Belle-Ile, automne 2013

A Belle-Ile-en-mer, deux ateliers avec des 6è du collège Jeanne d’Arc de Brétigny/Orge (91) ont réalisé deux textes, "Poséidon mène l’enquête" et "Vauban et les empoisonneuses" (octobre 2013), publiés dans un recueil "Récits d’hier et d’aujourd’hui", contenant également deux ateliers d’Alain Bellet.

PREFACE

On va dire que cela ressemble un peu à de la magie. Dimanche soir, les jeunes candidat-e-s à l’atelier d’écriture et l’écrivain se font face pour la « plénière » d’ouverture, généralement dans une salle assez vaste, genre salle de spectacle, bibliothèque, théâtre. Jeudi matin, les mêmes se retrouvent pour la « plénière » de clôture. Avec, en plus, cette fois, un livre ! Pensé, écrit, réalisé entre-temps. Le livre des enfants, conseillés par l’auteur. Rien n’a été préparé d’avance, aucun plan préconçu, aucune organisation secrète. Simplement, par la puissance de l’imagination, par l’envie d’inventer des histoires, de créer des personnages, de décrire des décors, de jouer des rebondissements, les élèves, tout naturellement, et tous ensemble, ont lâché la bride à leurs neurones, laisser courir l’imaginaire et écrit ces nouvelles comme s’ils avaient fait cela toute leur vie…
Le résultat est là, quatre récits d’hier et d’aujourd’hui, tournant autour de la majestueuse citadelle Vauban de Belle-Ile-en-mer, mis au point par quatre classes de 6é du collège Jeanne d’Arc de Brétigny. Merci aux enfants pour leur totale complicité. Merci aux enseignantes pour leur cordiale et permanente attention. Merci à l’équipe de Bruté pour son soutien si efficace.

Alain Bellet
Gérard Streiff

POSEIDON MENE L’ENQUETE

Chapitre 1
Alice a disparu

Alice est partie au bunker ; depuis, on ne l’a plus revue.

Alice, 11 ans, est une jeune fille brune aux yeux verts, timide, curieuse, intelligente, plutôt maigre, riche aussi ce qui suscite pas mal de jalousies.
Alice aime bien se promener sur les côtes sauvages de Belle-Ile-en Mer. Sa maman ne veut pas qu’elle sorte seule mais comme Alice est très curieuse, elle prend son courage à deux mains et lui désobéit. Elle aime faire le tour de l’île ; il y a de petites plages où l’on peut se baigner, s’allonger tranquillement …
Tout s’est toujours bien passé jusqu’ à ce jour où elle e a disparu.

Les parents, le père est chirurgien, la mère boulangère, fous d’inquiétude pour leur fille, la cherchent dans tous les recoins mais aucune trace d’Alice ; alors ils appellent l’inspecteur Oval qui est un homme très carré.
- Inspecteur ? demande le père.
- Oui, que puis-je pour vous ? répond le policier.
- Ma fille a disparu.

Alice a un grand frère, Thomas, 14 ans, un blond aux yeux bleus.
Et Thomas, qui entend la conversation, pense lui que les inspecteurs sont tous nuls et il préfère mener l’enquête lui même. Il essaye de téléphoner à sa sœur mais ça ne marche pas ; en fait elle a laissé son portable à la maison.
D’abord il se dit qu’elle jouait peut-être à cache-cache et qu’elle serait tombée dans un trou, un trou profond.
Puis il se demande si elle n’a pas été kidnappé, il pense en effet avoir entendu des hurlements et avoir vu la fenêtre de sa chambre ouverte.

Avec ses amis Lucas et Coralie, du groupe Poséïdon, et leur chien, Rex, ils se mettent à la chercher sans relâche. Lucas dit avoir vu dans le coin un homme tout habillé en noir, il serait passé plusieurs fois dans la rue en lançant des regards bizarres. Coralie, elle, a remarqué un autre homme étrange , cheveux courts, pantalon sale et troué, chaussures abimées.

