Roissy, 2011

Atelier d’écriture, Roissy/Brie, 2011

Collège de Roissy
Classe de 5è
Mme de La Perrelle

Roissy2/ A

UNE CABANE DANS LA FORET

Armelle
Coralie

Magali ouvre la porte et comprend, trop tard, qu’elle est tombée dans un piège. « Oh my god ! Crie-t-elle.
Un homme est à terre alors qu’ une ombre saute par la fenêtre.
Un moment elle croit reconnaître dans celui qui fuit Tenshi ; lui et son frère Eyeshield sont les terreurs de Roissy ; depuis toujours ils font peur à tout le monde. Mais non, ce n’est pas lui.

Alors elle regarde l’homme à ses pieds : c’est son oncle ; il respire. Elle se précipite à la fenêtre mais l’ombre est déjà loin, perdu dans la forêt de Roissy.
Magali hésite, elle se dit que cette forêt est la plus sinistre, la plus dangereuse de toute la Seine et Marne.
On raconte en effet qu’elle serait hantée par des esprits féroces, que les arbres se mettraient à parler entre eux la nuit, créant une drôle de cacophonie..

Un peu plus tard, Magali et ses deux meilleurs amis, Mine et Jason, décident de rechercher l’assassin. Mine a 14 ans, elle est brune aux yeux bleus, Jason est roux aux yeux verts. Tous trois sont dans la même classe.
Ils parlent de leur projet autour d’eux et la police finit par en entendre parler. Le chef de la police, Gérard S., son adjoint Jean Amelin, ne veulent surtout pas que les enfants se mêlent de l’enquête ; ils vont les rencontrer ; le chef leur dit :
« Toi et tes copains, vous avez le choix : ou vous rentrez tranquillement chez vous et vous oubliez votre idée d’enquête ; sinon on va voir vos parents et ça va chauffer !
Jason répond :
« Oh non, pas mon beau père ! Il est pire que mon père !
Mais il fait comprendre à Magali qu’il plaisante.

Mine, elle, prend peur ; elle rentre aussitôt à la maison, la menace du chef de la police l’a vraiment impressionnée.
Magali ne dit rien. Elle et Jason n’en veulent pas à Mine de les laisser, ils comprennent. Tous deux s’éloignent du policier et se demandent quelle stratégie élaborer pour continuer, malgré tout, l’enquête.
Première chose à faire : une virée dans la forêt, là où est parti l’agresseur ; il paraît qu’on l’aurait vu fouiner du côté de « la cabane du chasseur ». Ils décident d’aller voir.

Magali et Jason arrivent à la cabane ; c’est une vieille bicoque en bois qui tient à peine debout ; Jason se dit que s’il y a quelqu’un dedans, ce doit être une vieille personne. Ils s’approchent, ouvrent doucement la porte, voient une vieille dame ligotée et bâillonnée ; ils la libèrent des cordes et du scotch sur la bouche. La dame, trop émue, est évanouie.

Magali entend du bruit derrière la porte, elle se cache avec Jason sous une peau de grizzli ; c’est alors que la porte s’ouvre. On entend une voix, cruelle :
« Qui est là ? Qu’est-ce que vous foutez là, bandes de sales fouineurs !
Les enfants sortent de leur cachette, sautent sur l’individu ; Magali lui fait une prise de judo, l’immobilise ; Jason le ligote.
« Appelons la police ! Dit Magali.
Jason fait le numéro du commissariat, signale qu’ils ont arrêté un suspect, dans la forêt de Roissy ; il dit exactement où se trouve la cabane et précise :
« Faites attention, il y a des sangliers ; ils peuvent vous attaquer ! »
L’homme ligoté gigote.

La dame retrouve ses esprits. Magali raconte l’agression contre son oncle, l’ombre qui s’enfuit et qui ne peut être que l’agresseur, l’ombre qui part dans la forêt ; cette ombre, ce serait ce chasseur !
L’homme se défend :
« Mais pas du tout ! Ce n’est pas moi, je vous le jure, les enfants. J’étais seulement en train de chasser le sanglier pour le dîner de ce soir car mon frère vient dîner chez moi.
Mine alors dit :
« Mais que fait cette vieille dame ligotée chez vous ? Ne me dites pas que c’est un sanglier ?
« Je n’en sais rien !

La vieille dame alors explique :
« C’est moi qui me suis fait agresser et c’est moi qui vais vous expliquer. Je m’appelle Maria. Je me promenais à vélo. Soudain j’ai vu sur mon chemin quelqu’un de très grand, très fort, et c’est bien lui, je m’en souviens, malgré mon âge. Je suis tombée, j’ai du m’évanouir. Quand je me suis réveillée, j’étais sur cette chaise. Et voilà !
« C’est un mensonge, libérez moi ! Libérez moi ! Dit le chasseur.

A ce moment là, la police arrive avec le sergent Gerard S.
« Dites donc, les enfants, vous ne croyez pas que vous dépassez les bornes ?! Je vous avais pourtant dit d’abandonner cette enquête, non ?
« Mais on faisait juste une balade en forêt, dit Magali. Et puis on est tombé sur cette cabane. Où on a découvert cette dame. Puis est arrivé le chasseur...

Le sergent se tourne vers le chasseur et s’étonne :
« Mais, je connais ce monsieur ! Vous ne seriez pas le père de Mine ?
« Le père de Mine ! S’étonnent les enfants. Leur amie ne leur avait jamais parlé de son père.

Le sergent dit :
« Rentrez chez vous, les enfants !
Magali et Jason s’en vont et une fois arrivés chez ce dernier, la jeune fille téléphone à Mine :
« Mine ?
− Oui !
− Salut, c’est moi, tu fais quoi ?
− Je suis en train de manger.
− Jason et moi, on aimerait venir te voir.
− OK. Demain. 16 heures.

