2007 (1er trimestre)

Pôle Idées (2/1/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 1 (163)

1)Sarkozy

Rassemble à droite.
Propos complaisants de Tapie et Kouchner.

Repart sur les chapeaux de roue. Trois déplacements dès le 31 décembre
(Paris, Nord, Sud). Focalise sur la sécurité avec une conférence de
presse vers le 10 janvier. Congrès d’investiture à grand spectacle le
14 janvier avec 50 000 militants (!?) Porte de Versailles. QG dans le
10e, rue d’Enghien. Trois porte-parole dont la beurette Rachida Dati
et Arno Klarsfeld.

A noter son accord à la délocalisation fiscale de J. Halliday en Suisse
( « T’as bien fait »).

2)Ségolène Royal

Rassemble son camp (MJS, Mélanchon).
Multiplication des débats « participatifs » (cf leur description dans
Charlie Hebdo du 27).
Ferait le bilan de la phase d’écoute à la mi février. Proposerait alors
sa plate-forme dans le seconde quinzaine de février.
Nombreux papiers sur des tiraillements entre Désir d’avenir et le PS.
Voyage en Chine vers le 10 janvier.
A noter des propos plutôt complaisants de Bové sur SR et l’écologie dans
Sud Ouest.

3)Bayrou

Cultive un visage « social et humain » ; une image de « rebelle » (!) ;
les mots clés : écoute, respect, humilité, dixit Le Monde ; campagne de « 
labourage » loin de « l’armada » de Sarkozy.

4)Inquiétude maximale

Dernière enquête de l’année, celle d’IPSOS (28/12) montrent que
insécurité et niveau de vie seraient à égalité dans les préoccupations
des Français. L’Institut parle d’ « inquiétude collective maximale ».

A noter que la droite veut interpréter l’inquiétude sur le niveau de vie
comme « une bonne nouvelle », montrant que les Français sont mûrs poour
ses réformes libérales.

5)Effacement de l’enjeu européen

Nombreux papiers sur le thème : la gauche a « digéré » le référendum
européen ; les nonistes ont en partie intégré le giron de SR ou sont
divisés ; cet enjeu viendrait peu dans la campagne (long papier de
Noblecourt dans Le Monde du 27/12, « La gauche gomme son clivage
européen »).

6)Campagne et médias

Nouvelle nomination de trois membres au CSA en janvier ; cette
institution sera désormais totalement aux mains de la droite.

A lire l’article du Monde du 28/12 sur la manière dont Sarkozy et Royal
imposent leurs règles aux médias ( déroulement des émissions télés
notamment), comment les chaînes se plient à ces diktats.

7)Crise : quels chiffres officiels ?

Le collectif ACDC parle de 4 millions de chômeurs (et non 2 millions).
Même querelle de chiffres sur la cherté de la vie (chiffres INSEE
contestés). Débat aussi sur l’état des fortunes. Etc.
Dans son rapport au congrès, MGB avait parlé du besoin
de remettre à plat les vrais chiffres de la crise en France.

A noter, sur un sujet proche, l’excellent travail de Stéphane Beaud, La
France Invisible (La découverte).

8)Jeunes de banlieue

Selon l’IFOP ( Figaro, 28/12), les jeunes de banlieue plutôt à gauche (
5 à 8 points au dessus moyenne nationale) et réflexe de vote utile pour
le PS « aux dépens de l’extrême gauche, du PCF et surtout des Verts ».

9)Campagne de MGB

Le lancement fin décembre assez bien couvert. On signale la mise en
mouvement des militants et le Zénith du 23/1.
A noter cependant : la tonalité virulente du Journal du Dimanche ( parle
du « retour de Staline ») ; Le Figaro parle d’un « accord tacite » PC/PS ;
Libé évoque le programme antilibéral en mettant face à face Salesse et
le PS !

10)Divers

Nombreux commentaires sur les difficultés persistantes de la LCR de
trouver les 500 signatures.

Nota bene : Verbatim S. Royal

Encadrement militaire des jeunes délinquants

« Afin de leur réapprendre la citoyenneté, il faut des systèmes
d’encadrement à dimension militaire »

Suppression de la carte scolaire

« Il faut desserrer la carte scolaire pour permettre aux parents d’avoir
le choix entre 2 ou 3 établissements. L’idéal serait même de la supprimer ».

35 heures des profs

« Il va falloir être assez révolutionnaire dans nos propositions. Et une
des révolutions serait de faire les 35 heures au collège, que les
enseignants restent 35 heures au collège »

« Comment se fait-il que les enseignants aient le temps de faire du
soutien scolaire payant dans des établissements privés et pas le temps
d’en faire du gratuit dans le public ».

Traité Européen

Au Congrès du PSE de Porto (7/12), SR a estimé que le NON français avait
« tétanisé » les autres pays et que le « traité était en suspens ».

Le Traité n’est pas en « suspens », il est rejeté par le peuple français
(entre autres). Et en principe écarté par le projet PS.

Rapprocher cette position de SR de l’accord PS-PRG qui ressort la
Constitution européenne, puisqu’il propose de « reprendre les parties I
et II du projet » rejeté. Out aussi les idées de re-élaboration, de
renégociation, de nouveau réferendum. (Cf Politis du 30/11).

L’Etat peut

Contrairement à Jospin qui disait que l’Etat ne peut pas tout, pour SR,
« l’Etat ( elle dit plus volontiers la puissance publique) non seulement
peut mais doit servir à quelque chose ».