Thomas sait que sa sœur aime visiter les bunkers ; serait-elle tombée à la renverse dans une trappe ?
- C’est quoi un bunker ? demande Lucas.
Thomas lui tend un dictionnaire ; il lit puis résume :
- C’est un abri où les soldats se protégeaient, comme un mur de béton avec des meurtrières pour laisser passer les armes et des pièces souterraines pour vivre, manger, dormir.

Thomas connait l’adresse du bunker, 3 rue Bruté, Belle-Ile-en-mer, 56360 ; il connait aussi le passage secret pour y accéder.
On raconte que tous ceux qui entrent ici n’en sortent plus mais Thomas n’y croit pas.

Le groupe arrive donc au fameux bunker, il pénètre d’abord dans une salle de réunion, spacieuse, ronde mais très sombre, froide, bref invivable avec, en son milieu, une grande table. Au sol, on remarque des trous de souris, des araignées, il y a même une couleuvre qui s’agite, tout le monde la contourne. Les murs sont très épais et on n’entend aucun son de l’extérieur mais il y a plein de petits bruits, de l’eau de pluie qui dégouline.
Il faut prendre de longs souterrains humides, des couloirs où ça sent plutôt mauvais, comme dans des égouts, une odeur de vase, on traverse des pièces laides, des chambres avec des lits superposés. Partout on trouve de vieilles armes, peut-être des armes chimiques, il y a aussi un ancien canon.

Le groupe crie :
- Alice ! Alice ! où es-tu ?
Personne.
Au bout d’un couloir, une trappe ; sous la trappe, un mystérieux laboratoire sur la porte duquel est inscrit : « Merci de frapper avant d’entrer ! »
Le groupe entre, sans frapper ; Coralie demande :
- C’est quoi cet endroit, l’appartement secret de Hulk ? ou de Spiderman ? ou de Terminator ?
Mais ça ne fait rire personne.

Pas d’Alice, donc, mais on trouve, parterre, une de ses chaussures ! La chaussure gauche.

Aurait-elle pris un passage secret qui va, dit-on, du bunker jusqu’à la prison des enfants, l’ancienne prison fameuse de Belle-Ile-en-mer ?.
Ou peut-être a-t-elle trouvé un trésor, ce qui ne lui porterait pas chance ?
Ou est-ce le « groupe du bunker », dont le chef est un petit rond à lunettes, qui serait responsable de sa disparition, comme le pense Thomas ?
Bref, beaucoup de questions mais peu de réponses. Pour l’instant.

Chapitre 2
Recherches dans Belle-Ile

Le groupe Poséidon continue un long moment ses recherches dans les couloirs du bunker. Ils passent devant deux étranges personnages, tout habillées de blanc, qui murmurent des petites phrases où reviennent les mots « argent », « vol », « koustioul » et « disparition… de bouton sur le nez » !

Un peu plus tard, un petit bruit attire leur attention : l’homme en noir est là. Aussitôt, le groupe se met à le poursuivre. C’est une course déchainée dans les tunnels. Finalement, l’homme en noir bascule et tombe. Et voici que deux corps sortent de la cape noire étalée devant le groupe, deux petits corps d’enfants. Ce n’est pas un homme en noir qu’ils découvrent mais deux jumeaux, l’un juché sur les épaules de l’autre, les deux faux jumeaux de la classe, Manon et Julien Roga.
- Qu’est-ce que vous faites ici ? demande ce dernier.
- On vous retourne la question, répond Lucas, énervé.
- Vous ne seriez pas de la « bande du bunker », interroge Coralie.
- Bien vu, avoue Manon.
Difficile de nier, chacun des deux porte un badge marqué « BB », autrement dit Bande du Bunker.
Mais il suffit d’une seconde d’inattention et les jumeaux se sauvent.

Sur le chemin, Thomas repère au sol de drôles d’empreintes, les marques d’une chaussure droite et d’un pied gauche nu. Il s’exclame :
- Ces traces ! Ce sont les traces d’Alice ; c’est sûr ; elle a perdu une de ses chaussures ; voilà enfin une bonne piste.