Le lendemain après midi, les trois amis se retrouvent.
« Nous sommes au courant de tout ! Dit Jason. Si tu nous as quittée l’autre jour, c’est parce que tu avais compris que c’était ton père, le coupable ?! Mais tu nous as toujours dit que tu n’avais pas de père...
« J »avoue, dit Mine.
Elle finit par expliquer que lorsqu’elle était petite, elle vivait en effet avec son père et sa mère ; mais son père battait sa mère ; les parents se sont séparés et la fille a effacé de sa vie la présence de ce père.
« Ton cauchemar est terminé ! Dit Magali qui embrasse son amie et tous trois sourient.
Roissy2/B

La source rouge

Morgan Gomez
Alexis Momplat
Senhadji Nour
Samantha Rodrigues
Santhyan
Kévin
Awais

Chapitre 1

C’est la pleine lune, parc des sources, à Roissy en Brie. David Grimmel a rendez-vous, il attend un mystérieux correspondant. Soudain, derrière lui se manifeste une silhouette au comportement étrange ; lui ne se doute de rien. Lorsqu’il entend un sifflement aigu qui perce le silence, il est déjà trop tard ; il sent une effroyable douleur dans son dos, il perd connaissance, il tombe.

Le lendemain matin, un coureur traverse le parc puis il passe sur le pont qui enjambe la source ; il s’arrête en voyant que la source est rouge. Il se retourne et manque s’évanouir : il y a non loin de lui un corps avec un poignard, maculé de boue, dans le dos.

Une heure après, l’inspecteur Eric Mascro arrive sur les lieux du crime. Le sergent Kevin est déjà là. Il dit :
« Alors sergent, avez vous interrogé le témoin ?
« Oui mais il prétend n’avoir vu que le corps.
Un silence. Puis le sergent reprend :
« Inspecteur, je crois avoir trouvé un indice !
« Ha bon, lequel ?
« Un papier, à moitié déchiré, par terre, avec une adresse dessus.
« Qu’est ce que ça peut bien être, allons vérifier ça sur l’ordinateur du commissariat.

Peu après, ils cherchent l’adresse sur Internet :
« Mais...mais, dit l’inspecteur, c’est l’adresse du collège de Roissy en Brie ?! Punaise, qu’est ce que je vais faire au collège ? Interroger tout le monde ?

Il abandonne cette idée, mauvaise piste se dit-il, puis il demande au sergent :
« Tout ce qu’on sait, c’est que la victime s’appelait David Grimmel ; avez vous annoncé la nouvelle à ses proches ?
« Non mais nous pouvons aller voir la famille de suite si vous voulez....
« Hé bien, allons y !

Les policiers prennent la voiture de fonction et foncent chez les parents de David. Arrivés chez eux, personne. La porte de la maison est ouverte, les pièces en désordre mais tout est vide. Par terre, on voit une batte de base-ball.

« Nous ne sommes pas les seuls à leur avoir rendu visite, dit l’inspecteur d’un ton lugubre. Un mort et deux disparitions, plus une adresse de collège, ça fait beaucoup !
Chapitre 2

Le lendemain matin, on retrouve les deux policiers au commissariat.

« Rassemblez moi tous les témoins de ces histoires, on les verra en salle d’interrogatoire, dit l’inspecteur.
« Mais pourquoi voulez-vous les voir, monsieur ? Dit le sergent tout étonné.
« Comment ça : pourquoi je veux les voir ? Mais pour enquêter, pardi ; je viens de vous le dire. Vous êtes bête ou vous le faites exprès ?
« Oh, excusez moi, monsieur l’inspecteur, mais j’ai mal dormi cette nuit, répondit le sergent en baillant.

L’inspecteur commence par interroger le coureur.
« Votre nom ?
« James Henri.
« Racontez la scène !
« La Seine ? Le fleuve ?
« Mais non pas le fleuve, la scène, le lieu ! Racontez ce que vous avez vu ?
« Je faisais mon footing, j’ai passé le pont... Le coureur parle sur un ton timide.
« Et vous n’avez croisé personne d’autre ?
« Ah non, j’ai oublié, je ne m’en rappelle plus !

L’inspecteur se dit qu’il ne tirera rien de ce « témoin » ; il continue d’interroger une dizaine de personnes, les voisins de la victime, mais sans résultats. Les parents ? On les a retrouvés, ils n’avaient pas disparu, ils étaient partis en vacances en laissant leur appartement en désordre.
Soudain quelqu’un frappe à la porte, disant tout savoir sur ce qui s’est passé.
- Entrez ! Dit l’inspecteur.
Le témoin entre quand, tout à coup, il s’effondre à terre.
- Qu’est ce qui lui arrive ? Demande le sergent.
- Je vais vérifier si son coeur bat toujours... Il ne bat plus ! Emmenons le à l’hôpital ! Ajoute l’inspecteur, d’un ton affolé.

Une demi-heure plus tard, après avoir attendu dans la salle d’accueil des urgences, une infirmière vient les voir :
- Il est mort ! Nous avons les résultats du test ; apparemment ce n’est pas une crise cardiaque mais un empoisonnement.
- Très bien, observe l’inspecteur. Sergent ! Ramenez moi les vêtements de la victime et cherchez tout ce qui peut être utile à savoir sur cet homme.
- De notre côté, nous n’avons rien trouvé, précise l’infirmière, sauf une lettre.
« Montrez !
La lettre dit : « Tu as eu tort de me licencier ! Tu n’aurais pas du faire ça ! » C’est signé Jacques Donnot.
- Hum... Très intéressant ! Dit l’inspecteur. Sergent, allez rendre visite à ce Monsieur Donnot !