Proche Orient

De sa tournée au Proche-Orient, on retiendra son opposition à ce que l’Iran
accède au nucléaire civil, ce qui est contraire au TNT ( traité de
non-prolifératuin signé par la quasi totalité des pays) ; et « ses gages
donnés à l’Etat juif » dixit Le Monde : son accord avec le mur de
séparation Israel/Palestine qu’elle trouve « justifié » - cette question
du mur lui a valu une critique en BN du PS (de Barbara Romagnan) -, le
boycot du Hamas, la banalisation des vols de l’aviation israélienne.

Hausse des prix

SR a dénoncé lors du second débat télévisé un « mensonge public » sur
l’inflation. La vie est de plus en plus chère quoiqu’en disent les
statisticiens, insiste-telle.

La recherche

Elle veut « bousculer », dit Le Figaro, plaide pour un statut de
l’enseignant-chercheur qui permette de « bouger » entre public et privé :
« Il faut donner de la souplesse pour aller dans les labos, dans
l’enseignement, dans la valorisation économique. Cela a été lontemps
tabou. Il faut changer d’époque, faire comme au Canada, des passerelles
étroites entre public et privé ».

A terme, c’est aussi le tabou de l’investissement des entreprises dans
la recherche à l’université qui est en question : « Cela va se faire tout
naturellement » dit-elle.

Les réformes

On retiendra de son discours d’investiture devant le congrès socialiste
cette sentence sur les réformes : « Les Français sont prêts aux réformes
mais ils ne veulent pas consentir aux décisions qu’on leur impose sans
les y associer ».

Pôle Idées (8/1/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 2 (164)

1)Social ou sécurité ?

Toutes les enquêtes de décembre et début janvier placent de plus en plus
fort les questions sociales en tête des préoccupations des Français,
minorant d’autant les questions sécuritaires. Voir notamment l’enquête
BVA, les commentaires du Figaro sur l’importance du modèle social, un
certain infléchissement du discours de Sarkozy (sans parler des voeux de
Chirac). Mais que les questions du logement social, du pouvoir d’achat,
de l’école accaparent la campagne dérange ! D’où des pressions
permanentes pour remettre la sécurité au coeur : conférence de presse de
rentrée de Sarkozy ; polémique PS/ Intérieur sur les voitures brûlées du
réveillon ; tribune libre du socialiste Bockel, et surtout l’attention
prioritaire accordée par les JT, les médias à ces questions sécuritaires.

2)Les libéraux en difficulté

Pour ce début de campagne 2007, la relative polarisation sur les
questions sociales s’accompagne d’une tonalité générale plutôt
antilibérale. Chirac et le gouvernement ne jurent que par la loi
(logement), SR multiplie les propositions de création de services
publics et vante le rôle de l’Etat ou plus exactement de la puissance
publique. Même l’UMP doit mettre en sourdine certaines de ses
propositions. Mécontentement évident de l’aile libérale de la droite,
articles rageurs dans Le Figaro.
A noter la prise de position d’Alain Minc, gourou de la pensée unique,
qui accuse de populisme Royal et Bayrou, notamment pour leurs réticences
à l’égard de l’Europe, comble du populisme selon lui (Les Echos, 8/1).

3)Crise de la politique

A lire l’entretien de Cayrol, CSA (revue de presse du 4/1). Insiste sur
la crise de la politique, l’envie de changer la façon de parler de
politique. « Mais le sentiment de désabusement qui existe déjà pourrait
se transformer une bonne fois pour toutes en indifférence voire en
écoeurement vis à vis du politique ».
Cette question de la crise de la politique reprise sur une pleine page
du Figaro du 8/1. D’un côté Luc Ferry qui estime que « l’essentiel
aujourd’hui pour les individus est de l’ordre du privé » ; de l’autre
Wolton qui critique « la réduction du débat politique au triangle médias
– sondages – hommes politiques ».

4)Débat pluraliste

L’envie d’un vrai débat pluraliste est aussi une question qui revient
volontiers.

Toujours Cayrol, du CSA. Il dit que rien n’est joué ; certes Sarkozy et
Royal font course en tête « mais six électeurs sur dix ne se prononcent
pas pour eux pour l’instant ». Il martèle : il ne faut pas priver les
Français du premier tour, « la majorité des Français veut un vrai débat
pluraliste de premier tour ».
C’est pourtant le choix inverse fait par les médias, la bipolarisation à
l’extrême, dans la presse écrite ( voir le JDD), l’audiovisuel (
critiques du CSA, posirion de Namias dans le JDD du 7/1).

5)Rien n’est joué

Sur ce même thème du « rien n’est joué », article du « Bleu de la
profession Politique » qui estime « que la tournure de la campagne et la
nature des débats feront évoluer des certitudes de choix. Même celles
les plus ancrées actuellement ». Ainsi seuls 49% des électeurs de SR
étaientcertains de leur vote.

6)Actualité de la lutte d’idées

La revue « Sciences humaines » de janvier 2007 (n°178) avertit : « 
Les batailles idéologiques sont de retour ». La publication note
en sur-titre « La guerre des idées ». Selon l’article, dans le
petit monde des entrepreneurs culturels, on ne s’y trompe pas : la
tendance est aux petits essais engagés. « Les chaînes de
télévision, sentant aussi le vent tourner, multiplient la
programmation de débats ». Tout ce remue-ménage « traduit peut
être un retournement de tendance plus profond ». Pour la revue, « 
voici donc revenu le temps de l’engagement, des positions
tranchées et de la fureur de débattre ». Un nouvel âge
idéologique, en somme, semblant parfois « réactiver d’anciens
clivages », reprenant ainsi « les mêmes oppositions que naguère
autour de l’impérialisme, du marché, du capitalisme », très
critique à l’égard du libéralisme mais marqué aussi par un fort
individualisme, un certain dévoiement de l’émancipation sexuelle,
une mise en cause du progrès, une peur de l’avenir. Autre
nouveauté enfin : on assisterait à une multiplication des lieux de
débats, « une diversification du marché des idées ».