Un moment, le chemin bifurque. Le chien Rex part sur la droite, le groupe le suit. Le couloir devient de plus en plus pentu, c’est vite une sorte de toboggan géant qui les conduit hors du blockhaus. Le groupe apprécie de sortir du bunker où il avait la sensation d’être observé.

- Je sais où l’on peut trouver ma sœur, dit Thomas. A la bibliothèque. C’est le coin préféré d’Alice.
Là, ils trouvent en effet ses boucles d’oreille entre les pages d’un livre. Ils demandent à la bibliothéquaire :
- Madame, avez vous vue une petite fille qui se nomme Alice, cheveux bruns, yeux verts ?
- Oui, elle est venue avec un gardien de la prison des enfants.
- Merci, au revoir, répondent-ils.

Ils se rendent donc à la prison des enfants ; le lieu est triste, les murs hérissés de piques et de pointes, les fenêtres cassées ; aucun bruit. A l’entrée, un garde, muni d’un fusil, porte un casque sur ses cheveux bruns, une chemise bleue.
- Est-ce que vous connaissez une petite fille qui s’appelle Alice ? lui demande Thomas.
- C’est pas à moi qu’il faut demander ça, c’est directement au directeur ! dit l’homme.
- On peut entrer ?
- Non, c’est privé !
Par talkie-walkie, il appelle le directeur qui arrive, chemise rose, veste bleue marine, pantalon noir, un ensemble pas du tout assorti : il ronchonne :
- Qu’est ce qui se passe ici ; à cause de vous je vais rater la fin de mon thé.
- Désolé, monsieur, c’était juste pour savoir si vous avez une petite fille appelée Alice Borjon.
- Non, pas d’Alice ici, répond l’autre, ce sera tout ?
- Oui, au revoir et pardon pour le dérangement, s’excuse Thomas.
Le directeur repart sans un mot.

Alors le gardien chuchote :
- Il ment ! Je la connais la petite Alice, elle est arrivée hier.

Chapitre 3
La prison des enfants

Thomas, Coralie et Lucas se regardent. « Alice est arrivée hier ! » vient de leur dire le gardien.
- Vous en êtes sûr , insiste Thomas.
- Oui mon petit, répond le garde .
- On peut la voir ?
- Certainement pas.
- Pourquoi ?
- Arrêtez maintenant avec toutes vos questions !
Voilà que le gardien s’énerve. Ils font semblant de partir, se cachent et cherchent un moyen d’entrer dans le bâtiment.
- Si on assommait le garde ? propose Coralie.
- C’est trop compliqué, pense Lucas.
- On se déguise en gardien ?
- Et Rex, on en fait quoi ?
- On pourrait s’infiltrer de nuit ?
- Ou on se sert d’un grappin et on escalade la façade ?
Mais l’idée ne fait pas l’unanimité.

A ce moment là passe devant eux un lapin. C’est vrai qu’il y en a beaucoup dans la région. Coralie le suit et arrive devant un gros buisson, au pied du mur de la prison. Sous le buisson, un trou. Au bout du trou, un passage, une petite porte, Coralie entre ; elle est à l’intérieur de la prison. Vite elle se dirige vers l’entrée principale.

Les garçons, pendant ce temps, discutent entre eux et n’ont même pas remarqué le départ de Coralie.
- A mon avis, dit Thomas, Alice a du entendre une discussion confidentielle qu’elle ne devait pas entendre, par exemple des gens qui préparaient un cambriolage de la plus grande bijouterie de Belle-Ile. Alice a tout entendu, les voleurs l’ont compris et l’ont kidnappé pour pouvoir organiser leur vol tranquillement.
- Non, dit Lucas, pour moi, Alice a découvert dans le bunker un laboratoire secret ; c’est le laboratoire clandestin du directeur de la prison ; celui-ci l’a su et avec l’aide de la BB, la Bande du Bunker, il a kidnappé Alice.

