2008 (4è trimestre)

BULLETIN COM/IDEES
30 (200) 3 octobre 2008

1)Sarkozy, la droite et le capitalisme

La posture adoptée par Sarkozy à Toulon est assez généralement présentée
comme « habile » mais elle crée un vrai malaise à droite, et pas
seulement dans sa frange ultra-libérale. Le grand écart entre la
rhétorique « étatiste » et la pratique libérale et surtout les
accusations contre la finance perturbent des supporters sarkozystes.

Le chroniqueur économique du Figaro par exemple souligne que la
double-ligne du pouvoir ( éloge de l’Amérique libérale et capitaliste...
et pointer tous les travers du capitalisme...) n’est pas tenable ; il y a
deux Sarkozy car il y a deux France, une libérale et l’autre « toujours
envoûtée par le socialisme » ; le problème est que le président n’a pas
les moyens de sa rhétorique : il a Bruxelles, il y a un budget atone, il
y a la dette. Le journal dit du président qu’il se « gargarise de mots »
et s’offre le luxe de lui opposer Jospin et son « L’Etat ne peut pas tout ».

2)L’UMP travaille le capitalisme

Sans doute pour répondre en partie à ce malaise, l’UMP fait de gros
efforts pour montrer qu’elle travaille sur la crise ; elle ouvre des
« ateliers » du changement chargés de travailler sur une « refondation
du capitalisme sur l’ethique de l’effort et du travail ». Elle reprend
une méthode qui lui avait servi avant les présidentielles, celle de
conventions thématiques du parti. Rencontre d’experts (gens du Credoc
par exemple, PME, gens de la finance), de partis « frères » européens,
forums ouverts à tous sur le Net. « Il faut ouvrir le mouvement au
maximum à des gens de l’extérieur » dit Devedjian. Débats les 15 octobre
(invention de nouvelles règles du jeu en matière de régulation
internationale et d’encadrement des rémunérations du capitalisme
financier), 22 octobre (la question de l’attractivité et de la
compétitivité de l’économie française) et 29 octobre (action économique
de l’Etat). Conclusion le 12 novembre. Rude défi que de définir cette
frontière entre « capitalisme financier » honni et « capitalisme
d’entreprise » loué dont Sarkozy parlait à Toulon. Parmi les thèmes
avancés par le Président : l’opacité des transactions, les paradis
fiscaux, comptabilisation des actifs, agences de notations,...

L’idée est de produire « des propositions concrètes de réponse à la
crise du capitalisme financier ».

Des déplacements sont prévus à New York (rencontre avec le patron du
FMI) et Pékin.

3)Gauchissement au PS

L’expression publique du PS s’est gauchie ces derniers temps.

Un bon exemple : la tribune de Henri Weber dans le Monde du 2/10 ; il
suffit de comparer ce texte à sa précédente tribune dans le même
journal, le 20/8 (voir le bulletin COM/IDEES d’alors) où il admettait et
assumait une certaine « liberalisation » politique. Il parle aujourd’hui
de « nouveau contexte idéologique », montre que si le PS a opté pour
« une économie sociale de marché », cela veut dire « une économie de
libre entreprise régulée par la puissance publique et les partenaires
sociaux ». Il dit aussi que l’heure est à la réglementation qui « va
rencontrer désormais à nouveau un grand écho. S’ils veulent éviter que
l’extrême droite (sic) en profite, les socialistes doivent incarner le
retour de la puissance publique dans la vie économique et sociale à tous
les niveaux ».

Cela reste faible en matière de propositions mais le changement de ton
est assez net.
Assez bonne analyse aussi du Figaro du 3 octobre, « PS : la tourmente
financière fait bouger les lignes » ; le journaliste envisage un « virage
à gauche » (Aubry, Hamon) ou une synthèse gauchisée.

4)L’opinion face à la crise et au capitalisme

Sondage Opinionway/Figaro du 3/10. La question de la crise financière
écrase tous les autres sujets ( marginalisant au passage la question du
pouvoir d’achat) ; pour l’opinion, à 85%, elle aura des suites fortes ou
très fortes sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les finances publiques, la
création d’entreprises, la compétitivité.

*A la question « La crise financière est une crise qui montre qu’il faut
changer profondément le système capitaliste car il aura du mal à s’en
remettre », 59% des gens sont OK, 32 non !*

Par rapport aux banques privées, 34% sont pour les nationaliser « pour
les aider »(!), 46% pensent que ce n’est pas à l’Etat de les secourir.

5)Marx, la renaissance

Dossier, copieux, de 30 pages ( et toute la Une) du numéro d’octobre du
Magazine littéraire : « Marx, les raisons d’une renaissance ». Le terme
de renaissance est fort, bien différent du sempiternel « retour » de ces
dernières années ; au menu, Marx et l’Histoire, Marx et l’économie, Marx
et la philosophie ; et un débat sur les classes sociales.

6)Keynes, le retour

Longue et intéressante enquête du Monde du 2/10 sur le retour à Keynes,
« La revanche de Keynes » de Benoît Hopquin, donnant notamment la parole
à des économistes comme Jean-Paul Fitoussi, Edwin Le Héron

ou Michel Aglietta ; l’article souligne cependant que ces économistes ont
toujours eu leurs entrées dans les coulisses des pouvoirs, sauf,
semble-t-il, dans les milieux européens de Bruxelles.

7)Démotivation des salariés

Avalanche de papiers sur la démotivation des salariés à l’entreprise. Le
sujet, qui n’est pas né avec la dernière crise financière, s’impose dans
nombre de revues.
C’est particulièrement vrai des cadres : voir « La révolte apathique »
dans Le nouvel économiste du 2/10, excellente enquête sur « la
disparition » de l’entreprise comme « lieu de socialisation ».

Bonne étude aussi de Liaisons sociales d’octobre qui fait sa une sur
« Démotivés. Ces salariés qui se désengagent ».

8)L’analyse de la crise

Sortie chez Larousse de « La finance mène-t-elle le monde ? » de
Marie-Paule Virard ; petit livre très pédagogique de lk’ex rédactrice en
chef des Echos qui avait déjà écrit en 2005 un livre interessant et
prémonitoire, « Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire ? » (La
Découverte). Elle analyse ici les mécanismes de la libéralisation des
marchés, la dérégulation, le culte du court terme, le ROE (retour sur
fonds propres) à 15%, les gaspillages (stocks options, plus values, LBO)
qui a enrichi formidablement une « élite managériale » et créé un
système très inégalitaire.

Elle cite des chiffres forts : aux USA, les 1% les plus aisés ont capté
23% du revenu national en 2006 soit quasiment un retour à l’avant-crise
de 1929 (24% en 1928) contre 8% dans les années 1970...

Très clair dans la partie analyse, le livre est nul côté proposition :
pas question « de renoncer à ce système » dit l’auteure qui parle
simplement de régulation, de responsabilité et de s’opposer « à
l’avidité sans limites des hommes ». Vaste programme....

9)Extrême droite en Europe

Bon papier de J Y Camus, chercheur à l’IRIS, sur l’extrême droite en
Europe dans Le Monde (1/10) ; montre la force mais aussi les limites et
l’hétérogénéité des ces partis (Autriche, Ligue du Nord d’Italie, Vlams
Beelang en Belgique, Ligue des familles en Pologne...) ; rappelle qu’il a
à la fois un vieux fond nationaliste, autoritaire, xénophobe mais aussi
un basculement de couches populaires de la gauche sur l’ext^eme droite
en raison de l’Europe : « Un des problèmes majeurs de la gauche est de
voir lui échapper une partie des électeurs les plus populaires qui ont
envie d’entendre sur cette question un discours qui soit celui d’une
réorientation de l’Union européenne sur des bases plus sociales et non
pas simplement la simple acceptation de la situation actuelle ».