7)SR, verbatim

Lors des voeux, SR a détaillé ses urgences : Logement, jeunesse,
entreprises, Europe.
SDF

Des « solutions d’urgence » pour les SDF : « obligation dans chaque ville
de créer une place d’hébergementd’urgence pour 1000 habitants » + « 
accompagnement humain pour permettre à ceux qui ont basculé de se
raccrocher à une utilité sociale ».

Logement

Outre le droit au logement opposable, « construction de 120 000
logements sociaux ». Pour que les communes respectent le quota de 20% de
logements sociaux, l’Etat pourrait se substituer à « la carence de ceux
qui s’enferment dans l’égoïsme territorial » et lancer « lui même les
programmes de logement nécessaires ».
Pour la création d’un « service public de la caution qui permettra
d’assurer les impayés et d’éviter les expulsions ». Les « nombreux
logements vacants spéculatifs » seront mis en location. D’où « une
surtaxe » des logements « inoccupés depuis plus de deux ans » et la « 
possibilité pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions ».

Pour l’accession à la propriété, elle propose « l’extension des prêts
gratuits ». Les locataires de logements sociaux « qui ont fait l’effort
de payer leur loyer pendant quinze ans » pourraient « accéder à la
propriété ».
Mise à contribution des Régions pour le logement des étudiants et jeunes
travailleurs.

Jeunes

Création d’un « service public de la petite enfance » qui permette
d’accueillir les enfants « avant 3 ans ». Après cet âge, droit d’accès à
la maternelle.
Droit pour chaque élève à un « accompagnement scolaire gratuit ».

Premier emploi

« Aucun jeune ne doit rester au chômage plus de six mois sans qu’une
formation ou un contrat ne lui soient proposés » ; parle de « droit des
jeunes au premier emploi ».
Mettre à la disposition du jeune « à sa majorité d’un prêt gratuit de 10
000 euros garanti par l’Etat » pour « construire son premier projet de
vie ».

Sécuriser le parcours professionnel

Critique les « rigidités » de l’Etat, du patronat et « une culture du
conflit » (des salariés ?) et plaide pour « une mobilité sans drame » des
salariés dont le parcours professionnel serait « sécurisé ».
Création d’un « revenu de solidarité active qui regroupera toutes les
prestations en un mécanisme unique ».

Europe

Préparer « dès aujourd’hui la présidence française » de l’Union en 2008
pour « réussir la réforme des institutions européennes » ; souhaite une
Europe « concrète », « qui protège » et investisse dans « la recherche
et l’énergie ».

SR a signé le pacte écolo de Hulot mais émet des doutes sur
l’instauration d’une taxe carbone.

Pôle Idées (19/1/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 3 (165)

1)Pressions libérales, résistances sociales

A regarder le sondage Louis Harris/Institut de l’entreprise, janvier
2007. Certes le questionnaire est piloté par une officine patronale mais
les indications sont importantes. Montre d’abord un jugement très
critique sur la société, l’idée que ça ne peut plus durer comme ça ;
monte une critique forte sur l’efficacité de l’Etat ; monte l’idée de
bloquer les dépenses publiques ; idées donc plutôt libérales anti
administration, fonctionnaires, enseignants, chômeurs. Le sondage parle
d’une « ouverture nouvelle de l’opinion ». En même temps, refus massif
qu’on touche à la santé et aux retraites.
Ce sondage très largement repris et commenté dans la presse économique,
s’accompagne de la sortie d’un bouquin de l’Institut sur le même thème,
d’une tribune libre dans Le Monde. Belle opération de promo libérale donc.
Dans la même enquête, large majorité pour dire que le débat politique
actuel ne donne pas de réponses à ces questions.

2)Bipolarisation critiquée mais aggravée

Nombreux échos aux critiques de la bipolarisation médiatique et dans le
même temps aggravation de cette même bipolarisation dont la
responsabilité incombe d’abord à la presse écrite ( voir Dominique
Wolton in Huma du 19/1), la télé se contentant de suivre le mouvement.
Une bipolarisation médiatique marquée par de faux débats et de vraies
complaisances. Ainsi après le congrès UMP, la presse de gauche (Le
Monde, Libé) a été globalement complaisante avec Sarkozy (éloge du
discours, reprise sans aucun recul critique des chiffres de participants).
Les commentaires de cette même presse ( cf Wieviorka in Libé du 18)
traduisent aussi une forme de pression « droitière » sur S.R.

3)Alerte des sociologues

En quelques mois, publication de trois ouvrages collectifs de
sociologues sur l’état social de la France : Repenser la solidarité
(PUF) ; La France Invisible (La découverte) ; L’Autre campagne, 80
propositions à débattre d’urgence (La découverte). Ouvrages de
sensibilités différentes, La France invisible étant le plus « radical ».
Mais des points communs : soulignent la gravité de la crise sociale et « 
le profond décrochement d’une partie de la population » ; refusent les
gesticulations genre affaire des SDF de St Martin ; doute sur la capacité
du système politique à agir.
Traduit aussi une certaine « repolitisation » de ce monde de la recherche.

4)Travail et pénibilité

« La revendication de la valeur travail est la principale bataille
idéologique » dixit S.R.