Coralie, qui est donc à l’intérieur de la prison, croise un garde qui a l’air très aimable. Il se présente :
- Gardien Malcom ! Besoin d’aide ?
- Oui je cherche Alice Borjon. Ça vous dit quelque chose ?
- Oh oui, je l’ai accompagnée à la bibliothèque hier.
- Où est-elle maintenant ?
- ça je ne sais pas ; tout ce que je sais, c’est qu’elle va partir en Algérie d’ici cinq heures.
- Vous n’en savez pas plus ?
- Non, désolé.

Coralie arrive devant l’entrée principale. Personne en vue. Elle ouvre la grande porte et appelle doucement ses amis :
- Venez les garçons, j’ai réussi à entrer !

Thomas et Lucas rejoignent la jeune fille, Rex les suit et semble tout de suite trouver une piste. Il est tout excité. Le groupe Poséïdon suit le chien. Ils arrivent dans le bureau du directeur, frappe à la porte.
- Que voulez-vous ? dit une voix à l’intérieur.
- Entrer, juste entrer.
- Y a rien à voir !
Thomas et Lucas poussent la porte. Deux gardes veulent les arrêter ; Coralie gifle le premier de toutes ses forces. Lucas lance Rex sur le deuxième et le chien lui mord le mollet. Ils les attachent tous les deux avec une ficelle. Le directeur n’a pas le temps de réagir, Thomas lui passe les menottes qui étaient sur le bureau.

- Alice ? crie le groupe.
- Je suis là ! dit une voix.
- Où ?
- Ici !
Il la trouve dans un cachot proche du bureau ; par terre il y a des poupées Barbie.
- Alice ma petite sœur ! se réjouit Thomas

Les enfants demandent des explications au directeur, pourquoi cet enlèvement d’Alice.
- Je voulais me venger de M.Georges, le père d’Alice.
- Pourquoi mon père, s’étonne Thomas.
- Parce que ce chirurgien a raté l’opération sur ma fille Gertrude. En enlevant sa propre fille, je voulais lui montrer le mal que cela fait de perdre son enfant. Je voulais qu’il éprouve la même souffrance que moi. Je voulais lui faire payer son erreur.

Le groupe Poséidon téléphone alors aux parents d’Alice et Thomas, pour leur annoncer la bonne nouvelle de la libération d’Alice. Les parents arrivent aussitôt. M.Georges dit :
- je me souviens très bien de cette opération de Gertrude et de ce jour-là ! Je m’excuse, vraiment mais on ne pouvait pas sauver votre fille, monsieur le directeur, elle avait une maladie très grave.

Tout le monde est ému. Que faire ? Prévenir la police ? ne pas la prévenir ? finalement on ne prévient pas la police. Les parents, Alice et Thomas, le reste du groupe Poséidon ainsi que Rex rentrent à la maison ; tout le monde est fou de joie. Même le chien aboie.
Tout le monde a déjà oublié le directeur et les deux gardes, qui arriveront bien à se libérer tout seuls !
FIN

VAUBAN ET LES EMPOISONNEUSES

Chapitre 1
Message étrange

Mais qui a vu le professeur ?
Les élèves de 6è rouge l’attendent dans la cour avec impatience puis l’inquiétude devient palpable.
La directrice apparaît soudain, quand toutes les classes sont déjà rentrées depuis cinq minutes, et dit :
- Mais voyons les enfants, vous n’êtes pas rentrés ?
La classe répond que non, que M. Vauban, le professeur d ’histoire / archéologie n’est pas là. La directrice est bien surprise ; elle dit qu’il a surement du retard mais au fond d’elle même, elle n’y croit pas vraiment, Vauban n’est JAMAIS en retard.
La 6è rouge entre alors en salle de permanence Et là, on peut lire au tableau cette inscription :
« Si vous voulez revoir Vauban, déposez 150 000 euros sur le pont du Vindilis ». Le Vindilis, c’est le grand ferry de la compagnie Océane, qui stationne au port de Belle-Ile-en-Mer.