10)Partis

MODEM : élections le 27 septembre des nouvelles directions fédérales. Le
Monde, qui a accordé une place importante à la chose (comme à tout ce
que fait le MODEM), souligne que les effectifs du Modem seraient restés
stables (55 000) et que de nouveaux cadres, plus jeunes, moins notables
que les anciens centristes, arrivent à la tête des fédés.

BULLETIN COM/IDEES
n°31 (201) 10 octobre 2008

1)Le grand basculement

Accélération spectaculaire du mouvement des idées ces derniers jours ;
tous les thèmes déjà plus ou moins en débat depuis des mois (
financiarisation, crise, libéralisme, Etat) occupent désormais le devant
de la scène.

Decalage net entre basculement idéologique et basculement politique, les
deux périodes coïncidant rarement.

Les commentaires admettent, souvent avec emphase, la fin d’une époque
libéralo libérale, sans identifier pour autant la nouvelle époque qui
s’ouvre.

Un commentateur dit par exemple : après le libéralisme, l’humanisme...

Joffrin de Libération est en plein reconversion et fustige « cette
construction idéologique (libérale) qui a dominé de sa hauteur arrogante
le tournant du siècle ».

Favilla des Echos dit que « la bulle doctrinale libérale est nue comme
le fut la bulle communiste en 1989 ».

En même temps tout ce discours tourne à vide alors que continuent, un
peu partout, l’essentiel des politiques libérales.

Les commentaires insistent aussi beaucoup sur « le déclin de l’empire
américain » ; cette crise sonnerait la régression des USA. Fukuyama
publie dans Le Monde un grand article sur le thème, La Croix titre : le
déclin du modèle américain.
L’échec répété de concertation européenne ou mondiale amène plusieurs
commentateurs à prévoir un monde éclaté, un sauve-qui-peut où chacun se
retranche derrière ses frontières.

2)Une crise globale

Autre élément frappant : si l’aspect financier de la crise domine, les
commentaires portent aussi sur tous les aspects parallèles de la crise,
crise sociale, crise démocratique, crise économique, crise écologique.
Le terme de crise systémique que nous utilisons volontiers semble s’être
imposé dans le vocabulaire politique ces jours ci ; tout le monde n’y met
pas le même sens.

3)Avis de tempête sociale

Les DRH savent prendre le pouls des entreprises, ils sont payés pour ça.
Et la note annuelle de l’association « Entreprise & Personnel », qui
réunit 150 d’entre eux, mérite, en règle générale, qu’on s’y arrête car
elle traduit assez bien l’humeur des salariés. La dernière étude publiée
ces jours-ci est significativement intitulée « La déchirure ». Elle est
particulièrement alarmée : « Toutes les composantes d’une crise sociale
risquent d’être présentes » écrit le rapporteur. Il pointe tout à la
fois la défiance à l’égard du pouvoir politique, « l’absence
d’alternative politique crédible », la multiplication des situations
personnelles difficiles, la montée des conflits dans les entreprises et
trouve le cocktail explosif. D’autant que « la crise financière
dramatise le climat » et « instille un doute profond sur les vertus du
capitalisme financier et du tout-marché ». Les DRH recommandent à
Sarkozy la plus grande « prudence » dans sa politique de « réformes » et
insistent sur le besoin de « protection » ; ils adressent le même conseil
aux patrons, appelés à « prendre au sérieux la remontée de la
conflictualité » tant l’exaspération « est perceptible chez toutes les
catégories de salariés ». Ce qui ne conduira pas forcément par une
multiplication des grèves mais cela « pourra prendre la forme plus
pernicieuse d’un désengagement silencieux, voire d’autres formes de
grève froide ».

4)Questions fondamentales

La profondeur, la violence et la globalité de la crise font que le débat
commence à porter sur les questions essentielles : le capitalisme est-il
réformable ? (on retrouverait presque, mais inversé, le débat des années
80 : le socialisme est-il réformable ?) ; va t il rebondir ? Faut-il
l’aider ? Faut il autre chose ?

Le télescopage crise financière/crise écologique fait aussi des ravages
dans les têtes et donne une autre ampleur au débat sur le développement
durable.
Voir les sondages Le Parisien et Humanité Dimanche indiquant un doute
majoritaire sur la pertinence du capitalisme.

5)Le libéralisme tente de s’adapter

Les libéraux font profil bas. A droite, au PS (accusé d’avoir « épousé
un moribond » en se ralliant cet été au libéralisme...).

Mais les libéraux tentent d’adapter le dogme. Le meilleur exemple est
donné par l’idéologue Nicolas Baverez qui est omniprésent dans les
médias notamment avec son dernier livre dont le titre est tout un
programme, « En route vers l’inconnu » ; il prévoit un monde
multipolaire, insaisissable où le pouvoir (libéral) devra en quelque
sorte s’adapter, bricoler en permanence ; il y redit ses convictions
libérales, son refus de régulation, etc.

Argumentaire type de propositions de droite de mesures anti-crise,
prises dans le Fig Mag du 4/10, et déclinées dans cette presse :
- Renforcer les pouvoirs et l’information des autorités de régulation
- Mettre un terme à la sophistication à outrance des produits financiers
- Lutter contre les prises de risque excessives
- Contrôler les hedge funds
- Améliorer le fonctionnement des agences de notation
- Modifier les règles comptables
- Encadrer les ventes à découvert
- Encadrer les rémunérations des dirigeants
- Trouver un chef d’orchestre européen
= en somme, comment spéculer autrement...

Côté PS, signalons la tribune des promoteurs du groupe « Terra Nova »,
cosigné par Rocard, dans Le Monde ( et présenté au printemps par Libé et
Le Monde comme les plus modernes des socialistes ) ; ils titrent sur la
bataille idéologique qui reprend avec la droite mais ressortent de
vieilles lunes comme « si la France veut retrouver, libérer, la
croissance, elle doit accepter de réduire son Etat providence et limiter
la redistribution ».

6)Crise de l’alternative de gauche

Les sondages ne semblent pas indiquer de mouvement politique sensible
suite à ces semaines de crise.

La gauche est plutôt absente du débat même si le PS amorce une petite
évolution du débat interne, d’avant congrès.

Globalement, le PS est désarmé tant il est vrai qu’il a lui même préparé
la cascade des libéralisations qui ont conduit au résultat actuel ; voir
de ce point de vue l’excellent papier de Laurent Mauduit (un ancien du
Monde) dans Médiapart sur la responsabilité passée du PS ; avant de
critiquer, il devra faire son bilan, dit l’article. A LIRE.

Les libéraux Verts tendance Cohn-Bendit accusent, à la façon de de
Closets, le « toujours plus » (de finance, de pollution) pour plaider
pour le toujours-moins et l’austérité.

Mise en avant assez systématique, methodique de Besancenot dans les
articles sur les conséquences politiques.

7)Relative visibilité des antilibéraux

ATTAC, quasi invisible après ses déboires internes, revient assez bien
dans la presse écrite ( peu ou rien dans l’audiovisuel).
Multiplication de propositions alternatives, plus ou moins audacieuses,
de la part d’économistes non libéraux. Exemples :

Husson Michel, économiste

Geler les dividendes, transférer à un fonds de mutualisation en vue de
financer des politiques sociales

Imposer le maintien du pouvoir d’achat en retirant aux entreprises qui
refuseraient les aides publiques

Soit constituer un bouclier social

Harribey JM, coprésident Attac

Inscrire dans la Constitution que le supplément de richesse qui va aux
travailleurs ne doit pas être inférieur aux gains de productivité

Instaurer un revenu maximum au dela duquel frappera une fiscalité drastique

Faire de la souveraineté alimentaire un droit des peuples

Considérer tous les éléments essentiels à la vie (eau, air...) comme
biens publics dont toute dégradation coûtera cher

Lancer un programme européen d’énergies renouvelables

Sapir Jacques, économiste, EHESS

Contrôle public des pratiques bancaires

Freiner la circulation internationale des capitaux

Contrôle de la structure des bilans des institutions financières

SOIT autant de contreparties à un soutien public du système bancaire

Retrouver une marge de manoeuvre monétaire au niveau de la Banque centrale

Si c’est impossible avec la BCE, poser la question de la présence dans
la zone euro

Retrouver une marge de manoeuvre dans la politique des revenus
(protections commerciales)

Plihon Dominique, ATTAC

Nouveau partage des richesses en rompant avec la baisse de la part des
salaires dans la valeur ajoutée

Réguler fortement les banques, interdiction des investissements spéculatifs

Taxation internationale

Europe : plan de relance, par exemple infrastructures écologiques, de la
recherche et du développement ou de l’éducation

Azam Geneviève, ATTAC

Les institutions internationales issues de Bretton Woods portent une
responsabilité dans la crise.