Au moment où on parle beaucoup de la valeur travail, à noter la forte
campagne de la CFDT, très accusatrice pour le patronat, sur la
pénibilité du travail ; à retenir : il y a par an plus d’accidents mortels
au travail que sur la route ; 400 000 salariés déclarés tous les ans en
invalidité ou maladie professionnelle ; coût de la « pénibilité » : entre
5 et 8 milliards d’euros. Pour la retraite anticipée.

5)Essai social-libéral de deux « ségolistes »

Publication de « Sortir du pessimisme social, essai sur l’identité de la
gauche » de Zaki Laïdi et Gérard Grunberg (Hachette). Thèmes : il n’y a
pas d’alternatives au capitalisme ; critiquent l’abrogation de la loi
Fillon ou la renationalisation d’EDF ; faut « moderniser » l’Etat ; contre
le droit opposable au logement ; pour se réapproprier la mondialisation,
voir le bon côté des délocalisations.

6)Méthode de S.R.

Revient systématiquement sur la crise de la politique (Le Figaro vient
de consacrer une semaine de débats à ce thème), sur le besoin d’écouter,
de faire participer, d’où son insistance pour tenir les débats
participatifs jusqu’au bout, c’est à dire le 11 février. En s’assurant
de la présence des médias régionaux et des télés locales.

Ces débats (5000 en tout) sembleraient attirer du monde, 2000 personnes
à Toulon mardi.
Ensuite rédaction de la plate forme et dizaine de grands meetings genre
Zénith.
Dans le calendrier S.R., inauguration siège de campagne 22 janvier ;
meeting Paris le 6 février.

7)SR et l’emploi des jeunes

Dit qu’il s’agit d’une de ses « actions phares ». S’engage à ce qu’aucun
jeune ne reste au chômage ou sans revenus plus de six mois. Si tel est
le cas, le jeune aura obligatoirement soit un emploi tremplin (500 000
créés sur 5 ans), soit une formation rémunérée, soit un travail
d’utilité collective (rémunéré), soit une allocation d’autonomie (si
étudiant).

8)Personnes âgées

S.R. Insiste fortement pour que le PS fasse plus sur cette question ;
propose une semaine d’action sur le sujet à la mi février.

Pôle Idées (23/1/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 4 (166)

1)Lobby libéral

Très forte pression du lobby pour valoriser ses propositions. Débat
systématique jusqu’au scrutin dans le cadre du Forum Figaro ;
interventions spectaculaires des milieux patronaux, bien plus pugnaces
qu’en 2002 ; présentation du livre blanc du MEDEF le 25 janvier, en même
temps qu’un meeting de 5000 patrons à Bercy ; tenue d’un colloque avec le
soutien du gouvernement , le 11 janvier à Paris sur les racines
françaises du libéralisme. Long papier de La Croix du 19/1. Insiste sur
l’idée que le libéralisme est enfant des Lumières, qu’il vient de gauche
(Quesnay, Turgot, Say, Bastiat, Walras, Pupuit, Cournot) et qu’il serait
« en train de revenir à gauche en France », cf SR battant Fabius dit
l’article.

2)Manuel des patrons

Le livre blanc du Medef, « Besoin d’air », 150 pages, 20 000
exemplaires. Trois parties : prospérité, liberté, durabilité.

Thèmes : baisses des cotisations, suppression de la durée légale du
travail, Smic fixé « hors des contingences politiques ».

Parisot reconnaît que c’est la première fois que le patronat s’exprime
aussi ouvertement ( le livre résulte d’un questionnaire aux patrons),
polémique sur la question de la richesse ; la dette ; la baisse des
charges ; alléger le droit du travail.

3)Débat sur les riches

Important débat sur les riches et la richesse. Difficulté (?) de définir
le riche selon Le Monde (20/1) ; nouveau livre de la politologue Janine
Mossuz-Lavau, L’argent et nous, La Martinière. Sur le tabou de l’argent,
la culture familiale dans le rapport à l’argent, la définition du pauvre
( sous 1300 euros net par mois, dit elle) ; parle des classes moyennes
entre 1300 et 3000 euros ; au dessus de 3000, « on est privilégié ». La
France, un pays riche où il y a beaucoup de pauvres ( cf JDD du 21/1).

4)Electorat communiste

Selon le baromètre Sofres Figaro du 22.1 (n°10), progression de MGB (+1)
en janvier, égalité avec OB, baisse de l’extrême gauche sur la même
période. MGB rassemblerait la majorité de l’électorat PCF (55%) dont 28%
voterait SR ( dans le reportage du Monde du 20/1 sur le vote étudiant,
ils font parler un jeune communiste qui voterait SR) et 6% OB.
Elle recueillerait 13% du non de gauche ( SR=58% et OB= 9%).

5)L’affaire du chiffrage du congrès UMP

Affaire anecdotique mais significative des rapports entre les médias (de
gauche notamment) et le candidat de droite. Le rassemblement de la porte
de Versailles est prévu depuis des mois (octobre), les chiffres
prévisibles sont connus : 20 000 chaises, 40 000 personnes « espérées ».
Pendant le rassemblement, Juppé parle de 100 000. Chiffre que reprend en
Une Le Monde, ainsi que Libé et Le Figaro. Or le Canard, plan du hall 1
à l’appui, démontrera que le nombre total ne peut pas dépasser 25 000 !
La droite s’appuiera sur ces chiffres, sur les propos louangeurs de Libé
pour le discours de Sarko (on parle aussi d’un coup de fil de son ami
Attali pour le féliciter) pour lancer l’idée de « dynamique » reprise
depuis une semaine.

6)Une dynamique Bayrou ?

