NDF/Malakoff/octobre 2017

TITRE DE COUVERTURE

DANS LES COULISSES DE L’ABBAYE

Préface

C’est la deuxième fois que je rencontre, pour la tenue d’ateliers d’écriture, l’équipe éducative et les jeunes élèves de Notre Dame de France de Malakoff. Et cette fois encore, le courant passe, comme on dit. Un courant de haute tension. L’entente avec les professeurs est cordiale. Côté élèves, l’imagination est au rendez-vous. Ils se sont promenés –littérairement parlant - dans d’interminables souterrains, ont poursuivi l’ombre de Jeanne d’Arc, ont compris les dangers des sables mouvants et finalement leur enquête a abouti. Miracle !
Merci à tous, aux élèves pour leur énergie, aux professeurs pour leur amabilité, à Oval et ses équipes pour leur hospitalité.

Gérard Streiff

Classe de 6è2
DERRIERE LE MASQUE

Chapitre un
MYTHO

« Je te jure, j’ai vu l’ombre de Jeanne d’Arc, dit Steve à Maya.
Les deux enfants étaient en séjour à l’abbaye de St Maur.
Maya, 11 ans, était grande, mince, des cheveux roux, des yeux bleus.
Steve, 11 ans aussi, avait des yeux marron, des cheveux noirs, courts, des taches de rousseur.

- Mytho, lui répondit Maya.
- Si, je te le jure.
- Arrête d’halluciner.
- Je l’ai vue.
- T’es lourd, tu sais, t’as dû rêver, ou faire un cauchemar.
- Mais je t’assure, c’est vrai, je l’ai vue de mes propres yeux.
- C’est ça, oui, et moi, je suis la reine d’Angleterre.
- Et puis elle m’a pris les clés.
- Les clés ?
- Oui les clés de la cave. De l’abbaye. D’ailleurs j’ai pris une photo, insista le garçon.

Il montra la photo à Maya :
- Non, non, y a rien sur ta photo, à part de la lumière et des arbres.
- Si, regarde mieux.
- Non, y a rien, je te dis.

Steve répèta alors qu’il avait bel et bien vu l’ombre de Jeanne d’Arc.
- Mais enfin, c’est pas possible, ça fait plus de 700 ans qu’elle est morte. Tu es en train de perdre la mémoire, mon pauvre. Tu veux que j’appelle une ambulance ? la police ?
- De toute façon, toi, s’énerva alors le garçon, tu ne me crois jamais.
- Moi je veux des preuves.
- Tu veux des preuves, tu veux des preuves : en fait, tu ne me fais pas confiance, oui ! En plus j’avais un Cheeseburger et elle me l’a mangé.
- C’est ça, oui, Jeanne d’Arc a mangé ton Cheeseburger ! se moqua la fille.
- Non, là t’as raison, ce sont des ours qui me l’ont mangé. N’empêche : ce que tu es négative !
- Je ne suis pas négative, c’est juste que je te crois pas.
- C’est bon, j’ai compris. Madame a toujours raison.
- Mais non, c’est pas vrai.
- Je te dis que Jeanne d’Arc se tenait près de la Croix Blanche, en haut des vignes. Je vais te montrer.
- Bon, OK, je te suis.
Le garçon prit Maya par la main.

Arrivés à la Croix Blanche, il n’y avait personne mais ils trouvèrent une valise. Et dans la valise, des déguisements. Dont celui de Jeanne d’Arc.
- Tu vois dit Maya, c’était une illusion.
- Mais l’ombre, là, regarde.

Et en effet une silhouette s’approchait lentement vers eux. Mais c’était une monitrice. Cela les rassura.

De retour dans sa chambre, Steve trouva une lettre sur son lit. On pouvait y lire : « Si tu m’as reconnu, ne le dis à personne, sinon tu vas souffrir ! Rendez-vous sur les bords de Loire, ce soir. A 18hoo heures » Et c’était signé : J.d’A. Qui se cachait sous ces lettres ?

Un peu plus tard, dans la soirée, Steve se rendit donc, seul, au bord de la Loire. En attendant, il s’endormit. Soudain, il se réveilla, et regarda sa montre. 18h30.
Il eut alors l’impression de rapetisser. Mais non, en fait il était en train de s’enfoncer !
Car il se trouvait dans le coin des sables mouvants.
C’était un piège.

