILLUSTRATION 1
Marcel et Capucine

Capucine est une blonde aux yeux marrons, elle est un peu maigre ; elle fait de la gym et aime bien s’habiller. Elle mesure un mètre cinquante sept. Marcel, lui, est brun, les yeux marrons clairs ; il porte toujours un survêtement. Il mesure un mètre soixante.
Ces deux jeunes gens sont des amis de longue date qui s’aiment bien mais se taquinent beaucoup.

Capucine habite sur l’île et Marcel lui, y vient tous les étés rendre visite à ses grands parents. Il loge à l’hôtel.

Marcel cherche des explications à cette fameuse épidémie.

- A mon avis, dit-il, c’est parce qu’elle s’est baignée dans la mer verte, tu sais avec toutes ces algues. C’était pourtant déconseillé d’y aller…
- Mais non, t’inquiète, la mer est verte parce que c’est sa couleur, c’est tout.
- Bon, si tu le dis.

On raconte aussi qu’il y a sur l’île la meilleure pizzeria de France ; est-ce que ces fameuses pizzas rendraient les gens malades ?

Capucine et Marcel repartent sur le port. Là ils surprennent une ombre. Ils la suivent, se cachent. La jeune fille pense que c’est Fernando, un sale type qu’elle n’aime pas. Mais ce n’est pas lui. C’est une personne qui porte une blouse blanche, les cheveux en pétard. Il a l’air de verser quelque chose dans l’eau ;
- Regarde le, dit le garçon, regarde ce qu’il fait.
- Oui, j’ai vu, chuchote la fille. Attention, il va nous repérer !
- Il s’en va, suivons le.

Chapitre deux
Fausses pistes

Où est-ce que l’ombre va les conduire ?
Les enfants suivent l’homme mystérieux. Capucine dit à Marcel, doucement :
- Tu es sûr que ce n’est pas dangereux ?
- Mais non, on connaît le village par cœur, répond le garçon.
- Chut, dit la fille, tu vas nous faire repérer.
- Mais non, t’inquiète, réagit Marcel, l’air agacé.

L’homme entre alors dans une drôle de petite cabane, à côté de la mer.
- C’est bizarre, j’avais jamais remarqué cette cabane, murmure Capucine.
- C’est peut être un repère secret ?
- Je vais y jeter un coup d’œil, assure la fille.

Par le trou de la serrure, elle réussit à apercevoir l’homme qui se trouve devant une drôle de machine qui relâche de la fumée. Elle part tout raconter à son ami, qui reste bouche bée puis il va regarder à son tour dans la cabane et revient, tranquille :
- C’est juste une machine à café !

A ce moment-là, l’homme les entend, il semble fuir ; va-t-il disparaître dans la poussière de sable ? Les enfants perdent sa trace sur le sentier côtier. Puis ils le retrouvent. L’ombre approche à présent d’un bâtiment, c’est un ancien garage qui est devenu une vraie décharge publique. Il est abandonné depuis 1967, en fait depuis la mort de son propriétaire. L’endroit n’est pas très accessible.
Angoissés, les deux jeunes gens s’approchent, ils veulent découvrir ce qui se passe dans ce lieu. Ils prennent leur courage à deux mains, se faufilent le plus discrètement possible dans le local. Il y a là plein de cartons bien fermés. L’homme est tout près d’eux à présent ; il sort des cartons des sachets de poudre blanche !
Arrive alors le fameux Fernando qui déclare :
- Tu as bien tout jeté dans la rivière ?
- Oui, répond l’autre.

Capucine regarde Marcel :
- Je suis sûre que ce Fernando est responsable de la maladie de maman.
- Tais toi sinon ils vont nous repérer.
- Mais c’est qui au fait ce Fernando ? demande-t-elle.
- C’est un ancien camarade de primaire que je n’aime pas trop.

Ils écoutent plus attentivement la discussion entre les deux hommes. Capucine n’en croit pas ses oreilles : ces gens font du trafic de Doliprane ! La poudre qu’ils jettent, c’est en fait du Doliprane périmé ! ça ne peut donc pas être la cause de l’épidémie.