Sondages convergents montrant une petite dynamique Bayrou (serait même
pour l’IFOP devant Le Pen). Son discours reprend trois thèmes :
résistance aux puissants (?) ; homme simple comme tout le monde ; sortir
du clivage droite/gauche. Campagne qui multiplie les rencontres de
terrain, « faut descendre dans le vote populaire » dit-il. Sort un
livre-programme fin février. Ses priorités programmatiques sont en fait
hyper-réac : en tête réduction de la dette publique ; puis créations
d’emplois sans charges (!) ; aide aux PME ; enfin recherche, contre
l’exclusion, environnement.

7)Traité européen

Multiplication d’initiatives de la part des partisans du traité (
relance du dossier par les Allemands ; sorte de sommet vendredi 26 à
Madrid des 18 pays ayant voté OUI ; VGE aux Echos du 22/1 ;+ ?

8) SR

Reformule ses critiques à l’égard des 35 h dans La voix du nord (19/1) :
« Je ne m’interdis rien » ; elle prône « l’agilité ».

Description du petit livret « Comment réussir un débat participatif ? »
dans Le Figaro du 20/1.

« Ségolène Royal, un destin français » (ed La nuée bleue) du journaliste
François Moulin de l’Est Républicain, sur l’enfance lorraine de SR ; son
père Antoine, militaire, était partisan en 1965 de Tixier Vignancourt ;
Florian, le grand père, farouche partisan de Pétain en 1940.

Pôle Idées (25/1/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 5 (167)

1)Sarkozy et la gauche molle

Nouveaux commentaires complaisants de gauche à l’égard de Sarkozy. « Un
discours de gauche » dit Jean Daniel (N.O., 18/1) ; « Un discours
excellent » dit Philippe Val ( Charlie Hebdo, 17/1).
Ce jeudi matin (25/1) Arditi sur Canal+ dit rester fidèle à la gauche
mais trouver plein de qualités à Sarkozy ( et Bayrou).

2)Aides patronales

Audit public publié dans Le Figaro Eco du 24 janvier, chiffrant
officiellement pour 2005 les aides de l’Etat aux entreprises à 65
milliards d’euros, soit 4% du PIB, soit 8% « des prélèvements
obligatoires des administrations publiques », soit l’équivalent des
dépenses Hopital, plus que l’Education, double de la Défense, soit 949
euros par habitant.
1000 euros par Français par an pour les patrons !
Un chiffre près du triple de celui d’ordinaire avancé pour les aides (
on parle de 23 milliards) ?
Alors que le MEDEF publie son livre blanc qui vise surtout à réclamer de
nouveaux cadeaux, Le Figaro doit souligner que cet audit « risque de
refroidir un peu les dirigeants du Medef ».

3)Chiffrage

Ce chiffre de 60 milliards repose la question du chiffrage officiel. En
vérité tous les chiffres dont on dispose ( chômeurs, prix, pauvreté,
richesse, patrimoine, etc...) sont sujets à caution et discutables non
pas à la marge mais les manipulations sont grosses : 2 ou 4 millions de
chômeurs ? 23 ou 60 milliards d’aides ? Or ces chiffres servent de
références à tout le débat public actuel.
On se rappelle qu’au 33e congrès, MGB avait déjà soulevé cette question
du chiffrage officiel et proposé de prendre une initiative (? avec des
experts ?) pour établir l’état exact de la crise en France.

4)Participatif et démagogie

Signe sans doute d’une lassitude des ségolistes face au discours de leur
candidate sur la crise de la politique, quelques papiers contre les
risques démagogiques des débats participatifs ; c’est le cas notamment de
Michel Godet dans Le Monde du 24 intitulé « Démocratie ou démagogie ? ».
Ou Bernard Stiegler in Le Monde, 25/1 : »Halte au populisme télécratique ».

5)Santé : de nouvelles inégalités

Deux études ces jours ci montrant un fort accroissement des inégalités
en matière de santé, un domaine particulièrement sensible. Etude sur « 
les inégalités sociales de santé en France en 2006 » du BEH (bulletin
épidémio hebdo) où l’on établit que l’épérance de vie des plus pauvres,
des SDF, est de 45 ans, plus proche d’un taux africain que de celui du
reste de la population. En fait inégalités croissantes pour tout ce qui
touche la prise en charge, la prévention, le cardio-vasculaire, les
cancers... Voir aussi l’élévation du taux de mortalité par cancer chez
les femmes des milieux populaires du Nord. (cf Libé du 23/1)
Autre étude de l’Inserm sur « les inégalités sociales dans le dépistage
prénatal » : la trisomie mal dépistée pour les moins favorisés (Figaro 23/1).

6)Valeur travail

Le thème coqueluche du moment, des articles tous azimuths. Edito
intérieur du Figaro du 23/1 ; dossier du Monde Economie sur salaires, 35
h mais aussi sur l’idée que travail = appartenance, identité (23/1) ; à
lire dans ce dernier dossier l’entretien avec le sociologue Pierre Bouvier.

7)S.R.

Première étape de compte rendu des ateliers participatifs le 3 février
puis bilan de cette première partie de campagne les 10 et 11 février.

8)Ecole et inégalités

Tribune libre de François Dubet (Le Monde, 23 janvier) qu’on a connu
mieux inspiré sur l’école ; critique trois attitudes à l’égard de
l’école : ceux qui sont dans la nostalgie réactionnaire (et veulent
effacer 68) ; ceux qui ne parlent que d’égalité des chances ; et ceux qui
ne parlent que des moyens. Prône une sorte de pragmatisme inégalitaire.

9)Solidarité

Article de Serge Paugam (Libération, 23 janvier) montrant comment la
notion de solidarité peut être récupérée par les libéraux, ceux qui
poussent à la solidarité privée CONTRE l’Etat social, qui dénoncent les
droits sociaux et ne voient que le responsabilité individuelle. Attend
de la campagne une nouvelle définition de la solidarité, qu’il définit
par ailleurs.