Convoquer sous l’égide de l’ONU une conférence internationale pour
redéfinir de nouvelles institutions internationales

Intégrer les négociations commerciales dans le cadre de l’ONU

Cossart Jacques, ATTAC

Pour une fiscalité coordonnée dans le cadre de l’ONU pour la prise en
charge des biens publics mondiaux (climat, santé, paix, stabilité
financière...)

Uniformiser trois types d’impôts : taxes sur l’ensemble des opérations
financières ; taxe additionnelle sur les profits des multinationales ;
fiscalité écologique

Gadrey Jean, économiste

Pour un ISF mondial

Aglietta Michel, économiste

Rôle (contrôle) des banques ; retour sous le parapluie des banques centrales

Jorion Paul, économiste

Il avait dans un ouvrage début 2007, (Vers la crise du capitalisme
américain, La Découverte) annoncé assez justement la crise américaine

Propose de pallier l’absence d’autorégulation en introduisant les
règlements qui préviendront l’alternance de laisser-faire et
d’interventions musclées de l’Etat, prône un projet de Constitution pour
l’économie

Lordon Frédéric, économiste

Voir article sur blog du Monde Diplo « Quatre principes et neuf
propositions pour en finir avec les crises financières »

Désincitation

Détitrisation

Délevierisation d’endettement

Régulation impérative de tous les acteurs non-bancaires de la finance de
marché

Déleviérisation « de marché » - les marchés organisés de produits dérivés

Nationalisation (européenne) des entreprises de bourse

Déleviérisation « de marché » - les marchés OTC

Désalimentation : une politique monétaire anti-spéculative

Déconnexion : encadrer les rapports entre la zone européenne financière
et les zones non régulées

Vers un nouveau Bretton Woods ?

Voir la pétition, signée par les mêmes ou presque : _www.stop-finance.org
<http://www.stop-finance.org/> _

A noter, côté médias, à la fois une persistance à vendre l’argumentaire
libéral et, le doute étant là, une tendance à se faire l’écho de grandes
interrogations ( sur le capitalisme ? Le libéralisme...)

8)Crise de la démocratie

Les débats portent aussi sur la question de l’impuissance de la
politique, la concentration des pouvoirs, l’absence de transparence, le
rôle des citoyens.

On retrouve ce débat en cours depuis des mois sur la perte de crédit des
citoyens dans la démocratie, « l’envie » de solutions autoritaires.

On trouve même ici ou là des allusions étranges au « capitalisme
chinois » comme un exemple, pour les pays du Sud notamment, de
capitalisme autoritaire qui marche...

Côté extrême droite, petite agitation côté Le Pen et De Villiers ;
attaque sans nuance de la mondialisation, éloge nationaliste.

9)Crise de la politique : le cas Ségolène Royal

Beaucoup de commentaires sur la prestation de S. Royal au Zenith. Et
tentatives d’explication (voire de théorisation) de ce genre de
manifestation.

Les idées qui reviennent :

*prendre au sérieux ce genre d’initiative, très travaillée ; ça préfigure
la vie politique de demain et ringardise les autres formes classiques
d’expression publique

*on va vers une vie politique qui privilégie l’émotionnel au détriment
du raisonnement

*on remarquera que tout le monde se souvient de la forme utilisée par
SR, personne n’a rien retenu du fond, pas la moindre idée. Exemple
paroxystique de la crise de la politique.

10)Partis

UMP : tract avec bulletin d’adhésion tiré à 4 millions d’exemplaires et
intitulé « Nicolas Sarkozy en première ligne pour lutter contre la
crise financière ! » avec photo du Président. Un mot y revient quatre
fois, en caractère gras : protéger. « Protégeons les Français.... »,
« Protéger l’épargne des Français... », « Protéger les épargnants »,
« Changeons la France pour protéger les Français ».

BULLETIN COM/IDEES
n°32 (202) 20 octobre 2008

1)La crise : double issue

Interview d’Immanuel Wallerstein, dans Le Monde du 12/10, intitulée « Le
capitalisme touche à sa fin ». Sociologue américain, braudelien,
présenté comme l’inspiratteur de l’altermondialisme, Wallerstein estime
que « les conséquences politiques de la crise actuelle vont être
énormes », que « nous sommes dans une période assez rare où la crise et
l’impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de
chacun » ; il ajoute « Il est absolument impossible de prévoir quel
modèle s’imposera finalement ; dans dix ans, on y verra peut être plus
clair ; dans 30 ou 40 ans, un nouveau système aura emergé. Je crois qu’il
est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation
hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire
se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif ».

Parle aussi de la fin de l’hégémonie américaine et d’un pays, les USA,
qui va devenir « politiquement instable ».

2)La crise : double effet

Nombre de commentaires traduisent la mise en accusation publique du
libéralisme, du capitalisme (voir sondage HD) ; dans le même temps, la
crise ravive les peurs, les repliements, les régressions. Un exemple : le
pouvoir profite de la confusion ambiante pour pousser les feux de ses
réformes « libérales », parfois avec un soutien accru. Le JDD titre « La
crise économique favorise des réformes que l’opinion rejetait » et prend
pour exemple le fait que les Français voudraient travailler le dimanche
(67% OK contre 59 en décembre 2007). A noter une assez nette différence
d’opinion entre la province et la RP (plus favorable que le reste de la
France), entre les jeunes (et les plus démunis), favorables, et les autres.

3)La crise et le capitalisme d’Etat

Insistance, dans toute une partie de la droite, sur l’alliance Etat et
capitalisme, la necessaire coopération ; on réveille là un vieux penchant
de la bourgeoisie française, une sorte de rêve (confus) de capitalisme
d’Etat ; on sent cette orientation dans la ligne majoritaire du Figaro
par exemple ( et de Dassault) : ou disons qu’on y sent une bourgeoisie
habituée à manier ce concept même si elle n’y croit plus.

On peut penser que cette orientation plait dans certains milieux
populaires ; on notera par exemple, dans le dernier sondage JDD, que les
catégoriés où Sarkozy regagnerait en popularité sont les ouvriers et les
électeurs communistes...

4)La crise, le bon et le mauvais capitalisme

Lourde pédagogie pour dissocier capitalisme financier et capitalisme
industriel, ceux qui spéculent et ceux qui font, le réel et le virtuel.
Mais nombreux et excellents papiers qui montrent:1) que le capitalisme a
toujours été aussi financier, en tout cas depuis au moins cinq siècles (
ce que montre par exemple Alain Badiou dans Le Monde du 18/10) ;2)que la
financiarisation à l’extrême de ces dernières années est
consubstantielle au capitalisme contemporain, qu’elle en définit tout le
tempo de ce système. Même les (sociaux) libéraux le disent : Balaons
l’idée fausse selon laquelle la financiarisation du capitalisme serait
sa perversion » dit l’édito du Nouvel Obs !