Aussitôt dit, aussitôt fait.
Le sergent se rend à la maison de ce dernier. Il sonne, personne n’ouvre. Il escalade le mur, se faufile à l’intérieur. Bonnot le voit, se cache, surprend le sergent, tente de l’assommer. Puis il s’échappe. Mais le sergent se relève vite, le poursuit, s’en rapproche de plus en plus. Il lui saute dessus, le plaque au sol. Jacques se défend, repousse le policier ; un combat terrible commence. On échange des coups de poings, Jacques esquive. Le pied du sergent se coince dans un tronc d’arbre. Jacques en profite, le frappe au visage. Donnot disparaît.

Le sergent revient, explique son échec. Le lendemain, l’inspecteur et un autre agent reprennent leur voiture de fonction et se rendent chez Donnot.
L’un d’eux frappe à la porte. Une voix répond :
« Entrez !
Les deux fonctionnaires pénètrent dans la maison, quelqu’un est là :
« Monsieur Donnot ? Jacques Donnot ? Demande l’inspecteur.
« Oui, que voulez vous ? Qui êtes vous ?
« Je suis l’inspecteur Eric Mascro.
« Que se passe-t-il ? J’ai commis un délit ?
« Hier vous avez frappé un de mes hommes, le sergent Kévin !
« Je ne savais pas qu’il était policier, je l’ai pris pour un voleur.
« Admettons, on verra ça plus tard. Pour l’instant, vous êtes sur une liste de suspects.
« Pourquoi ?
« Parce qu’on a retrouvé une lettre de menaces signée de vous sur le corps d’un homme qui vous aurait licencié ? Est-ce exact ?
« C’est exact en ce qui concerne la lettre et seulement la lettre. Oui je lui ai reproché de m’avoir licencié, je l’ai menacé pour lui faire peur, c’est tout ! S’exclame Jacques Donnot.
« Et comment il s’appelait ?
« Stan Grimmel.

Chapitre 3

« Stan Grimmel ! »
C’est donc l’identité de l’homme mort empoisonné au commissariat : Grimmel, le même nom que celui qui est mort au Parc des Sources. En fait, c’est le frère cadet. On savait que les deux frères ne s’aimaient pas mais encore ? Qu’est ce qui a pu se passer ? Qui s’acharne donc sur cette famille ? Et pourquoi ?
De retour au commissariat, l’inspecteur dit à son adjoint :
« Mettez la maison de Donnot sous haute surveillance !
− Pourquoi ?
− Parce que j’ai remarqué, en passant, qu’il avait une belle collection de couteaux et qu’il en manquait un ; leur manche est en cuir vert sombre. »
Le lendemain, au commissariat, l’inspecteur arrive de bonne heure et demande :
« Quoi de neuf ?
− Le poignard, on l’a nettoyé, il y a un manche couleur...
−  ?!
− Vert sombre.
− Bingo !
− Et un chiffre.
− Ah bon, un chiffre, et lequel ?
− Le numéro 2G.

L’inspecteur appelle l’adjudant :
− Prévenez tous ceux qui surveille la maison du suspect pour qu’ils arrêtent Jacques Donnot !
− Mais on ne peut pas !
− Comment ça, on ne peut pas ?
− J’ai dit aux policiers d’arrêter leur surveillance pour ce matin car ils étaient fatigués.
− Quoi ? Vous avez fait ça ? Crétin ! Je ne sais pas ce qui me retient de vous étrangler... Bon, c’est pas tout, mais il ne faut pas perdre de temps. Prévenez tous les policiers présents ici et qu’ils cernent la maison !

L’inspecteur et tous les agents montent dans des véhicules, arrivent chez l’assassin.
« Jacques Donnot, tu es cerné ! Rends toi ! Dit l’inspecteur dans un mégaphone.

Pas de réponse.
« Enfoncez la porte ! »
Tous entrent et découvrent avec stupeur Donnot pendu dans sa cuisine.

Une semaine passe. Le commissaire s’interroge :
« On n’a toujours pas compris pourquoi l’assassin s’en est pris ainsi à la famille Grimmel ! Il y a bien cette histoire de licenciement mais est-ce que ça suffit ?

Bien sûr, tout le monde au commissariat a sa propre explication du drame. L’adjudant lui pense même que Donnot n’est pas l’assassin, que l’assassin serait Marc Grimmel, le propre père des deux enfants, une triste histoire de règlement de comptes familiaux.

Mais cela ne colle pas, pour l’inspecteur, c’est invraisemblable, dit-il.
« Non, c’est Donnot, il y a pas de problème ! D’ailleurs je viens de faire une découverte, ajoute-t-il. A propos du numéro sur le couteau : 2G en rouge. Ça veut dire quoi ? 2 comme le nombre de victimes, G comme la première lettre de Grimmel et rouge comme le sang versé dans la source. C’est comme une signature.

Roissy2/C

LE MOT MYSTERE

de Mounia M’Hazzi et Emilie Régipa
5e4

Chapitre 1 : mauvais pressentiment

1.
Ce matin, je me réveille, comme d’habitude, avec un mauvais pressentiment, les cheveux en pagaille et les yeux cernés. Puis je vois vu mon reflet dans le miroir, je regarde mes yeux verts, mes cheveux châtains, mes lèvres légèrement charnues, mon tout petit nez et je me rends compte qu’un papier traîne dans ma chambre. Je suis si curieuse de connaître le contenu de ce mystérieux papier qu’en me retournant, je tombe comme d’habitude ! En lisant ce mot, je suis intriguée de voir l’inscription suivante :
« Pour Julie. Rendez vous au Morbra à 21 heures ce soir. »
Julie, c’est moi, vous l’avez deviné !