10)Riches et pauvres

Toujours le lancinant débat sur l’argent, le riche. Voir Duhamel in Libé
du 24. Et Louis Maurin in Alternatives économiques du 1er janvier :
 »Richesse et pauvreté : état des lieux ». Il situe les classes moyennes
au revenu suivant : 980 à 1300 euros personne seule, 1800 à 2500 pour
couples, 2500 à 3400 famille à deux (petits) enfants. Donc en dessous =
pauvres ; au dessus, riches ?

Pôle Idées (1/2/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 6 (168)

1)Des réformes impossibles ?

Le Conseil d’analyse économique est un organisme qui dépend du Premier
ministre. Présidé par Luc Ferry, il vient de poser la question suivante
à huit personnalités : « Si vous étiez au pouvoir, que feriez vous ? ».
Les sondés, classés à droite comme Juppé, Sarkozy (Guillaume), Lambert
ou à gauche, Rocard, Lamy, Attali, s’accordent sur quelques grandes
mesures : réduire la dette, travailler plus, relancer l’Europe, se mettre
les syndicats dans la poche. Une sorte de programme commun en quelque
sorte. Plus étonnant est l’aveu de Ferry en conclusion de cette enquête :
« Nos invités sans exception aucune nous ont fait part, et parfois de
façon un peu ironique ou désabusée, de leur conviction selon laquelle de
telles réformes sont pratiquement utopiques en raison de la
quasi-ingouvernabilité de notre pays ». Et Ferry donne cet exemple : si
on veut diminuer la dette, il faudra réduire le nombre de
fonctionnaires, dire « que l’on supprime un nombre significatif de
postes dans l’Education nationale puisqu’elle regroupe près de la moitié
de la fonction publique ». Il ajoute aussitôt : « La majorité d’entre eux
y seront hostiles, prêts à descendre dans la rue. Et personne ne peut
gouverner face à une contestation continue et au désordre chronique ».

2)Dépasser le clivage gauche/droite

En liaison avec ce constat d’un pays ingouvernable, monte l’idée –
incarnée par Bayrou- d’un dépassement du clivage gauche/droite, d’une
mise en commun des meilleurs des deux camps, pour affronter la mise en
oeuvre de ces réformes.
C’est aussi ce qui explique une certaine course au centre des deux
principaux candidats.
C’est aussi le propos de Gluksmann, qui tout en signant un appel pour
Sarkozy, ajoute : l’idéal aurait été un deal Sarkozy/ Kouchner !

3)Bové, l’antilibéral des libéraux

A comparer le traitement médiatique reservé à Bové et MGB dans la presse
écrite. Place considérable (une demi page du JDD cette semaine, une demi
page à Autain pro Bové la semaine dernière contre trois brèves pour MGB)
et propos très complaisants pour « l’antilibéral de la bande ». Sans
parler de la couverture ce jeudi de son lancement : Une de Libé, du
Parisie, grosse place in Figaro...

4)Nostalgie dans l’air

A regarder le programme télé de cette semaine : début d’une série « Les
camarades » sur la saga d’amis communistes dans les années 50/70 (la
scenariste Virginie Brac ne semble pas mal intentionnée) ; un docu sur la
2 consacré aux années 50 et un certain bonheur de vivre à la française ;
un docu sur Arte (2/2) démontrant que la libération sexuelle était mieux
assurée en Rda qu’en Rfa.
Simple hasard du calendrier ou un air du temps qui a peur du lendemain
et s’offre un brin de nostalgie.
A lire la chronique télé de Dhombres in Le Monde du ½, « Il était une
fois le PC » sur déclin communiste et délitement social.

5)Sarkozy séduit à gauche

L’entreprise de charme de Sarkozy en direction de la gauche s’annonce
comme un de ses axes de campagne avec des intiatives régulières :
rencontre avec Blair ; article de Glucksmann ; on parle de Bruckner, dde
Weitzmann (les Inrocks), Gallo.
Les raisons du rapprochement ? Cf Libé du 30/1 : discours national pour
Gallo ; pro américanisme pour Glucksmann ( et les gens de la revue »Le
meilleur des mondes ») ; la méritocratie ; l’anti-égalitarisme.

6)Sarkozy et le droit de grève

Il fait marche arrière dans son idée de limiter le droit de grève en
excluant le privé de sa proposition d’imposer un référendum aux salariés
après huit jours de grève. Cela ne concernerait donc que le service
public, les universités et l’administration.
Marche arrière aussi sur le CNE et le licenciement sans explication.

7)Laïcité : vers une relance du débat ?

Remise du texte du HCI (Blandine Kriegel) au premier ministre sur
administration et laïcité, qui entend compléter la loi sur le voile.
Questions concrètes du genre : servir du porc dans les cantines ? Femmes
médecins en gynéco ?voile sur les photios d’identité...

8)Attaques socialistes sur « l’inculture » de S.Royal

« Ségolène, c’est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de
trou noir de la science, une ignorance crasse »
Louis Mexandeau, le Fig Mag, 28/10/06

« Elle doit marquer un coup d’arrêt dans ses expressions qui abaissent
la culture et flattent le mépris des intellectuels »
Michel Wieviorka
Libération

9)Rumeurs de guerre

Ëtre attentifs à cette rumeur qui semble prendre de la consistance d’une
intervention militaire américaine en Iran ; en tout cas toutes les
dispositions matérielles ont d’ores et déjà été prises en vue d’un
bombardement aérien.
NB : 800 000 expatriés inscrits sur les listes électorales à l’étranger.