ILLUSTRATION DEUX
Grotte de l’étoile

Plus tard, les deux enfants passent près de magnifiques plages, bordées de hautes falaises où se trouve une grotte étrange, la grotte de l’étoile. Capucine s’imagine qu’il y a là un labo de scientifiques avec plein d’ordinateurs. Couchés dans l’herbe, ils écoutent un drôle de dialogue :
- Bonsoir, lance l’un.
- As tu réussi ta mission ? interroge l’autre.
- Non, la mer est toujours verte ; il me faut une potion mais avec quels ingrédients ?
- De l’eau claire, une plume de bébé goéland, du sel et pour finir une pierre de quartz.
- Je vais chercher tout ça.

Alors Marcel se tourne vers Capucine :
- Ce sont eux les coupables !
- Mais non, eux ils veulent juste que la mer redevienne bleue.
- Je te dis que ce sont les coupables !
- Non et non, ce sont certainement des scientifiques qui travaillent sur la couleur de l’eau et c’est tout.

A ce moment là, un des personnages de la grotte les voit :
- Qu’est ce que vous faites là ?
- On vous voit jeter des choses dans l’eau, on se demande ce que c’est, on veut comprendre.
- Ce sont des antidotes pour lutter contre la maladie, on les teste pour savoir lesquelles seront efficaces.
- Ça marche ?
- Hélas non. On cherche, on cherche.

Les deux enfants repassent par la maison de Capucine. Ils décident d’aller à la pizzeria.
- OK, prends de l’argent dans mon sac, dit la mère de la jeune fille dont la santé s’améliore. Tu prends quarante euros.

Sur le chemin, ils s’interrogent. Tout cela commence à devenir drôlement bizarre. Car enfin qui sont donc les responsables de la maladie sur l’île ?

Chapitre trois
Le vrai coupable

Voici comment ils découvrent les responsables de l’épidémie. D’abord ils enquêtent à la pizzeria.
- Que souhaitez vous ? demande le serveur.
- Deux pizzas Regina, s’il vous plaît.
Le serveur leur apporte les plats et leur souhaite bon appétit.
- Elle est bizarre, non ? s’étonne Capucine. Tu la trouves pas un peu jaunâtre ?
Mais Marcel n’est pas de cet avis, il pense que son amie exagère.

Cela dit, vu la tête qu’ils font, on comprend vite qu’ils espionnent le pizzaïolo, un certain Spirito ; on dit en effet qu’il aurait été tout jeune dans une maison de redressement. Mais Spirito n’y est pour rien, c’est un excellent cuisinier.

Ensuite ils vont questionner le boulanger. En chemin, Marcel dit :
- Et si l’épidémie était apparue toute seule ? Comme dans les années cinquante où du pain, dans un village du sud, avait fait halluciner tout le monde.
Ils s’arrêtent cependant chez le boulanger.
- Vous voulez quoi, les enfants ? des baguettes ? des bonbons ?
- Non, rien, c’était juste pour vous demander ce que vous pensez de l’épidémie ?
Le boulanger devient tout rouge mais à ce détail près, les enfants n’ont aucune raison de le mettre en cause.
Cependant, derrière eux, ils entendent des clients dire « Rendez-vous aux aiguilles de Port Coton à 20h ». Le temps de se retourner, il n’y a plus personne.
- Allons-y, on verra bien, propose Capucine.
- D’accord.

A Port Coton, ils remarquent deux hommes derrière un muret – ils s’appellent Steve et Jack- qui chuchotent. Les enfants s’approchent. Capucine s’imagine déjà qu’elle va tomber sur des gens qui manipulent des produits marqués de la tête de mort. Or ce sont en fait des amateurs du GR34, le chemin de grande randonnée qui passe par là et qui rejoint plus loin un abri troglodytique.
Là encore, cela n’a rien à voir avec l’épidémie.

ILLUSTRATION TROIS
Pizza/pizzeria

De retour au port, un peu plus tard, ils entendent un énorme bruit qui provient de la rue, juste devant la pizzeria.
- C’est quoi ça ? s’étonne la jeune fille.
- Je n’en sais rien, allons voir, propose Marcel.

Un gros camion était immobilisé au milieu de la chaussée. C’était le camion des scientifiques. Les enfants leur demande ce qui s’est passé, le chauffeur répond :
- Je viens d’inspecter le véhicule, il y a une flèche enfoncée dans un pneu ; d’où le bruit et notre arrêt. Et puis il y a un message attaché à la flèche.
Ce message dit « Nous savons qui vous êtes, ce que vous faites. Ne vous occupez pas de l’épidémie ou ça va être pire ! »
Marcel demande aux scientifiques s’ils ont des ennemis ; le chauffeur pense qu’il n’a pas d’adversaire… sauf peut-être le laboratoire.
- Le laboratoire, réagit Capucine, mais oui, le laboratoire.