5)Libéraux sur la défensive

Feu roulant d’articles de libéraux, sur la défensive mais très actifs,
ainsi que de la presse économique pour sauver le libéralisme. « « La
mode était au libéralisme, il devient tendance de taper sur le marché »
se lamente Les Echos (16/10) qui demande de « ne pas retourner trop loin
en arrière » en matière d’intervention de l’Etat ; « non ce n’est pas la
fin du libéralisme » clame Novelli ( tribune in Le Figaro du même jou)r ;
« les excès du capitalisme financier ne doivent pas conduire à une
condamnation du système économique actuel » écrit Parisot (notamment)
dans La Tribune (même jour).

Les sociaux libéraux ne sont pas en reste ; voir la ligne du Nouvel Obs
piloté par le patron libéral Denis Olivennes qui signe son édito
« Condamner les errements pas le marché »(17/10).

6)La crise de la politique continue

Batterie de sondages contradictoires sur la popularité de Sarkozy.
Malgré son activisme regalien, il perd un point pour Le Point ; il ne
gagne qu’un point dans Paris Match ; 4 Français sur 10 jugent qu’il gère
mal la crise dans Le Figaro ; seul le JDD le fait monter. Tout le monde
souligne qu’il est loin de tirer le bénéfice possible d’une telle
situation de crise.

Bon papier de ce point de vue de JF Pecresse in Les Echos (20/10) qui
estime que pour l’opinion, la crise est autant la faillite des
politiques que des banquiers ; que la crise du politique reste profonde ;
que les gens jugeront aux résultats.

On peut pointer une égale distance à l’égard du politique dans la belle
tribune de Badiou (Le Monde, 18/10) ; il décrit parfaitement la crise
capitaliste, il réhabilite le communisme « dans sa neuve clarteé » mais
précise que tout renouveau « n’entretiendra aucune espèce de rapport
organique avec les partis existants ».

7)Le PS tout de même !

Long reportage de La Croix (16/10) chez les militants PS à l’approche du
congrès ; nombre de déçus ; nombreux ne voteront pas dans le débat
préparatoire au congrès, très critiques sur les bureaucraties internes
(« Le PS tient grâce à son réseau d’élus ; le revers de la médaille,
c’est que le réseau d’élus tient le PS »...). Bref des critiques très
dures mais en conclusion le jounal dit : »Reste que malgré leurs
critiques, malgré leur départ, la plupart de ces déçus se montrent
toujours enclins à voter pour leur ancien parti ».

On avait retrouvé un peu cet état d’esprit dans certains débats de la
Fête de l’Huma où des cadres du PS mais aussi de la gauche-gauche
altermondialiste par ex pouvaient être impitoyables avec le PS et
conclure sur l’idée que malgré tout « c’est là que ça se passe » !

8)Marx se vend bien

Le site Rue 89 écrit que « Marx est de nouveau à la mode » ; le livre 1
du Capital ou le texte intégral folio se vendent bien depuis l’été ; il
en part deux ou trois fois plus que l’an dernier. « Le mot capitalisme
avait presque disparu du vocabulaire, éclipsé par liberalisme et
mondialisation. Aujourd’hui même Sarkozy en use et abuse... »

9)L’Histoire des possédants

Excellente tribune de Christiane Taubira dans Le Monde (16/10) intitulée
« Mémoire, histoire et droit » où elle polémique contre le gourou de
l’Histoire « correcte », Pierre Nora et défend sa loi (sur la mémoire de
l’esclavagisme notamment).

Le législateur est fondé à intervenir quand le roman national est en
jeu, dit-elle ( on se rappelle qu’une cabale contre la loi Gayssot avait
été menée à peu près par les mêmes historiens) ; elle critique « ceux qui
brandissent un bouclier universitaire pour défendre des chasses gardées
à l’abri des échos et des grondements de la société ».

On se souvient que Nora avait milité pour qu’un des derniers livres de
l’historien marxiste britannique Hobsbawn ne soit pas traduit.

10)Partis

UMP :

L’UMP refonde. Premier atelier sur « la refondation du capitalisme »
tenu par l’UMP ; il faut « repenser l’architecture financière mondiale,
il faut un nouveau Btetton Woods » et « un nouveau gouvernement
économique mondial ». avec G8 + Chine, Inde, Brésil, Afrique.

Même thème chez Balladur dans Les Echos : pour refonder le système
financier mondial, faut faire appel à d’autres puissances que le G7 car
« l’Occident, Europe et Etats Unis, n’a plus la possibilité de décider
seul ».

FN :
le Front national sort une affiche ainsi formulée :

Crise financière
UMP/ PS/ PC / MODEM
Tous mondialistes
Tous coupables !
Rejoignez le FN

BULLETIN COM/IDEES
n°33 (202) 27 octobre 2008

1)L’opinion et la crise

Multiplication d’enquêtes sur les Français face à la crise. La Croix
(avec Sofres) du 24/10 titre « Les Français font toujours confiance au
capitalisme ». En vérité, d’une part la question principale portait sur
« l’économie de marché » et non sur le capitalisme.61% trouve ce système
le moins mauvais et à améliorer ; d’autre part, 29% le trouvent mauvais,
à changer, ce qui est tout de même une progression de 13 points depuis
2000 et « une proportion non négligeable » dit l’article.

Demande très forte de réglementation :76% soit un bond de 25% ! pensent
que demain l’économie sera plus réglementée ! Quasi unanimité (90%) pour
contrôler les banques, les rémunérations des patrons, les paradis
fiscaux, pour « des objectifs de rentabilité moins élevés ».

Nationalisations ? Pour 45%, contre 48%. A l’évidence la crise « a
contribué à lever ce qui était devenu politiquement un tabou, y compris
au PS ».

Autre enquête Parisien/CSA du 27/10 où l’on voit les Français prudents
(39%), inquiets (30%), préoccupé (26%).

2)Crise de société, repli sur soi et risque de déflagration

A noter les commentaires de Henri Vaquin, sociologue toujours dans Le
Parisien du 27l : pour lui , LA question posée est celle d’un nouveau
partage capital / travail. Les inégalités de traitement acceptées hier
deviennent aujourd’hui « intolérables ». Il continue de penser que la
combattivité des salariés est entravée par la menace de chômage ; « *on
assiste à un effet de sidération colossal ; il n’y a ni tension ni
combattivité, la tendance est au repli sur soi mais ce n’est qu’une
étape. Le sentiment d’injustice et d’impuissance qui est très fort a
alimenté une colère rentrée ; la question est de savoir comment elle va
se manifester* » ;

il ajoute que « la remise en cause des valeurs libérales dépasse le
cadre de l’entreprise, plus qu’une crise sociale, on va affronter une
crise de société.(...) La colère peut déferler ou trouver un message qui
la porte. » Faut rénover si on veut éviter « une déflagration ».

3)De l’argent, il y en a

Les plans d’urgence de sauvetage des banques et les sommes colossales
mobilisées suscitent de plus en plus un double commentaire : de l’argent,
il y en a ! pourquoi pas pour nous ? Un reportage (Le Monde) raconte que
c’est même la question la plus posée aux députés UMP de retour dans leur
circonscription.

Et c’est l’enseignement du sondage Les Echos/BVA : une écrasante majorité
(79%) « attend de Sarkozy qu’il trouve des fonds pour les plus démunis
et pour soutenir l’emploi ».

Le quotidien patronal parle aussi « de vraie remise en cause du système
libéral qu’il conviendrait de changer » (67%) et, tout comme les DRH il
a quelques jours, appelle le pouvoir à être prudent dans ses
réformes : « *Il faudra que les réformes soient très bien pesées, qu’on
évite toute charge symbolique trop forte pour ne pas avoir une explosion
sociale comme en 1995* ».
Ce thème (Il a de l’argent) a fait d’ailleurs la Une du Parisien du
23/10 : « Mais d’où vient l’argent ? »

4)Faut-il parler d’ « économie réelle » ?