Pôle Idées (5/2/2007)
La campagne présidentielle
GS/ Note 7 (169)

1)Forte attente de l’Etat

Enquête Sofres pour l’association « Lire la politique » à l’occasion de
la journée du Livre d’économie. En ressort que 81% pensent que les
décisions économiques ont un impact sur leur vie quotidienne ; ils
attendent beaucoup de l’Etat et du gouvernement ; que leurs soucis
premiers s’appellent chômage et pouvoir d’achat ; qu’ils se
desinteressent de la Bourse (18% intérêt, 82% non), contrairement à une
idée reçue qui les présente tous comme des boursicoteurs. (Le monde, 30/1).

2)Médias de gauche et Sarkozy : la complaisance

Le ton adopté par les médias de gauche, Le Monde notamment, à l’égard de
Sarkozy depuis le congrès de l’UMP porte de Versailles, agace plutôt les
lecteurs de cette presse. Voir l’argumentaire de la médiatrice du Monde,
Véronique Maurus, contrainte de consacrer tout son papier du 28/1 ( une
demi page) à combattre ce « soupçon » de sarkozisme des lecteurs contre
leur journal.

3)Stratégie de Sarkozy

« Nous avons choisi la bonne stratégie en nous adressant à l’électorat
de gauche. Les socialistes voulaient nous enfermer dans le débat « pour
ou contre le libéralisme ». Si nous étions entrés dans ce type
d’affrontement, nous étions morts. Nous avons préféré opter pour des
thèmes laissés en déshérence par la gauche comme le travail et
l’éducation ».
P.Devedjian, La dépêche du midi, 1 février

Presse de droite attentive à accompagner chaque compte rendu des
déplacements de Sarkozy en province d’une photo de ce dernier, rigolard,
à l’usine, y prenant plaisir, et serrant la main d’un prolo.

4) Education

Au delà de l’actualité (congrès FSU, grève 8 février), forte insistance
(à droite) sur le vote enseignant. Tentative ratée de rabibochage du PS
avec les syndicalistes enseignants ; nouveau discours ( Maisons alfort)
de Sarkozy sur le sujet. « C’est la faute à mai 68 » (Le Figaro, 4/2).

Edito du Monde (4/2) faisant écho à un (nouveau) livre très sévère pour
l’école française ( Maroussia Raveaud, de l’enfant au citoyen, PUF).

L’éducation sera en fait un des secteurs de la société qui aura le plus
à souffrir du tout-libéral.

5)Service civique

Consensus UMP/PS sur la question. Volontaire ? Obligatoire ? Polémiques et
ratés au PS. Kouchner chargé du dossier.

6)Chiffres

Omniprésence de JF Copé dans les médias qui la joue économe et
rigoureux, martèle des chiffres tous plus impressionnants les uns que
les autres. Multiplie les audits sur le thème : l’Etat coûte trop cher.

Dernière trouvaille : les salariés trichent avec la prime emploi. 160
millions d’euros détournés. A regarder de plus près, il s’agirait d’un
trop perçu pour un million et demi de foyers. De 100 euros par foyer donc !

A comparer aux 65 milliards de cadeaux aux patrons dont on se garde bien
de parler.
A retenir : Sarkozy propose de baisser les prélèvements fiscaux de 68
milliards sur 10 ans.

7)Atlantiste et sioniste

Lu dans l’édito de Rioufol in Figaro du 2/2 : « La résistance de Sarkozy
au bien pensisme antiaméricain, antilibéral, antisioniste lui a été pour
l’instant bénéfique ».

8)Baisse du chômage

Même la droite n’y croit pas. Sondage des lecteurs du Figaro : 57% disent
ne pas y croire.

9)S. Royal le 11 février

Nouvel emballement médiatique sur l’annonce par SR de ses propositions
le 11/2. Avis de Duhamel (Libération) : « Ou bien ses options
ressembleront trop au projet du PS et tous s’écrieront en choeur : tout
ça pour ça ! Ou bien elle mettra en avant trois ou quatre mesures phares
de son cru et alors le débat s’organisera aussitôt autour d’elle ».

10)Médias

Nouvelle émission de la 3 sur les candidats « En 2 mots » où l’on
décortique les prétendants sous tous les angles (psy, sociologie,
humour) sauf celui de leur programme. MGB prévu le 4 mars. Emission de
G. Leclerc et Florence Muracciole du JDD, groupe Hachette.
(Rappelons que la 2 a sous le coude depuis 2 ans un doc « Sarkozy mot à
mot » qui décryptait le discours du patron de l’UMP).

Pôle Idées (7/2/2007)
La campagne des autres
GS/ Note 8 (170)

La troisième vague du baromètre politique Cevipof/ Ministère de
l’Intérieur/ Ifop
est tombée. Il s’agit d’une série d’enquêtes chargées
de suivre l’évolution de l’opinion tout au long des douze mois précédant
la présidentielle. La première vague datait du printemps 2006, la
seconde de l’automne dernier, celle ci porte sur l’hiver 2006/2007. Gros
moyens mis en oeuvre, universitaires et gouvernementaux ; 5200 personnes
interrogées, cinq fois plus que pour un sondage ordinaire. Les résultats
sont déclinés aussi selon les régions.

Parmi les priorités, la question de l’emploi, tout en reculant de 10
points du printemps 2006 à aujourd’hui ( de 40 à 30%), reste en tête ;
l’environnement passe de 3 à 7% (comme LE problème le plus important).

Question sur le choix entre liberté et égalité (?) ; on reste autour de
50/50 même si la thématique liberté l’emporte.

