26 avril

Marx a raison

« Et si les salariés se révoltaient ? » se demande l’économiste Patrick Artus dans son dernier opus. Bonne question d’un homme qu’on a connu volontiers aligné sur le catéchisme libéral. Côté inégalités, on croyait avoir tout vu. Or on découvre en le lisant des chiffres sidérants : « le numéro un du classement des gestionnaires de fonds spéculatifs a gagné 1,3 milliards de dollars à lui tout seul en 2017 ». Ou encore :« les 25 gestionnaires les mieux payés ont empoché 12 milliards (de dollars) alors même que les investissements du secteur affichaient des résultats très médiocres » !
Dans le même temps, le livre dénonce « l’hyperflexibilité exigée par les entreprises qui fait que les salariés partagent les risques mais pas les profits », il montre que « le progrès technique est loin d’enrichir les tâches » et que « l’envol des profits financiers ne débouche pas sur une dynamique d’investissement productif ». « La théorie du ruissellement est une fable » ajoute-t-il : « Marx avait raison ! La logique de cette dynamique du capitalisme aboutit nécessairement à l’explosion des inégalités de revenus et à des crises financières ». Cerise sur le gâteau ; le journal qui rend compte de ce livre d’Artus y voit autant de « motifs de mécontentement de la grande classe des travailleurs des pays riches ». Là on a un doute. On se dit qu’on lit L’Huma. Pas du tout : c’est Le Figaro qui cause. Etrange, non ? A croire qu’une sorte d’inquiétude travaille nos bourgeois, pourtant enrichis et macronisés. Comme s’ils avaient peur. Que ça pète !

Gérard Streiff


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