Chapitre 2 : intrigue générale

En voyant l’heure, je me rends compte que j’ai mis une vingtaine de minutes à lire ce papier. Je me prépare à toute allure et part vite de mon modeste appartement avec une pomme à la main, que je n’ai sûrement pas le temps de manger. Tandis que je quitte Roissy, certaine de rejoindre la Faculté de Champs-sur-Marne, je pense à ce rendez vous mais je suis déjà très en retard ; alors j’ai intérêt à arrêter de rêvasser. Je sors du train et me marche dix minutes avant de croiser Nina, Nélie, Clara et Jade. Je leur raconte tout ce qui m’est arrivé. Nina me dit que ce doit être une blague mais elle m’accompagnerait bien pour connaître la nature de ce rendez-vous. Clara et Jade me disent la même chose mais Nélie a très peur de ce mot et ne se donne même pas la peine de me le dire. Désormais nous sommes non seulement cinq à être intrigués mais aussi cinq à être vraiment très en retard, encore une fois !

Chapitre 3 : l’ombre mystérieuse

Après une longue et décevante journée, on s’est donné rendez-vous chez moi, sans Nélie, à 20 heures pour manger, parler du rendez-vous mystère et se préparer à partir. Il est 20 heures 40 quand on prend le chemin du rendez-vous. Arrivées au Morbra, on s’ arrête sur le pont pour attendre l’étrange correspondant. On voit alors une ombre s’échapper dans la forêt. Intriguées, on se précipite, pleines d’appréhension.
Nous commençons à peine à courir quand on se rend compte que l’ombre a disparu. Tout à coup on a été éblouis par les lampes -torches d’une dizaine de policiers. On baisse la tête pour échapper à cette lumière aveuglante. C’est alors qu’on voit quelque chose qui git au sol puis on se rend compte de ce que c’est ; et là on est non seulement choqués, apeurés mais aussi affolés.

Chapitre 4 : le commissariat

Après avoir repris nos esprits, on entend une grosse voix :
« Levez les mains ! Ne bougez plus ! »
On lève les mains, très inquiètes de ce qui va se passer. Les policiers tentent de nous rejoindre mais avec difficulté car il y a un ruisseau entre eux et nous. Alors ils décident de faire un détour pour nous retrouver, par derrière.
La police nous menotte et nous conduit au commissariat. C’est affreux, tout le monde nous regarde avec stupéfaction. Une fois dans notre cellule, on reçoit la visite de nos parents et de Nelie. Nos parents sont très énervés. Alors Nelie leur raconte une histoire moins accablante que la vraie. Nos parents sont à la fois très tendus et très apeurés. Alors ils prennent la décision de raconter toute la version de l’histoire qui leur a été faite.

Chapitre 5 : rebondissement lors d’un procès agité

Après quelques jours d’emprisonnement et d’angoisse... Vu la gravité des choses, il doit y avoir un procès au plus vite. Le jour est arrivé, on entre dans la salle du tribunal. Les témoins défilent les uns après les autres quand tout à coup, on reconnaît l’ombre mystérieuse.
− C’est le tueur, s’écrie Nina.
− Oui, c’est lui, répond Jade.
− Vous avez raison, dis-je.
Le juge nous demande de nous taire et interroge l’homme. Celui-ci, tout effrayé, tente de s’enfuir mais il est vite rattrapé par la police. Ensuite il doit admettre les faits. Il écope de la prison à perpétuité. On a organisé une énorme réception, au champagne, pour fêter ça !

LE GANG DU SERPENT

Collège de Roissy, Classe de 5é, Mme de La Perrelle

Aurore Blondin
Natacha Agueeff
Melyssa
Anthony
Allan
Bahia
Lucas
Alicia

Chapitre 1

Hiver 2011, fin d’après midi. Sortie du collège Anceau de Garlande de Roissy-en-Brie. Nina et Marianne, deux amies, rentrent chez elle. Nina a 13 ans, elle est grande et fine, brune aux yeux d’un vert foncé. Marianne, 14 ans, est tout le contraire, petite, ronde, blonde, les yeux clairs.
Il fait nuit, déjà ; Nina raconte qu’une fois, elle a eu peur d’être suivie sur ce chemin, elle s ’était même mise à courir mais elle s’était trompée, personne ne lui en voulait. Sur un mur, elles voient un dessin, maladroit, un petit bonhomme qui est pendu ; en dessous est écrit : « Je reviendrai ».

Les deux filles arrivent devant la gare. Un train passe juste à ce moment là, direction Tournan Le bruit et les lumières des wagons défilent à toute vitesse. C’est alors qu’elles croient voir tomber une sorte d’ombre, au bout du quai. Intriguées, elles entrent dans la gare. Le lieu est plutôt sombre, seul le guichet est éclairé. Dans le hall, il y a des sièges avec des journaux qui traînent, un distributeur de boissons, un automate de vente de billets. Elles passent le portillon, prennent le couloir, montent sur le quai qu’elles longent. Et bientôt, effectivement, elles voient avec horreur un corps, étendu. Que faire ? Appeler les gens ? Prévenir les employés de la gare ?

« Et si on se faisait accuser ? Dit Nina.
« Mais de quoi ?
« De l’avoir tué !
« Mais on a rien fait !
« Oui mais les autres ne le savent pas !

Pétrifiées, elles décident alors de cacher le corps en vitesse avec une couverture qui se trouvait là.

Sans un mot, elles ressortent de la gare et retournent chez elles. Pas un mot à la famille.
Plus tard, au lit, cachées sous leur couverture, ni l’une ni l’autre ne trouvent le sommeil. Elles repensent au corps, elles ont du remord. Chacune se demande s’il n’aurait pas été mieux de prévenir la police, ou d’en parler à quelqu’un, un ami, un familier, plutôt que faire ce qu’elles avaient fait. Soudain le téléphone de Marianne sonne. Sous sa couette, elle murmure :
« Allo... Nina, c’est toi ?
« Oui, Marianne. Comment tu vas ?
« Bin j’arrive pas à dormir !
« Moi non plus. J’arrête pas de repenser au corps de la gare, à tout ce qui peut nous arriver. Tu comprends ?
« Bien sûr, je te comprends. Je ne sais pas quoi faire, peut-être qu’on devrait prévenir la po...