Elle se souvient que cette entreprise faisait des trucs bizarres, on ne savait pas très bien ce qu’ils rejetaient dans l’eau. Chacune de leur expérience répandait une odeur insoutenable sur toute la ville et la mer proche était polluée.
« Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt » se reproche la jeune fille.
Les enfants se rendent à le police, expliquent leur doute ; les policiers inspectent le laboratoire, découvrent le produit qui a provoqué l’épidémie, font cesser sa production et décident de poursuivre les responsables du laboratoire.
Quant aux enfants, ils peuvent finir leurs vacances tranquillement.

PREVERT

Titre
Attention korrigans !

Chapitre un
La légende du korrigan

Agathe et Alexandre se retrouvent prisonniers de la grotte. Mais comment sont-ils arrivés là ? C’est simple.

De retour de l’école, les deux amis rentraient chez eux, à Belle-Ile, en vélo.
Agathe est brune, elle a les yeux verts, elle est grande et belle. Alexandre est brun, les yeux marrons. Il est très grand aussi, on dit qu’il est beau, mais c’est pas sûr ! Ils ont onze ans tous les deux.
En roulant, Alexandre avoua avoir volé le vélo de son voisin.
Agathe ne comprenait pas :
- Quoi ? tu l’as volé ? Le vélo ?
- Pourquoi, y a un problème ? répliqua simplement le garçon. Bon, écoute, je lui rendrai demain le vélo au voisin, ok ?

Ils se promenaient donc lorsque la pluie s’est mise à tomber. Puis un orage gronda. Alors ils se sont réfugiés dans une grotte toute proche. Et tout à coup la foudre a frappé le rocher près de l’entrée de leur abri. CRAC ! CRIC !
- C’est quoi ce bruit ? demanda la jeune fille.
CRASH.
- Misère, la roche s’est effondrée, elle a fermé l’entrée de la caverne ! cria Alexandre.

Voilà comment ils se retrouvent prisonniers. Ils tentent de téléphoner aux pompiers mais leur appel ne donne rien, ça ne capte pas. Ils décident d’explorer la grotte et se rendent compte qu’elle est beaucoup plus grande qu’ils le croyaient. Il y a plusieurs « pièces » et l’une d’elles, vraiment monumentale, contient un coffre ! Comment l’ouvrir ? Il faudrait un matériel approprié. Alexandre pense déjà qu’il y a là de l’or caché, car il aime l’or, Alexandre !

ILLUSTRATION 1
Korrigan

Mais pas moyen de sortir. Alors, que faire ? Attendre. Alors, pour passer le temps, Alexandre raconte l’histoire qui est arrivée, jadis à son grand père. Une affaire qui remonte à 1949. Cet aïeul avait en effet été envoyé en prison, à Belle-Ile, par ses propres parents. Simplement parce qu’ils le trouvaient pénible ! Il y a passé sept mois, dans des cellules sales, sombres, étroites, humides, portant de vieux vêtements. Il s’y est affaibli. Un enfer ! Un jour, il en eut marre de cette maudite prison et décida de s’évader. Finalement il trouva un bon plan pour se sauver. Le premier jour de liberté, son sentiment était mitigé. Il était bien content d’avoir quitté le bagne mais il se retrouvait tout seul, sans abri. Jusqu’au moment où il arriva dans une grotte, cachée dans la falaise, près de la mer. Et c’était justement la grotte où les enfants se retrouvent aujourd’hui.

Alexandre termine son récit et c’est alors qu’Agathe dit doucement à son ami :
- Euh…c’est quoi la chose qui est derrière toi ?

En effet passe derrière eux un petit bonhomme vert, de très petite taille mais malgré ses courtes jambes, il se déplace étrangement vite, semblant plus pressé que jamais.
La « chose » disparaît. Et Agathe se souvient de la légende des korrigans, d’affreuses créatures, minuscules, fusion d’elfe et de lutin, avec de longues oreilles pointues, une chevelure horrible, des habits déchirés, des pattes de chèvres ! Ils fabriquaient des potions magiques dans des chaudrons et surtout ils attiraient la nuit les bateaux avec des torches, pour tromper les navigateurs ; ils provoquaient ainsi le naufrage des vaisseaux et ensuite ils pillaient ces navires fracassés sur les rochers.

