Abbaye, mars 2022

Préface

« Nul n’est censé ignorer la Loire ! » Jolie formule ( nous ne savons plus qui en est l’auteur…) que nous complèterons ainsi « Nul n’est censé ignorer la Loire au printemps ! » En cette fin mars, à St Maur, en effet, les oiseaux chantent, les canards cancanent, les corbeaux croassent, les grenouilles coassent, les bourdons bourdonnent, c’est une fanfare, un orchestre, un splendide vacarme grandeur nature.
Et bien sûr toute cette énergie, cette joie ruissellent sur nos enfants qui ont trouvé les bons mots, les mots justes pour raconter des histoires à n’en plus finir.
Merci aux élèves de 6è pour leur créativité. Merci aux enseignants pour leur amabilité. Et merci à OVAL pour son hospitalité.

Paul Beaupère
Charlotte Escamez
Gerard Streiff

Classe de 6è Rowling
UNE AVENTURE PAS COMME LES AUTRES

Chapitre un
St Maur et tous ses mystères

« Mais où conduit le passage secret ? » demande Elena.
- Je ne sais pas, répond son ami Max, mais allons-y.
- Tu en es sûr ? Il y a le risque de se faire prendre.
- Le risque aussi de s’y perdre.

Vous suivez ? Non ? Récapitulons. Voici deux enfants, une fille, Elena, âgée de 11 ans, et Max, 12 ans ; ce sont des amis d’enfance. Tous les jours, ils suivent le même rituel, 7h debout, 8h école, 16h fin de l’école, 19h dîner, 21h au lit. Et chaque jour, ça recommence, c’est chaque fois une journée ordinaire. Sauf ce matin.

Au réveil, les pieds de Max, un jeune homme aux yeux verts, le conduisent jusqu’au miroir puis à la salle de bain. Il en ressort avec un pull bleu, un jogging noir. Ses cheveux blonds, qui tout à l’heure étaient mouillés, sont secs à présent. Ses mains, fines, attrapent sa valise ; il part vers l’école.

Elena se prépare des tartines à l’abricot et un chocolat chaud. Elle engloutit vite fait son petit déjeuner, file se changer dans sa chambre. Ses cheveux blonds encadrent un visage clair avec de petites tâches de rousseur. Sa silhouette est fine, bien proportionnée ; elle porte une robe noire avec une ceinture blanche. Elle aussi saisit sa valise et prend le chemin de l’école.

DESSIN N° UN
Les deux enfants et le chien Rex

En effet, il y a au programme pour l’un et l’autre ce jour-là un voyage scolaire de cinq jours à l’abbaye de St Maur.
Max s’est arrangé pour être accompagné, discrètement, par son chien, Rex.

Pendant le voyage, Max raconte une étrange histoire, d’archives, de carte, de catacombes, de carnet de notes. Il trouve que son père avait une attitude bizarre et le soupçonne même d’avoir voulu faire disparaître Rex ! Heureusement, cela ne s’est pas fait.

Arrivés à St Maur, les enfants s’installent dans leur chambre mais Rex, lui, semble renifler une odeur suspecte ; cela le conduit, ainsi que Max et Elena, au grenier de l’abbaye. Le chien s’arrête devant une armoire qui comporte un grand miroir. Exactement le genre de meuble qu’on pouvait acheter, jadis, dans les brocantes.

« Un passage secret ? » interroge Max.
- On entre ? propose la jeune fille.
- Je suis pas sûr qu’on ait le droit, insiste le garçon.

Et puis pour trouver quoi dans ce passage ? Un calendrier qui porterait malheur, qui annoncerait chaque jour des disparitions de proches ? Et des kidnappings ? Ou découvrir des histoires de testament ? Ou encore tomber sur des petits cochons licornes ? Max a entendu parler d’une forêt où vivraient des centaines, des milliers de cochons-licornes ! Mais il y a pire que les cochons-licornes : on parle d’un fantôme qui prétendrait s’appeler Satan et qui poserait des questions compliquées auxquelles il faut répondre si l’on voulait avancer…

Mais le chien Rex, lui, ne les attend pas ; il est déjà passé de l’autre côté. Que faire ? Ils le suivent, arrivent dans une sorte de cave où il fait tout noir. Au loin, ils distinguent une petite lumière mauve, ils entendent leur chien aboyer. Qu’est-ce qui se passe ? Ils distinguent une porte. Et derrière la porte, un fleuve, la Loire !
Mais Rex cette fois a bel et bien disparu.

Chapitre deux
A la recherche de Rex

Le chien Rex s’est perdu pour de bon. Le décor autour de lui a changé. Il avance, méfiant, se retrouve face à un lac, vert, parcouru de lucioles. Un groupe de cochons-licornes est en train de boire et l’observe.
- Qui es-tu ? lui demande un de ces animaux.
- Un chien, je suis un chien. Mais où suis-je ?
Rex a les yeux marron, son poil est blanc et marron.
- Tu es dans un monde magique. Qu’est-ce que tu fais ici ? Repars d’où tu viens, chien domestique. Ta place n’est pas ici.

De leur côté, les deux enfants, Max et Elena, le recherchent. Ils traversent un labyrinthe sur les parois duquel on peut lire « Suivez les dessins de poisson ; attention, les murs sont fragiles ». Mais en vain.

Puis en bord de Loire, ils entendent un drôle de bruit, comme des battements dans l’eau.
- Je vois quelque chose, dit Elena.
- Si c’était le monstre du Loireness ! chuchote Max. C’est une légende dont j’ai beaucoup entendu parler.
La jeune fille éclate de rire :
- Tu crois à ces histoires de gamins ?
Mais elle demande tout de même :
- A quoi il ressemble ton monstre ?
- Il est grand, il mesure peut-être vingt mètres de long. Il a des nageoires sur les bras et la queue.
Ils se taisent, le monstre vient de replonger au fond de l’eau.