Le terme d’économie réelle suscite débat ; il a l’avantage de distinguer
le monde de la production du monde de la spéculation ; il a
l’inconvénient de laisser entendre qu’il y a un bon capitalisme,
productif, réel et un mauvais capitalisme, cupide, irréel ; c’est le
discours de la droite sarkozyenne ( moralisation, etc...). Or le
capitalisme est production et finance à la fois et il en est ainsi
depuis des siècles. Ce que dit Badiou ; ce que dit le Nouvel Obs social
libéral ; ce que dit Alain Rey.

5)Financiarisation et inégalités sociales

Rapport implacable de l’OIT (Organisation internationale du travail)
intitulé « Finance et inégalités » qui montre que « la globalisation
financière a eu sur les inégalités des conséquences plus lourdes que
celle du commerce » : 1)elle a fait baisser la part des salaires au
profit du capital (dans plus des 2/3 des pays étudiés ;2)les chocs
financiers ont eu des répercussions dans les pays du Sud pour les plus
démunis ;3)la concurrence accrue a fait baisser partout la taxation des
bénéfices, les impôts sur le revenu et affaibli d’autant les politiques
de redistribution ;4) »l’aggravation des inégalités ruine l’efficacité
des politiques pro-croissance ».
Voir Le Monde du 22/10.

6)Les trois France

Enquête de la Sociovision (ex Cofremca) qui distingue trois France en
fonction des revenus : au delà de 3800 euros ; entre 1500 et 3000 ; en
dessous de 1500 euros. (Voir Le Nouvel Economiste, 23/10)

Au delà de 3800 euros, ces 10% d’ « happy few » se sentent à l’abri,
trouvent le monde plein d’opportunités et trouve la crise « normale ».

Sous 1500 euros, les ménages vivent en permanence sous pression mais
« *ils font le pari qu’ils n’ont rien à gagner à changer le système et
sont paradoxalement les plus enclins à défendre le statu quo*. »

Les 1500/3000 euros constitueraient la classe moyenne, qui se sent
vulnérable, a peur de décrocher, s’est brouillée « avec l’idée de
progrès » et se deséngage de certaines formes de cobsommation (les parques).

7)Pensée économique

Forte progression des ventes des théoriciens de l’économie, Galbraith
(La crise économique de 1929) ; Keynes (La théorie générale de l’emploi,
de l’intérêt et de la monnaie) : Marx (Capital) ; on signale aussi une
petite poussée pour l’ultra libéral Haek Friedrich (La route de la
servitude).

8)La crise et la mode

Une page entière du Figaro (16/10) sur la crise et la mode. La première
partie est intitulée « La classe bourgeoise revient dans l’air du
temps » : elle parle d’un « retour du charme discret des valeurs sures »,
twinset, jupe écossaise, collier de perles, de « réaction
protrectionniste à la crise »de trouble, de « répit ».

L’autre partie de l’article évoque la tenue des « banquières » qui
reviennent au classique (noir, gris) : « Faut la jouer profil bas, pas
que le client croie qu’on se moque de ses pertes ». L’article montre
qu’on demande surtout cet effort aux femmes, « les hommes ne semblant
pas renoncer à leurs grosses voitures ».

9)Obama, attente et illusion

A lire le débat entre Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, auteur de
« 50 idées reçues sur les USA » et Armand Laferrère (L’Amérique est elle
une menace pour le monde ? » in Le Figaro du 27/10. Les deux s’inscrivent
dans une victoire d’Obama. Question : « Qu’est ce qui pourrait changer
dans la politique étrangère ? » Laferrère : « Pas grand chose » ;
Boniface : « Ceux qui pensent que la politique américaine va changer du
tout au tout se trompent ». Question : Et en politique intérieure ?
Boniface : « Ce que je crains, c’est une déception liée à une attente
trop forte ».

10)Partis

UMP

Le parti a lancé un chantier pour « refonder le capitalisme » et cet
atelier du changement se réunit tous les mercredi jusqu’au 12 novembre
au siège de l’UMP, auditionne (De Bernard Maris à JP Fitoussi). Il
s’agit, dit le programme, de « remettre la finance au service de
l’économie réelle ». On parle de nationalisation des agences de
notation, encadrement des rémunérations, interdiction des parachutes
dorés dans certains cas, responsabilité sur leurs biens propres des
traders ayant pris des risques inconsidérés.

Le premier débat portait sur « Capitalisme financier : changeons les
règles » ; le second, animé par Frédéric Lefebvre, sarkozyste de choc,
traitait de « l’attractivité et la compétitivité de la France ». Là, les
uns ont dit que la protection sociale à la française était un « plus »,
d’autres ont dit le contraire, parlant de son coût. Les PME se disent
maltraitées par rapport aux grands groupes : on a parlé encore TP,
paradis fiscaux, ISF (à remplacer par un impôt sur le capital, dixit
Fitoussi).

L’ultra droite

Ele bouge ; on parle de la parution d’un bimensuel « Flash »,
altermondialiste d’extrême droite mais sans lien organique avec le FN.
Antiaméricain et antiisraelien. On y trouve Alain Soral (mouvement
Egalité et réconciliation), intello facho venu de gauche et candidat à
l’investiture FN pour les européennes en Ile de France. Critique de la
globalisation comme déracinant les cultures « ethniques » et anti
USA/Israel. Refuse le thème du choc des civilisations et l’orientation
anti-musulmans de l’extrême droite traditionnelle.

BULLETIN COM/IDEES
n°34 (203) 31 octobre 2008

1)Anticapitalisme à la hausse

Confirmant une tendance déjà pointée par plusieurs enquêtes ( notamment
La Croix du 24/10), nouveau sondage de Vivavoice/Libération du 27/10 sur
les « grandes familles de pensée » à gauche, une notion discutable mais
passons.

La gauche la plus anticapitaliste (PCF, LCR, alter) passe de 15 à 25% ;
la « gauche libérale auroritaire » (Roal) passe de 35 à 24%.

Pour Vivavoice, « *s’opère une réhabilitation de la gauche et de ses
valeurs* ».

Le clivage gauche/droite redevient pertinent : 60% le pensent contre 50
il y a un an ; les partisans de l’ouverture au centre passent de 68 à
58%. 45% veulent s’opposer ou modifier la mondialisation capitaliste et
44% (-9) veulent juste l’aménager.

Ce quotidien, qui titrait voilà un an « La gauche vire t elle à
droite ? », fait sa Une aujourd’hui avec « La gauche vire à gauche ».

2)Gesticulation sarkozienne

Forte campagne de communication à la gloire de Sarkozy et de ses
gesticulations, en France et dans le monde, de la part de médias comme
Le Figaro (culte de l’Homme d’Etat), d’intellos (Alexandre Adler), de
patrons ( Seillères et le patronat européen) ; le sommet est atteint avec
le JDD (26/10) qui fait un long papier sur Sarkozy globe-trotter luttant
(et gagnant) contre le décalage horaire !

Cet affichage permanent ne semble pas sans effet ; selon l’IFOP, 66% des
sondés estiment que le Président « joue un rôle majeur et décisif dans
les décisions internationales visant à faire face à la crise » ; ils
seraient 56% à gauche à partager cette idée.

Il gagnerait 3 points pour Sofres/Fig Mag, en perdrait 1 pour Ipsos/Le
Point ; disons qu’il se stabilise dans les basses eaux.
On parle de plus en plus du retour de Sarkozy à la direction de l’UMP.

3)Communication gouvernementale

Plusieurs études sur l’effort de « communication » de l’Elysée et de
Matignon, les millions investis dans ce travail, les propos de Thierry
Saussez d’aller vers des « émissions gouvernementales » à la télé, dans
le genre retour à l’ORTF et au ministère de l’information.

