4 mars

L’humain dehors

Au royaume d’Amazon, le client est peut-être roi mais le salarié n’est rien. « La vie d’un travailleur d’Amazon est une vie dangereuse » notait déjà Jean-Baptiste Malet auteur d’ « En Amazonie ». Dans un centre de distribution, par exemple, on demande au salarié ( ne dites pas salarié, dites « associate ») d’emballer 140 colis par heure, pour tenir la cadence (dire « shift »), soit un colis toutes les 25 secondes, en sachant qu’il faut récupérer le plus souvent le colis au sol (dire « picking »), opérer, lever les bras, etc. A ce rythme, cela veut dire lombalgie, tendinite et autres troubles garantis. On ne fait pas de vieux os chez Amazon et, comme au front, il faut se passer des gens épuisés (dire « low performers ») et faire vite monter des troupes fraîches.
Côté cadres, on n’est gère mieux lotis : « Pour bien vivre dans l’univers de Jeff Bezos ( le big boss), mieux vaut tout miser sur votre cerveau gauche : quasiment nier l’humain qui est en vous et ouvrir vos chakras à la data » reconnaît un cadre démissionnaire. Bon slogan pour Amazon, ça : l’humain dehors !

Gerard Streiff


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