St Jean de Sixt (09/2017)

Préface
Gérard Streiff

C’est toujours un peu la même histoire : au début d’un atelier d’écriture, on rappelle à ces jeunes gens qui vous font face qu’ils sont capables d’inventer mille et une aventures ; leur imaginaire ne demande que ça, raconter, rêver. Ils vous écoutent, ils doutent un peu.
Et puis vient le temps de l’écriture et là ils réalisent qu’en effet ils peuvent construire, vite, des fictions attachantes, mouvementées, pleines d’intrigues ; ils se libèrent en quelque sorte. C’est le cas des deux histoires qui suivent et que le lecteur va découvrir, j’en suis sûr, avec plaisir.
Bravo aux élèves de 6è3 et 6è4.
Merci à leurs professeurs.
Et merci à Oval pour son hospitalité.

Gérard Streiff

Classe de 6è4

48 heures de malheur

Chapitre un
S.O.S.

La « colo » était totalement isolée. On ne savait pas comment la structure du chalet avait pu résister à l’éboulement. Tous les liens de communication étaient coupés. Même la petite radio qui émettait jusque là quelques paroles s’était éteinte.

Le matin même, Camille avait réveillé en sursaut James, entrant dans sa chambre en criant : « Le reste de la colo a disparu ! » mais James, à moitié endormi, avait répondu :
- Ça fait cent fois que je te dis que tes blagues ne sont pas drôles ! »
Mais ce n’était pas une blague. C’était vrai. Alors en deux temps trois mouvements, le garçon avait enfilé son CCP (chaussures, chaussettes, pull) et suivi Camille dans le couloir où les fenêtres étaient toutes blanches, recouvertes de neige.

James était brun aux yeux verts. Camille était châtain aux yeux marron. Des enfants comme les autres qui s’étaient rencontrés lors d’une précédente colo. Ils avaient déjà passé de bons moments ensemble, des moments plus ou moins rigolos : quand Camille s’était cassé la jambe en vélo ; ou quand ils s’étaient barbouillé de chantilly ; ou encore lors d’une cueillette de champignons…
A présent, on était au mois de mars. Ils se trouvaient dans un chalet, du côté de La Clusaz, touché par une avalanche.

ILLUSTRATION 1
Les deux jeunes gens

Est-ce qu’ils étaient les seuls survivants ? Est-ce qu’ils allaient rester là, tout seuls ? Il leur fallait absolument trouver une issue. Sinon…

Heureusement, ils croisèrent leur animateur, Louis.
- Louis, qu’est ce qui s’est passé ?
- J’en sais rien, balbutia-t-il.
Ils virent des enfants courir dans tous les sens, paniquer. Des animateurs les calmèrent et les amenèrent dans la salle à manger. On se compta, on se rassura.
Louis parlait avec des moniteurs :
- Quelqu’un sait ce qui s’est passé ?
- Moi je crois savoir ce qui s’est passé, il y a eu une avalanche, dit Arthur.
- Comment tu sais ça ?
- Ben, j’arrivais pas à m’endormir car les enfants de mon étage faisait du bruit. Alors j’ai tout vu. Il y a eu d’abord un gros coup de vent qui a tout balayé, la table de jeu, le cabanon du jardin. Puis tout a été plongé dans le noir. Et un bout de la falaise aussi s’est effondré, détruisant tout sur son passage.

Arthur, très pessimiste, ajouta que le centre où ils se trouvaient n’avait pas très bonne réputation ; selon lui, deux ans auparavant, l’ancienne propriétaire s’étaient pendue. Et les clients étaient rares.

Un silence s’ensuivit, puis Camille, les yeux humides mais se retenant de pleurer, intervint, d’une voix blanche :
- Ne vous inquiétez pas, les secours vont arriver…
Mais elle se trompait lourdement. Impossible d’appeler les secours. Et y avait il même des secours ?
Un animateur assura qu’on ne disposait pas de beaucoup de réserves de nourriture, à peine de quoi tenir deux jours.
- Sortons et escaladons les rochers ? proposa James qui était claustrophobe et n’en finissait pas de tourner en rond.
- Impossible d’ouvrir les issues ni d’enfoncer les portes ; le mieux est d’attendre.
Quelqu’un parla d’un souterrain, long couloir sombre et sinueux, mais on lui dit que ça ne menait nulle part. Ceux qui l’avaient emprunté avaient compris que ça ne servait à rien de continuer et avaient fait demi tour.
- Mais on peut pas rester là à rien faire, s’énerva Camille, qui commençait à avoir froid, et faim. Faut trouver une solution.