Jérôme et Alexandra, deux des élèves, s’interrogent ; Jérôme est petit, maigrichon, des lunettes et des yeux bridés ; Alexandra est grande, cheveux blonds, genre baba-cool.
C’est vrai qu’en ce moment, pensent-ils, Vauban paraissait tout pâle, parfois même il bégayait :
« Euh, on va finalement pas faire le contrôle d’histoire, les enfants car je ne l’ai pas encore préparé !
Cette attitude avait surpris toute la classe, Vauban préparait toujours ses contrôles au moins un mois à l’avance.

Et puis qui peut bien lui en vouloir ? et demander une telle somme d’argent ? sur l’île, la plupart des gens sont sympathiques sauf…

- J’ai des suspects, dit soudain Alexandra ; il y a le maire qui trouve qu’il n’est pas assez bien payé ; il y a le directeur de la citadelle qui ne pense qu’à s’enrichir ( voir ses chambres d’hôtel à 600 euros la nuit !) ; Mme Lepoivre, toujours ronchonne, qui prétend être pauvre, ce qui n’est pas le cas…

Jérôme examine à son tour toutes ces hypothèses, pense de son côté que tous ces gens tiennent plutôt des seconds rôles puis ajoute :
- Ou alors, ils ont créé tous ensemble une association…

Midi : Jérôme et Alexandra rentrent chez eux ; la maman d’Alexandra a préparé des endives au jambon, que la jeune fille a en horreur ; sa maman travaille à la maison mais Alexandra croit plutôt qu’elle est au chômage, qu’elle ne le dit pas car elle aurait un peu honte ; Jérôme lui s’est acheté un pain au chocolat.

L’après-midi : les enfants retournent au collège. On raconte que sur le parking de l’établissement, on a trouvé des bouts de verre, des traces de pneu, sûrement un pick-up ! Qui a bien pu faire ça ?
Vengeance ? Meurtre ? Enlèvement ?
- Posons nous les bonnes questions, dit Jérôme.
N’empêche, leur enquête n’avance pas.

Cette nuit là, tous deux font de mauvais rêves. Jérôme imagine que tous les profs ont disparu, le directeur, le prof d’anglais, le prof de musique, le prof de maths, le prof de français, le concierge, bref tous les adultes ! Les parents ne viennent plus attendre leurs enfants au portail du collège ! Et les élèves affamés ne quittent plus l’école où règne le chaos. Jérôme est bien content de se réveiller.
Alexandra, de son côté, se retrouve en face d’un chat géant, 50 mètres de long, qui attaque Belle-Ile, dévore les bateaux, les gens, les enfants ! Quel cauchemar.
Mais quand elle se réveille, elle voit au plafond de sa chambre, la phrase « Des âmes l’ont kidnappé ! » ???

Le lendemain, ils croisent la directrice qui parle avec Mme Vauban en pleurs.
- Bouuuuh, mon mari a disparu ! Je l’ai même pas entendu partir. Et…et…maintenant je suis perduuuuuuuu ! Bouuuuh !

Elle éclate en sanglots, les enfants sont très impressionnés, ils pleurent même un petit peu.
Ils décident de devenir de vrais détectives, de chercher partout dans Belle-Ile, d’interroger tout le monde. Pour commencer, ils veulent se renseigner pour savoir si une association (entre le maire, le directeur de la Citadelle et Mme Lepoivre) existe, une affiche aurait été mise sur un panneau officiel en mairie. C’est alors qu’ils entendent parler d’un nouveau message adressé à la classe ; ce message était caché derrière le tableau.
« C’est moi qui ai enlevé votre professeur ; je suis une ancienne prof d’Histoire / Archéologie ; ne prévenez pas les policiers si vous tenez à Vauban. Rejoignez moi à minuit tapante, à la Citadelle, cachot des empoisonneuses, sous l’inscription sanglante « Marie » !