A cet instant précis, une lumière blanche éclabousse la grotte entière !

Chapitre deux
La mystérieuse lumière

- Mais c’est quoi, cette lumière ? s’exclame Agathe.
Alexandre, lui, réalise :
- Oh mon dieu, c’est la police !
- Stop, ne bougez plus ! crie un agent.
- Oui, c’est ce garnement qui m’a volé mon vélo ! ajoute le voisin.

Un peu plus tard, les deux jeunes gens retrouvent leurs parents au commissariat
- Ce que tu m’as fait peur ! dit la mère d’Agathe.
- Alors non seulement tu voles le voisin, mais tu rentres tard ! s’énerve le père d’Alexandre.
- C’est pas ma faute, y avait un korrigan !
- Ouais, c’est ca !

De retour à la maison, ils sont punis, mais quelques heures plus tard :
- Allo, Agathe, c’est Alexandre.
- Salut, je me suis fait gronder, je suis privée de sortie pendant une semaine !
- Pareil ! N’empêche, faut qu’on trouve une explication à cette histoire de korrigans et de coffre.
- Le coffre, oui le coffre !
- Quoi, le coffre ?
- Je veux le revoir.
- Bon ben ce soir, on fait un saut jusqu’à la grotte ?
- Mais mes parents vont me voir ! s’alarme le garçon.
- Tu mets des coussins sous ta couette, ils vont croire que tu dors.
- Et je fais comment pour sortir ?
- Si je me souviens bien, t’habites au premier, donc tu sors par la fenêtre.
- OK, ça marche.

Peu après les voici en route vers la grotte. Alexandre a appris que le chef des korrigans de Belle-Ile s’appellerait Crypencer ! Drôle de nom ! Et drôle de personnage qui perd tout le temps ses clés ! Quand il est en colère, il traite tout le monde de « bande de petits pois » et si on veut lui faire plaisir, faut répondre aux trois questions, de niveau moyen de difficulté, qu’il aime poser.
- Comment tu sais tout ça ? demande la fille.
Le garçon ne répond pas.

Voici qu’ils arrivent devant la grotte dont l’entrée est à présent dégagée (sans doute par la police plus tôt). Ils évitent un korrigan, l’air très agressif, qui passe par là (« C’est Crypencer ! » chuchote Alexandre), puis ils tombent sur une petite ombre, un tout petit pirate, ligoté.
- Délivrez moi ! dit il.
Au bout d’un long moment, ils réussissent à le détacher à l’aide de pierres tranchantes. Celui-ci les conduit alors dans la chambre des pirates, où se trouvent plein d’habits de pirates justement et même un carnet de pirate expliquant comment il était arrivé là.
- Vous savez, dit-il, il y a de faux korrigans ici, d’ailleurs regardez tous ces maquillages, ces déguisements.
Le tout petit bonhomme les présente alors au chef des pirates. Effrayés, les jeunes gens crient.
- S’il vous plaît, ne criez pas ! dit l’autre. Arrêtez le massacre, mes pauvres oreilles souffrent. Nous ne vous voulons pas de mal, calmez vous.

ILLUSTRATION DEUX
Le coffre

Les deux jeunes gens ont du mal à le croire.
- Mais… vous êtes gentils ou vous êtes pirates, faudrait savoir !

Et sans attendre la réponse, Agathe et Alexandre se sauvent. Finalement les deux jeunes gens se retrouvent devant le fameux coffre, le coffre doré. Enfin ! Alexandre réussit à l’ouvrir sans problème.
- C’était pas difficile, il était déjà ouvert, reconnaît le garçon.
Ils fouillent à l’intérieur du meuble tout un temps et trouvent un livre qu’ils feuillètent. A une certaine page, il y a un code assez étrange.
- Regarde, Alexandre, on y raconte comment un korrigan est en fait un individu qui a été ensorcelé, comment on le rend méchant, mais comment aussi ce code pourrait permettre qu’il redevienne normal.
Juste à cet instant, l’inquiétant lutin arrive (« C’est Crypencer » balbutie Alexandre), crie ou plutôt grince « Je vous ai retrouvés ! Je vous ai retrouvés ! »
Alors les jeunes gens, ensemble, prononcent le code en le fixant : « 9.3.4.5.6.4.1.7.8. »
L’effet est immédiat. Le korrigan dégage aussitôt une fumée dorée puis se transforme. Apparaît une jeune et grande personne. Les enfants restent sidérés, ils balbutient :
- Monsieur Carré, c’est Monsieur Racine Carré, le nouveau prof de maths !