Soudain, la voix de la mère de Nina se fait entendre dans le couloir :
« Nina ?! C’est toi qui parle ? Tu téléphones encore ? Avec qui bavardes tu à cette heure ?
« Oups, c’est ma mère, dit Nina à sa copine ; je dois arrêter. A demain.
« Oui à demain.

Toutes deux ferment leur portable. Mais toute la nuit, elles se tournent et retournent, stressées, presque paniquées. Marianne s’endort un court moment et fait un cauchemar. Elle voit un corps à terre, puis un deuxième, elle s’affole, elle court, elle se réveille en sursaut !

Chapitre 2

Le lendemain matin, elles se rappellent chacune qu’il y a au programme de la journée interro de Français. Elles se préparent rapidement. Puis elles reprennent le chemin du collège et veulent à tout prix repasser par la gare, revoir celui qui est à terre car elles ne l’avaient pas bien vu la veille. C’est alors qu’elles aperçoivent un homme, debout près du corps vu la veille.
« Le mec ! Dit Nina.
« Quoi ?
« Le mec, là bas, il a vu le corps.

L’homme en effet se penche vers l’individu à terre, on dirait qu’il veut lui apporter les premiers secours mais manifestement l’autre ne bouge plus.

« La police ! Appelez la police ! Crie le bonhomme.
Les deux jeunes filles font comme si de rien n’était et accélèrent le pas vers le collège où elles arrivent, pile à l’heure, pour l’interro de français. La professeure, Mme de la Perrelle, leur distribue une feuille, tout en fusillant du regard Nina et Marianne. Le contrôle commence mais les deux filles, après leur nuit blanche, finissent par s’endormir sur leur table. Elles rendent une copie blanche. La professeure les interpelle :
« Dites donc, vous deux !
Les filles se retournent :
« C’est quoi, cette copie blanche ?
« Heu... on n’a pas eu le temps, madame...
« Bon, vous connaissez votre note !
Elle range leur copie.

Plus tard, les jeunes filles quittent le collège, rentrent chacune chez elles.
Au même moment, la maman de Marianne, Mme Pucha, reçoit un coup de fil. C’est la Police.
« Mme Pucha ?
« Oui.
« Ici le capitaine Bléd.
L’homme est connu, on dit de lui que c’est le meilleur policier de Roissy.

Le policier explique que Marianne a été vue, hier soir, à la gare, dans un endroit où a été retrouvé ce matin, par un passager, le corps d’un homme.
« Pour l’instant, rassurez vous, elle n’est accusée de rien mais on aimerait prendre ses empreintes. Juste pour vérifier.
« O mon Dieu ! Je pense que c’est une erreur. Ma fille n’a que treize ans, elle est tout à fait incapable de faire une telle chose !
« C’est juste pour vérifier, répète le policier ; je compte sur vous, on vous attend avec votre fille...

Mme Pucha raccroche le téléphone, accablée, alors que Marianne entre à la maison. La mère explique à la jeune fille le coup de fil qu’elle vient de recevoir, la supplie de s’expliquer. Marianne ne dit rien.
Nouveau coup de téléphone : cette fois, c’est la maman de Nina qui lui explique qu’elle a reçu un appel de la police à propos de sa fille.
« Vous aussi ?!
« Oui, moi aussi. Figurez vous qu’ils auraient trouvé à côté du corps un papier, une feuille du collège, avec marqué dessus le nom de Nina ?!
« Que faire ? Je crois qu’il faut aller au commissariat ?
« Oui, allons y ensemble.

Elles se retrouvent toutes les quatre et se rendent au siège de la police.
Les locaux sont couleur bleu marine et blanc clair, les pièces sont plutôt grandes. Le capitaine Bléd les attend. Il a les cheveux bruns, les yeux marrons, un gros nez un peu rouge et un peu de barbe. Le bonhomme a l’air plutôt grincheux.
Les policiers les invitent dans son bureau, les fait assoir, puis les regarde un long moment sans rien dire. Elles se sentent gênées.
« Vous savez quoi ? Dit il finalement.
Elles attendent la suite.
« Le corps a disparu !

Chapitre 3

Le soir même, les médias, radios, télévisions, annoncent la nouvelle : « Mystère en gare de Roissy en Brie ! Un corps trouvé puis étrangement disparu ! La police sur plusieurs pistes ! Interrogé, le capitaine Bléd ne veut cependant rien dire. »

Les deux filles de leur côté décident de mener leur propre enquête.

Deux jours passent, arrive le samedi. Enfin une grasse matinée. Les deux filles se réveillent à peu près à la même heure, 10 heures. Lever, petit déjeuner, habillement rapide et rendez-vous au parc des sources.
Debout sur le pont de bois, elles reprennent leur discussion de tous les jours, essayant d’oublier ce qui s’est passé. Mais ce n’est pas possible, l’effort est trop dur, elles se remettent à parler du type de la gare. Nina demande :
− Bon, tu sais, pour le corps qui a disparu, on fait quoi ?
− Bin...euh... on essaie de trouver qui c’est ? Ou on laisse tomber ?
− Allez, on essaie de trouver ; si on cherche un peu, on finira par apprendre des choses. Tiens, par exemple, je ne sais pas si tu te souviens, car tout s’est passé si vite mais moi, j’ai vu, ce soir là sur le quai, que le bonhomme portait un petit tatouage sur la nuque ; j’y ai repensé après et je suis à peu près sûre que cela représentait un serpent.

Elles imaginent alors les pires choses, que le corps se trouverait dans le coffre d’une voiture, que le coffre lui-même serait plein de drogues, de cannabis, que la police scientifique aurait tout remarqué, etc. Mais ces « explications » ne leur conviennent pas.