Chapitre deux
De justesse

Heureusement, Steve avait son portable. Il appela Maya plus de dix fois mais elle ne répondait pas. Finalement, elle prit l’appel.
- Quoi, encore toi, Steve !
- Maya, Maya, allo, je suis coincé sur la plage.
- C’est ça, c’est ça ; je ne te crois plus après tous les mensonges que tu as dit.
- Maya, Maya, raccroche pas, j’ai un problème ; viens vite ; je suis au bord de la Loire ; dépêche-toi.
- Mais tu es encore sorti ?
- A l’aide, vite, je m’enfonce dans les sables mouvants ; j’en suis au torse. Amène une corde.

Soudain Steve s’aperçut qu’il n’avait plus de batterie. A peine 1 % ; rien du tout. Bip…bip…bip…
- J’ai un truc à te dire, continuait Steve, allo ? allo ? Non, c’est coupé !Mince !

Steve paniqua.
- A l’aide, cria-t-il, à l’aide !

Passa un chien, un golden retriever, belle bête aux poils soyeux, très fort, capable de porter un homme, dit-on. L’animal avait les yeux bleus et une bouille de bébé.
- Rocky, Rocky !– Steve avait décidé de l’appeler Rocky - aide-moi !
Mais le chien disparut.

ILLUSTRATION DEUX
Le portable

Pendant ce temps, Steve continuait de se faire manger par les sables mouvants. Il s’était accroché à une branche mais cela ne servait à rien. Il avait à présent de la vase jusqu’aux épaules.

- A l’aide ! répétait Steve.

Il continua de s’enfoncer, jusqu’à la bouche.
Finalement Maya arriva, avec un ami commun, Paul. Steve les vit venir de loin.
Il attrapa la corde avec les dents, tandis que Paul et Maya tiraient de toutes leurs forces.
- Plus fort ! baragouina Steve entre les lèvres, d’une petite voix. Il était presque entièrement sorti.
Enfin tiré des marais, le garçon alla vers ses sauveurs :
- Ouf, heureusement que vous étiez là, c’était juste. Il était moins une ! Merci, merci beaucoup. Mais je vous jure, je l’ai vue…

A cet instant Maya donna un gros coup de coude dans le ventre de Steve.
- L’oiseau, oui, oui, l’oiseau, tu as vu l’oiseau, c’est bien, c’est celui qu’on cherche depuis des jours.
Steve réalisa qu’il avait failli reparler de Jeanne d’Arc devant Paul.
- Vous aussi vous vous intéressez aux oiseaux, demanda Paul.
- Non, enfin oui, mais bon il est tard, on va rentrer se coucher.

ILLUSTRATION TROIS
La porte de la cave

Maya et Steve partirent ensemble, laissant Paul seul. Steve râlait :
- Mais pourquoi tu m’as fait ça, j’aime vraiment les oiseaux, moi.
- Moi pas ! Et puis tu connais Paul. Il en aurait fait une histoire à n’en plus finir.

Soudain Maya se mit à pleurer.
- Imbécile, je me suis inquiétée ! Tu voulais te suicider ou quoi ?

Steve, couvert de crasse, alla se doucher. Puis il retrouva Maya et tous deux se dirigèrent vers la cave. La porte était ouverte. Bizarre. Steve se souvenait qu’on lui avait chipé les clés.
- Tu crois qu’on a le droit d’entrer ? demanda Maya.
- Non, mais on n’a pas le choix.

Pas très rassurés, ils s’aventurèrent dans la cave. Ils tombèrent sur un coffre, et des vieux journaux. L’un d’eux titrait : « Le mystère du passage secret. Une enquête abandonnée ». Un article vieux de vingt ans. Ils entendirent du bruit et se cachèrent derrière un tonneau.
- J’ai peur, dit Maya.
- Ne t’inquiète pas, je suis là, répondit Steve.
- Chut, regarde.

Une ombre s’approchait.

Chapitre trois
La révélation

Un, deux, trois, ils lui sautèrent dessus ! L’ombre se débattit. Ils lui tirèrent les cheveux, la prirent par le cou ; Maya lui saisit les pieds ; Steve avait une casserole à la main, il en donna un bon coup sur la tête de la silhouette.
Juste avant de lui retirer son masque, chaque enfant imaginait, vite, qui se cachait là.
Etait-ce le prof de maths qui préparait la boum du soir ?
Ou Gaëtan, un animateur, qui répétait une veillée sur le thème de Jeanne d’Arc ?
Ou alors, horreur, ce ne serait pas un masque mais une vraie peau, celle de Jeanne d’Arc !

