Roissy 2010

Dans "Enquêtes au bord du Morbras", 2010, on trouve "Rat noir et parfum de pomme", un atelier d’écriture avec la classe de 5e de Mme Lemazurier au
CES Delacroix, à Roissy en Brie.

Chapitre 1

Quand elle entre dans la maison, Clara comprend qu’il y a quelqu’un. La porte, derrière elle, se ferme toute seule. Un rideau est ouvert alors que ce matin, quand elle est partie la dernière, il était fermé. Elle entend un bruit de pas ; le parquet grince. Dans une pièce, une lumière s’allume puis s’éteint. A l’étage, un objet tombe à terre.

Clara panique. Elle a treize ans, elle vit chez sa mère, avec son frère, Julien, un an de moins qu’elle. Une maison isolée proche de la forêt. D’habitude, quand elle rentre, elle est seule,

Elle se précipite dans la cuisine et s’arme d’un couteau, par prudence. Elle grimpe les escaliers sur la pointe des pieds, s’arrête, écoute. Oui, cela recommence cette impression qu’il y a quelqu’un, c’est sûr.

Les battements de son cœur s’accélèrent. Elle va rentrer dans la chambre, hésite au moment d’ouvrir la porte puis l’ouvre quant même. Rien ! Oui, rien d’anormal ! Sauf son chat, Tarzan, qui passe, fait le gros dos.

C’est alors qu’elle les voit : deux chaussures rouges qui dépassent du bas du rideau de l’armoire. Elle fait comme si de rien n’était ; l’intrus ne doit pas savoir qu’elle l’a vu ; elle passe devant l’armoire, va vers la fenêtre. Elle sent soudain un courant d’air dans son dos, se retourne lentement : les chaussures ont disparu !

Elle court à la porte, aperçoit une silhouette dévaler les escaliers puis entend un cri ; elle descend à son tour et voit l’homme aux chaussures rouges à terre, un poignard dans le dos. Elle s’approche, le touche, il est mort. Mais elle n’a pas le temps de voir son visage.

Soudain, elle entend les sirènes des policiers. Comment ont-ils été prévenus ? Clara est pétrifiée, elle ne sait quoi faire. Les agents arrivent, les inspecteurs Ludovic A. (25 ans) et Chaâbane C. (30ans)) ; ils l’interrogent, la soupçonnent. Pour eux, ça semble évident, sa présence sur les lieux du crime, les traces de doigts…

Sa mère, Elisa Sophie Dubois, arrive au commissariat ; elle est avocate ; elle explique que depuis quelques jours, un ancien client, Nick Hiller, qui est en prison, la menace ; il ne supporte pas d’avoir été emprisonné ; justement, ces jours-ci, il a eu une permission de sortie.

La mère retourne à la maison avec sa fille. La nuit, cette fille rêve, ou cauchemarde. Elle est enfermée dans une pièce fermée à clé ; on la menace avec un râteau ; elle pleure toutes les larmes de son corps ; pour sortir, pas d’autre issue qu’une petite fenêtre verticale ; elle prend une chaise, monte sur une étagère, réussit à sortir ; elle court, elle court, elle ne comprend pas comment ce qui était au début une partie de cache-cache a pu tourner au drame ; celui qui la poursuit s’appelle « le rat noir » et il lui répète : je sais que tu connais le coupable ?! » C’est alors qu’elle se réveille !

Chapitre 2

Clara, un mètre soixante cinq, est mince, les cheveux roux, un grand front allongé, les yeux verts, un nez aquilin, des jambes fines et de grands pieds ( elle chausse du 43).
D’un jour à l’autre, elle peut changer sa façon de s’habiller. Un jour, elle est rebelle, au look gothique, tout en noir ; un autre jour, elle est chic, jupe mi longue noire, chemise blanche jusqu’au cou, bottes à talon haut et bijoux de valeur.
Un jour elle porte des vêtements de marque, un autre jour elle s’habille en garçon.
Son caractère aussi est changeant. Une fois aimable, simple, une autre fois orgueilleuse, hautaine. Comme si elle ne savait pas vraiment qui elle était.

Ce matin-là, Clara apprend une double bonne nouvelle. Elle apprend par l’inspecteur Igor que le mort, l’homme aux chaussures rouges, n’est pas mort. Blessé par le poignard, il était dans le coma mais il vient de se réveiller. Autre bonne nouvelle : on a trouvé son identité, il s’appelle Jonathan.

« Jonathan ?! mon copain Jonathan ? dit Clara.
L’homme aux chaussures rouges était son ami, Clara commence à comprendre.
Hier, Jonathan devait venir la rejoindre chez elle pour jouer. Il a du arriver avant elle, la porte était ouverte. Il a vu quelqu’un dans la maison roder avec un poignard, il a eu peur, il s’est caché derrière le rideau de l’armoire de la chambre. Quand Clara est entrée, il n’a pas bougé, il ne voyait pas que c’était elle, il pensait que c’était le tueur. Que voulez-vous, on ne voit rien derrière un rideau.

Clara pense à son ami et elle se demande qui est l’assassin, en tout cas qui est celui qui a voulu le tuer ? L’inspecteur Igor a plusieurs pistes :
- on dit que Nick Hiller, très mécontent de son procès, veut se venger de la mère de Clara, son avocate ; il aurait engagé un tueur ; celui-ci aurait poignardé Jonathan ; mais pourquoi Jonathan ?
- on dit aussi que le tueur était venu voler l’ordinateur du père de Clara car il avait enregistré des vidéos très compromettantes pour le gouvernement chinois !
- on dit encore que la famille de Clara était fâchée avec un employé de l’agence immobilière « Le rat noir » et qu’un notaire, qui voulait récupérer leur maison, voulait leur faire peur pour qu’ils partent.
- on dit toujours que la maison de Clara semble appartenir à des riches ; ça promet un gros pactole à un voleur ; ce serait donc un vol qui aurait mal tourné ?