Chapitre 2
Mystère de la citadelle

Jérôme et Alexandra ont mis leur réveil à 23h30. C’est l’heure où les animateurs sont couchés. Ils prennent alors leur vélo, direction la Citadelle. Ils n’ont pas l’argent demandé. Comment trouver une telle somme en quelques heures ? Faut-il emprunter à la banque ? demander aux parents ? en leur mentant et en disant que c’est pour la rénovation de l’école ? vendre des vêtements aux enchères ?
Ils n’ont rien trouvé ; pourtant Jérôme part au rendez-vous avec une grosse valise.

Cette nuit là, il fait froid, il y a du brouillard, on ne voit rien à plus de deux centimètres. Ainsi ils ne se rendent pas compte qu’ils sont suivis depuis Bruté par deux autres élèves, Daniel et Camille, qui ne sont pas nés de la dernière pluie.

La citadelle est fermée, gardée. Comment distraire le gardien et passer la porte ? Ils énumèrent les différents moyens : en lui faisant boire du café avec du somnifère, par exemple ? en faisant exploser la poudrière, la salle de poudre à canon, mais c’est risqué ? en grimpant le long du mur ? Alexandra refuse :
- Non, c’est trop dur d’escalader, tu es fou ou quoi ?
- Ou alors en se servant d’appât ?
- D’appât ? s’étonne Alexandra.
- Oui, toi par exemple, tu te mets devant l’entrée ; tu serviras d’appât ; à mon signal, tu feras semblant de t’évanouir ; quand le gardien sortira, je te ferai des petits signaux de lumière, juste avant de lui sauter dessus et de l’assommer. De toute façon, tu ne sais pas te défendre, alors…
- Moi, un appât ? Mais ça va pas la tête ?! s’indigne-t-elle.
Jerôme se dit que son amie est une poule mouillée mais il garde ça pour lui ; il abandonne donc l’idée d’appât et propose d’utiliser un parachute.
- Un parachute !? Alexandra hausse les épaules et ne fait même pas de commentaires.

Finalement, ils entrent sans problème car la porte n’est pas fermée à clé. A l’intérieur de la citadelle, Alexandra se tourne vers Jérôme et lui demande :
- Tu sais où est le cachot des empoisonneuses ?
- Non, pas du tout ; mais on n’a qu’à suivre les pancartes du sens de la visite. Regarde : là, c’est la poudrière, là le puits des moines, là l’hôtel cinq étoiles.
Sur le chemin, ils remarquent, un moment, un grand panneau indiquant que des fouilles archéologiques vont être bientôt menées sur le site de la Citadelle.

- On approche, réagit Alexandra. Mais il fait complètement noir. Jérôme, j’ai peur.

Arrive alors une série d’incidents et ils pensent être tombés dans un guet-apens. Ils doivent fuir des chiens enragés ; puis, descendant des escaliers, il leur faut éviter une chute de boulets de canon. Alexandra se fait mal mais Jérôme, qui a toujours sur lui des plantes médicinales, la soigne efficacement.
- On s’est fait avoir comme des débutants ! regrette le garçon.

Ils atteignent enfin le cachot des empoisonneuses ; des voix, venues d’on ne sait où, se font entendre :
« Venez ici… », « Par ici… », « Vous avez l’argent ? »
Le garçon et la fille ont la chair de poule.
Après le cachot, les voici dans la grotte où l’on peut lire au mur, en lettres de sang : « Marie ! »
Jérôme sort sa lampe torche, tente de l’allumer. Soudain une vidéo est projetée sur le mur, c’est le visage de Vauban que l’on voit et qui semble dire « Au secours ! ». On entend une voix qui résonne dans la grotte :
- Donnez l’argent ! sinon Vauban va souffrir !
La vidéo brusquement s’arrête mais la voix, elle, continue et répète :
- Vous avez l’argent ?
- Oui, répond alors Jerôme et il montre sa valise ; étonnée, Alexandra le regarde faire.
- Laissez la valise ici, reprend la voix, et partez. Tout de suite.