Puis les filles se dirigent vers Intermarché ; à l’entrée, un vigile les fusille du regard ; elles pressent le pas et se dirigent vers le rayon « Bonbons ». Elles choisissent un paquet de Tagada et un autre de Dragibus. Elles passent en caisse et retombent sur le vigile qui les dévisage. Nina est agacé et s’adresse au garde :
− Dites donc, pourquoi vous me regardez comme ça ? Il y a un problème ? Vous avez un problème psychologique ?
− Petite, tais toi, répond le garde. Nous n’avons rien à nous dire. Le président ne nous interdit pas de regarder les jeunes filles !

Nina pousse un soupir et retrouve Marianne en fin de caisse. Celle ci est très émoustillée :

− T’as vu ?
− Quoi ?
− La nuque du mec !
− Non.
− Il a aussi un tatouage de serpent.
− Sérieux ?
− Sérieux !
− Dis donc, c’est chaud, là !

Elles sortent du magasin et décident d’aller voir un film, un bon film d’action, genre policier. Elles prennent leur billet, entrent dans la salle, s’installent au premier rang. Le film est bon, un vrai suspense, elles en frissonnent.

Chapitre 4

Ensuite elles se promènent dans le chemin blanc où elles se font interpeller par une dame, tout essoufflée, qui leur montre une photo :
− Bonjour, je cherche cet homme, vous ne l’auriez pas vu par hasard ?
− Oups ! Mais c’est l’homme de la gare ! Répond Nina.
− L’homme de la gare ? S’étonne l’autre.

La jeune fille explique ce qui s’est passé à la gare l’autre soir, l’homme qu’ils ont vu sur le quai, l’enquête policière menée. La dame, en larmes, réagit :
− Oh, mon Dieu ! Cet homme était mon meilleur ami ; on devait se retrouver ici, à Roissy ; mais il n’est pas venu au rendez-vous, je comprends mieux maintenant. Et en même temps je ne comprends rien du tout : qu’est ce qui a bien pu se passer ?
− Madame, nous enquêtons nous aussi sur cet individu, nous voulons comprendre, et vous pouvez être une pièce importante pour notre recherche. Dites nous, il portait un tatouage de serpent sur la nuque ?
− Oui, tout à fait.
− Alors c’est bien lui. Avait-il des problèmes ? Rencontrait-il des difficultés ces jours ci ?
− Non, c’était un homme bon, aimable, sans problème à ce que je sache.
− Quel était son nom ?
− Etait ? Vous en parlez comme s’il était mort !
− Désolé, je repose ma question : quel est son nom ?
− Jovanni. Il s’appelle Jovanni. C’est un Italien.

Tout en parlant, elles s’approchent de la gare, comme si le lieu les attirait, comme un aimant. Dans l’entrée de la station, elles demandent à une employée si on sait plus de choses sur l’homme « disparu ».
− Non, dit-elle, mais vous en avez parlé à Joseph ?
− Joseph ?
− C’est un S.D.F. Qui passe sa vie à la gare, il vit ici, il dort ici ; il a sans doute vu quelque chose !
− Excellente idée ! Et on peut le trouver où votre Joseph ?
− Ce n’est pas mon Joseph mais en regardant un peu dans le hall, les couloirs souterrains et les quais, vous devriez le trouver.

Effectivement, Joseph est assis sur une banquette, au bout d’un quai. Elles se présentent, expliquent pourquoi elles sont là, l’interrogent sur « le corps ». Il ne fait aucune difficulté pour répondre ; le soir du drame, il était là, il a tout vu.
− Tout vu ?
− Il y a eu une bagarre.
− Et pourquoi vous n’avez rien dit ?
− Parce que personne ne m’a rien demandé, avant vous.
− Mais Jovanni ne se bat jamais, dit la dame.
− Il a été attaqué. Par un jeune type que je vois souvent ici. Cheveux longs, lunettes. Il ressemble un peu à cet Américain dont j’ai oublié le nom, Harry, Harry...
− Harry Potter ?
− Exactement. Harry Potter. Une sorte d’Harry Potter plus vieux, vous voyez. Dans les 22 ans, quoi ! Donc ce « Potter » l’a attaqué, et l’autre, votre Jovanni est resté au tapis.
− Vous n’êtes pas intervenu ?
− J’étais trop loin, et puis ce « Potter », il fait peur. Des fois qu’il serait un peu magicien !
− Mais après, Jovanni a disparu. Qu’est ce qui s’est passé ?
− Je ne sais pas, ma petite amie m’a appelé, je suis allé la rejoindre à l’autre bout du quai ; donc je n’ai pas vu la suite...
− Bien, merci, au revoir.
− Pas de quoi.

Chapitre 5

Les deux filles et la dame vont sur le terrain de boules du « Chemin blanc » ; elles discutent des renseignements qu’elle viennent d’obtenir. C’est alors qu’un chien, un Husky, au pelage blanc immaculé et aux yeux dorés, s’approche de Nina. Celle-ci ne s’aperçoit de rien et le chien lui prend son sac. Nina sursaute, lui court après, suivie de Marianne et de la dame qui a un peu de mal à courir avec les hauts talons. Le chien, le sac dans sa gueule, s’arrête de temps en temps pour voir si on le suit, attend les filles quand elles sont essoufflées ; on dirait un jeu. Finalement le chien les conduit jusqu’à la ferme Dayau, près du parking. Il pose le sac au sol, regarde ses poursuivantes qui s’approchent, méfiantes. Finalement Nina récupère son sac, déjà tout couvert de bave. Marianne arrive aussi puis peu après la dame. Nina veut s’en aller quand le chien lui attrape le pied, sans la mordre, et la tire comme s’il voulait qu’on le suive encore. L’animal les conduit en fait vers un buisson dans un coin un peu reculé ; le chien pénètre sous les feuillages, elles le suivent et... surprise ! Il s’arrête devant un corps, le corps de l’homme disparu. Il respire encore ? Non, trop tard. Sans perdre de temps, elles appellent la police. Le capitaine Bled arrive presque aussitôt :
« Comment avez vous fait pour le retrouver ?
− Le chien nous a aidés.
− Le chien ? Vous voulez nous faire croire que ce chien est doté d’intelligence ? C’est n’importe quoi ! S’impatiente un jeune policier.

