Paradoxe

A l’issue du rapport, deux heures de débats, une cinquantaine d’interventions brèves, denses. Plusieurs fois, des orateurs mentionnent et saluent les députés sortants non réélus, « une injustice », « un crève-coeur ». De nombreux intervenants font part de leur expérience dans leur département. Même si tout le monde est conscient que ces scores des législatives vont demander une analyse approfondie, à froid, beaucoup livrent un premier commentaire sur les résultats. On se dit souvent « déçus mais pas abattus », on souligne à maintes reprises le paradoxe de ce scrutin où les candidats Front de gauche enregistrent « des résultats contrastés » : progression en pourcentages et perte de sièges ; on juge les électeurs « pragmatiques » : le mot d’ordre du PS (« Donner les moyens au président) a fait mouche ; on s’interroge aussi sur l’état des consciences, sur les doutes persistants de l’opinion sur un changement profond, sur le niveau des attentes ; on évoque la conduite de la campagne électorale : pas assez nationale ? Manque de lisibilité ? Impression d’être apparus « ni dans la majorité, ni dans l’opposition », d’avoir été dans une « sorte d’entre deux » ou des « trouble-fête » ? On constate : « C’est une première qu’aux législatives, on fasse moins qu’à la présidentielle ». Plusieurs membres du CN pointent « l’agressivité » du PS. Tout se passe comme si, conscient de la violence de la crise (et des difficultés) à venir, ce parti tentait « d’éradiquer à gauche toute force qui ne serait pas dans la servilité à son égard ».
Il est aussi beaucoup question, même de façon elliptique, de l’expérience du Front de gauche, de ses acquis, de son avenir. Tous ou presque disent apprécier cette stratégie de rassemblement et entendent la poursuivre ( les fronts thématiques par exemple). Front de gauche est synonyme de « dynamique », « d’espoir » alors qu’on a assisté à une tentative, médiatique, de le « diaboliser », de l’assimiler à un extrémisme d’abrutis. La force du Front de gauche, c’est d’ouvrir « une alternative à gauche ». Une partie de l’électorat de la présidentielle a certes fait défaut, les 10 et 17 juin : « Comme si ce qu’on avait fait bouger à gauche lors de la présidentielle avait été mis entre parenthèses ».
Bien d’autres enjeux sont esquissés : le clientélisme, le besoin de recréer des « actions collectives ». Le positionnement à l’égard du gouvernement est très largement partagé : on entend des phrases comme « ce que porte le PS n’est pas à la hauteur » ou « Réussir à gauche, c’est appliquer des réformes structurelles qui ne font pas partie du programme de Hollande ».
12h40 : Bob Injey présente les amendements retenus sur le « bulletin de vote », dont la rédaction est adoptée par le comité national.

Gérard Streiff



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