Clara ne sait que penser de toutes ces pistes. Et puis il y a l’expression « rat noir » qui revient presque chaque fois. Elle même a rêvé d’un « rat noir ». Pourquoi ? Elle se rappelle avoir acheté un livre qui s’appelait « Rat noir » ; elle connaît aussi une amie qui s’est fait tatouer un rat noir sur l’épaule ; mais encore ?

Plus tard elle fait du jogging pour se détendre et tombe sur une annonce publicitaire « L’association Rat noir fête ses cinq ans ; venez nombreux ; grande fête à la grande halle ! » Elle n’allait pas refuser une telle annonce.

Sa mère part travailler, elle se met à réfléchir. Puisque les policiers refusent de la croire, elle se passera d’eux pour mener l’enquête. Va t elle la mener avec sa mère ? Non, elle ne sera jamais d’accord ! Quant à son frère, leur récente dispute l’empêche de lui parler. Après ce qu’il lui a fait… En effet, il avait essayé de l’étouffer pour une simple histoire de confiture de pommes. Il était sur les nerfs mais ce n’était pas une raison. Elle ne voit qu’une seule personne : Caroline, passionnée d’informatique, est sa « best friend », sa meilleure amie depuis la maternelle. Une grande blonde. Elle peut compter sur elle.

Clara se propose d’abord d’aller voir Jonathan, après tout c’est lui qui a vu le tueur…Puis les deux filles se retrouveront et, ensemble, iront à la fête du Rat noir.

Chapitre 3

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Chapitre4

Jonathan se réveille. Il doit appeler Clara. Il trouve son portable.
« Clara ? C’est Jonathan.
« Oui.
« Un secret, méfie toi de Caroline !
Clara regarde son amie Caro qui n’entend pas la conversation.
« T’es fou, pourquoi tu dis ça ?
« Le parfum !
« Quel parfum ?
« Le parfum de pomme ; je t’ai dit que mon agresseur était parfumé, une odeur de pomme.
« Et alors ?
« Caroline m’a confié un jour que c’était son parfum préféré.
« Tu dis n’importe quoi ! répond Clara.

Elle pense que c’est l’effet de la piqûre. Cependant Clara est troublée. Caroline est passée dans la cuisine, son sac est sur la table ; il est à moitié renversé ; Clara voit un objet, s’approche : c’est un badge de l’hôpital au nom de Mlle Annick ! Elle voit une seringue !

Clara ne comprend pas ; elle se met à fouiller dans le sac et tombe sur une photo représentant Caroline, enfant, sur les genoux de… Nick Hiller ?!?! Au dos de la photo, on lit : « A ma fille que j’aime tant. N.H. »
Qu’est ce que ça veut dire ? Caroline, son amie Caroline, sa best friend, qu’elle connaît depuis toujours, Caroline, la fille de Nick Hiller ? Et cette histoire de badge de l’hôpital ? De seringue ? Caroline se serait déguisée en infirmière ? Incroyable ?!

C’est alors que Caroline revient, surprend Clara qui fouille dans ses affaires ; elle change de visage, devient folle furieuse. Elles s’attrapent par les cheveux, Caroline pousse Clara dans un fauteuil, l’attache avec un long fil électrique ; elle rit, méchante :
« Alors, tu veux tout savoir de A à Z ?
Clara prend peur devant cette furie qu’elle ne reconnaît plus.
« Si mon plan avait marché, ton Jonathan ne serait plus de ce monde !
« Mais pourquoi ?
« Mon père est Nick Haller ; c’est resté un secret et tout le monde croit que je suis juste une fille adoptée ; or mon vrai père a passé des années en prison pour une histoire dont il n’est pas coupable ! Tout ça par la faute de ta mère !
« Mais, mais…
« Parfaitement, tout cela est de la faute de ta mère ; alors papa m’a demandé d’aller chez vous, de trouver dans l’ordinateur des preuves de la tricherie de ta mère ; mais Jonathan est arrivé, j’ai dû l’éliminer.
« Et l’hôpital ?
« Plus tard, j’ai appris par toi qu’il avait survécu, qu’il était à l’hôpital ; je me suis déguisée en infirmière pour le piquer une fois pour toutes, mais tu es arrivée trop tôt et je n’ai pas pu faire comme je voulais.
« Mais pourquoi cette haine contre Jonathan ?
« Car je sais qu’il a compris, compris que c’était moi la coupable, peut-être aussi compris que mon père est Nick Haller. Alors, pas question qu’il parle ! Et toi non plus tu ne parleras pas !

Soudain on entend dans la rue une voiture de police. En sort l’inspecteur Igor, avec des lunettes de soleil.
« Vite, vite, dit il à ses adjoints !
Ils entrent en force dans la maison ; Igor se précipite sur Caroline qui n’a pas eu le temps de bouger.
« Bande de crotales, hurle t elle ; je reviendrai pour me venger !
« Oui c’est ça, quand tu sortiras de prison… Avec ton dossier, tentative de meurtre, tentative d’empoisonnement, tu vas en prendre pour 40 ans. A ce moment là, je ne sais pas si tu auras encore la force de te venger.

Clara demande à l’inspecteur comment il a fait ; il répond qu’il était à l’hôpital ; il a vu Jonathan ; même si le garçon était à moitié drogué, l’inspecteur a réussi à le comprendre, le rôle de Caroline, fille de Mick Hiller ?! Il savait aussi qu’elle était chez Clara !
Clara profite de la présence du policier pour lui parler de l’agence « Rat noir ».
« Je crois qu’on va fermer cette agence, dit-il.

FIN



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