Chapitre deux
La dispute

« Il n’y a pas de solution » dit Arthur.
- Tu es beaucoup trop pessimiste, lui déclara James.
Mais que faire ? Passer par la cheminée ? elle était bouchée.
- Alors comment survivre ? protesta Camille. J’en ai marre.

Un peu plus tard, la jeune fille s’appuya sur un livre de la bibliothèque pour se reposer et, surprise, le mur commença à basculer. Une porte s’ouvrait sur un passage secret.
- C’est la sortie, murmura-t-elle, et elle emprunta cette voie.
- Camille, où es tu ? s’étonna James.
- Je suis là, James, répondit-elle. J’ai trouvé un passage.
- OK, j’arrive.

Ils se retrouvèrent devant un couloir très étroit, à peine plus grand qu’un enfant de cinq ans. Il fallut donc avancer à quatre pattes. Après cent mètres, le passage s’était encore rétréci ; cette fois il fallait ramper. Ce qu’ils firent une dizaine de minutes, tout ça pour déboucher sur une petite salle…sans issue. Quelle galère ! Ce passage ne menait à rien. Ils durent faire marche arrière ( c’était sans doute le souterrain dont on leur avait parlé).

Illustration deux
Le passage secret

De retour, ils entendirent les gens se disputer. C’était la confrontation générale. Dans le groupe, personne n’était d’accord. Chacun avait sa réponse à la question : « Comment sortir d’ici ? » James hurla, en vain. Tous se querellaient aussi pour savoir qui allait être le chef. Ce fut le début d’une vraie bagarre : gifles, coups de poing, coups de pied.
- Stop, stop, stop, criait quelqu’un pour calmer le jeu.

Et peu après les deux jeunes gens constatèrent qu’il n’y avait plus aucun animateur sur place. Disparus. Ils cherchèrent Louis, Arthur. Sans succès. Les enfants désespéraient de plus en plus.
- Ils nous ont laissé tomber, dit James.

Ce dernier venait cependant d’avoir une idée pour boire. Une fenêtre était brisée, il récupéra de la neige ; pour la faire fondre, il fallait du bois pour faire du feu.
Il descendit à la cave chercher du bois, et puis vérifier l’état du gaz et de l’électricité. Il annonça qu’il n’y avait plus beaucoup de gaz mais qu’il restait beaucoup d’électricité.
Au même moment, on entendit un gros « BZII… ». C’était le cable électrique qui venait de rompre sous le poids de le neige.
James qui avait la phobie du noir se colla à Camille qui cria :
- James, tu es encore un gros bébé.

Plus tard, James et Camille imaginèrent une autre piste : fabriquer un explosif, pour ouvrir une sortie. Ils se rendirent dans la cuisine. On y entendait plein de petits bruits.
- J’espère que ce n’est pas des rats, songea-t-il.
Il s’aida de sa lampe torche. L’endroit était dévasté, une horde de rats affamés couraient en tout sens.
- C’était donc ça les petits bruits, c’est même maintenant des gros bruits.
Les animaux avaient grignoté toutes les réserves, sauf les choux !
- Je préfère mourir que manger ça, dit Camille.
- Je suis d’accord avec toi, répondit James.

Toujours dans la cuisine, ils fabriquèrent donc un produit à base de vinaigre, de sucre, de bicarbonate de soude ( attention : à ne pas faire chez soi !). Ces deux jeunes gens étaient en effet des experts en chimie.
Est-ce que c’était ça la solution ?

Chapitre trois
Journée explosive

Voici comment ils s’en sortirent. D’abord ils prirent leurs explosifs improvisés, se dirigèrent vers la bibliothèque, appuyèrent sur le livre comme la fois précédente et une porte s’ouvrit. Ils s’y glissèrent et se dirigèrent vers la salle secrète récemment découverte.
Auparavant, ils avaient annoncé au mégaphone qu’ils avaient un plan, pour ceux qui voudraient les suivre. Mais personne ne leur avait répondu, car il n’y avait plus personne.
Dans la cave, ils sondèrent les murs et découvrirent qu’ils étaient tous pleins. C’était cependant l’endroit, pensaient-ils, le plus près de la sortie. Camille et James posèrent le matériel au fond de la salle. James alluma la mèche puis partit se protéger cinquante mètres plus loin, derrière des coussins. Ils sentirent l’air chaud de l’explosion sur leurs visages. Mais cela provoqua une nouvelle avalanche ; tout était à refaire.