Ensuite ils font deux mauvaises rencontres. Ils se retrouvent d’abord dans un drôle d’endroit, devant une maison en pierres rares, ces pierres qui servent dans les villages troglodytiques. Là, ils tombent dans un piège, un trou en fait, que leur tend un homme chauve avec un masque noir. Heureusement, avec leurs deux écharpes, ils arrivent à fabriquer une sorte de corde et peuvent sortir du trou.

DESSIN N° DEUX
Traces de pattes de chien

Puis, est-ce le même homme ou un autre qui se fait appeler Satan, celui qui porte une grande cape noire, qui les menace ainsi ?
« Si vous voulez récupérer Rex, suivez les parcours que vous indique la lumière mauve ». Une petite lumière en effet les conduit d’abord à un parcours de sauts. L’épreuve est plutôt facile. Second parcours : de l’escalade. Max a du mal, il a le vertige mais Elena est à l’aise et l’aide bien. Troisième difficulté : un parcours d’équitation que tous les deux réussissent.
Mais l’homme masqué (ou Satan, le fantôme redoutable) est un menteur : Rex n’est toujours pas là. Elena se dit qu’elle fait un cauchemar, un mauvais rêve peuplé d’hommes décapités, de bruits suspects , de loups-garous et de manieurs de sabres, des sabres noirs et blancs. Elle se dit qu’il est temps qu’elle se réveille, qu’elle retrouve, avec des croquettes à la main, le chien, ou qu’elle le croise en train de manger du poisson ou encore caché dans un arbre ! Mais non, les enfants ne rêvent pas.
Ils reprennent leur quête de Rex.
Par chance, enfin, ils trouvent sur le chemin les traces de pattes de chien ; pas de doute, ce sont bien les traces de Rex. Elles les conduisent au pied d’un vieux mur couvert de lierre, au milieu duquel on devine l’ouverture d’une porte.

Chapitre trois
Les retrouvailles

« C’est quoi, ça ? Ça mène où ? demande le garçon.
- Je pense que Rex est passé par cette porte, dit Elena à Max qui ne sait pas où aller.
- Rentrons, on verra bien.
Ils ouvrent la porte, voient un long chemin étroit où les traces de pas continuent. D’ailleurs ils entendent au loin des aboiements.
- C’est Rex ! Il n’est pas loin, dit Max.
Elena remarque :
- Je crois qu’on est dans la forêt cachée de St Maur. J’ai lu quelque part un article disant que ceux qui s’y aventurent n’en ressortent jamais !
Max pense plutôt à la jungle de Gobland, remplie de créatures genre gobelins, effrayés en permanence par une araignée géante et armés de leur seule sarbacane avec des flèches empoisonnées, mais il ne le dit pas.

Les enfants poursuivent leur recherche, font une petite pause pour manger du chocolat car ils ont faim. Max se dit que ce serait bien d’avoir un sous-marin pour explorer la Loire toute proche. Elena ne réagit pas.

Tous deux ne cessent de penser à leur chien qui doit être en danger et ils se demandent qui a bien pu le voler. Qui est ce Satan, dont la légende raconte qu’il mangerait ses victimes mais qui aurait un point faible ? Ou qui est cet homme à capuche ? Pourquoi fait-il ça ?
Elena dit tout à coup :
- Et si c’était Julie ?
- Quoi Julie ?
- Oui, notre amie Julie est toujours toute seule, personne ne veut jouer avec elle, elle a pu prendre le chien pour compagnon !
- Non , c’est une mauvaise idée, répond le garçon.

En tout cas, Max et Elena sont bien décidés à faire payer cher à celui (ou celle) qui a enlevé Max.

En chemin, ils croisent un cochon-licorne.
- C’est quoi cette bête ? s’étonne Elena.
- Tiens, voilà encore des étrangers ! grogne de son côté le petit cochon.
- Pourquoi vous dites ça ? lui demande Max.
- Ben oui, tout à l’heure est passé un chien, puis un humain avec un masque, répond le cochon. En plus celui-ci a détruit notre maison. Au fait je m’appelle Pinkie.
- Et nous, il nous a volé notre chien.
- Mettons-nous alors ensemble pour le chasser !
- Bonne idée. On va lui faire un aspicage, dit Pinkie.
- Un quoi ?
- Un aspicage : on l’aspire puis on le fait passer dans une cage.
- Heu, bon, on va faire plus simple. Juste un piège pour
récupérer Rex.
- Oui, mais qui te dit qu’ils sont ensemble, le voleur et le chien ?
- T’inquiète !

DESSIN N°3
Cochon-licorne

L’idée, c’est de se mettre devant la maison du voleur ( les cochons-licornes savent où il habite), de l’appeler ; il sortirait ; Max lui ferait un croche-pied ; l’autre tomberait ; les enfants le ligoteraient avec une corde, lui passeraient un baillon sur la bouche.
C’est ce qu’ils firent.
Rex était bien dans la maison. Le voilà libéré.

Ils enlèvent le masque de l’homme.
- Pa…pa….papa ! s’exclame Max
- Ce chien me porte malheur, dit juste l’autre.

Que faire du voleur ? « Faut le mettre dans une cage, au dessus de la Loire, et ne rien lui donner à manger », propose le cochon-licorne.
- Non, mieux vaut en parler à la police, estiment les enfants.

Un peu plus tard, la police les remercie car le père de Max était, figurez-vous, un trafiquant d’animaux. A l’année prochaine pour de nouvelles aventures avec nos trois amis, Elena, Max et Rex.

FIN



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