24 mars

Vampires

Curieux, tout de même, ce décalage entre l’état du monde et l’état des riches, des grands patrons. Le monde de 2017, c’est un peu partout un climat dépressif, une menace terroriste rampante, des politiques aventuristes, une banalisation des guerres (commerciale ou militaire), le Brexit, Donald Trump, on en passe. Et pendant ce temps-là, le fric prospère. Les cadors s’épanouissent. Les résultats des entreprises du CAC 40 pour l’année 2016 sont sidérants. Les profits d’une année sur l’autre explosent. +92 % pour Peugeot ; +81 % pour Bouygues ; 53 % pour Solvay ; +43 % pour Michelin. Idem pour Pernod-Ricard. En chiffres, c’est aussi énorme : 7,7 milliards pour BNP Paribas ; 5 ,8 milliards pour Total ou Axa. A croire qu’ils vivent sur la lune ? Sur une autre planète que le commun des mortels. Ou alors, autre hypothèse : les gros grossissent en semant partout le bazar ? Non seulement, ils profitent du bordel ambiant mais ils le créent pour s’enrichir. Comme le dit élégamment Le Figaro, « la somme des aléas ne paralyse pas les entreprises, au contraire ». Un petit côté vampires, non ?

Gerard Streiff


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