Un peu plus tard ils voulurent tester le peu d’explosif qui leur restait mais Camille, sans le faire exprès, avait fait tomber dans la préparation du soja. Elle s’en excusa mais résultat : pas de nouvelle explosion.

En voyant s’enfuir des rats entre leurs jambes, ils regardèrent où les animaux se dirigeaient. Mais le trou des rats était bien trop petit.

Illustration trois
Une explosion

Un moment James décida de faire du morse, de répéter l’appel S.O.S. en frappant contre les murs ou en utilisant une ligne de téléphone, coupée « mais peut-être qu’on va nous entendre » dit-il. Sans résultat non plus.

Ils pensèrent aussi utiliser des petites cuillères, empruntées à la cuisine, des fourchettes et des couteaux pour s’attaquer aux murs, gratter la terre mais toujours en vain.

Un moment, Camille monta au grenier. Elle décida de pousser des cartons qui se trouvaient devant une fenêtre du toit. Et elle découvrit que la fenêtre n’était pas bloquée par la neige. Elle commença à crier pour prévenir James. Lequel était au bord du désespoir. Finalement le garçon entendit la voix de son amie.
- Où es-tu ?
- Au grenier ! répondit la fille.
Un instant plus tard il la rejoignait.
- Regarde, dit-elle, on pourrait sortir par là.
C’est ce qu’ils firent.

Et alors ils virent la lumière du jour qu’ils n’avaient pas vue depuis deux jours. Le soleil ! Camille contemplait la forêt. « C’est tellement beau ! » cria-t-elle.
Ils croisèrent Louis et Arthur.
- Pourquoi vous nous avez abandonnés ? demanda James.
- Mais non, tu te trompes. Nous avons trouvé la sortie et à peine dehors, une grosse pierre est venue à nouveau boucher l’entrée.
- De toutes façons, on est sauvés, cria Camille.

Ils trouvèrent un ruisseau et filtrèrent l’eau, ils mangèrent les quelques barres chocolatées qu’ils avaient emportées. Louis leur dit :
- Vous croyez qu’on va être obligés, après, de fabriquer des arcs pour tuer du gibier ? et manger ?
- T’es pas un peu fou, répliqua James. On va juste chercher du secours.

De fait, au bout de dix minutes, une voiture arriva pour constater les dégâts et appeler au secours. Les enfants furent surpris de voir descendre du véhicule M. Fleisch.

Classe de 6è3

ENQUETE A LA MONTAGNE

Chapitre un
Portée disparue

Mais où est donc Adèle ?
Gaspard, son meilleur ami, un garçon de onze ans aux cheveux noirs et aux yeux marrons, l’attendait depuis quinze minutes alors que les filles étaient déjà toutes descendues du dortoir.
Les deux jeunes gens étaient en colo, avec leur classe, dans un chalet immense. Gaspard savait très bien qu’Adèle détestait se cacher. Alors ?
Et puis ce n’était pas son habitude d’être en retard.

Quand il entendit un bruit de verre cassé, il décida d’entrer dans la chambre de son amie. Derrière la fenêtre, une ombre.
Gaspard s’y précipita, se pencha. Une tuile lui tomba sur la tête. Il s’évanouit. Et fit des cauchemars. Plein de cauchemars.

Il s’imaginait d’abord que son amie était retenue à l’infirmerie, malade, elle avait de la fièvre, un mal de tête, et qu’elle ne pouvait pas recevoir de visite ; puis il crut qu’elle avait été enlevée par Jack la terreur, connu pour faire souffrir ses victimes. Il entendait son amie appeler au secours. Il pensait aussi qu’on l’avait kidnappée, une certaine Panthère noire, pour réclamer de l’argent, 1000 euros. Ensuite il la voyait courir très vite, à bout de souffle et morte de froid. Elle n’était pas seule : deux personnages, impossibles à distinguer, la poursuivaient.
Enfin il se rêvait en train de jouer aux agents secrets avec elle, l’appeler sur son talkie-walkie mais c’était impossible de la localiser.
Il se réveilla en sursaut.