Opinion légèrement droitisée en ce qui concerne la liberté donnée à
l’entreprise (+5), le fait que les chômeurs paressent (+4), il y a trop
d’immigrés (+2), la préoccupation sécuritaire (+5), la peine de mort (+1).

Dans le même temps, une baisse significative de l’envie de manifester,

chutant de 11 points du printemps 2006 à aujourd’hui (de 50 à 39%).

Un doute sérieux sur la baisse du chômage, l’impression que la
délinquance augmente. On notera une différence de perception des
réalités au niveau national – où on est plus pessimiste- et local.

Un intérêt croissant pour la politique ; une vraie attente des élections

(+6). Un doute sur les solutions de gauche ou de droite : 63% disent ne
faire confiance ni à l’un ni à l’autre.

L’enquête donne les chiffres suivants sur le 1er tour : Laguiller 2,
Besancennot 3, MGB 3, SR 27, Voynet 2, Bayrou 8, Sarkozy 26, de Villiers
2, Le Pen 10, blancs et abst 13.

29% de proximité avec les idées de Le Pen.

Vote « probable » pour MGB : évolution trimestrielle : 14%, 11, 13.

« Ce grand cadavre à la renverse » de Bernard-Henri Levy*
*Plaidoyer pour une gauche conservatrice*

*GS/ novembre 2007*

Poussé par une promotion phénomènale, accueilli avec complaisance par la
plupart des médias, le dernier BHL est un pamphlet militant pour
l’installation d’une gauche sociale-libérale. Il n’est pas dénué de
visées politiciennes, glorifiant Ségolène Royal ( tout un chapitre lui
est réservé) et valorisant de fait Besancenot dans la posture de
l’opposant radical.

Cette tentative de théoriser le social-libéralisme est de nature
exclusivement morale
 ; le ton est celui de la polémique ; il n’est fait
rigoureusement aucune allusion à la question sociale dans cet essai. On
y retrouve l’approche communautariste de BHL, son tropisme
pro-israelien, qui semble commander toutes ses orientations
internationales ( y compris son atlantisme).

Dans l’introduction, l’auteur se met en scène face à Sarkozy ; on sent
bien qu’ils sont du même monde (Neuilly, vieille complicité, fascination
réciproque) ; seul intérêt de ce préambule : il montre la ténacité de
Sarkozy pour cannibaliser « la gauche ».

La première partie : ce qui reste de la gauche.

BHL donne sa définition très minimaliste de la gauche : la gauche n’a
rien à voir avec le progrès, la révolution ; la gauche, c’est des images :
Blum, Malraux, son père, lui même (!), la Bosnie ; des événements : Vichy,
la guerre d’Algérie, mai 68 ; des réflexes : l’antiracisme et
l’antisémitisme, égalité/liberté, l’anticolonialisme ; il tient des
propos plus mesurés que Finkielkraut sur la révolte des banlieues.

Deuxieme partie : ce qu’il faut à la gauche.

Le message est limpide : il faut « un vrai Bad Godesberg » ; il fait
l’historique du mouvement « antitotalitariste » qui aurait contribué à
recomposer la vieille gauche : mai 68, le Portugal, Soljenitsyne, le
Cambodge, toutes choses qui tordraient le cou aux notions d’Absolu,
d’Histoire, de dialectique, combattues par « nouveaux philosophes » :
cette bataille idéologique, dit-il, est gagnée. Retour de manière
récurrente sur le Darfour (et Israel). Insistance sur le dernier avatar
du totalitarisme : les « nationaux-républicains » ; charge contre Chevènement.

Troisième partie

25 pages de plaidoyer en faveur d’un libéralisme de gauche,
l’antilibéralisme peut conduire au pire, au nazisme par exemple ; 25
pages pour combattre (et dénaturer) le non de gauche de 2005 à l’Europe
libérale ; 30 pages pour fustiger l’anti-américanisme, « l’autre
socialisme des imbéciles » ; des pages sur le Darfour et contre Brauman,
Le Monde Diplo, etc.. ; un pathos communautariste intitulé « le
néo-antisémitisme sera progressiste ou ne sera pas » ; débouchant
naturellement sur un long exposé sur le « fascislamisme » ; puis BHL tend
le drapeau de « l’Universel » et se moque des critiques qui y voient
souvent une rhétorique (occidentale) du dominant.

Conclusion :

*Vive l’athéisme c’est à dire la fin (enfin) de tout espoir de changer
le monde*
, d’où une juste mélancolie ; ses icônes : sartre (très
interprété), camus, jean moulin, mendes france.

GS

3/10/07

ETAT DE L’OPINION

Le premier tassement de la cote de popularité du pouvoir est apparu dans
le jdd du 23 septembre, avec une chute pour les deux têtes de l’executif
de l’ordre de ?

Les critiques portaient pour l’essentiel sur la forme (com
envahissante...) et le doute était plutôt du côté des couches moyennes
(?) ; confiance maintenue du populaire

autre sondage (?) montrait d’ailleurs popularité maintenue des réformes,
et là encore surtout dans milieux popus

le 2 octobre, parisien publie sondage CSA (lui aussi réalisé fin
septembre, 26 et 27) qui confirme chute popularité : cotes du chef de
l’Etat et premier ministre chute de six points par rapport août

55% confiance Sarkozy « pour affronter efficacement problèmes » et 47% à
Fillon

décrochage des « classes moyennes » (-5) alors que populo (-1)

- 6 des salariés du public

sarko a toujours confiance 64% des emplyés et 57% salariés privé

même moment (où ?) jugement réservé sur paquet fiscal de l’été



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