Mais il n’a pas le temps de terminer sa phrase car le chien lui arrache un bout de son pantalon et on voit apparaître un joli caleçon bleu décoré de nounours. Marianne s’efforce de ne pas rire mais Nina, elle, explose.

Une ambulance récupère le corps ; l’amie de Jovanni l’accompagne. Les filles rentrent chez elles, Nina toujours suivie par le chien. Arrivée chez elle, elle demande à sa mère :
− On peut le garder, s’il te plaît maman ; c’est lui qui nous a aidés à retrouver le corps du disparu.
− Non, non, je refuse.
− S’il te plaît....
− Mais on n’a même pas de quoi le nourrir ! Et puis il a surement un maître quelque part.
− Non, non, les policiers nous ont assuré que c’était un chien perdu, sans collier !
− Bon, alors d’accord. Mais viens déjà manger avec nous !
− Non, je n’ai pas trop faim, j’ai trop mangé de bonbons. »
La mère de Nina regarde sa fille d’un air plutôt énervé. Nina monte dans sa chambre, enlève ses chaussures, saute sur son lit, prend le téléphone et appelle Marianne :
« Allo ?
− Oui, c’est Nina ? Tu fais quoi de spécial ?
− Rien, à part penser à tout ça, au vigile de l’Intermarché !
− Oui moi aussi, c’est bizarre !
− Ouais mais j’aimerais en savoir plus sur ce vigile.
− Demain, on fera ça !
− Ok, rendez vous à 13h chez moi.

Puis elles raccrochent et s’endorment. Nina cette nuit-là fait plein de cauchemars, des histoires d’escaliers vers le grenier, de lance-flammes, de cris, de feu, de chien qui parle, de couteau, de masque de Harry Potter, de bombe d’Hiroshima et de serpents !
Chapitre 6

Le lendemain, en retrouvant Marianne, Nina dit :
« J’ai pas arrêté de penser au serpent tatoué ; j’ai une piste.
− Vraiment ?
− Oui je me souviens maintenant avoir lu, un jour, un message, sur un mur d’affiches à la gare où il était question de serpent et de rendez-vous !
− Allons-y !

A la gare, elles regardent le panneau d’affichage de l’entrée ; il est tout occupé par un journal local ; pas de trace de message ni de serpent.
« C’était là, pourtant, je suis sûre que c’était là !
− Oui, oui, t’as pas pu inventer quelque chose comme ça.
− Il est peut-être masqué par le journal ?
− Regardons en dessous ce qu’il y a ?
Elles se mettent à arracher le papier du panneau. Et, miracle, le message est là. Elles le lisent. « Message personnel pour les amis du serpent : O.V.A M.A. R. »
« O.V.A.M. A.R.? Qu’est-ce que ça veut dire ?
− A mon avis, c’est un code, avec les premières lettres des mots d’une phrase. Genre O = Opéra, ouvrir, orteil, on..
− On, oui, on, c’est bon.
− V ? vitesse, voiture, voyou, vous...
− Vous, OK. On vous...
− A ?
− Attention, alphabet, animal, attendre...
− Attendre ! On vous attend...
− M, ça doit être un lieu, un lieu de rendez vous, montagne, maison...
− Maison , très bien maison.
− Et A, encore ?
− Ça y est, j’ai compris, c’est Maison Abandonnée de Roissy !
− On Vous Attend Maison Abandonnée de Roissy.

Il existait en effet en ville une maison toujours fermée qu’on appelait la Maison Abandonnée.
− On y va ?
− On y va.

Chapitre 7

Devant l’immeuble, sinistre, un type, cheveux noirs, lunettes noires, les attend. « Police ! » dit-il, « on a quelques questions à vous poser ! ». Elles n’ont jamais vu ce policier ; le type les conduit face à la porte d’entrée, l’ouvre et elles se sentent soudain poussées, assommées. Quand elles se réveillent, elles sont attachées ; deux hommes, cagoulés, leur font face, ils portent chacun un pistolet. Les filles, pétrifiées, tremblent, les larmes aux yeux. L’un d’eux dit :
« C’est qui celles-là ?
− Elles en savent trop, dit l’autre. A propos de ce lâche de Jovanni, du tatouage et tout le reste !
− Ouais mais on fait quoi ?

Les deux hommes s’écartent et échangent quelques mots. Puis ils reviennent près des filles :
− On va vous détacher ; vous appelez vos parents pour dire que ce soir, vous ne rentrez pas ; dites que vous êtes chez des amies, que vous n’avez pas besoin d’affaires. C’est compris ? »
Elles obéissent.
Les hommes s’absentent ; elles en profitent pour envoyer un texto à la police : « C’EST NINA ET MARIANNE . ON EST A LA MAISON ABANDONNEE, RETENUES PRISONNIERES PAR DEUX MECS. VENEZ VITE, ILS NOUS MENACENT ! »
Ils ont à peine expédié le message que leurs ravisseurs reviennent, confisquent leur portable. Elles s’attendent au pire. En fait les deux hommes les font sortir de la maison, les obligent à monter en voiture ; ils roulent longtemps puis ils les abandonnent en pleine nature. Les filles sont perdues. Seul un homme passe par là, un mendiant :
« Donnez moi de l’argent, s’il vous plaît. Il parle avec un petit accent, comme s’il chantait.
Les filles n’ont aucune idée d’où elles se trouvent. Il fait nuit. Leurs portables sont déchargés.
« On a les dragibus pour ce soir ! Dit Marianne.
− Toi alors, t’es pas un peu folle ! Tu vois pas qu’on risque de mourir et tu parles de manger ! Crie Nina.
Puis elle se calme, s’excuse et elles mangent leurs dragibus.