ILLUSTRATION 1
Le lit vide et ombre

Après avoir repris connaissance, il raconta son histoire à tout le monde mais personne ne voulait le croire.
« Tout de même, on est en colonie, à la montagne ; on est censé être en sécurité ! » se dit le garçon.
Il interrogea toutes les amies d’Adèle : elles lui répondirent qu’elles n’avaient pas vu celle-ci depuis le réveil…
Paniqué, il commença à jeter autour de lui un regard affolé.
Mais où est donc Adèle, s’écria de son côté un animateur, lequel avait l’habitude d’espionner Gaspard.

Un peu plus tard était prévue une sortie au village..
« Mettez vos manteaux et vos chaussures, on part dans cinq minutes » dit Mme Biclet, leur professeur.

A la suite du groupe, Gaspard se retrouva dans la forêt, il remarqua des traces de pas. Les pas d’Adèle ?
- Elle ne doit pas être bien loin, pensa-t-il.
Sur le chemin, il trouva encore des branches cassées ; il commençait à s’inquiéter sérieusement.
Il continua sa recherche quand soudain, au loin, une maison.
En ruine.
« Magnifique, prenez vos appareils photos, c’est une image à ne pas rater ! » proposa Mme Biclet.
Des élèves obéirent en grognant quand soudain un cri retentit. Gaspard se figea. Un deuxième cri. C’est sûr, ça venait de la maison. Un nouveau cri, puis plus rien.
« On aurait dit la voix d’Adèle » soupira Gaspard.
Arrivé devant la porte, il se demanda s’il fallait la pousser ou pas. Enfin il se décida à entrer.

Chapitre deux
Derrière la porte

Et voici ce qu’il vit : une petite pièce, sombre, avec quatre chaises bien rangées autour d’une table, une cheminée avec un feu qui crépitait et un poste radio qui annonçait qu’une jeune fille était portée disparue dans une colonie du côté des Alpes. Gaspard se demanda si les cris qu’il avait entendus ne provenaient pas de cette radio.
Sur un vieux canapé tout décoloré s’étalait un grand manteau noir et une corde. « Objets suspects » se dit-il.
Gaspard avança lentement et sous le poids de son pied, le parquet grinçait. Un frisson lui parcourut le dos mais il continua d’avancer malgré sa peur. Devant lui, un mystérieux couloir où l’on ne distinguait pas grand chose. Et tout au bout de ce couloir, une trappe. Il s’en approcha et une fois de plus, il hésita. Mais la curiosité l’emporta et il la souleva. Il s’attendait au pire. En fait cela donnait sur une échelle qu’il descendit pour atterrir sur un sol humide. Il y faisait assez noir, on y voyait à peine ; seul un petit rayon de lumière éclairait faiblement des meubles renversés, des tissus déchirés. Au sol, un chausson, un chausson d’Adèle !
- Elle est passée par ici, s’écria-t-il, ému.

Illustration deux
Une porte entrouverte

Et à côté du chausson, un message. On devinait une écriture rapide qui disait : « Si vous voulez ce que vous cherchez, répondez à cette charade. Mon premier est une personne chrétienne qui a fait de bonnes actions durant sa vie ; mon second est un terme général pour désigner plusieurs personnes ; mon troisième est entre un et trois ; mon quatrième est le chiffre six en anglais. Mon tout se situe dans les environs. Si vous trouvez, rendez-vous à la deuxième heure après minuit, au cimetière de l’endroit. »

La solution que Gaspard trouva donnait à peu près cela : mon premier = saint ; mon second=gens ; mon troisième =deux= mon quatrième=six. Saint-gens-deux-six ? Mais ça ne veut rien dire, pensa-t-il !

Il sortit de la maison. Sur le chemin, il croisa, sans le voir raiment, un inconnu portant un grand sac de toile. Plusieurs fois il crut apercevoir au loin Adèle : hallucination ou réalité ? Il interrogea même deux enfants qui jouaient aux chevaliers.
- Avez-vous vu une fille de mon âge, brune aux yeux bleus, avec des taches de rousseur ? leur demanda-t-il.
Les enfants ne la connaissaient pas mais ils étaient prêts à lui présenter « dix filles de ton âge » assura le plus petit des enfants !
- Non, merci, ça va, leur répondit Gaspard.