Cf le Figaro du 26 octobre qui signale que le budget de Sarkozy à la
Présidence (com et le reste) passe « de 5,9 millions d’euros en 2008 à
près de 23 millions en 2009 » !

Cf l’article de Médiapart, « Et revoilà le ministère de l’information ! »
du 29/10.

Cf Le Canard Enchaîné (30/10) : les communiquants de l’Elysée veulent
faire passer le message : on est là pour protéger la population et non
sauver les banquiers...
On remarquera que ce travail de propagande va de pair avec une
insignifiance médiatique entretenue, une désinvolture, une
personnalisation à outrance d’enjeux politiques, une pipolisation
permanente ; voir les dossiers consacrés à Rachida Dati ou à Strauss Kahn...

4)Le message passe mal

*Cet effort vise surtout à répondre à un vrai problème : le message
présidentiel passe mal*. La gesticulation présidentielle donne le
tournis même à l’UMP ; l’incapacité du pouvoir à maîtriser les marchés
est soulignée, son plan emploi est moqué, les difficultés accrues du
crédit, l’inégalité de traitement entre les riches et les autres
reviennent comme des refrains.

Nombreux papiers ( Le Parisien, Profession politique...) montrant que
les élus UMP « se font engueuler sur les marchés. Beaucoup de gens nous
disent : vous avez 360 milliards pour les banquiers, les patrons, les
riches ! On a un boulot pédagogique super-dur » (Parisien, 29/10).

« Les élus de la majorité sont en grande difficulté d’explication »
(Profession politique, 29/10).
C’est exactement le même enseignement que donne l’enquête BVA/La Tribune
du 9/10 dans son « Baromètre de l’économie » : « *Les Français sont plus
pessimistes que jamais sur l’avenir économique et ne sont pas ou plus
sensibles au volontarisme économique affiché par l’exécutif* ».

En même temps ils trouvent que la crise touche moins la France que les
autres et ne croient pas à la faillite de leur banque.

5)La crise fait cogiter

La bataille d’idées autour de la crise s’étoffe même si le niveau est
parfois décevant.

Dans le débat proprement politique, il a souvent des mots « forts » qui
cachent des idées « faibles » : il faut « refonder » le capitalisme pour
la droite, « refonder » la social démocratie, dit-on dans la presse de
gauche. Longs papiers dans La Croix (31/10) où le président de Terra
Nova dit : « Nous allons entrer dans une période de confrontation
idéologique entre la droite qui doit repenser un modèle libéral en crise
et la gauche qui doit fonder une social-démocratie moderne ». Mais les
idées avancées sont maigres. En retour, l’édito du Figaro, « Les habits
neufs de la droite » sous entend qu’ue cette droite doit bouger « parce
que la rigueur des temps l’exige »...

Débat peut être plus intéressant du côté des hebdos. Débat économique :
sur l’économie de marché qui « doute d’elle même » (Nouvel Economiste).

Jean-Luc Gréau, auteur de « La trahison des économistes » est plusieurs
fois sollicités et il pointe plusieurs thèmes : quid de la gouvernance
financière ? Quid de l’endettement ? Quid de la demande globale ?

Débat sur la démocratie : c’est le cas d’Emmanuel Todd (Nouvel Obs) qui
« envisage trois options pour une classe politique à bout de souffle » :
l’ethnicisation ; la remise en question du suffrage universel ; le
protectionnisme européen.

6)Capital et pouvoir oligarchique

Excellent dossier du Monde (31/10) sur la banque américaine Goldman
Sachs, ses liens consubstantiels avec le pouvoir Bush, son rôle dans la
spéculation et ses gains dans la crise actuelle ; l’édito montre qu’en
cas de victoire d’Obama, les futurs minstres du Trésor viendront
de...Goldman Sachs !

7)Le phénomène Besancenot

Publication d’un essai de Denis Pingaud, L’effet Besancenot, Seuil,
complaisemment présenté dans Libé. Pingaud, ex de la LCR, est directeur
d’Opinionway.

A retenir ce sondage:65% des sympathisants de gauche jugent que la
France a besoin d’un parti anticapitaliste ; 90% des électeurs potentiels
de Besancenot « souhaitent q’en cas de victoire socialiste, le NPA
participe au gouvernement » !

8)Décroissance et malthusianisme

La crise est prétexte à un certain retour du discours sur la croissance
zero, l’austérité, le malthusianime. Le propos est plus que subliminal
chez les Verts (Cf C. Duflot lors du dernier forum de la gauche) ; il
prend appui sur certaines restrictions d’ores et déjà à l’oeuvre dans
nombre de foyers, comme le montrent les dernières enquêtes ; il trouve un
écho à droite. Le Figaro du 31/10, sous la plume de Rioufol, dans un
papier intitulé « Sale temps pour les flambeurs » écrit : »Le télescopage
des catastrophes financières et écologiques obligent à la régulation des
marchés et à la réduction des consommations. Il n’y a plus le choix sauf
à croire possible d’apprivoiser des tumultes. La « mondialisation
heureuse » et l’idéologie impensée du progrès virent au cauchemar. »

9)Obama et le changement

Obama n’est pas (encore) élu que déjà un débat se développe : qu’est ce
que ça va changer ?

Rien, dit notamment le Herald Tribune du 28/10 (voir aussi le face à
face d’experts dans Le Figaro, évoqué dans notre bulletin de la semaine
dernière).

Ça va tout changer ou presque, dit au contraire Bernard Guetta dans
Libération du 29/10, « Le tournant du 4 novembre ».

10)Partis

MODEM

Forte couverture de presse de sa première « conférence nationale » ; ce
parti, par bien des côtés plus libéral que l’UMP, a contourné l’obstacle
en proposant « une voie entre capitalisme et socialisme » qui serait
l’humanisme ; propos flous contre « la marchandise », contre « l’avoir »
et pour « l’être » ; à noter cette critique de Barou des tentatives de
Sarkozy de réguler le capitalisme : « Il y a de la naïveté à croire qu’on
peut dicter à des mécanismes en oeuvre depuis le début des temps de se
plier à la volonté politique publicitaire ».

UMP

Campagne « surréaliste » des jeunes UMP, « Jeunes populaires »,
intitulée « Nous sommes révolutionnaires » ; il s’agit, dans la lignée de
la campagne des présidentielles de Sarkozy, de vendre de vieilles idées
réacs derrière une phraséologie « ultra révolutionnaire » ; leur prose
dit : « Comment peut on se priver de ce beau mot de Révolution » ou « on
est pour le changement radical » ou « RSA= Révolution sociale » ; ils
sortent une affiche texte disant simplement « 100% révolutionnaire ! » ;
des autocollants « A nous la révolution ! » ou « la révolution est en
marche » ; bref détournement, confusion et appropriation. Pas sûr que les
(jeunes) militants UMP s’y retrouvent. Ils parlent de faire des
descentes en banlieue...

DSK

Place médiatique croissante, et considérable, accordée à DSK ; impression
d’une sorte de cogestion DSK/Sarkozy de la crise ; le personnage est
plébiscité dans les sondages.

BULLETIN COM/IDEES
n°35 (204) 6 novembre 2008

1)Vive la crise ?Vers un « nouveau libéralisme »

Voulait-il mimer l’opération idéologique de 1984 où le lobby
social-libéral ( et la voix d’Yves Montand) proposait une justification
au glissement à droite de Mitterrand ? Le quotidien financier La Tribune
faisait sa Une du 3/11 sur « VIVE LA CRISE ! » et un dossier de huit
pages sur « tout ce qui allait changer en mieux après la crise
financière ». On y exprime l’espoir d’une « renaissance » du capitalisme
autour de sept thèmes : un nouveau « fordisme », un marché mieux soutenu
par l’Etat, plus de technologies vertes, un monde plus multipolaire, une
mondialisation plus « organisée », enfin saisir quelques opportunités de
croissance.