Elles s’endorment sur le sol.
Au réveil, l’autre est là, le vigile, qui les regarde ; Il est armé.
Nina lui lance , en chantant : Intermarché...
− Oui, c’est bien moi, jeune fille.
− Vous me regardez encore une fois.
− Tout comme vous.
Nina se tait, elle regarde Marianne qui tremble.
« Je fais partie du gang du serpent. Votre Jovanni est mort, il voulait nous quitter et nous dénoncer.
− Pourquoi vous nous racontez ça ? Demande Nina.
L’autre ne répond pas, montre son arme. Les filles tremblent. C’est alors qu’un homme, le mendiant déjà vu la veille, passe.
− « Donnez moi de l’argent ? »
L’homme soudain casse maladroitement une bouteille sur le vigile d’Intermarché , lequel tombe à terre. Nina ramasse son pistolet. Marianne dit : « Faut l’abattre sinon il va nous tuer ! »
Elle compte jusque trois, dit : Tire !
Nina tire n’importe comment, partout sauf au bon endroit.
« Désolé ! » dit-elle.
Puis fermant les yeux elle retire et touche le voyou.
Elle jette l’arme et les deux filles se sauvent. Au bout d’une longue marche, elles trouvent une gare, achètent des billets de train, retournent à Roissy.

Arrivées, elles se précipitent chez elles, dans les bras de leur mère folle d’inquiétude. Elles racontent tout sauf l’histoire avec le vigile.
Leur mère sont d’accord :
« Faut tout aller dire à la police ! »
Chapitre 8

« Aller au commissariat ? Jamais, dit un peu plus tard Nina à Marianne, quand les deux filles se croient seules.
− Mais t’es folle ! Répond sa copine.
− On en sait trop ! Si on dit tout ce qu’on a fait, on va avoir de sacrés problèmes. Et puis il y a des trucs pas clairs, cette histoire de vigile, t’as compris qui c’était toi ?
− On en sait assez ! »

Mais les deux mères ont tout entendu ; elles sont choquées.
« Nina, qu’est ce qui se passe ? Qu’est-ce que j’entends ? Tu ne nous avais pas tout dit ? »
Nina sanglote, Marianne ne réagit pas.
« J’ai tué un homme, je suis une criminelle ! » crie Nina.
Les mères insistent pour que les filles aillent voir la police.

Le lendemain matin, Nina est réveillée par le Husky ; elle décide de l’appeler Gold. Elle prend son petit déjeuner, donne une tranche de jambon au chien.
Puis les deux filles et leurs parents, toujours bouleversés, partent à 10 heures au commissariat de Roissy-en-Brie.
Le capitaine Bled les accueille ; il est particulièrement enrhumé, porte une grosse écharpe rouge flashy qui recouvre son gros nez complètement rougi par le froid.

− Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, installez vous ! Dit le capitaine un peu solennel en leur montrant du doigt quelques chaises de tissu bleu.

Ils prennent tous place, confortablement adossés sur leur siège. Le capitaine tient en main des documents ainsi que des photos, celles de Jovanni et celle du vigile.

− Nous avons finalement découvert, grâce à l’aide précieuse de vos filles, le pourquoi et le comment de la mort de M. Jovanni, dit-il en s’adressant à son petit public, très angoissé.

Puis le policier se tait. C’est le père de Nina qui se décide à parler :
− Qu’est-ce qui s’est passé ?
− C’est une longue histoire, répond Bled en toussant et en remettant correctement son écharpe autour du cou. Alors voilà, Jovanni, le mort de la gare, faisait partie d’un gang dit le gang du serpent. Ce qui explique ce tatouage de serpent sur chacun de ses membres. Ce gang faisait du trafic d’armes très dangereuses, pour des terroristes, du trafic d’objets volés aussi. Jovanni était un homme à nous infiltré dans le gang. Malheureusement, un jour, il a été démasqué. Jovanni s’en est rendu compte ; il voulait arrêter ce travail ; il m’avait même appelé au téléphone, on devait se voir. Malheureusement pour lui, les autres membres du gang ne l’ont pas laissé faire, ils ont choisi de le tuer et de se débarrasser de son corps. Mais tout ne s’est pas passé comme ils voulaient ; il y a eu l’épisode de la gare où passaient vos filles qui ont caché le corps.

Le capitaine s’interrompt pour se moucher, puis reprend son récit :
− Vos filles donc ont découvert ce corps à la gare de Roissy. Prises de panique, elles l’ont caché puis ont voulu mener leur enquête mais le gang les a repérées et elles ont été enlevées. Le vigile nous a tout raconté...
− Le vigile, s’étonne Nina, il n’est pas mort ?
− Non, il était blessé, simplement. C’est d’ailleurs plus simple pour vous, non ? Car nous savons que c’est vous qui avez tiré ! Légitime défense ? Mais bref il est seulement blessé et il a tout dit.
− Oui c’est moi, j’ai tiré, répète Nina en pleurant. Comment vous l’avez retrouvé aussi vite ?
− C’est un mendiant qui a tout vu et qui nous a tout raconté, il était là, vous vous en souvenez ?
Elles s’en souviennent en effet.
− Allez, je n’ai pas que ça à faire, s’énerve tout à coup Bled, on se dépêche. Rassurez vous tous, l’histoire se termine bien, sauf pour Jovanni.

Tout le monde se lève, quittant ces chaises confortables et le commissariat, tous décidés à reprendre une vie normale. Mais la nuit suivante, Nina apprend qu’elle doit aller quatre mois en prison et payer 1500 euros ! Ses parents pleurent. Ils lui rendent visite en prison, lui mettent des petites tapes sur les joues en disant « C’est pas bien ! ». C’est alors que Nina se réveille : ce n’était qu’un rêve. Elle se met à rire. Gold, le chien, l’entend et vient jouer avec elle...



Site réalisé par Scup | avec Spip | Espace privé | Editeur | Nous écrire