Au même instant, un énorme bruit résonne dans toute la grotte, des planches tombent du plafond, des pierres roulent. Les jeunes gens se regardent : mais c’est quoi ce vacarme ?

Chapitre trois
La fin du cauchemar

- Bonne question, dit Alexandre : c’est quoi ce bruit ?
C’est un bateau qui vient de faire naufrage, attiré par les manigances des pirates. Ceux-ci, très enervés, partent aussitôt à l’abordage du navire. « A l’attaque ! crient-ils ». Mais des korrigans veulent aussi leur part du trésor, même s’il est en miettes. Ils tentent de récupérer quelques pièces d’or. C’est l’affrontement.

Alexandre repère un korrigan qui semble différent des autres.
- Non mais c’est quoi ça encore ? demande Agathe.
- T’inquiète, je vais lui enlever son masque, déclare le garçon.
- Vous parlez de moi ? leur dit le korrigan au moment où Alexandre lui tire les cheveux.
- Aïe, crie l’autre, lâchez-moi, saleté de petits pois !
- Mais… mais vous êtes un vrai korrigan !
Alexandre se rend compte de son erreur.

Passe un pirate qui veut frapper le lutin.
- Stop, avez-vous perdu la conscience ? Vous allez vraiment tuer ce pauvre korrigan ? s’indigne Agathe.
- Bon, peut-être qu’il a commis quelques actes maladroits, voire méchants, ajoute Alexandre mais ce n’est pas pour ça qu’il faut le tuer.
On épargne le korrigan.

N’empêche, autour d’eux, c’est la bataille générale, la course poursuite, le grand combat, de tous contre tous. Poum ! Pam ! Aïe ! Bang ! Une dague effleure le visage d’Alexandre, des armes volent, des coups de feu se font entendre, certains perdent l’équilibre. Ça souffre, ça crie, ça hurle.
(Plus tard, certains diront même avoir vu des bras tranchés, de la TNT, un lance-rocket et une grotte effondrée mais c’est tout à fait exagéré…).

ILLUSTRATION 3
Naufrage de bateau

Soudain, au bout de 25 minutes, on entend une voix qui s’élève au dessus de la bagarre :
- Stop ! Arrêtez-vous !
Tout le monde se retourne vers cette voix familière.
C’est le chef de la police, qui vient d’arriver avec ses agents, et qui oblige les pirates, apeurés, à se mettre à genoux. Les korrigans, eux, ont disparu.

Dans son coin, M. Racine Carré, est encore choqué par son « voyage ». Les enfants tentent de lui « rafraichir la mémoire » mais cela ne sert à rien. M. Racine Carré semble indifférent à l‘agitation générale ; il n’en finit pas de se poser des questions auxquelles il répond lui-même aussitôt.
« Quelle est la chose la plus précieuse au monde ? Un diamant ? un bijou, de l’or ? Non, pas du tout, c’est le câlin d’une maman ! Bonne réponse. Deuxième question : si 1+1 égale 11, 2+2, ça donne ? 22 ! Encore une bonne réponse. Dernière question : j’existe le jour et le soir je disparais : qui suis-je ? Une ombre ! Bravo. »

Les parents des enfants sont là eux aussi.
- Nous savions qu’on vous trouverait ici mais nous nous sommes inquiétés, alors on a accompagné la police, dit, rassurée, la mère d’Alexandre.
Agathe tente de résumer leurs aventures.
- C’est une longue histoire. Avec des korrigans, des pirates, des trésors, des légendes, des sorcelleries…

Le chef de la police intervient alors :
- On a arrêté les pirates. Maintenant dépêchons nous. Ce n’est pas prudent de rester ici avec cette tempête dehors.

Tout le monde alors rentre chez soi.
Les bijoux et l’or que les pirates voulaient voler ont fini dans un musée. Et tous les samedis, en souvenir de cette histoire, les élèves avec leur professeur retournent se promener le long des falaises de l’île, tout près de la fameuse grotte. Certains espèrent peut-être en voir sortir un korrigan…

FIN



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