On retrouve là, quasi théorisée, cette capacité (ou prétention) des
libéraux à rebondir, ce cynisme à sauter « sur les bonnes occasions »,
développés dans plusieurs médias ces dernières semaines. Cette envie
aussi de donner une lecture libérale de la crise avec l’apparition de
concepts un peu nouveaux genre « l’étatisme libéral », « le liberalisme
interventionniste »,etc.

On assiste d’ailleurs, après un relatif silence, à un gros effort de
réhabilitation du libéralisme comme en témoignent :

1.

la Une et le dossier de « Enjeux Les Echos » intitulé « Le
libéralisme dévoyé, ruiné, sauvé »

2.

l’édito du nouveau chef de rédac des Echos/Enjeux, Eric Le
boucher, jusque là chroniqueur très libéral du Monde : « Le besoin
se faisait sentir avant la crise d’un nouveau libéralisme, assis
sur un nouvel équilibre entre le marché et l’Etat ».

3.

le long article du Nouvel Economiste, « Tri sélectif. La nouvelle
économie politique, le bon grain, l’ivraie » où l’on trie « les
dogmes à jeter » et « les dogmes à garder »...

4.

le dernier numéro d’Esprit, « Dans la toumente financière » où
l’on définit de nouveaux rapports acteurs financiers/Etat dans un
cadre libéral

5.

l’article de Christian Chavagneux dans « Alternatives
économiques » commençant par : « Le libéralisme économique n’est
pas mort en octobre 2008 »

2)Pouvoir d’achat : le débat continue

Passé au second plan, le débat sur le pouvoir d’achat n’en continue pas
moins. Les libéraux minimisent le recul salarial, tel JM Vittori dans
Les Echos du 5/11 : « Non, les salariés ne sont pas sacrifiés ! » Il
prétend que la réduction de leur part dans la valeur ajoutée s’est faite
dans les années Mitterrand et que depuis, les choses n’ont plus bougé.

Au contraire dans Marianne2 (5/11), un dirigeant du SNUI donne quelques
citations ( le coût du travail en France est un des plus faibles
d’Europe ; la productivité française est exceptionnelle ; les Français
travaillent beaucoup ; etc) tiré du rapport de l’AFII, Agence française
des investissements internationaux (ministère de l’économie).

3)Les riches n’ont plus la cote....aux USA

Dossier du Monde du 6 novembre intitulé « Aux Etats Unis, la colère
enfle contre les banquiers « égoistes » et « cupides ». YouTube diffuse
des raps anti-banquiers, CNN pointe les responsables financiers de la
crise ; Wall Street Journal s’indigne de voir l’argent donné aux banques
servir de bonus pour les directions ; un chercheur estime que « la
concentration des patrimoines est devenue aus USA un sujet brûlant »
(d’où la proposition Obama de taxer les plus riches). En même temps, une
campagne cherche à distinguer les mauvais milliardaires (spéculateurs)
des bons milliardaires (producteurs)...

Pour les riches de France, voir le dossier « révélations » du mensuel
Capital de novembre où l’on montre que les rémunérations des pdg en 2007
ont été « un superbe millésime » ; l’article est intitulé « dernier
jackpot avant le krach ».

Voir aussi Challenges qui fait un palmares des grandes fortunes (on
retrouve les mêmes, Arnault, Bettencourt, Pinault...).

4)Bourse : le retour américain ?

En un an les Bourses mondiales ont perdu la moitié de leur valeur ; 20
000 milliards de dollars se sont évaporés ; soit la moitié des richesses
produites sur la planète en un an ; ou dix fois le PIB français.

Cette « purge » semble avoir pour l’heure redistribué les places sur
l’échiquier des grandes capitalisations. Les groupes américains semblent
s’en sortir mieux que les autres... sept firmes US s’imposent dans le
top dix mondial ; ils n’étaient que quatre il y a un an.

5)87milliards pour les patrons en 2009

Article des Echos (4/10) chiffrant la totalité des aides publiques aux
entreprises en 2009 : 32 milliards de déductions, dégrèvements et autres
exonérations (TVA pour travaux dans l’habitat, moindre taxation des plus
values sur des cessions de titres de participation, TIPP, crédit impôt
recherche)+ 33 milliards d’exonérations de cotisations sociales (voir la
dernière loi sur la Sécu) +22 milliards d’aides annoncés par Sarkoz « en
raison de la crise ». Total = 87 milliards

6)Renouvellement de l’Eglise ?

Réunion à Lourdes des évêques de France pour l’assemblée plénière
d’automne ; plusieurs sujets à l’ordre du jour : la bioéthique, le
patrimoine et « la visibilité de l’Eglise dans la société ».

Claude Dagens, évêque d’Angoulême, planche sur ce sujet de la
« visibilité dans une société de plus en plus marquée par l’indifférence
religieuse ». Il ne se veut pas catastrophiste, dit même : « Cessons de
nous bander les eux, les signes de renouvellement de l’Eglise sont vus
par certains mais pas forcément dans les milieux catholiques ». Il
reconnaît un « affaiblissement » mais « il a une attente spirituelle
bien présente dans notre société ».

Des tables rondes avec des sociologues sont prévues durant cette rencontre.

Eglise/Sarkozy : la bataille du dimanche

L’eglise n’apprécie pas la tentative de Sarkozy pour le travail du
dimanche. A noter cette phrase du cardinal Vingt Trois à l’ouverture de
la rencontre des évêques de Lourdes : « Gagner plus doit-il devenir le
principal objectif de l’existence ? »

7)L’art, le luxe, le fric

Bon papier de Philippe Dagen, service culture, dans Le Monde du 1er
novembre sur le marché de l’art aujourd’hui, le recours sstématique à la
provocation simpliste pour vendre (cher) : ces artistes « font de la
provocation leur procédé unique, du scandale un pur argument
publicitaire. Bien loin de le contester, ils tirent le parti le plus
avantageux du capitalisme. Non seulement ils n’ont aucune critique à
formuler contre lui mais ils flattent quelques uns de ses milliardaires
en les faisant passer pour des protecteurs de l’art » ; ils font de l’art
« une branche spécialisée du luxe et du divertissement ».

8)Portrait social de la France

Publication du rapport annuel « France, portrait social » de l’INSEE,
qui donne une photographie de la vie quotidienne des concitoyens : niveau
de vie, diplômes, salaires, logement ; Bons résumés dans L’Humanité et Le
Figaro du 6/11. L’Insee montre que l’éducation, la santé, le logement
social « contribuent deux fois plus que les transferts monétaires à la
réduction des inégalités ».

9)Pouvoir et PME

Nombreux articles ces dernières semaines sur les rapports plus
difficiles entre le pouvoir et les PME. La conviction que les « élites »
n’ont pas vu venir la crise ; le traitement privilégié réservé aux
grandes sociétés ; l’impression qu’on récompense celui qui spécule et non
celui qui travaille ; les difficultés d’obtenir de nouveaux crédits des
banques, tout cela nourrit une défiance nouvelle des PME vis à vis de
Sarkoz.

« On mesure mal la rétractation de l’économie qui peut naître des dégâts
psychologiques nés de ces excès » écrit le directeur de l’Institut de
recherches économiques et sociales in Libé du 25/10.

10)Partis

PS

On notera, dans les débats préparatoires du congrès, non seulement la
prise de distance des différents courants avec le terme de « libéral »
(sauf Delanoé) mais aussi avec l’expression de « social-démocratie » qui
ne semble plus avoir la cote. S. Royal dit que « la social démocratie
est une idée périmée » ;Hamon dit que « l’avenir du PS ne peut être le
passé de la social démocratie » ; Aubry n’en parle plus ; Delanoé parlec
de « socialisme réformiste ».