Mais non, derrière le masque, il y avait… Paul ! Leur ami Paul !
Lequel réussit à s’enfuir. Mais Steve et Maya le rattrapèrent.
- Paul, pourquoi t’as fait ça ?
Et l’autre, qui avait les yeux tout rouges, répondit :
- Je ne suis pas Paul ! Je suis Ricardo, le frère jumeau de Paul.

A ce moment-là, Paul, le vrai, entra dans la cave.
- Ricardo, qu’est-ce que tu fais là ? Je pensais que tu avais quitté la maison pour toujours. Et c’est quoi ce déguisement de Jeanne d’Arc ?
Et Ricardo de répondre :
- Paul, qu’est ce que tu fais là !

- Oh, oh, les frangins, réagit Maya, vos problèmes familiaux, vous les règlerez plus tard, OK ! On nous explique ce qui se passe ?
- C’est de ma faute, dit Ricardo, je voulais protéger la cave, ou plutôt les documents importants qui s’y trouvent. Je suis désolé. Alors je vous ai fait peur, j’ai fait des choses bizarres. Désolé, encore.
- Et pourquoi ces documents sont si importants ?
- L’historien qui les a écrits, c’est mon père. Il avait écrit « L’affaire du moulin de Sarré ».
- C’est quoi ?
- Il avait découvert que son arrière-grand-père, donc mon arrière-arrière-grand père, possédait le Moulin de Sarré. Un jour, aux jeux, il a perdu le moulin ; mais les autres avaient triché.
- Oh, mon pauvre, dit soudain Maya.
- Voilà pourquoi ces documents sont importants.

Après cette journée fatigante, Steve et Maya décidèrent d’aller se coucher (après s’être brossé les dents).
Sur le chemin de l’abbaye, Paul dit soudain :
- Je voulais te dire : je t’aime.
- Attends, attends, répondit Steve, tu parles à qui là, à moi ou à Maya ?
- A Maya !
- Bon ben moi, répondit Maya, je ne t’aime pas, tu nous as fait trop peur. Enfin, toi ou Ricardo.
- Mais alors t’aimes qui ? lui demanda Paul.
- Moi, j’aime Jeanne d’Arc !

En arrivant au centre, ils tombèrent sur le concierge qui portait les habits de Jeanne d’Arc. Il sifflait tout en faisant le ménage.
- Steve, Steve, regarde, ça recommence !

Ils demandèrent au concierge pourquoi il était habillé ainsi : « Euh, en fait, ce sont de vieilles affaires. Je les ai retrouvées y a pas longtemps. Figurez-vous qu’il y a sept ans, on avait écrit un faux journal pour faire croire à toute la ville que Jeanne d’Arc avait réapparu ! »

Le lendemain matin, quand Steve se réveilla, un petit chat était près de lui, en train de faire sa toilette. Le garçon regarda par la fenêtre. Plus de fantôme de Jeanne d’Arc. L’affaire avait été résolue. Et il n’y eut plus de mystère à l’abbaye de St Maur, plus jamais.

FIN

Classe de 6è1

ENQUETE A L’ABBAYE

Chapitre un
UN MYSTERE A ST MAUR

Un élève de 6è1 a disparu. C’est un animateur, Antonin, qui est venu annoncer la mystérieuse nouvelle alors que les jeunes gens prenaient leur petit déjeuner.

Le disparu s’appelait Max et il participait avec sa classe à un séjour d’intégration à l’abbaye de St Maur. Pour venir là, le trajet s’était bien passé. Et jusqu’ici, tout était normal.

L’abbaye était un bâtiment construit il y a environ 1500 ans :
« Ce qu’il est vieux » s’était dit Emma, 10 ans. Emma était avec Peter, 11 ans, deux amis de Max. Ils se connaissaient depuis deux ans. Entre eux ils s’étaient donnés un surnom, « les petits aventuriers ».

Ils discutaient donc de cette étrange disparition.
- C’est vrai qu’il ne se sentait pas à l’aise, dit Peter, il a dû voir des choses bizarres.

Max était un garçon qui avait plein de livres sur les autres planètes, sur les différentes galaxies.
- Et s’il avait été enlevé par une capsule, demanda Emma, genre capsule venue d’une autre galaxie, qui serait tombée sur l’abbaye ? une capsule d’un bleu très foncé avec de jolis dessins dorés…

Peter, 1m 54 pour 37 kilos, était assez intelligent, il portait une veste de costume avec un baggy. Emma, 1m 50, poids normal et jupe moulante, était très douée en énigmes.