Enfin il retrouva, avec le groupe qui était en ballade, son ami Marc.
- Marc, tu ne connais pas quelque chose qui s’appellerait saint-gens-deux-six.
- Mais enfin, Gaspard, Saint-Jean-de-Sixt, c’est le nom du village en contrebas de notre chalet !
- Ah, bon, mais il y a un cimetière, là-bas ?
- Oui, bien sûr.

Gaspard en resta sidéré, et paniqué. Adèle dans un cimetière ? Morte peut-être ?
Puis il se dit :
- Si c’est pour sauver Adèle, j’y vais ! »

Chapitre trois
Retrouvailles

A première vue, le cimetière semblait désert. Il était 1h58. Deux minutes passèrent. Gaspard crut d’abord que c’était un traquenard. Il sentit un souffle sur sa nuque. Il resta immobile, paralysé de peur. A tout moment, il pouvait se faire agresser. Malgré tout, il se retourna. Personne.

Il imagina alors toutes les pistes possibles.
Par exemple, il voyait Adèle qui soudain surgissait et s’exclamait : « Surprise ! Tout ça était une blague. »
Ou bien il se retrouvait en face d’un moniteur qui serait le frère d’Adèle et qui aurait enlevé sa sœur pour lui voler sa part d’héritage.
Ou encore il tombait sur le père d’Adèle, qui voulait récupérer sa fille ; constatant que Gaspard aimait Adèle, le père repartirait rassuré, laissant sa fille entre de bonnes mains.

Autre hypothèse : il tombait dans un caveau où il retrouverait Adèle ficelée et la libèrerait.
Ou bien, ou bien…
Mais toutes ces pistes étaient fausses.

Quand ses yeux furent habitués au noir, Gaspard avança dans l’allée du cimetière, pleine de brume. Il inspecta les noms sur les tombes en espérant ne pas voir celui d’Adèle. « Non, elle ne peut pas être morte ! »se répétait-il.

Illustration 3
L’allée des tombes

Un moment il vit une silhouette qui courait à toute vitesse. Il la suivit. C’était un homme en noir. Il avait déjà vu ce personnage et il le reconnaissait. C’était l’animateur qui avait pris l’habitude de l’espionner.
C’est alors que Gaspard cria : « A l’attaque ! »
Car Gaspard était un garçon prévoyant.
Et toute sa classe, qui était restée cachée, débarqua dans le cimetière en hurlant. Déstabilisé, l’homme en noir fut vite mis à terre, reçut quelques coups de pied. On l’immobilisa.

A côté de l’homme en noir, il y avait un gros sac où l’on devinait quelqu’un qui se débattait. Gaspard ouvrit le sac. Adèle en sortit. Elle portait un foulard qui lui obstruait la vue ; Gaspard le lui enleva. Les deux jeunes gens se dévisagèrent, ils s’étreignirent. Puis Adèle chuchota :
- Gaspard, il faut que je te raconte tout. Pendant la colo, cet animateur m’a contacté. Il prétendait pouvoir m’expliquer la mort de ma mère.
- Mais pourquoi tu ne m’as rien dit ?
- Je pensais que tout se passerait simplement ; mais il m‘a kidnappée. En fait, il m’en voulait car mon père l’avait condamné à deux ans de prison pour vol. C’était une vengeance. Il m’a d’abord amené dans une maison isolée dans la forêt. Là, j’ai juste eu le temps d’écrire un message codé. Dieu soir loué, tu l’as reçu. Ensuite mon kidnappeur s’est enfui de cette maison, avec moi, quand notre classe est arrivée près de ce chalet. »

A cet instant une lumière éblouissante éclaira le cimetière. Mme Biclet sortit d’une voiture. Ensuite tout se passa très vite. Mme Biclet emporta Adèle à l’infirmerie et l’homme en noir fut conduit au commissariat de police.

Avant de se séparer, Adèle prit Gaspard dans ses bras et le serra fort.
- Tu m’as tellement manqué, murmura-t-elle.
- Toi aussi, tu m’as manquée, soupira Gaspard.
- Maintenant je suis là pour la fin de la colo, ajouta-t-elle.
Gaspard sourit.

Fin



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