UMP

Sarkozy profite de ses déplacements officiels pour caser des meetings
(secrets ?) avec les militants UMP. Voir le reportage du Parisien du 5/11.

BULLETIN COM/IDEES/EUROPE
n°36 (205) 15 décembre 2008

Jusqu’au scrutin du 7 juin, et au delà, le bulletin Com/Idées entend
mieux prendre en compte dans ses relevés les enjeux européens.

1)La classe ouvrière

Dossier fort de La Croix (13/12) intitulé « Qu’est devenue la classe
ouvrière ? », montrant bien comment l’ouvrier a disparu du vocabulaire et
de l’imaginaire alors qu’il représente toujours un quart de la
population active, six millions d’individus. Rôle accru de
l’individualisation des tâches, recul du collectif ; implosion de
symboles (mines, textile, metallurgie) ; minoration de l’expérience face
à l’école ; recul du sentiment d’appartenance. Dans le même temps, des
bouts d’identité demeurent : la fierté du travail bien fait, le sens des
luttes, la proximité de situation avec les emploés.

Allusion aux travaux de Michel Simon ; entretien avec une universitaire
de Grenoble sur le vote ouvrier.

2)Poudrière

Plusieurs articles évoquant, à partir de « l’exemple » grec, le
caractère explosif de la situation sociale française. « Nous sommes sur
une poudrière » écrit la sociologue Isabelle Sommier dans Libération
(12/12), parlant de « la peur des jeunes », la desespérance sociale, le
déclassement en cours, le sentiment d’inutilité des formes
traditionnelles de luttes et l’envie d’action directe, d’action
immédiate, les risques de violence.

3)L’Eglise et le travail du dimanche

L’Eglise est très mobilisée contre les tentatives d’instaurer le travail
du dimanche ; voir notamment l’entretien avec le cardinal André
Vingt-Trois dans La Croix du 13/12 ; il s’élève contre le
concumérisme : « Entraîner des familles à consommer toujours plus, c’est
cela l’asservissement ! »

4)Les libéraux et l’emploi

Idéologue du libéralisme économique du Figaro, de Kerviel consacre sa
dernière chronique (9/12) aux ravages que va faire l’extension prochaine
du chômage ; papier alarmiste qui ironise sur les mesures « sociales » du
pouvoir ; ce qu’il faut au contraire, cest « amplifier coûte que coûte
les réformes », considérer qu’une « perte d’emploi, loin d’être un
drame, peut être une opportunité » ; pour cela, deux conditions : le
chômeur doit être aidé à se construire une nouvelle carrière ( « la
recherche d’emploi doit être considéré comme une activité à plein
temps » sic !) et il faut que le marché de l’emploi soit plus flexible.
C’est, conclut-il, ce que proposait la commission Attali.

5)Populisme

Université annuelle du Club de l’Horloge, organisme dirigé par de
Lesquen, servant de passerelle entre la droite et l’extrême droite, les
6 et 7 décembre à Paris. Thème : « Le populisme, une solution pour
l’Europe en crise ». Si étaint invités les ultras belges et autrichiens,
c’est vers l’Italie que les regards convergeaient : »c’est le modèle
italien qu’il faut suivre », c’est à dire un parti ultra (Ligue du Nord)
jouant le jeu de la participation gouvernementale. Pour permettre de
« réduire le fossé avec le peuple ». On a parlé discipline (et uniforme)
à l’école, identité culturelle.
La Ligue a accepté de soutenir le traité de Lisbonne en échange d’une
politique plus dure avec l’immigration.
Participaient les megretistes et le Bloc identitaire.
Long papier du Monde.

6)PS et PSE

Le PS entend beaucoup plus s’investir dans le PSE mais « le PSE ne
résume pas la position du PS » (Benoît Hamon) : telle est la position
équilibriste que développe la nouvelle direction Aubry.

Longue tribune libre de Henri Weber (Le Monde, 9/12) sur « Les chantiers
Aubry » ; pour lui, « le PS doit réfuter point par point les postulats du
libéralisme économique » et « les leaders des 33 partis socialistes
européens ont adopté à Madrid un plan d’action d’urgence » (qui)
« tourne la page du social libéralisme ».

Il ajoute que « la premlière convention nationale de la nouvelle équipe
doit porter sur l’Europe » ;

Or les deux textes communs récents de la social démocratie européenne
plaident d’abord pour une ratification rapide de l’ultralibéral Traité
de Lisbonne. C’est le cas de la « déclaration des leaders sociaux
démocrates de l’Union » (30 novembre) et du « manifeste de Madrid des
leaders socialistes » du 1er décembre (dont Martine Aubry).

Le premier dit que « le traité de Lisbonne sert mieux les citoyens
européens, permet un fonctionnement plus démocratique et plus
transparent des institutions et renforce la capacité à affronter les
défis mondiaux » ; il doit être adopté et appliqué.

Même topo et mêmes mots dans le second texte : « L’entrée en vigueur du
traité de Lisbonne renforce la capacité de l’Europe à affronter les
défis communs ».

Pour Aubry, il faut à la fois « réorienter la construction européenne »
et considérer ce manifeste comme « un socle essentiel pour les élections
de juin ».

7)PGE

Texte intégral de la plate-forme pour les élections de juin publié dans
L’Humanité du 8 décembre.

Synthèse et entretien avec Bisky dans l’Huma du 2/12.

Bon dossier aussi dans les pages Débats/Huma du 6/12 ; lire la
vice-présidente du SPD qui assimile l’opposition au traité de Lisbonne à
« du nationalisme de gauche » et dit que Lisbonne n’est pas un problème,
le problème étant son application par les gouvernements de droite...

8)Cohn-Bendit et Giscard ou le duo oui-ouiste

Long article du Figaro (10/12) sur le débat très consensuel
Cohn-Bendit/Giscard devant les étudiants de Paris-Dauphine.
On peut aussi suivre le débat sur le site de Dauphine.
Extraits :

« Ces deux hommes que tout sépare ont un destin européen commun »
s’émeut le journal.

Ou

« L’Europe entre eux est objet d’une forte volonté commune et de
quelques divergences »

Ou

« Sur la crise ils ont posé un diagnostic plus consensuel « (que sur la
Turquie).

Violente charge de VGE contre le NON français de 2005.

9)Sondages

Enquêtes contradictoires sur la popularité de Sarkozy.

LH2/Nouvel obs (9/12) dit qu’elle grimpe de 3 points (46),
singulièrement dans les milieux populaires( bas revenus = +17 ; ouvriers :+7).

A l’inverse, IFOP/Paris Match (10/12) parle d’un recul de 2 points ( à 45%).

Première enquête IFOP/Paris Match sur les européennes du 7 juin : UMP et
PS à 22%, Modem à 12, Ecolos à 11%, NPA à 8, FN à 7. Le « front » du PCF
pas pris en compte. Selon l’IFOP, une liste PCF seul recueillerait 4%.

A noter le sondage CSA/Humanité du 15/12 sur les Français, le
capitalisme et le PCF.

10)Autres partis

UMP

On retiendra des nombreux commentaires qui ont accompagné la
mini-réorganisation interne de l’UMP (venue de Bertrand, etc) que
Sarkozy s’attend à une année 2009 difficile et où la droite devra faire
beaucoup de politique...

LO

Refuse, à son congrès annuel, toute alliance tant avec le NPA qu’avec un
front PC/Mélenchon ; présenterait sa liste avec, comme porte-parole,
Nathalie Arthaud, enseignante lyonnaise.

NPA

Génération Besancenot ? Article du Nouvel Obs (6/11) sur les nouveaux du
NPA, plus jeunes, moins « blancs », moins formés politiquement. Une
critique régulière : le parti manque d’objectifs concrets.



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