Napalm d’or

Formidable critique de Paul Maugendre ( sur son blog " Les lectures de l’oncle Paul ", 5 avril 2020):Chargée par son rédacteur en chef, Bergeron, de rédiger un dossier intitulé La communauté US, réseaux et filières pour Les Papiers Nickelés, la revue pour laquelle elle est pigiste, Chloé Bourgeade lit par hasard un article relatant l’agression d’un Américain à l’Hôtel California.

Ernest Médina était un armurier, un marchand d’armes, et il participait à un dîner organisé lors du Salon Mondial de la Sécurité. Dans les toilettes il avait été agressé par un individu qui lui avait jeté à la tête une sorte de bombe incendiaire. Depuis il est mal en point et il n’est pas sûr qu’il en réchappe. Dans son casier, un petit mot ne comportant que ces deux mots : From Mowgli.

Chloé en fait part à son ami Racine, libraire-expert qui revient de Bruxelles pour le compte de la BNF, lui apprenant qu’elle a déjà entamé ses recherches pour la rédaction de son dossier et que son patron fut marié, il y a déjà un bon bout de temps à Angela Capra, une Américaine reporter indépendante. Et Chloé a décidé de rencontrer cette pointure du journalisme pour récolter des informations de première main.

Or l’entretien dont se réjouissait Chloé tourne court. En effet Angela Capra est retrouvé morte dans la Cathédrale de la Sainte-Trinité, une église américaine (orthodoxe) sise non loin du Georges V. Chloé glane d’autres informations dont le nom du produit qui aurait été balancé sur la tête d’Ernest Médina.

Le restaurant où ils ont pris l’habitude de se retrouver pour déjeuner est tenu par une Asiatique du nom de Cao, et au cours de la conversation ils apprennent que le mari de celle-ci s’est évaporé. Cao est inquiète d’autant qu’Emile Touchet, son mari, est en réalité un déserteur américain, ayant participé à la guerre du Vietnam. Il s’est forgé une identité française et depuis il siégeait en cuisine dans une relative tranquillité.

Dans cette histoire, Gérard Streiff place çà et là des références cinématographiques et littéraires, sous l’aile tutélaire d’Ernest Hemingway, et bon nombre de ses personnages sont principalement dotés de noms de personnalités américaines connues et celui d’Angela Capra n’est pas innocent puisqu’on peut le rapprocher d’Angela Davis, de Frank Capra et de Robert Capa.

Mais l’actualité est toujours présente et nous retrouvons les figures emblématiques, à des degrés divers, de Kissinger à la réputation sulfureuse ou le jazzman Archie Shepp. Mais ce qui prédomine en arrière-fond c’est la guerre du Vietnam, d’où le titre, et l’organisme américain dépendant du département de la Défense des Etats-Unis, la NSA, et dont les activités débordent largement du cadre qui lui imparti, pillant sans vergogne les données informatiques des pays et des particuliers, des agissements dénoncés par Edward Snowden.

L’intrigue repose pour beaucoup sur le hasard et les coïncidences, mais cela n’est pas gênant, seul le propos étant de pointer le doigt là où ça fait mal. Et de dénoncer certaines pratiques délétères, d’hier et d’aujourd’hui. Et ce n’est pas fini, la politique et l’angélisme ne faisant pas bon ménage.


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