Ce qu’ils font.
En ressortant, Alexandra lui demande où il a trouvé l’argent.
- Ce sont des billets de Monopoly ! dit-il. Et j’ai glissé sur la valise une mini caméra et un GPS.

Chapitre 3
La vérité éclate

Il faut maintenant élaborer un plan pour coincer le coupable, se disent Jérôme et Alexandra. Revenus au centre, ils vont sur l’ordinateur de la direction, branchent la clé USB, ouvre les fichiers « Vidéo » et « GPS ».
La vidéo doit piéger celui (ou celle) qui va venir prendre la valise dans la grotte. Apparaît assez vite un personnage masqué ! Impossible de reconnaître quelqu’un !
- Il ressemble étrangement à Vauban, dit toutefois Jérôme.
- Oui mais Vauban n’a tout de même pas organisé son propre enlèvement, s’étonne Alexandra.
- Tu sais, si ça se trouve, il a fait ça pour avoir de l’argent, pour nourrir ses enfants..
- Mais il n’a pas d’enfants !
- Bon, ben alors pour payer les taxes !

Mais Alexandra est à moitié convaincue. Elle regarde ce que ça donne avec le GPS qu’ils ont intelligemment placé sur le haut de la valise.
Ils découvrent ur la carte, à l’écran, un petit point qui clignote.
- C’est surement notre criminel, dit Alexandra.
Le point clignotant traverse la citadelle, sort du côté de la mer puis longe le sentier côtier et avance, avance puis stoppe.
- Mais où il est passé ? s’étonne Jérôme.

Ils regardent mieux la carte et comprennent : le point qui clignote indique la grotte des sirènes.
- Je connais ! dit Alexandra.
Pas le temps de dormir ; ils enfourchent à nouveau leur vélo, direction la grotte en question.
- On dit qu’elle est habitée de fantômes et de zombis, murmure Alexandra.
- Même pas peur, réagit Jérôme.

A l’entrée, ils tombent sur un énorme site archéologique.
- Il y a plein d’épaves, s’étonne Alexandra.
- Et peut-être, dans ces épaves, des trésors ? interroge Jérôme.

Ils avancent doucement car d’énormes rochers menacent de leur tomber sur la tête.
Plus loin, ils découvrent un vrai bazar ; il y a là une chaise de maître nageur chargé de surveiller les plages ; un haut parleur ; un rideau cassé…
Soudain, des espèces de monstres s’agitent ; pourtant assez vite les fantômes disparaissent, comme si c’était de la buée ; reste un zombi qui gigote, sans doute pour leur faire peur. Et voilà que le zombi se met à transpirer, son maquillage disparaît à son tour et les enfants reconnaissent sous le déguisement…le directeur de la citadelle. Honteux d’être découvert, celui-ci se sauve vite avec, semble-t-il, une valise à la main.

Les enfants continuent de progresser dans la grotte, ils font tomber le rideau et ils voient, ligoté, attaché à un vieux fauteuil , un bâillon dans la bouche…Mr Vauban !

Bien content d’être découvert et libéré, Vauban leur raconte ce qui lui est arrivé :
« Sur le testament de mon arrière-arrière-arrière grand père, il était dit qu’il léguait à son arrière-arrière-arrière petit fils, donc moi, la citadelle de Belle-Ile-en-mer. J’ai donc voulu récupérer mon bien, y entreprendre des fouilles archéologiques. Mais le directeur de la citadelle n’était pas d’accord. D’abord il a voulu bruler le testament. Puis il a réclamé beaucoup d’argent. Jaloux, rapace, il a donc organisé mon enlèvement.

Aussitôt les enfants préviennent la police ; ordre est donné de bloquer les routes et les ports.
Mais on retrouve facilement le directeur ; il s’est enfui avec la valise muni du GPS ; on le localise dans le bagne des enfants et on l’arrête. Il n’a même pas le temps de voir que sa valise est remplie de billets de Monopoly.

FIN



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