ILLUSTRATION UN
Le couple Peter/Emma

C’était quand, la dernière fois qu’Emma avait vu Max ? Tout à coup, une petite lumière s’alluma dans sa tête : Emma se souvenait que Max était alors bien habillé, chemise, mocassins, comme s’il allait à un rendez-vous.

Ils se mirent à chercher Max ensemble puis chacun de leur côté :
- Toi tu cherches en bas, moi en haut, d’accord ? demanda Peter.
- OK, mais c’est moi en haut et toi en bas, affirma Emma.

Puis ils cherchèrent dans les toilettes, au sous-sol, au réfectoire : toujours pas de Max. Peter commençait à paniquer.
Emma tentait toujours de le rassurer : « Il est peut-être dans la salle de jeux ».
Ils s’y rendirent en courant mais là, toujours rien.

ILLUSTRATION DEUX
L’abbaye

Ils cherchèrent des indices. C’est qu’il y avait bien des personnages bizarres dans l’abbaye. Il y avait cet écrivain qui s’appelait M. Mégot ;
ou ce professeur de français étrange. Pourquoi étrange ? parce que ce professeur discret et mystérieux avait été le seul de tous les profs à ne pas s’étonner quand Antonin était venu annoncer la disparition de Max. Peter et Emma avaient alors bien observé sa réaction. Les deux enfants visitèrent d’ailleurs sa chambre qu’ils appelaient la chambre interdite. Ils s’étaient d’abord cachés dans un placard à balai, au bout du couloir, en attendant que le professeur sorte de la pièce.
Sur le bureau ils virent plusieurs feuilles. Les tiroirs étaient fermés. Ils sortirent en vitesse.

Puis ils passèrent par la bibliothèque. Peter était en larmes. Est-ce que l’abbaye était maudite ? Quelqu’un prétendait même avoir entendu des hurlements…

Emma, par curiosité, saisit un livre. Et alors, une porte secrète s’ouvrit. Peter pensa soudain à ce livre qui parlait d’anciens passages secrets sous l’abbaye.
Emma partit chercher deux lampes torche.

Chapitre deux
Un clochard bizarre

Au début, dans le couloir, tout semblait normal. Mais assez vite ils tombèrent dans une trappe. Celle-ci se referma sur eux. Les enfants eurent alors l’impression que les murs se rapprochaient. Mais Peter eut le réflexe, avec un crochet, de soulever une dalle et un mécanisme se déclencha. Un mur s’ouvrit. –Trois, deux, un, on y va ! dirent-ils.
Saisissant leur courage à deux mains, ils s’élancèrent dans l’ouverture. Ils accédèrent à une pièce remplie d’araignées, de chauve-souris et surtout, au sol, il y avait l’écharpe de Max.
- Nous avons notre première preuve, c’est super, s’écrièrent-ils ensemble.

De nouveau le couloir au bout duquel ils tombèrent sur deux portes. Emma prit celle de gauche sur laquelle était écrit « Défense d’entrer ».
- J’entre ? demanda-t-elle.
- Oui, l’encouragea le garçon. Il y a sûrement des indices.
On y voyait des lumières partout, beaucoup de lumières ; Emma s’attendait à trouver des traces de sang, des cages en fer avec des animaux sauvages, mais il n’y avait rien de tel.

Derrière la porte de droite, où l’on pouvait lire « La curiosité est un vilain défaut », Peter entendit le bruit d’une conversation :
- T’as vu le gamin ? demandait quelqu’un.
- Non, il doit être dans un autre passage secret, avec le boss ! lui répondait une autre voix.
Le retrouver ne serait pas simple, l’abbaye était tellement grande. Avec ses alentours peu rassurants, c’était presque impossible à faire.

Peter se dit qu’il y avait un complot.
Il poussa la porte. Personne. Mais il découvrit un laboratoire secret qu’il se mit à fouiller.
Et il tomba sur le doudou et les mocassins de Max. Nouveaux indices.

