Meur

Sous le ciel des hommes

Un roman brillant, intelligent, politique. On est vite séduit par l’étrangeté du décor, un pays de brouillard et de montagnes, le Grand Duché d’Eponne, pays imaginaire à mi chemin entre la Suisse et le Luxembourg, avec sa monarchie d’opérette et ses puissances financières. L’autrice y diversifie ses personnages, couples improbables, gourou, militants, intellos, femme de ménage, tous décrits avec une impressionnante justesse. C’est notamment le cas des migrants, nouveaux venus ou installés, tous venus dans ce pays qu’ils croient de cocagne. Il y a dans « Sous le ciel des hommes » plusieurs récits à l’œuvre ; ils se croisent, se mêlent, se séparent. C’est notamment le cas de ce groupe de réfractaires qui rêve d’écrire un manifeste, « Remonter le courant, critique de la déraison capitaliste ». Chacun des six protagonistes va proposer, au fil des chapitres, sa part du texte. Au final, on se retrouve sans doute avec le roman le plus (lucidement) anticapitaliste de ces dernières années.

Wespieser



Site réalisé par Scup | avec Spip | Espace privé | Editeur | Nous écrire