Les deux enfants se retrouvèrent et c’est alors que se passa un drôle d’incident. Ils entendirent d’abord un cri, effrayant, et se collèrent quelques secondes contre le mur. Puis ils virent un clochard louche qui se mit à les suivre ; ils allèrent se réfugier dans des toilettes proches ; l’homme frappa violemment contre la porte des WC.
- Qui est là ? gronda-t-il.
Emma et Peter se regardèrent et mirent, chacun, le doigt devant la bouche.
Puis on n’entendit plus rien. L’homme semblait avoir disparu aussi vite qu’il s’était manifesté.

ILLUSTRATION TROIS
Clochard bizarre

- Bizarre, tout à coup, ce silence, estima la jeune fille. Il me paraît un peu lourd.
- Oui, tu as raison, dit son ami, c’est pas normal.

Le couloir se prolongeait. Au mur, des caméras de surveillance changeaient doucement de direction pour s’orienter vers eux. Ils remarquèrent, au dessus d’un canapé, une étagère où l’on avait déposé une lettre anonyme et où il était question d’une liaison entre deux professeurs, M. Mercolino, prof de français, et Mme Hros. Vrai ? Faux ?
Toujours sur l’étagère, un livre intitulé « Mars ». Et puis une enveloppe, pleine de billets, contenant la somme de 3000 euros ; avec un petit mot disant : « Bien joué ; voici votre récompense ».
Bizarre, bizarre.
Alors qu’ils continuaient d’avancer, Peter, profitant que la caméra n’était pas orientée vers eux, ramassa rapidement, et sans rien dire, un objet au sol : le téléphone de Max.

Chapitre trois
Retrouvailles

Sur l’écran du téléphone, un message de Max. Mais il était illisible. Car la coque était brisée.
- Il doit y avoir des caméras partout ; si on allait fouiller la vidéo ? dit Peter.

Et en effet on y vit Max traverser les couloirs, entrer dans le labo.
Ils se rendirent à nouveau au labo. Pour Peter, Max s’était fait assommer par le prof, attacher à une chaise et il y aurait subi des expériences.
Mais au labo, pas de Max.

Les enfants imaginaient le pire : Max dans une cage, gardé par le clochard.
- Mais pourquoi le clochard aurait-il kidnappé Max ? demanda la fille.
- Parce qu’il mettait en danger le bizness des voleurs sur l’abbaye, dit le garçon.
-Ou alors, reprit la fille, le prof de français serait un extraterrestre ?
- Ou bien Max se cache aux toilettes ? dit le garçon.
- Et si… et si , ajouta la fille, le clochard vivait, seul, dans les passages secrets de l’abbaye, qu’il en avait eu marre d’être seul, qu’il avait enlevé Max pour avoir de la compagnie ; peut-être qu’il n’est pas méchant mais qu’il ne sait pas s’y prendre.
- Non, je crois plutôt ceci, la coupa le garçon : le prof de français avait jadis travaillé dans une entreprise dont le chef était le papa de Max, lequel gagnait beaucoup d’argent et avait licencié M.Mercolino. Celui-ci se serait vengé en kidnappant l’enfant de son ancien patron pour demander une rançon.
Et Peter se voyait déjà en train de raconter ce qui s’était passé au directeur qui aurait convoqué le prof de français puis appelé la police pour démasquer le kidnappeur.
- Mouais, répondit la fille, pas convaincue.

ILLUSTRATION QUATRE
MAX

Bref, aucune de ces pistes n’était valable.
Les deux enquêteurs se retrouvèrent en fin de journée à la bibliothèque. Là ils entendirent des pas venant vers eux. Le prof de français ? le clochard ? La porte s’ouvrit, une ombre d’enfant.
« Incroyable ! c’est Max, dit Peter. C’est bien toi ?
- Oui, qui veux-tu que ce soit ! répondit Max.
Il continua :
- Je dois vous parler, c’est de la plus haute importance.
Et il raconta son aventure :
- Tout a commencé quand j’ai rencontré Juliette. Elle était si belle, si gentille, je ne pouvais que tomber amoureux. On a échangé nos numéros de téléphone pour pouvoir se revoir. On a beaucoup discuté, je connais beaucoup de choses sur elle : sa date anniversaire ; sa couleur préférée ; sa famille ; où elle habite, sa princesse Disney préférée, sa meilleure amie, son école, le collège Notre Dame de France. Bref on s’est donnés rendez-vous hier soir et c’est pour ça que j’ai disparu ! »

- Mystère résolu, s’écrièrent les deux enquêteurs.
Et Emma dit à Max :
- Tiens, tu veux un dragibus ?

FIN



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